Death Valley Girls de retour sur terre

Les Death Valley Girls sont une valeur sûre de la scène rock du sud de la Californie. Après avoir détruit la maison de la chanteuse Bonnie Bloomgarden à Altadena, les incendies dévastateurs qui ont ravagé la ville ont été une source d’inspiration poignante…

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Tullie Brae

Revelation

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Tullie Brae baigne dans la musique depuis qu'elle est haute comme trois pommes. Fille d'un pasteur, dont la famille vivait près des champs de coton et des marais louisianais, elle fréquente l'église dès son plus jeune âge pour y chanter le gospel. Vu ses dispositions musicales naturelles, elle joue de différents instruments, dont le piano, les percussions, la basse et la guitare ; puis elle finit par diriger la chorale. Au fil du temps, Tullie élargit son spectre musical ; ainsi, après le gospel, elle se passionne pour le blues, la soul et même le rock, surtout à travers son énergie.

Les sessions d’enregistrement de cet elpee se sont déroulées au sein de plusieurs studios de Memphis. Elle a ainsi pu bénéficier de la participation de la crème des musiciens locaux, dont le guitariste Jeff Jensen qui assure aussi la production. Miss Brae signe ici dix compos aux textes consistants. 

Après une introduction à l'orgue et au cordes, Tully donne de la voix, une voix puissante, tel un cri, une menace même. Imprimé sur un tempo flemmard, ce blues nous réserve un duel entre les cordes de Jensen et la cigar box de la maîtresse de cérémonie. "Seven bridges" trempe dans le gospel. Le vocal de Tullie affronte les chœurs, alors que l’ensemble frémit aux interventions fragiles des percus, avant que la guitare en slide ne s'échappe de ce climat passionnel. Blues flemmard, "Mississippi rain" se distingue par sa mélodie, une compo à la voix chargée de feeling et tapissée des claviers chaleureux, au cours de laquelle les cordes de Jeff s'envolent. "Break these chains" constitue le sommet de cet opus. Lourd, le climat nous entraîne dans le delta. Le bruit des chaînes sert de percus. Et puis la voix éclate face aux sanglots soufflés par l'harmo de Brandon Santini. Tout aussi remarquable et écrasant, "Devil in Deville" nous conduit, quelque part, dans les collines du Nord du Mississippi, à la rencontre du diable. Canalisé par une solide ligne rythmique, la compo favorise les envolées aux sonorités si métalliques dispensées par la cigar box de Miss Brae. Très jolie ballade bluesy, "Ain't no good" macère au sein d'une atmosphère sombre et menaçante ; Jeff choisit alors ce moment pour nous réserver le meilleur solo de l'album. Et le reste de l'elpee ne souffre d'aucune faiblesse. Remarquable !