A l'instar des Strokes et des White Stripes, ce quatuor suédois semble attiré par le garage/punk des sixties. Celui des Seeds et des Standells, en particulier. A cause des claviers poussiéreux, des riffs de guitare plaqués et puis du tempo enlevé. Et il le démontre sur plusieurs fragments de cet opus. Pourtant, The Plan me semble le plus efficace, lorsqu'il aborde les ballades rythmn' blues/soul. A l'instar de " Foggy days ", de " Let's leave " ou encore de " Daybreak ". Des fragments hantés par le spectre des Animals, mais interprétés avec la même intensité et la même douleur malsaine que chez Afghan Whigs. Seul hic, la voix du chanteur, un peu limite. Il n'a pas le timbre de Greg Dulli. Aussi, tant qu'il ne se met pas hurler, elle passe bien la rampe. Dans le cas contraire, elle écorche littéralement les oreilles. Paul Westerbeg, par exemple, n'a jamais eu une voix exceptionnelle, mais il est toujours parvenu à tirer parti de son timbre râpeux, enroué. Et justement, les Replacements ont plus que probablement eu une influence majeure chez The Plan. Il suffit d'ailleurs d'écouter " Slow fall " pour en être convaincu. Sur cet elpee, on a quand même droit à un exercice de style dans le jazz/punk (" Do something "), un fragment de folk jazz abordé dans l'esprit de Chris & Carla (" My thing "), une ballade hymnique à connotation celtique (" The days just glide in "), un morceau intimiste, indolent (" Skies above "), et puis un titre plus pop, qui pourrait être facilement traduit en single (" Fell a mile "). Si The Plan cherche encore sa voie (NDR/ sa voix ?), il est incontestable que lorsqu'il l'aura trouvée, il deviendra un des fleurons de la scène scandinave…