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La vie explosive de Fine Lame

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Protomartyr

Le nouveau testament de Protomartyr

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Protomartyr est devenu synonyme d'assemblages caustiques et impressionnistes de politique et de poésie, de littéral et d'oblique. Casey décrit le thème sous-jacent de « Formal Growth In The Desert » comme un testament en 12 chansons pour ‘continuer à vivre’, même quand cela semble impossible. « Formal Growth In The Desert », c’est d’ailleurs le titre de son nouvel elpee qui sortira le 2 juin 2023.  

Le premier single/vidéo, « Make Way » (à découvrir ), est également le titre d'ouverture de l’album, Casey l’entamant en affrontant la tragédie de plein fouet : ‘Bienvenue sur la terre hantée // La vie après la vie // Où nous avons choisi d'oublier // les années du Hungry Knife’. La vidéo qui l'accompagne, réalisée par Trevor Naud, est une prouesse cinématographique.  À propos de la vidéo, Naud a déclaré : ‘Il y a une continuité délibérée entre les vidéos de « Make Way » et de « Worm In Heaven ». Les deux chansons sont associées l'une à l'autre. Je voulais donc que les vidéos donnent l'impression d'exister dans le même monde. Il y a des couches d'expériences qui se déroulent, toutes dans un environnement fermé. Nous ne savons pas ce qui s'est passé dans le monde extérieur, mais il y a un sous-entendu que les choses ne sont peut-être pas tout à fait correctes’.

 

Protomartyr

Pas de la petite bière…

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Responsable de quatre elpees à ce jour, dont le dernier « Relatives In Descent » est paru l’an dernier (NDR : un opus qui figurait dans le Top 20 de votre serviteur), Protomartyr se produisait ce jeudi 3 mai en la salle De Kreun, à Courtrai. Issu du Michigan, de Detroit très exactement, ce quatuor pratique une forme de post punk qui doit autant à Joy Division que The Fall. Compte-rendu.

C’est Tyvek qui ouvre le bal. Un autre quartet également issu de la même Motor City. Mais à coloration légèrement féminine, puisqu’il implique une guitariste. Malheureusement, au bout de deux morceaux, les oreilles incitent à battre en retrait. En cause : des balances désastreuses et un volume sonore bien trop élevé. Surtout pour un supporting act. Dommage, car le band possède une belle notoriété sur la scène underground, compte une solide discographie et partage même régulièrement les planches avec la tête d’affiche… (voir photos ici)

Chaque musicien de Protomartyr semble venir d’un univers différent. Chevelu, balaise et barbu, le bassiste campe un look de métalleux. Hormis la tignasse en gâteau de riz, le guitariste ressemble à Baptiste Lalieu, le leader de Saule. Vêtu d’une veste grise et d’un pantalon foncé, Joe Casey, le chanteur, est un personnage anti-charismatique par excellence. Seul le drummer a une tête… de personnage lambda. Une petite table a été installée près du vocaliste, sur laquelle sont alignées quelques bouteilles de bière. Souvent, entre les morceaux, il les boit au goulot ou verse le contenu dans un verre en plastique, qu’il emmène alors avec lui tout en déambulant sur l’estrade. Il prêche plus qu’il ne chante, d’une voix déclamatoire, un peu à la manière de Nick Cave, des textes profonds, complexes, notamment sur la désintégration de la politique américaine.

C’est le batteur qui trace le fil rouge de la musique, selon un drumming qui peut se révéler ample, syncopé, hypnotique, tumultueux ou luxuriant, alors que cotonneuse, la ligne de basse adopte résolument un ton cold wave, tout en s’intégrant parfaitement à la section rythmique.  

Casey se tient droit. Son pied de microphone est légèrement plus haut que sa tête, qu’il lève pour chanter, menacer ou rugir. On dirait un prof mécontent qui exprime sa rage, son exaspération et ses angoisses. Chaque syllabe est chargée de venin. Plus puissante que la précédente, elle est répétée pour qu’elle pénètre bien dans votre matière grise.

Au cours de la première partie du show, les morceaux s’enchaînent sans temps mort, et le chanteur ne remercie l’auditoire qu’après quelques morceaux. Les accords de gratte de Greg Ahee sont alternativement complexes, répétitifs, caustiques, sauvages, vibrants ou tintinnabulants, et rappellent parfois ceux dispensé par Justin Jones, au sein d’And Also The Trees. Et tout particulièrement sur le remarquable « A private understanding. Au fil du set, le son devient de plus en plus puissant, peut-être un peu trop. Si bien qu’avant le rappel, lorsque Joe vient s’adresser à la foule, difficile de comprendre ce qu’il raconte, tellement on a les oreilles en compote.

Si le set s’ouvre par « My children », un morceau dont la mélodie me fait furieusement penser aux Stranglers circa « No more heroes », lors du rappel, c’est à nouveau dans un même climat que l’excellent « Why does it shake ? » va d’abord nous replonger, avant d’entamer des méandres sonores énigmatiques et éruptifs. Et la prestation de s’achever par le post punk bien enlevé, « Scum Rise ! ». Si ce public constitué essentiellement de quadras et de quinquas semble beaucoup apprécier la prestation, chante même ou hoche gentiment la tête, il reste plutôt calme, alors que 35 ans plus tôt, à l’écoute d’une telle musique, il se serait mis à pogoter… il est vrai que depuis, beaucoup d’eau est passée sous les ponts, et qu’en outre, ce concert n’était pas de la petite bière… (voir photos )

(Organisation : Wilde Westen)

 

 

Protomartyr

Relatives in descent

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Mis en forme par le Sonny DiPerri (Avey Tare, Dirty Projectors), « Relatives in descent » constitue le quatrième album de Protomartyr. Un quatuor issu de Detroit dont le post punk est enrichi de textes littéraires qui traduisent leur malaise face au monde et à son avenir (l'immensité de la civilisation moderne et les questions qui nous affligent telles que la pauvreté, la politique ou la procréation), et que chante ou surtout déclame, Joe Casey, à la manière de Mark E. Smith, Ian Curtis, Nick Cave voire Simon Huw Jones (And Also The Trees), même si sa voix emprunte parfois les inflexions à Hugh Cornwell (« Male plague »). Protomartyr puise manifestement ses références chez The Fall, Sonic Youth, Joy Division et même les Stranglers. Sa musique est sombre, sinueuse, allusive, dense, très électrique et parfois vertigineuse. Les drums sont particulièrement amples et complexes et les cordes de guitares tranchantes, grinçantes, incandescentes, torturées, spasmodiques, explosives ou grésillantes. Caoutchouteuse, la basse gronde, pulse. Un album incontournable de l’année 2017 !

 

Protomartyr

La crucifixion selon Protomartyr…

Jolie double affiche, ce soir, au Botanique. Heimat et Protomartyr partagent la Rotonde. Un enchaînement insolite entre deux formations résolument orientée du côté obscur de la musique alternative... Pour notre plus grand bonheur !

C'est Heimat qui, en toute logique, ouvre les hostilités. Le duo réunit Armelle Oberle et Olivier Demeaux, qui militent par ailleurs au sein des prolifiques Cheveu et Badaboum, mais aussi Accident du Travail et The Dreams. Heimat, qui signifie 'maison' et 'mère patrie', c'est un peu comme si Nico faisait un boeuf avec le Yellow Magic Orchestra. Comme si Bettina Köster, époque Malaria!, se produisait dans un cabaret allemand plongé dans des sonorités électroniques minimales krautrock aux accents japonisants...

Sur les planches, le look d'Armelle évoque plutôt Catherine Ringer, pour le côté désinvolte. Celui d’Olivier Demeaux est assez discret. Il trône derrière ses contrôleurs, son clavier Nord et sa table de mixage Soundcraft. Les deux artistes s'appliquent à distiller leurs titres sans fioritures particulières. La setlist se focalise sur le premier elpee éponyme du duo, paru sur l'excellent label belgo-français Teenage Menopause. Véritables hymnes pop/punk robotiques, rehaussés par le chant lyrique, un peu grandiloquent, d'Armelle, « Tot und Hoch » et « Pompei » sont particulièrement impressionnants. ‘Prost !’, proclame Armelle en goûtant sa bière. Le dernier morceau est un inédit, très martial et ma foi, aussi intéressant. Vu qu'il reste deux minutes, le duo clôture son set par « Wek », une lente mélopée enfantine gonflée par une basse synthé ronflante et superbement 'dark'. Très belle prestation même si on aurait aimé que le duo offre un peu plus au niveau du 'show'.

Une demi-heure plus tard, Protomartyr prend possession de la Rotonde. Issu de Detroit, le quatuor pratique un post-punk propre, précis et subtilement puissant. Mais ne vous méprenez pas : sueur, guitare crachotante et roulements de batterie sont au rendez-vous! Ce qui fait surtout la spécificité du combo, c'est sans nul doute le chanteur, Joe Casey. Quand il débarque sur le podium, pendant l'intro de « My Children », on sait d'emblée que l'on est face à un fameux personnage. Affichant un look de fonctionnaire désabusé, bedonnant et le regard déjà embué par de nombreuses chopes, on dirait un croisement entre Joe Cocker et Ian Dury, en plus jeune. Dans les poches de sa veste sombre, il cache 4 bouteilles de bière qu'il décapsulera et éclusera avec délectation pendant tout le concert.

Très Buzzcocks, « Ain't So Simple » nous plonge immédiatement dans le passé ; et tout particulièrement en 1978-79, soit la période d'âge d'or du post-punk anglais quand il était plus proche du punk que de la new wave. Les compositions sont courtes et énergiques. Les paroles sont tranchantes et le chant ressemble à un cri. Joe Casey éructe ‘Everything's Fine’ dans « Windsor Hum » et la plupart des textes possèdent une forte dimension sociale. On ne comprend pas tout ce que Casey raconte, mais son souffle lyrique lui permet d’être considéré parmi les plus grands poètes du rock.

La setlist se promène entre « Under Color Of Official Right », « The Agent Intellect » et la dernière production, « Relatives In Descent », un des albums de l'année. « Up The Tower » et « Male Plague », par exemple, sont des véritables coups de poing et le public accuse le coup en dodelinant de la tête. Bizarrement, aucun pogo ni de 'circle pit' ne se déclenche. C’est sans doute dû à l'atmosphère intimiste de la Rotonde. Mais la puissance et la violence sont bien présentes, retenues mais non moins intenses. On passe d'une lenteur marécageuse à un emballement frénétique en moins d'une seconde.

La fin du show conduit à l'apothéose, grâce à « Here Is The Thing », « Don't Go To Anacita » et « Dope Cloud ». ‘Can you light up the mirror ball ?’ demande Casey, en pointant le doigt vers la grosse boule à facettes pendue très haut dans le dôme de la Rotonde. Exécution : le préposé aux lumières dirige 3 faisceaux blancs sur la sphère, transformant la salle en discothèque pour le reste du concert : fun ! « Half Sister » clôture officiellement le set, mais les musiciens reviennent bien vite pour interpréter deux bombes : « Why Does It Shake? » et surtout « Scum, Rise! ».

En un mot, un concert en forme d'uppercut, incandescent et carrément jouissif. On aurait juste voulu qu’il dure plus longtemps mais en une heure, on a quand même eu droit à pas moins de 18 titres ! Aucun doute : Protomartyr nous a... crucifiés !

Setlist :

My Children
Ain't So Simple
Corpses in Regalia
Windsor
Hum
I Stare at Floors
Up the Tower
Male Plague
Cowards Starve
The Devil in His Youth
3 Swallows
A Private Understanding
Here Is The Thing
What the Wall Said
Don't Go To Anacita
Dope Cloud
Half Sister

Rappel:

Why Does It Shake?
Scum, Rise!

(Organisation : Botanique)

Satyricon

Live at the Opera (Dvd)

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Ecran noir. Le logo du groupe Satyricon fait son apparition. Il est sous-titré par la mention ‘With the Norwegian National Opera Chorus’. Des chuchotements se propagent, rapidement surplombés de notes au violon et piano. Lever du rideau sur un podium plongé dans l’obscurité, fumante en arrière-plan. Seules quelques lumières tamisées éclairent le plafond, permettant de deviner l’ombre d’un guitariste sur le côté droit de l’estrade. L’auditoire ne peut s’empêcher de lâcher un cri, suivi d’applaudissements nourris. Mais attention, en y mettant la forme. Opéra oblige. Des lumières rouges s’éveillent peu à peu, laissant percevoir une chorale d’une quarantaine de personnes. Sortant des abysses du plancher de la salle d’art norvégienne, Frost et son impressionnante batterie font irruption, sur les premières notes de « Voice of Shadows », titre d’ouverture de leur dernier LP en date, sobrement intitulé « Satyricon ». Des fumigènes envahissent à présent l’avant de la scène, avant que n’émerge Satyr, frontman du band, des entrailles de l’opéra norvégien. Deux spots éclairent  en permanence les deux artistes, laissant le reste des musiciens dans l’obscurité, histoire de rappeler qui sont les deux seuls membres permanent de ce groupe phare du Black Metal. Le backing group est d’ailleurs toujours constitué de musiciens de session. ‘J’ai une longue histoire de coopération avec des musiciens de musique classique’, explique le vocaliste, avant de poursuivre : ‘Un violoncelliste du Trondheim Symphony Orchestra a notamment contribué avec nous sur l’album « Volcano ». Pareil sur « Now », « Diabolical » et sur « The Age of Nero », où c’étaient là des cuivres du Norwegian Radio Broadcasting Orchestra qui ont apporté leurs sonorités. Donc, au final, travailler avec le cœur de l’Opera Royal Norvégien n’a pas été quelque chose de nouveau pour moi mais bien une continuation d’expériences de ces vingt dernières années. Cela n’empêche, il s’agit là de notre plus grosse coopération’.

Cet enregistrement atypique, enregistré à la fin de l’année 2013, marquera certainement l’histoire du groupe norvégien. Non seulement le cadre est splendide, chargé d’histoire et de spiritualité, mais le cœur de l’Opéra Royal apporte une profondeur incroyable aux morceaux, une aura aux contours diffus mais belle et bien présente. Preuve en est, par exemple, lors de cet intermède qui précède « Die By My Hand », où le chœur seul vient annoncer le morceau dans une envolée lyrique, sobre et inquiétante, figeant Satyr à l’avant de l’estrade. Outre l’intéressant clivage visuel entre le cœur tiré à quatre épingles et un Satyr légèrement maquillé, cheveux longs emmêlés et tout de cuir vêtu, il est agréable de constater cette passion pour la musique qui unit les artistes. Une rencontre de deux mondes que, à première vue, tout oppose. Mais une année et demie de travail a permis d’explorer les compositions jusqu’à atteindre une essence commune. Une alchimie explosive qui vous transporte et vous prend aux tripes. On dépasse le stade du musical pour, de temps à autre, toucher du bout des doigts le monde du spirituel. Moment particulier lors de « Phoenix », tiré de leur dernier opus, où Satyricon est rejoint sur les planches par l’ex-Madrugada, Sivert Høyem (NDR : chanteur norvégien de rock). Les classiques barrières du Black Metal, pourtant bien enracinées, sont ici détruites pièce par pièce. Le public a de plus en plus de mal à rester assis. Faisant la part belle aux dernières compositions, ce ‘live’ va de temps à autre quand même puiser dans un répertoire plus ancien, et notamment « The Pentagram Burns », « To The Mountains », « Den Siste »… ou encore un des grands classiques, « Mother North ». Si vous n’avez pas les poils qui se dressent sur la peau, à l’écoute de ce titre, devenu un hymne de l’histoire du Metal, alors je ne comprends plus rien.

Que vous soyez fan ou pas de Satryricon, vous ne pouvez pas passer à côté de cet hybride musical. Une rencontre hors du commun qui creuse profondément au sein de vos entrailles et repousse encore un peu plus les murs de la création. A vivre!

Tracklist : Voice Of Shadows - Now, Diabolical - Repined Bastard Nation - Our Wold, it Rumbles Tonight - Nocturnal Flare - Die By My Hand- Tro Og Kraft - Phoenix - Den Siste - The Infinity of Time and Space - To The Mountains - The Pentagram Burn -  Mother North - K.I.N.G

 

Styrofoam

Nothing´s Lost

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Venu célébrer le 25ème anniversaire de l'Ancienne Belgique, Arne Van Petegem, l'âme de Styrofoam, a réuni une prodigieuse palette d'invités, le temps d'un concert accordé dans cette salle mythique de la capitale européenne. Les applaudissements aidant, ces collaborations initialement éphémères ont donné naissance à un rêve éveillé, un disque façonné de participations diverses. "Nothing's Lost" est cet album fortuit, le hasard discographique de l'histoire de Styrofoam en somme. Arne Van Petegem s'est ainsi entouré de Markus Acher (The Notwist), de Ben Gibbard (Death Cab For Cutie), de Valerie Trebeljarh (Lali Puna), de Bent Van Looy (Das Pop), d'Andrew Kenny (American Analog Set) ou encore d'Alias. A la première écoute, le disque distille un voile sonore soporifique. Pourtant, sous ces cotonneuses traverses expérimentales, "Nothing's Lost" laisse apparaître de formidables prouesses mélodiques dont "Misguided", "Anything" et "Couches In Alleys" demeurent les meilleurs témoignages. Styrofoam trouve un habile compromis entre le son des machines et celui des guitares acoustiques. "Make It Mine" achève l'album et prouve que le Royaume de Belgique abrite effectivement un orfèvre de l'électro-pop raffinée, miraculeuse. A l'image de Styrofoam, ‘l'union fait la force’…