Malgré plus de 25 années passées sur les routes du blues et du rock’n roll, les Nighthawks de Washington D.C ont toujours bon pied bon œil. Super tatoo Mark Wenner n’a pas changé.
Il démarre en rocker en se servant de sa voix si ravagée pour le "Tiger in your tank" de Willie Dixon. Pete Kanaras donne à sa guitare des accents surf pour introduire "The wild one", titre pour la route aux réverbérations métalliques. Les Nighthawks possèdent plusieurs faire-valoir, lorsque l’ambiance se fait soul. La voix riche et suave du batteur Pete Ragusa fait son apparition, un chant taillé pour les ballades et le R&B. A souligner les excellents "Jump into my fire" et "That’s the way love is" (proche du "Heard it through the grapevine" de Marvin Gaye). Mais si la voix de Pete possède manifestement plus de relief, celle de Mark est bien la plus sale, un mauvais genre qui plane en permanence ; et Mark, même usé, parvient encore à faire baver instinctivement son harmonica hargneux, teigneux même, sur "Read way back" (de Muddy Waters) et "I don’t play" (de Dixon). Toujours dans son style mauvais garçon, il reprend deux titres qui remontent à son 1er album solo, "Guard my heart" et le traditionnel "Washed my hands". Wenner adore souffler dans les aigus, à la manière de Jimmy Reed. Il le démontre ici sur "Illustrated man", composé par l’homme de Nashville, Fred James. Ne pas oublier le bassiste, un grand blond vêtu de noir : Jan Zukowski. Ce n’est sans doute pas leur meilleur album, mais les Nighthawks restent un groupe pour la route.

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