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TwoMonkeys

Psychobabe

Foutraque et plaisant, le nouvel album des frères Bornati, a tout pour ne pas lasser.

Il s’ouvre par un faussement languide « Moon », mais ce n’est qu’un leurre. Rapidement, « Marshamallows » convoque les guitares d’Enimem (!) sur des rythmiques neubautiennes, tandis que « FuckFolk » rendrait fou une réunion de Hells Angels.

Passant allégrement du rock garage à des rythmiques 8-bit sorties d’un vieux jeu vidéo dans le même morceau, les 2 Italiens surprennent et amusent, variant les instruments et les ambiances. « More Space » imagine une colonie de bouseux texans perdus dans le cosmos, tandis « Crazy Drive » enferme les Shadows dans une borne d’arcade.

La rythmique est solide, même si elle change souvent d’instrument en cours de morceau.

Autour d’elle, tout peut vite varier entre 2 extrêmes, de vocaux martiaux à des envolées Free Jazz. Et l’ensemble est saupoudré d’un humour très Commedia dell’arte, via des vocaux filtrés où l’on croit entendre un Donald Duck sous acide.

Si « Cry » et « Melodrama » tournent un peu à vide, on ne sent jamais la panne d’inspiration, juste un léger décrochage de l’auditeur face à tant de stimuli. Mais on donnera une mention particulière à « Sacri|Face » qui clôt l’album et donne envie de le relancer.

« PsychoBabe » donne le tournis, et s’il a été produit par un acolyte de Mike Patton (Asso Stafana), ce n’est pas un hasard, le point commun étant la prise de risque et l’absence d’œillères musicales.

Point de linéarité ici, mais un carrousel ludique et inspiré et à vitesse variable qui a peut-être le défaut d’être un peu trop copieux.

Mais en ces temps d’anorexie créative, cela fait du bien.