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The Scrap Dealers

After a thousand blows

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« After a thousand blows » constitue donc le premier album de The Scrap Dealers, un disque qui fait suite à un Ep éponyme, réunissant 8 titres (?!?!?). Paradoxal, mais l’elpee n’en recèle que 5. Mais pour un peu plus de 50 minutes. En fait, hormis deux pistes plus punk/garage –le moins assuré (surtout côté vocal) « She doesn’t wanna leave your mind » et le garage/surf/lo-fi « That’s what we call love »– les autres sont particulièrement longues ; la dernière, traversée par une stridulation électrique envoûtante, « I lost my faith », s’étalant sur plus de 10’. Un morceau lancinant, incantatoire, qui aurait pu naître d’une rencontre hypothétique entre Slowdive et The Horrors. Les deux autres compos trempent davantage dans le psyché/shoegaze. Atmosphérique, nébuleux, sonique, « Walking alone » nous replonge dans le climat très ‘Spiritualized’ de l’Ep. Cependant, et c’est vraiment bien pensé, les harmonies vocales sont particulièrement limpides. Tout comme sur le remarquable « Keep my silence safe ». Sur lequel on a parfois même l’impression d’entendre une chorale. Une plage dont la mélodie contagieuse, enivrante semble hantée par les Dandy Warhols. Quant à « I’ll never be like you », c’est du côté de Ride que le band liégeois semble lorgner. Mais toutes ces références, sont tellement bien digérées, qu’il est de plus en plus difficile de les discerner. 

Bref, un album 4 étoiles pour cette formation belge, capable de se démarquer de ses contemporains qui pour être dans l’air du temps, ne jurent plus que par les synthés, pour se fondre dans une masse inodore, incolore, et insipide...

 

The Scrap Dealers

The Scrap Dealers (Ep)

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Huit titres, dont un caché sur cet Ep éponyme de près de 35 minutes. Si le bonus track est délicatement sculpté dans le folk, les autres plages sont toutes alimentées par un flux électrique continu. Le disque s’ouvre par l’enlevé « No sense in your eyes ». La rythmique est hypnotique et fédératrice, presque krautrock. Cinglantes, les guitares parviennent même à dessiner des arabesques. C’est toujours cette rythmique qui balise la mélodie sur le psyché/garage « I’m so proud », une compo qui aurait pu naître d’une rencontre entre les Warlocks et les Dandy Warhols, même si la voix tourmentée évoque plutôt Perry Farrel, époque Porno For Pyros. Une occurrence qui se reproduit sur « For another day », tramée cependant, sur un tempo languissant. Les cordes des grattes sont guillerettes, tintinambulantes, tout au long du plus pop « Evil ride », une piste qui lorgne vers House Of Love. « I need you tonight » baigne au sein d’un climat garage/punk malsain, aride. Un punk qui devient frénétique sur « Stepmother ». La ligne de basse obsessionnelle procure le tempo au sauvage et ravageur « If I were your only son », une composition évoquant Spacemen 3 voire Loop. Et si souhaitez en savoir davantage sur ce groupe liégeois, qui devrait bientôt publier son véritable premier album, je vous invite à (re)lire l’interview que le quintet a accordée au grand complet, ici

 

The Scrap Dealers

Marre du garage…

Écrit par

Ce 13 décembre 2014, la formation liégeoise The Scrap Dealers se produisait au Water Moulin de Tournai. Précédant le set de The Marvin Gayes et The Shivas. Avant de monter sur les planches, le quintet nous a accordé une interview. Au grand complet. Pendant leur collation. Seul souci au moment de rédiger cet article, c’est qu’en retranscrivant cet entretien, difficile de déterminer si les propos émanent de Hugues (guitare, chant), Régis (guitare, chant), Justin (basse), Cédric (guitare) ou Antoine (drums). Heureusement la plupart de leurs avis sont partagés. Et quand ils sont plus nuancés, votre serviteur tachera de le préciser.

La conversation débute par une boutade, puisque ‘The Scrap Dealers’ se traduit par ‘les ferrailleurs’. Or, à Kain, près de Tournai, le long de l’Escaut, est implanté, un énorme chantier de recyclage de métaux. Je leur demande donc si avant de débarquer au Water Moulin, ils y ont fait un crochet. L’allusion semble les perturber avant que l’un d’entre eux ne retombe sur ses pattes : « Faut demander à Hughes. Fallait trouver un nom. Ben, c’est vrai qu’il n’est pas très intelligent, alors on ne préfère pas en parler… » L’occasion d’embrayer par une question bateau (?!?!?), pour connaître le parcours musical des membres du groupe. Ainsi, Antoine a milité au sein de Pirato Ketchup et les autres, Local Fourmost Band, qu’ils ont quitté pour raisons personnelles, afin de rebondir chez The Scrap Dealers. « Un nom plus intelligent », embraie le même interlocuteur… Et en remontant ce nouveau projet, les musicos ont décidé d’y insuffler un nouvel esprit et d’écrire de nouvelles compos.  

Leur premier Ep s’étale sur plus de 33 minutes. Pourquoi donc n’a-t-il pas été considéré comme album ? Le groupe le considère comme tel, mais c’est JauneOrange qui a décidé de lui coller l’étiquette d’Ep. La plupart des critiques du disque que le band a pu lire soulèvent la même remarque. « On pense que la manière et la longueur y sont. On ne croit pas qu’il soit vraiment courant qu’un Ep réunisse 8 titres en près de 35 minutes. C’est même plutôt rare… » Un disque qui recèle un morceau caché. Comme pas mal de cds gravés au cours des nineties. Mais dans un style différent. Plus folk. Minimaliste même. Et sans titre. C’est Hugues qui s’exprime : « Il nous a quand même demandé une journée d’enregistrement. En fait, je voulais composer une chanson pendant les sessions et la travailler en compagnie du groupe. Mais cela n’a pas marché. Comme je l’avais écrite, on l’a enregistrée uniquement avec une guitare et quelques effets et on l’a ajoutée au tracklisting… » Une compo beaucoup plus paisible. « Effectivement, on voulait calmer le jeu. Que ce morceau surprenne. Et on l’assume à 200%. On est satisfait du choix d’ailleurs. » Oui mais alors pourquoi trois guitares sur scène ? « Parce que s’il ne tenait qu’à nous, on en mettrait davantage. Le problème en ‘live’, c’est qu’il faut de la place pour les caser. Et en général, sur les planches, il manque d’espace… »

Etonnant, mais vu leur jeune âge, les musiciens n’ont pas une mauvaise connaissance de l’histoire de la musique pop/rock. Et surtout sont conscients de leurs influences. Intentionnelles ou pas. Un titre comme ‘No sense in your eyes’ est imprimé sur une rythmique hypnotique qui pourrait faire penser aux débuts de Hawkwind. Ou alors a des combos issus du mouvement krautock comme Can ou Faust. Hugues reconnaît écouter beaucoup de rock allemand. Et bien sûr apprécier ce style musical. « On voulait créer un mur de son, en y ajoutant de la distorsion. Mais que ce soit en même temps ‘motorik’. Et c’est facile à jouer tout en y injectant de l’énergie afin de faire passer un simple message. Nous ne sommes pas des rockeurs progressifs comme Hawkwind. D’ailleurs on est moins doués. On essaie cependant de rester cohérents dans la structure des morceaux. Et puis, on ne connaît pas trop bien Hawkwind. M’enfin chacun a le droit de discerner, dans notre musique, ce qu’il ressent. Certains y décèlent du Count Five, du Blue Cheer ou du Blues Magoos… » Avis qui n’engage que votre serviteur, les mélodies d’‘Im so proud’ et de ‘For another day’ lui semblent aussi hymniques que chez les Dandy Warhols. « Davantage dans l’esprit de Brian Jonestown Massacre », me rétorque-t-on. Pourquoi pas ?

Abordons maintenant l’aspect plus garage de leur musique. A l’instar du morceau ‘I need you tonight’. Plus aride, plus malsain, mais dans l’esprit des Pink Fairies, voire des Deviants, deux groupes énormément portés sur les excès en tous genre. Justin prend la parole : « Deviants, j’adore. C’est même carrément mon groupe préféré. A cause du climat au sein duquel leur musique baigne. Sur cette chanson, la voix est particulièrement torturée. Et c’est en même temps lo fi. Très lo fi. Mais le thème de la chanson n’est pas particulièrement ‘harshé’. Elle demeure malgré tout sentimentale. Mais on a mixé très, très vite. Peut-être un peu trop. Pink Fairies ? J’aime un peu moins. Toujours aussi garage, mais plus pop… » Quant à ‘Evil ride’, il affiche une très jolie ligne mélodique. On pourrait même ajouter dans l’esprit du garage sixties cher aux compiles ‘Peebles’ et ‘Nuggets’. Ces anthologies figurent-t-elles dans leur discothèque ? « En fait, c’est une de nos plus vieilles chansons. Elle a même un petit côté post punk. La mélodie accroche facilement, c’est vrai. C’est aussi une des plus courtes. Une ballade de 2’30. » Mais le garage, ils en en ont tous un peu marre qu’on leur en parle et surtout qu’on les enferme constamment dans ce cadre. « Il faut savoir que depuis le début, on nous confine dans une cave. En nous comparant aux Black Lips, par exemple. On en a plein le c** ! Nous ne souhaitons pas être cloîtrés dans un genre,  à tout prix. Correspondre à une image prédéfinie. On a commencé comme formation de garage punk. La critique a essentiellement retenu cet épisode. Et elle continue à nous comparer aux Black Lips, aux Seagulls ou encore à Oh Sees. Ces analogies nous collent encore à la peau comme un chewing-gum pourri. Notre musique est en évolution constante ! Et le public est étonné de voir que le nouveau répertoire est totalement différent du single. En fait nous sommes encore un jeune groupe. Il n’a pas trois ans d’existence. Et au début, on a dû cravacher pour écrire des morceaux. Il était donc plus simple d’adopter le punk garage. Aujourd’hui, on a un peu plus de disponibilité pour travailler notre musique et rendre nos compos plus élaborées. Ce n’est pas qu’on change vraiment de style, mais on consacre plus de temps à les réaliser. Et puis on n’a pas envie de toujours reproduire la même chose. On a envie de toucher à des tas d’autres trucs. En fonction des humeurs… »

Inévitablement, quand on touche au psychédélisme, on pense au recours à des instruments insolites, indiens ou orientaux, notamment. Ou alors à l’utilisation de l’électronique comme Animal Collective, MGMT et il y a quelques années Ozric Tentacles. Alors, tenté par cette vision plus électro ? « On verra bien. Dans le futur, on va essayer de nouveaux types de synthés. Il y aura certainement des choix à poser. Ce sera une décision commune. Si tout le monde est d’accord, pourquoi pas ? Sans culpabilité aucune. On ne va cependant pas aller sur la voie du rock expérimental électronique ou post rock avec énormément de moog. Mais en ce qui concerne un tel recours, dans certains morceaux, à l’avenir, c’est possible. Tout est envisageable. On n’est fermé à rien du tout. Mais ce n’est pas sûr que ce soit en live. Plutôt en studio. Et puis on est plutôt réticent par rapport à l’électro pure. On veut conserver l’aspect hypnotique et psychédélique de notre rock alternatif. Ce qui ne nous empêchera pas d’évoluer. » Un concept hypnotique qui soudain évoque pour votre serviteur –et je me lance alors sans filet–Loop et Spiritualized... En plein dans le mille ! Surtout pour Hugues. « Personnellement que ce soit à travers Spacemen 3 ou Spiritualized, Jason Pierce est un dieu. A cause de la personnalité et de la sensibilité de sa musique. Bien sûr, je ne cautionne pas tout ce qu’il a fait, mais pour moi son œuvre est remarquable. Par contre, Loop adopte un profil plus aride et nonchalant. Plus shoegaze… » Comme Jesus & Mary Chain et Black Rebel Motorcycle Club ? « On apprécie la musique de Jesus & Mary Chain, mais pas vraiment l’attitude de poseurs des frère Reid. BRMC est responsable de quelques bons titres, mais les ¾ ne nous accrochent pas vraiment. Le leader joue bien de la guitare, il chante bien, il est beau, et il le sait. C’est une attitude qui fait c*****… »

Intéressant de savoir quand même si un nouvel et véritable elpee (?!?!?) serait en chantier. « Il est terminé. Il est au mixing. Mais il n’a plus rien à voir avec ce qu’on a fait sur le premier. Pas mal de monde va se poser des questions… »  

 

The Scrap Dealers

Reste à travailler les voix…

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Soirée psyché garage au Water Moulin, ce samedi 13 décembre. A l’affiche, les Liégeois de The Scrap Dealers, les régionaux de l’étape Marvin Gays et les Américains The Shivas. Ces derniers sont établis à Portland, dans l’Oregon, tout comme les Dandy Warhols, et viennent de publier leur quatrième opus, « You know what to do ». Thee Marvin Gayes vient également de graver son deuxième elpee, en novembre dernier. Il s’intitule « Sleepless night ». Le combo fait un peu partie des meubles au Water Moulin. Quand aux Scrap Dealers, leur Ep (NDR : neuf titres, quand même !) est paru le 14 octobre dernier, et leur premier véritable long playing devrait sortir l’an prochain. Il n’y manque plus que les ultimes réglages…

C’est une mauvaise habitude au Water Moulin, la ponctualité est élastique. La faute à un public qui, en général, commence vraiment à débarquer après 22 heures. Et sans trop se presser. Ce qui, le plus souvent, prolonge la soirée tardivement…

Bref, The Scrap Dealers monte sur l’estrade avec ¾ d’heure de retard. Un quintet qui compte un drummer (NDR : au visage d’ado, mais il a quand même 25 printemps !), un bassiste et trois guitaristes, dont deux se consacrent alternativement au chant. Ils roulent leur bosse depuis un peu plus de deux ans ; et franchement, ils commencent à prendre de la bouteille. Leur mélange de psychédélisme et de shoegaze crépite allègrement. Parfois on pense à Loop, Spacemen 3, voire à Ride. La rythmique est hypnotique alors que les deux solistes tissent, à tour de rôle, de jolies envolées. Et malgré cette électricité bruitiste, on peut suivre aisément le fil mélodique. Mention spéciale à l’avant-dernier morceau du set (NDR : un extrait du nouvel LP), à la fois percutant, complexe et envoûtant, un peu dans l’esprit de Motorpsycho. Un bémol ? Les voix. En ‘live’, elles sont certainement encore à travailler et pourquoi pas en harmonie ; ce qui permettrait d’alléger les mélodies et même les rendre atmosphériques voire contagieuses. N’empêche, JauneOrange vient encore de faire une bonne pioche…

La dernière fois que votre serviteur avait assisté à un set  de Thee Marvin Gays, c’était au cours de l’été dernier. Il y avait une telle chaleur dans la salle, que la majorité du public prenait l’air à l’extérieur. Je dois même avouer que mon t-shirt était complètement trempé. Et je n’étais pas le seul à dégouliner de sueur. Pire, incommodé par la température ambiante, je n’avais pas vu grand-chose de la prestation.

Le line up du quatuor implique un drummer, deux guitaristes et une bassiste. Constamment souriante, cette dernière partage les vocaux avec un des gratteurs. A tour de rôle. Fondé en 2006, ce combo a acquis une belle expérience à travers ses prestations scéniques accordées à travers le Vieux Continent. En Belgique, bien sûr, tant au Nord qu’au Sud du pays ou à Bruxelles. Mais aussi en Grande-Bretagne, en Suisse et aux Pays-Bas. En cherchant sur la toile, les articles qui leur sont consacrés évoquent des références qui oscillent des Black Lips aux Oh Sees, en passant par White Fence, les Monks, le Gun Club ainsi que les compiles Peebles et Nuggets. Un zeste de surf comme condiment. Bref, le band pratiquerait une sorte de garage/punk aux réminiscences sixties. Pas aussi simple ! En écoutant plus attentivement et en sachant qu’avant de fonder ce combo, les musicos ont milité au sein de groupes de hardcore punk, leur musique me fait plutôt penser à Girls Vs Boys ainsi qu’au Sonic Youth de la seconde moitié des eighties, voire aux débuts de Blonde Redhead, mais en plus véloce. Donc une musique à la fois bruitiste et mélodieuse, qui brasse probablement toutes les influences mentionnées ci-dessus, pour en faire une synthèse personnelle et excitante. Les riffs de guitares sont incisifs et crades. Et même savoureusement discordants sur « Nothing ». La basse gronde. Le drummer pilonne ses fûts. Et il en ressort une solution sonore à la fois sauvage, syncopée et nerveuse, ponctuée de vocaux plutôt vindicatifs. Dommage cependant que les deux voix ne se rencontrent qu’à de trop rares occasions. Un créneau peut-être à explorer. N’empêche, Thee Marvin Gays mérite vraiment de sortir de la zone crépusculaire de l’underground…

Mais la grosse surprise nous est venue de The Shivas. Encore un quatuor. Une jolie brunette aux drums. Comme on colle aux affiches. Et elle chante aussi. Très bien. Un chanteur/guitariste (NDR : il a aussi une excellente voix), les cheveux coupés au bol, comme le Stones ou les Beatles, à la fin des sixties. Ceux du second gratteur sont roux et bouclés et reviennent en avant, presque comme une banane. Sa carrure est imposante. Deux personnages qui auraient pu jouer dans un film de Jim Jarmush (NDR: merci Jean-Philippe). Et un bassiste à la longue tignasse en bataille, comme Julien Doré pour les dj’euns ou les hippies si vous appartenez à la génération des soixante-huitards. 

Première constatation, les harmonies vocales échangées entre Kristin Léonard et Jared Wait-Molyneux sont limpides, dans l’esprit west coast. Quand Kristin imprime le tempo –le plus souvent tribal– sa coiffure est constamment en mouvement, retombant régulièrement devant son visage de poupée. Le second gratteur, Eric Shanafelt, a un faciès impassible, mais son corps esquisse de petits mouvements tournants qui épousent ses interventions. Son physique évoque un trappeur qui redescend les montagnes Rocheuses. Bob Mannering s’exprime davantage par ses mimiques ; mais aussi et surtout se révèle un remarquable bassiste. Fruit d’un cocktail de psyché, de surf, de pop et de garage, la musique baigne dans un climat électrique particulièrement stimulant. Les refrains sont contagieux. Aux titres les plus enlevés répondent des morceaux mid tempo. Peu de pause entre ces titres. Ce qui explique aussi la réaction du public au sein de la petite salle. Il danse, déménage ; et on a même droit à du crowdsurfing. Un téméraire atterrit inopinément aux pieds du guitariste, qui reste toujours de marbre. Musicalement, on pense à The Mayhem, Dick Dale, Sonics et aux Deltones ; mais pas seulement. Certains medias ont avancé que leur expression sonore naviguait quelque part entre les Cramps et les Stone Roses. Pas tout à fait faux. D’autres leur prêtent des intentions revivalistes sixties, voire fifties. Pourquoi pas ! Mais le plus important, c’est ce que The Shivas parvient à réaliser de tout cet éventail de références. En affichant une qualité de son irréprochable. Prodigieux, quand on sait que la table de mixage du Water Moulin est réduite à son strict minimum. Un concert épatant accordé par un groupe qui a tout pour devenir une valeur sûre de la scène alternative. C’est tout le mal qu’on lui souhaite…

(Organisation Water Moulin)

 

 

The Scrap Dealers

Red like blood (7”)

Écrit par

Premier Ep pour ce quintet liégeois ; et le moins que l’on puisse dire, c’est que les trois compos qui y figurent déménagent. Leur musique baigne dans un garage/punk/rock’n’roll qui puise ses influences au racines du genre, c’est-à-dire chez les Cramps, les Stooges originels voire MC5. Si le titre maître et « Imagination » évoquent les deux premières formations légendaires, « Get out of my city » épouse manifestement la frénésie malsaine de la troisième.