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Crystal Stilts

Nature Noir

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Le psychédélisme sombre est sans doute un de ces genres prisés du moment. Il n’en reste pas moins que certaines facettes de ce prisme paraissent plus éclatantes, se démarquent de la masse et leur lumière se réfléchit plus longtemps dans le temps, là où d’autres pâlissent rapidement.

De ces groupes incontournables de ladite scène, Crystal Stilts possède tout le talent et la maturité pour s’en extraire aisément.

En l’espace de quelques disques, le combo de New York city s’est vite imposé dans le milieu.

Pourtant, ce qui fait leur différence semble impalpable.

Est-ce cette nonchalance dans la voix, le son sixties nourri au eighties ou les mélodies subtiles qui parsèment leur discographie, qui fait mouche sans qu’on s’en aperçoive forcément?

C’est sans doute une question d’alchimie et de dosage de ces divers éléments. Mais surtout, et c’est une nouvelle fois, ici, le cas, de réelles aptitudes à torcher des chansons au feeling particulier et aux gimmicks imparables.

Donc, à l’entame de ce troisième album, le riff implacable de « Spirit In Front Of Me » balise d’emblée les lieux, nous entraînant sur ces itinéraires déjà parcourus, mais qui serpentent pour notre plus grand plaisir au milieu de nuits opaques transpercées d’éclairs multicolores.

Le son. Une identité propre au groupe comme une signature dont la décortication emmène dans des chemins de traverse où il fait bon se perdre.

Parsemé de quelques audaces, mais indéniablement signé de la même élégance détachée que les précédents essais, « Nature Noir » est un album irrésistible, dont les écoutes successives procurent non seulement une excitation accrue, mais qui plus est le plaisir de subtiles découvertes.

Ajoutons-y des influences qui ne se bornent pas au genre en question mais que les poulains de l’écurie Sacred Bones (soit déjà une solide référence en soi) lorgnent subtilement dans divers courants musicaux qui sous leur houlette se transforment en un magma en fusion où les électrons se sentent libres de s’élever tout en revisitant le son de l’Amérique à leur guise.

Sommet du disque, le titre maître se tient en embuscade en avant-dernière position. Le temps  de s’en détacher (chose guère évidente tant l’arpège mélodique est accrocheur et… élévateur) et l’écoute se termine dans les dernières notes de « Phases Forever », soit une brumeuse introspection accompagnée de cordes qui laisse la fin en suspens, suspendue dans l’air comme une bulle prête à éclater à tout instant.

Reste immanquablement un goût de trop peu et donc l’envie de se remettre en selle immédiatement pour une nouvelle chevauchée en « Nature Noir ».

 

Crystal Stilts

Une mécanique parfaitement huilée…

Écrit par

Grâce une affiche gargantuesque mêlant découvertes, valeurs sûres et émergences de nouveaux talents, l’Autumn Falls Festival s’est forgé en quelques éditions une réputation incontournable.
Voguant de salles en arrière-salles au gré de ses affiches, cet événement bruxellois propose tellement de qualité qu’il nous forcerait presque à migrer dans la capitale pour éviter d’incessants allers-retours.
Un troisième album sous le bras, les New Yorkais de Crystal Stilts débarquaient ainsi ce vendredi et s’installaient confortablement entre les murs de la Maison des Musiques.

La première chose qui nous frappe est l’exiguïté des lieux.

Il y fait chaud, et l’ambiance, loin d’y être étouffée, va très vite se muer en communion entre Crystal Stilts et le parterre, alors que lentement, le son s’extirpe de l’étroitesse perpendiculaire des murs et gagne progressivement les étages, à l’image de la musique du quintet de Brooklyn qui prend son temps pour instaurer son propre tempo.

Jusqu’à prendre toute son ampleur aux premières mesures de “Prometheus At Large”, extrait de leur second opus “In Love With Oblivion”, cadencé par sa rythmique martiale.

Du coup, l’assistance s’ébranle de façon syncopée et suit le combo dans ses terres promises à d’éternels soubresauts hypnotiques.

L’ambiance monte d’un cran, jusqu’à se matérialiser en un épais rideau de velours qui enveloppe l’atmosphère, drape l’assistance et étouffe les soupirs sceptiques qui jugent “Nature Noir” moins pertinent que ses deux opus précédents.

C’est que l’approche est certes différente sur ce disque paru dernièrement, sans doute plus réfléchie, mais laisse sans doute aussi toute sa place à l’expression subtile du spectre sixties mâtiné de cold wave chère à ces dignes héritiers du Velvet.

Le mariage des anciennes compositions et des nouvelles ne souffre donc d’aucune incompatibilité d’humeur et la voix nonchalante, presque abandonnée de Brad Hargett constitue le fil conducteur entre les salves de bruit blanc perdues dans un écho lointain.

Pas de heurts, pas d’incidents, la mécanique huilée pétarade sans accrocs d’un bout à l’autre du set et si celui-ci est exempt de surprise, il assure l’assise du groupe sur un public de convaincus.

Le rappel, offrande entendue (et attendue) sur l’autel des fans connaisseurs, propose deux titres dont  un “Love is a wave” énergique qui boucle la boucle d’effets.

La soirée s’échappe ainsi dans les volutes de fumée d’un kaléidoscope aux intonations psyché et aux relents hallucinés pour le plus grand plaisir de tous ceux présents ici, n’ayant vraiment pas à regretter les malheureux huit euros dépensés ce soir.

Autumn Falls

(Organisation : Toutpartout + Maison des Musiques + Vk*)

 

Crystal Stilts

Jeux de miroirs

Écrit par

Le temps est au beau fixe et on entre en période de blocus. Il ne serait pas sérieux de se taper Gand, situé à plus de cent trente bornes de mon domicile. D’autant plus que le soleil aura disparu à l'heure où les Crystal Stilts envahiront la scène du Charlatan ; d’ailleurs, je n'ai plus rien à étudier depuis belle lurette. Alors au diable les kilomètres, Crystal Stilts, j’arrive...

Les rues du centre ville sont animées et les terrasses sont peuplées de jeunes gens sympathiques. Chaque sourire traduit l’ambiance et l'atmosphère au sein de laquelle baigne cette ville, un climat qui contraste singulièrement avec d'autres métropoles où les individus hautains et déjà halés s'exhibent fièrement sur les devantures des cafés. Il est agréable de se retrouver ici. C'est la première fois que je pénètre dans cette salle, sise à l'arrière du café ; et je dois dire que le décor est parfait. Manifestement, la culture flamande sait s'habiller. Sirotant ma bière et contemplant la faune locale, je m'approche du podium et découvre la première partie.

Le duo sexy Too Tangled tire énormément parti de son image et abuse un peu des clichés du genre, pour au final délivrer un Rock & & Roll somme toute bien ficelé, mais au demeurant guère original. Le jeu de scène du ménage, s'il a le mérite d'être rôdé et divertissant, distrait néanmoins du principal. Les compositions du groupe, aussi bien interprétées soient-elles, restent tout de même assez passe-partout ; et s'il se dégage de ce concert une énergie positive, il n'en demeure pas moins que Too Tangled ne réinventera pas un concept qui des Kills aux Kills, a déjà fait le tour de la question. Sympathique, sans plus.

Il est passé vingt-deux heures quand les quatre silhouettes déglinguées de nos New-yorkais montent sur l'étroite estrade en escalier. A contrario du premier groupe, Crystal Stils se fout royalement de son image. Pantalons trop courts et coupes de cheveux improbables, leur look se profile entre nihilisme vestimentaire et nouvelle Mod(e), à mi-chemin entre Johnny Marr et Jean Peuplu. Car c'est dans la musique que le groupe fait la différence. Non seulement il est hors norme, mais il est surtout excellent.

Entamant son set par le titre qui ouvre le dernier opus (le hautement recommandable « In Love With Oblivion », chroniqué ailleurs en ces pages), une intrigante ballade posée au pied d'un « Sycamore Tree », le combo embraie par le débonnaire « Through the floor ».

Crystal Stilts revisite sa pop en la saupoudrant de psychédélisme spécifique. Et en l’espace d’une heure, le band va se fendre d’un concert généreux mais pourtant assez économe, dans son répertoire, brillamment exécuté. Un vieux synthé analogique qui ne paie plus de mine, peu de pédales d'effets et une batterie réduite à sa plus simple expression alimentent la solution sonore. Et pourtant le résultat est hautement plus probant que celui réservé par nombre de groupes noyant leurs faibles compos sous de multiples effets lourdingues, pour mal cacher leur manque d'inspiration ; car le génie de CS procède de leur capacité à composer des chansons évidentes et fichtrement bien balancées. De petites perles déposées dans un écrin sonore qui porte définitivement leur griffe.

« Crystal Stilts » l'éponyme, « Silver Sun » ou l'imparable « Shake the Shackles », sont interprétés avec ce détachement improbable, à mi-chemin entre attitude Baggy et Cool, portée à son paroxysme.

En premier rappel, à la demande du public, « The SinKing » surprend une set list écrite à la hâte sur un carton de tarte (NDR : parfaite illustration d’une non-attitude désarmante). Et cerise sur le gâteau, le final est réservé à « Half a Moon », une plage dont l'aura va scintiller au cœur des dernières réverbérations propagées par des amplis surchauffés.  Pour une première apparition de Crystal Stilts sur le sol belge, le combo de Brooklyn a fait très fort. Pas de « The Dazzled », cependant ; dommage, mais qu'importe!

La salle se transforme alors en dance-floor et le DJ prend les commandes. Les jolies filles affluent de partout ; et votre serviteur s'esquive dans la nuit, un sourire béat suspendu à ses lèvres cristallisées.

Organisation: Democrazy

Crystal Stilts

In love with Oblivion

Écrit par

Dans le sillage du premier album « Alight of night », le nom de Crystal Stilts et apparu dans les astres. Si le ciel semble s'assombrir à l'aube de ce second opus, au titre fantasmagorique, l'univers de ces New-Yorkais semble définitivement s'illuminer au long de ces onze plages de très haute tenue.

Si leur shoegaze-psyché reste agrippé au bitume fumant, leur son semble avoir gagné en maturité et se démarque assurément de nombre de combos naviguant sur un surf rock aux accents hypnotiques.

Pour entamer ce voyage en terre d'oubli, « Sycamore tree » s'enfonce dans une forêt étrange à bord d'un bolide qui traverse le temps et l'espace en laissant dans son sillage une traînée de poudre blanche. Débouchant sur un paysage aride où la voix de Brad Hargett se faufile et se promène comme chez elle.

« Through the floor » s'avère tout simplement irrésistible et la suite de cet elpee s'avale comme un timbre de LSD, procurant son lot de visions extatiques et de plaisirs immédiats.

Quand atterrit l'O.V.N.I. « Alien Rivers », dans la nuit psychotrope, les sens viennent à s'oublier au bout de sept minutes dix-huit brumeuses où le fantôme de Jim Morrisson danse avec Dieu lui-même.

« Half a Moon », « Invisible city » et « Blood barons » s'envolent dans un registre plus enjoué, mais ne sombrent jamais dans la facilité.

Tout simplement épatant d'un bout à l'autre, résolument jouissif et impeccablement mis en orbite par la production de JB Towsend, guitariste du groupe, « In love with Oblivion » jette un pont entre Brooklyn et certaines étoiles qui illuminent le firmament.


 

Tilt

Viewers like you

Fin des nineties, il y avait bien un groupe allemand, issu de Düsseldorf très exactement, qui répondait au nom de Tilt. Mais sa musique obéissait uniquement à des critères électroniques. Le quatuor qui nous concerne nous vient de Californie, de Berkeley pour être plus précis. Une formation qui pratique, à l’instar d’un Bad Religion, un power punk énergique, à forte connotation sociopolitique. Une solution pimentée par la voie féminine, mais vindicative de Cinder Block qui injecte dans ses lyrics toute sa verve venimeuse, n’hésitant pas à dénoncer la décadence de l’empire américain.

 

Stiltskin

The Mind´s Eye

Révélé par la bande sonore d'une pub consacrée aux jeans ‘Levis’, Stiltskin possède toutes les caractéristiques nécessaires et indispensables pour plaire au grand public. Les onze fragments de "The Mind's Eye" en sont en tous cas un parfait témoignage. Des compositions dont la structure mélodique semble avoir été filtrée successivement dans la mélancolie geignarde de Nirvana, le lustre hymnique de U2 circa "Boy" et la perspective glacée, hypnotique de Cure. Super groupe en gestation !