La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Tiny Vipers

Life on earth

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Quelques notes s’égrènent en épousant la monotonie du tic-tac pendulaire. La voix dense de Tiny Vipers, dont le timbre navigue quelque part entre Brian Molko et Nico, déroule une lente mélopée. Le temps disloqué étale le chant et les airs de guitare, jouée comme d’une harpe. Minuit sonne, la belle chétive erre, désœuvrée et insomniaque, dans des lieux autrefois plus vivants. Un souvenir, un fantôme, la gravité des mots et le solennel de la voix nous pénètrent jusqu’à la moelle. Parfois une sorte de cri échappe de ce chant retenu, et elle saute vers des zones inconnues, plus hautes, rappelant celles d’Alanis Morissette ou The Cramberies quand elles s’évadent des rails. Une ambiance de Far-West règne aussi tout au long de cet elpee, le troisième et le plus ombrageux de Tiny Vipers. Pas pour le suspense des westerns ; non, mais pour l’air suffocant et les paysages arides. Pour les sons folks et la longueur d’un plan sur des yeux fatigués.

La petite vipère s’insinue dans nos têtes et sifflote sa mélancolique litanie. Vicieuse, elle s’installe dans le cerveau et rejoue en boucle des souvenirs acides. La folie n’est pas loin, la tête résonne, et cette incantation obsessionnelle s’offre comme unique moyen d’apaisement.

 

Tiny Vipers

Hands Across the Void

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Nouvelle signature de l’ébouriffante écurie Sub Pop, Tiny Vipers calme nos ardeurs et clame le bonheur éprouvé par les écorchés. Car, c’est une certitude, Jesy Fortino a le cœur en berne. Mais elle s’en porte plutôt bien. Cachée sous le patronyme Tiny Vipers, elle livre « Hands Across The Void », une œuvre intimiste où mélodies et émotions copulent pour accoucher de chansons élégiaques, pas drôles mais jamais patraques. Inévitablement, on pense à Cat Power pour ce sens subtil de la mélodie gracile, à Julie Doiron pour la sobriété de l’ensemble et à Karen Dalton pour son insoumission folklorique. Etrangement, on songe également au premier enregistrement de Turin Brakes. En sept titres, Tiny Vipers parvient à faire le tour de la question, épuisant le folk par tous les moyens. Par l’entremise d’un final bruitiste étourdissant (« Forest On Fire »), de textes angoissants au possible ou d’un superbe marathon acoustique (« Swastika »), Tiny Vipers prend le temps d’imposer ses atmosphères. « Hands Across The Void » nous emmène ainsi à la rencontre des ténèbres. Et on ne craint pas de s’y perdre. Car ces chansons sont belles à crever. Rien ne peut donc nous arriver.