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Too Much & The White Nots

Hootenanny

Écrit par

Too Much and The White Nots est un collectif bien belge qui ne connaît pas la crise. Un septuor réunissant, un véritable ‘melting pot’ noir, jaune, rouge ; soit deux Wallons, une Bruxelloise d’origine néerlandophone ainsi que des Bruxellois d’adoption (français, italien). Et le collectif est parvenu à trouver le bon équilibre en n’hésitant pas à faire des compromis, pourvu qu’ils soient source de joie et de bonne humeur. 

« Hootenanny » constitue leur tout premier elpee. Leurs influences ? Ils les puisent essentiellement dans le folk des sixties et du début des seventies. Pensez d’abord à Bob Dylan. Pour la face étasunienne. Et Nick Drake. Pour l’insulaire. Des influences que le collectif revendique d’ailleurs. Evidemment, si on se limite à la scène contemporaine, ce serait plutôt du côté de Fleet Foxes qu’il faudrait lorgner. Tout en imaginant un chanteur dont le timbre est aussi nasillard que celui de Devendra Banhart.

Parfois légèrement teintées de blues, les compos de Too Much and The White Nots sont balisées par un violoncelle et des guitares. Une trame sur laquelle vient se greffer une multitude d’instruments, dont un ukulélé, des dununs, du glockenspiel et un xylophone. Bien que le climat soit le plus souvent allègre, une certaine tension est parfois palpable sur certaines plages. Quant aux vocaux, dispensés sous forme de dialogues ou conjugués en harmonie, ils communiquent beaucoup de vivacité aux chansons. Deux regrets cependant, certaines pistes tirent en longueur. Et puis, il y a cette reprise « My Moon, My Man » de Feist, absolument abominable…

Bonne nouvelle quand même, le groupe a bien la tête sur les épaules. Et il est conscient que c’est sur les planches qu’il parvient à donner le meilleur de lui-même. Il lui faudra donc encore bosser pour reproduire sur un support, tout le talent qu’il parvient à afficher en ‘live’…

 

Too Much & The White Nots

Un feu d'artifice visuel et musical.

Écrit par

L'atelier 210 accueillait, ce jeudi 13 octobre 2011, les Too Much & The White Nots, à l'occasion de la sortie de leur premier album, "Hootenanny". Quatre ans après leurs débuts (sur les planches de l'atelier 210!), le public qui afflue pour les (ré)entendre jouer prouve, s'il le faut, que le combo bruxellois s'est taillé une belle réputation.

La convivialité est de rigueur dans cette petite salle. Le public est plutôt jeune, mais on croise aussi une vieille dame accompagnée d'enfants.

La première partie du concert est assurée par Sinus Georges. Seul à la guitare et au chant, ce gai et sympathique luron est accueilli avec bienveillance, malgré une influence très marquée de  pop-chanson française-un peu reggae et une voix dans la lignée d'Anis, de Patrice, d’Ayo voire de Tété... Les textes ne sont pas d'une grande profondeur, (l'une des chansons s'intitule "Viens par ici que j't'attrape") mais c'est vers la fin du set que Sinus Georges se rattrape un peu, en interprétant des compositions apparemment plus récentes, et un peu moins stéréotypées.

Après une petite pause, les sept membres des Too Much s'installent dans le joyeux bazar disposé sur la scène. Beaucoup d'instruments (violoncelle, contrebasse, calebasse, guitare, flûte, harmonica, harmoniums, carillon, tube, guimbarde, didgeridoo, charango...) et des micros pour tout le monde, une lampe épileptique, un téléphone scotché au pied de micro. L'espace prend des allures de cirque, les musiciens arborant chignons, vestons de cow-boy, robes dorées ou tissus années trente. Les genres s'y côtoient pour un feu d'artifice visuel et musical.

Venus d'horizons musicaux différents, les membres de Too Much & The White Nots se sont rejoints pour cette belle expérience, éclectique malgré une classification folk. Le concert s'ouvre par un premier morceau dynamique et décalé, qui entraîne de suite les plus timides bassins. Vient ensuite un titre plus lent qui met le violoncelle à l'honneur, ainsi que les voix dont les types se répondent.

Darshen Golan (guitariste et chanteur) est au centre, et si c'est lui qui initie la plupart des morceaux, l'improvisation de tous a certainement permis d'enrichir les compositions. La spontanéité et l'amusement sont palpables, et chacun se met à danser, enfants émerveillés par le dompteur d'ours et la fildefériste.

Quelques reprises sont jouées, dont « My Moon My Man » de Feist, dans un admirable arrangement qui le rend franchement méconnaissable. Entonné par un duo d'harmoniums, il monte en puissance quand la violoncelliste, le contrebassiste et Choekita, la chanteuse à la voix grave s'en mêlent. Très rythmé, il semble partir en tango, puis s'accélère, s'étoffe, se répète et prend une direction plus électronique.

Sur « Folk is not dead », tous les membres scandent, non sans ironie, la phrase empruntée au slogan ‘punk is not dead’. La lampe de salon se met à clignoter comme lors un orage, le rythme et les bouches s'exagèrent, jeu auquel l'auditoire prend part.

Le groupe n'hésite pas à nous emmener dans des contrastes marqués, et quand la violoncelliste et le contrebassiste interrompent leur duo pour laisser exploser les percussions, les fauves sont lâchés et le plaisir embrase la salle entière.

Quelques ballades balancent cette furie, dont une reprise de Daniel Johnston, plus sage et introspective. On pense furtivement à Moriarty, et ses odeurs de Far West, mais l'on aurait tort de vouloir comparer les Too Much, et surtout, ce serait très long, vu la souplesse du répertoire.

Généreux, les Too Much n'hésitent pas à en faire un peu trop, avec classe et autodérision.

Trois morceaux de rappel continuent résonner dans l'atelier 210. Les musiciens attrapent des percussions et deviennent batucada, puis terminent par « Elise », chanté en acoustique et en rang d'oignon, les sept complices tapant des mains, sautant et jouant de la sonnette de vélo et du réveille-matin.

Too Much & The White Nots se produira en concert le 25 novembre au Rideau Rouge à Lasne, et probablement d'ici peu sur d'autres scènes bruxelloises.

(Organisation Atelier 210)