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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

Bullen Street Blues

Le british blues des 60s a permis au blues de ne pas s'éteindre, et aux créateurs noirs de lui restituer une nouvelle gloire. Cette vague a engendré de grands formats de la génération de fin de siècle. Mais aussi des artisans modestes tels que le bassiste Non Brunning et le pianiste Bob ‘Sunflower’ Hall, qui s'étaient connus chez Savoy Brown. Ne les rendons quand même pas trop modestes, puisque Hall est manifestement un des plus grands pianistes européens du blues et du boogie woogie. Le BHSBB s'est formé par hasard, pour honorer un contrat vite signé avec une maison de disques obscure, Saga. Au fil des ans, pas moins de quatre albums sortiront. Les deux derniers avaient déjà fait l'objet d'une réédition sur le label Indigo. En un seul box. C'est aujourd'hui le tour des deux premiers de bénéficier de cette formule.

Pour "Bullen Street Blues", le line up réunissait le guitariste Mick Halls, le chanteur Peter French, et surtout les deux Bob. Tous deux allaient ensuite rejoindre les Black Cat Bones, pendant que French embrassait une carrière de vocaliste. Assez intéressante, il est vrai. Qu'il mettra en évidence, notamment chez Atomic Rooster et Cactus!

Nonobstant "Gone back home", entrée en matière qui laissait augurer une meilleure suite, et les pièces instrumentales, dont je retiendrai surtout "Sunflower boogie", cet album me laisse sur ma faim. Un 2ème elpee, "Trackside blues", sortait l'année suivante. Réalisé en un jour (??), il épinglait alors un chanteur/guitariste inconnu, qui répondait au nom de Colin Jordan. L'intérêt de ce disque réside dans la présence d'un invité de marque, Mr Peter Green. "Ride with your daddy tonight" est une ouverture superbe. Peter chante de cette voix autoritaire et naturelle dont il disposait alors. Un grand moment! Les apparitions de Green sont à chaque fois les musts de l'album. Et je pense plus particulièrement à "It takes time" d'Otis Rush, à l'admirable slow blues "If you let me love you" de B.B King, et aux deux versions de l'instrumental "Ah! Soul" (NDR : prononcez asshole !), réminiscents de Freddie King. Peter rime ici avec sauveur !

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

Message to St Louis

Tommy est né voici 68 ans dans le Mississippi, mais a établi ses pénates à Saint Louis, dans le Missouri. Une ville portuaire qui a enfanté une scène bien spécifique, caractérisée par la rencontre du blues rural et urbain ; une scène incroyablement riche et pure. Et des artistes comme Arthur Williams et Boo Boo Davis en sont aujourd'hui les fers de lance... Depuis un demi-siècle, Bankhead en est un des plus solides piliers, produisant un blues dont le style a été marqué de manière indélébile, par les années d'après-guerre. A ce jour, il n'a commis qu'un seul album, "Please Mr Foreman". En 1983, sur Deep Morgan.

Tommy compose la très grande majorité de son répertoire. Il est secondé de musiciens qui présentent un solide pedigree. Notamment Erskine Oglesby, un saxophoniste qui a joué pour Ike et Tina Turner, et le pianiste Bob Lohr. Un proche collaborateur de Chuck Berry qui côtoie régulièrement les seigneurs du blues local. Lohr se révèle brillant sur "Going to Chicago". S'il aime les tempos enlevés, Tommy n'en reste pas moins un bluesman de talent. Il le démontre sur "Alcohol ain't nothin" et "The bright lights". Cheval de bataille " live ", " Who said it " est à coup sûr une des meilleures plages du disque. Elle permet notamment aux solistes de s'échapper. Tantôt Tommy à la six cordes, tantôt Oglesby au sax. Et la production de Fedora est impeccable!

mardi, 18 septembre 2007 02:00

ThrillVille

Le nouveau patronyme du groupe de Rod Piazza est surprenant, puisqu’il met aujourd’hui en exergue, son leader. Et pour rester dans l’ordre des événements, les Mighty Flyers ont été rebaptisés le Mighty Flyers Blues Quartet. Plus que quatre musiciens au sein du line up, puisque désormais, la féline Honey assure les parties de basse depuis ses claviers. Le timide Henry Carvajal est toujours préposé à la guitare, tandis qu'un petit nouveau fait son entrée : le drummer Dave Kida. Quoique méconnu, ce dernier n’est pas un néophyte, puisqu’il a déjà bossé pour Janiva Magness, George Fiend (sur l'excellent "Looka here!", concocté en 2004) et Doug McLeod! Les Mighty Flyers avaient commis, l'an dernier, un superbe CD/DVD. Intitulé "For the chosen who", il avait bénéficié de la production de Randy Chortkoff, le patron de Delta Groove. Pour ce « ThrillVille », il a laissé carte blanche à Rod, responsable du répertoire, des arrangements, du mixing et de la mise en forme. Rod voulait retrouver la spontanéité inhérente à ses premiers enregistrements réalisés en compagnie du Dirty Blues Band et de Bacon Fat, il y a déjà près de 40 ans. Il voulait aussi démontrer la cohésion de son nouveau quartet. Consacré largement au blues, cet opus concède quelques touches de soul, de R&B et même de funk. L'influence la plus profonde demeure cependant le blues urbain de Chicago, et en particulier celui de George Smith, le mentor de Piazza. A cause de cette tonalité caractéristique de la West Coast.

Le blues classique est donc bien présent. Dès l'ouverture, le collectif se fend d’un medley, partagé entre le "Hate to see you go" de Little Walter et le "Shake your hips" du Louisianais Slim Harpo, un trait d'union qu'affectionne notre souffleur. Le passage de Walter à Harpo s’opère d'une manière très naturelle et sur un même rythme soutenu. Piazza est déjà au sommet de son art. Le "Hoodoo man blues" de Junior Wells est une autre cover de classe. Une version éclatante au cours de laquelle Madame Piazza tapote comme Otis Spann. Inspiré par Wells et Little Walter, Rod souffle comme un dieu. Kida imprime les changements de rythme tout au long du "I don't play" de Willie Dixon. Un régal ! Le "Stranger blues" d’Elmore James a subi un traitement assez classique. Rod et Henry se partagent le chant lors de cette compo décontractée, nonchalante. Très musical, cet opus laisse aussi la part belle aux plages instrumentales. Et tout d’abord "Westcoaster". L'artiste souffle dans son harmonica chromatique en hommage à son maître et compagnon des premiers jours, George ‘Harmonica’ Smith. "The civilian", ensuite. En l'absence de Rod, c'est Henry qui passe sous le feu des projecteurs. Il concède un brillant exercice de jump style sur les cordes. "Snap crackle hop" est un fragment percutant. Et au sein de son ambiance de bar nocturne, "Sad hours" nous rappelle une dernière fois l'influence de Little Walter. Mais d’autres styles sont également abordés. Ballade soul teintée de R&B, "Sugar" bénéficie du concours des saxophones de Johnny Viau et d'Allen Ortiz. Ils prennent tous deux un billet de sortie tandis qu’Henry semble particulièrement et agréablement inspiré. "MFBQ" est le titre qui s’inscrit le plus dans le cadre de la musique actuelle. Largement funk, il est soutenu par des cuivres très James Brown. Henry est très en verve. Les quatre partenaires participent aux vocaux. Ballade soul aux accents swamp très perceptibles, le délicieux "It can't be true" lorgne du côté de Guitar Slim. Le MFBQ prouve en effet ici la cohésion sans faille de ses membres. L’œuvre recèle évidemment quelques morceaux correspondant au schéma classique des Mighty Flyers. Dont "Get wise". Le piano boogie woogie de Honey roule pendant que la guitare nerveuse et rageuse de Carvajal est très en rythme. "Honey Bee", également. Très West Coast, parcouru par un merveilleux harmo chromatique. "Stranded", enfin. Il met en exergue les talents naturels de Honey sur les ivoires. Un album de classe. C’est évident!

 

mardi, 09 juin 2009 02:00

Soul monster

Parmi les bluesmen blancs, Rod Piazza est sans doute celui qui possède la plus solide expérience. Et pour cause, il compte déjà la bagatelle de 44 années de carrière. Ses débuts, il les a accomplis au sein du Dirty Blues Band, avant de passer chez le Bacon Fat, en compagnie de son mentor, l'harmoniciste noir Georges Smith, un ancien du Muddy Waters Band! Il y a également trois décennies que Rod est aux commandes des ses Mighty Flyers, aux côtés de sa charmante compagne, Honey Alexander. Au cours des dernières années, son nom a davantage été mis en vitrine ; et notamment depuis la sortie de son précédent opus, "Thrillville". La formation répond donc aujourd’hui au patronyme de Rod Piazza & The Mighty Flyers Blues Quartet. Honey double maintenant les claviers et les parties de basse, alors que le reste du line up est identique ; c’est-à-dire le guitariste Henry Carjaval et le batteur Dave Kida. Invités lors de la sortie de la confection de l’opus précédent, les saxophonistes Jonny Viau et Allen Ortiz sont apparemment de plus en plus intégrés à l’ensemble.

Instrumental, "Soul monster" ouvre la plaque. Rod empoigne son harmonica chromatique. Le tempo est funky. Dommage que la basse soit assurée par les pédales du clavier de Miss Honey ; le résultat manque manifestement de chaleur. Si le couple Piazza est capable de composer ses propres chansons, c’est un domaine que Rod a rarement privilégié, préférant reprendre des canons du blues. Le quartet attaque le "Can't stand to see you go" de Jimmy Reed ; un compo imprimée sur un mid tempo. Les interventions de Honey au piano sont judicieuses. Voire même brillantes. A l’instar de la superbe cover du "Key to the highway" qu’on attribuera à Big Bill Broonzy. Le notoire "Queen Bee" de Slim Harpo évolue sur un rythme soutenu que renforce les sax de Viau et Ortiz. Un véritable rouleau compresseur ! L’adaptation du "You better watch yourself" de Little Walter est particulièrement dynamique. Ce grand souffleur de Chicago est bien entendu l'un des grands maîtres de notre Californien ; et cela s'entend! Dave Kida excelle aux percus sur "Cheap wine", un excellent r&b qui baigne dans l'ambiance festive de la Nouvelle Orléans ; une plage au cours de laquelle les deux sax ténor épaulent remarquablement leur leader. Instrumental tonique voire agressif, "Sunbird" est issu de la plume de George ‘Harmonica’ Smith, une autre inspiration majeure de Piazza. Et l’exercice de style est parfait ! Le Blues Quartet aborde enfin le west coast blues, lors de la reprise du "That's what's knockin' me out" de Jimmy Liggins. Dommage encore qu'une basse acoustique ne soit pas venue amplifier le groove. "Tell me about it Sam" est la plage qui m’a fait le plus flasher. Un blues lent, bien imprégné de l’esprit texan. Issue de la plume de Rod, elle avait été écrite en souvenir d'un concert accordé à Syracuse (New York), en 1992, lorsque Sam Myers avait rejoint l’équipe sur les planches. Piazza met toute son âme pour rendre ce brillant hommage au souffleur noir disparu, devant un Carjaval rageur et brillant. Autre instrumental, "Expression session" est une autre compo signée Piazza. Faut dire que dans ce domaine, il est excellent. Notamment, quand ce thème est destiné à mettre en exergue ses interventions à l’harmonica. La bonne surprise nous vient de Carjaval au chant. Il se réserve donc les vocaux pour deux plages. Tout d’abord un "Ko ko Mo (I love you so)" très saignant, pimenté d’accents latinos, et une version du "Talk to me" de Joe Seneca, une ballade imparable, très fifties dans sa conception. De bonne facture, cet opus s’achève dans une ambiance festive par "Hey Mrs Jones", un morceau au cours duquel Mr Viau se réserve une brillante démonstration au saxophone…

 

samedi, 31 décembre 2005 01:00

For the Chosen Who

Delta Groove est un label extrêmement dynamique Ses bureaux sont établis à North Hollywood, en Californie. Une boîte drivée par un certain Randy Chortkoff. Un musicien, mais surtout un grand amateur de blues. Pour l’instant l’écurie se concentre sur le blues californien. Contemporain aussi (NDR : ça rime !). Et ne semble guère enclin à faire des concessions. Après avoir enchaîné trois excellentes sorties (Mitch Kashmar, les Hollywood Blue Flames et Kirk Fletcher), Randy s'est tourné vers une des plus célèbres formations locales : Rod Piazza et ses Mighty Flyers. Le résultat est excellent. En outre, non seulement l’œuvre est habillée d’une pochette cartonnée très séduisante, mais elle enrichie d’un DVD.
 
Rod Piazza est un vétéran qui a passé les quatre dernières décennies sur les routes du blues. Il a fait ses débuts en 1965. Au sein du Dirty Blues Band. Il atterrit ensuite chez Bacon Fat, en compagnie de son mentor, Georges Smith. Il a passé la majeure partie de ces trente dernières années aux commandes des Mighty Flyers en compagnie de son épouse Honey Alexander, devenue Piazza. Il a commis une multitude d’excellents albums, notamment sur Black Top et Tone Cool. Sans oublier le dernier, "Keepin' it real", pour Blind Pig. Aujourd'hui, Rod et Honey sont épaulés par l'inamovible Bill Stuve à la basse, Paul Fasulo aux drums et Henry Carvajal à la guitare.
 
« For the Chosen Who » se consacre essentiellement aux reprises! L'album s’ouvre par "I'm a love you", une plage nerveuse issue de la plume de Jimmy Reed. Un blues teinté de soul. La nouveauté pour les Flyers procède de la présence de chœurs féminins pour soutenir la voix (NDR : toujours aussi convaincante) de Rod. Avec Kid Ramos en renfort. Cette manière de colorer le son est reproduite avec bonheur sur la reprise du "You make it if you cry" de Ted Jarett. Un joyau taillé dans la soul music. Amy Keys, Cynthia Manley, Jessica Williams et Robbyn Kirmsee donnent la réplique vocale à Rod. Le "Broken hearted blues" de Jimmy Rogers permet aux Flyers de renouer avec leur propre style : du Chicago blues largement teinté de West Coast. Les cordes de Kid Ramos sont acérées, saillantes et incisives. Son toucher caractéristique. La version du "She made my blood run cold" de Ike Turner évolue dans un univers sonore très soul et R&B. Une marque de fabrique indélébile pour cet elpee. Les voix féminines sont bien présentes. Mais pour la circonstance, la guitare de Henry Carvajal sort de sa réserve pendant que le sax de David "Woody" Woodruff se joint au rythme. Le "Shoestring" de Red Prysock est une envolée instrumentale saignante. Rod souffle dans l'harmonica chromatique et dialogue quelque peu avec le sax baryton de Woodruff. Le retour à la tradition s’opère lors de la reprise acoustique du classique de Sonny Boy Williamson I : "Ground Hog blues". Impressionnant ! On y mesure tout le naturel de l’interprétation. L'harmonica est léger et sautillant. Le piano de Miss Honey plante le décor. Les Flyers abordent enfin un morceau signé Rod : le funky "Description of a fool". Chaque musicien se met au service du rythme. Y compris Honey et Woody Woodruff. Finis Tasby se réserve la basse et James Gadson (ex Aretha Franklin, Marvin Gaye, BB King) les percussions. Mais accrocheuse, la guitare de Phil Guy prend le dessus, dans un style vivifiant, immédiatement reconnaissable. Honey a écrit - en toute modestie - "Honey's blues". Un merveilleux blues lent qu'elle introduit et colore de son toucher de piano, inspiré du grand Otis Spann. La version du "Got to find my baby" de Little Walter bénéficie de somptueux échanges de vocaux opérés entre Piazza et un Johnny Dyer particulièrement en verve. Lors des deux dernières plages, les invités sont réunis. Tasby, Gadson et Guy se retrouvent d'abord pour le "Call me dangerous" de Randy Chortkoff ; une plage dont le riff nous replonge dans l’ambiance du fameux "Help me" de Sonny Boy Williamson 2. Surprise, Randy a empoigné l'harmonica, dans un style très différent de celui de Rod, bien sûr. Mais son intervention tient la route ! Ensuite pour "Blues player", un titre autobiographique signé Rod Piazza. Le DVD concentre un album photo, le catalogue Delta Groove, mais surtout des images et interviews prises en studio de tous les intervenants. Il épingle également deux des meilleures plages du CD : "You can make it if you cry" (NDR : un grand moment d’émotion !) et un duo échangé avec Honey pour "Ground hog blues". Les Mighty Flyers ont encore commis un très bon album!
dimanche, 31 décembre 2000 01:00

Endless journey

L'Average Blues Band a abrégé son patronyme en A.B.B. Je leur connaissais 2 albums : "Hurt too much" et "Against the tide". Cette formation interprète son propre répertoire. Un blues léger, gentil, parfois proche d'un Eric Clapton des années 80. Tout le poids du groupe repose sur ses deux chanteurs/compositeurs/guitaristes, Chris Williams et John Holmes, tous deux armés d'une Fender Stratocaster. Mais l'aspect pop rock est principalement entretenu par le clavier quasi symphonique de Mark Skerritt.

L'ouverture "Don't get out much" aurait ainsi pu figurer sur un album du Pink Floyd. Période commerciale, bien entendu ! Une impression accentuée par les vocaux délicats qui se conjuguent régulièrement à l'unisson. N'empêche, certaines compositions tiennent bien la route. Ou si vous préférez, elles font mouche. A l'instar de "You ran my heart away", la meilleure chanson de l'opus sur laquelle on se surprend à reprendre le refrain en chœur. Sous cette forme soft rock, l'A.B.B me fait alors penser aux débuts de Dire Straits, surtout au niveau des interventions de guitares, tellement proches de Mark Knopfler. "The only way back from the bottom" et "Helpin' out at Rudi's" campent des blues rock au tempo plus rapide, réminiscents d'autres anglais, les Producers. Mais ces derniers adoptaient un profil infiniment plus blues. "Old love" est un R&B accessible. Lorsque le tempo se ralentit, la musique alors produite ne manque pas de charme, car l'A.B.B favorise toujours la ligne mélodique, à l'instar de nos amis de Braine-le-Château, Blue Line. Ainsi "I'm cryin'" épanche une émotion et une tristesse qui interpellent. Mark passe au piano pour interpréter une ballade subtile et, ma foi, fort attrayante, "Taste of the blues" (Millenium version).

 

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

Say baby say

La reine du blues de Detroit, dans le Michigan, est de retour. Elle est une nouvelle fois accompagnée par l'excellent Johnnie Bassett et sa formation. Le style, c'est aussi celui de Bassett, un blues aux accents largement jazz, un swing jamais démenti.

La plage titulaire qui ouvre l'album en est la preuve éclatante. Alberta peut écrire des blues qui sonnent étrangement Chicago. Il est vrai que la Cité des vents n'est pas tellement loin. "No good man" est une perle. La voix est talonnée par le piano de Bill Heid, et Keith Kamanski sort un premier grand solo sur son sax! Le rythme s'accélère pour accomplir un extraordinaire "Don't worry me". La vieille Alberta a tant écumé les bars de Detroit, qu'elle en a hérité une voix ravagée, mais tellement lumineuse. Pour l'exercice du blues, elle récite, avec ses cordes vocales éraillées, ce "I want a man" ; et croyez-moi, elle le trouvera son homme! Dans l'exercice du slow blues, c'est la claque assurée lorsqu'elle vous tire les larmes des yeux sur "I cried my last tear". Bill Heid et Bassett sont bouleversants. Et si d'aventure, Miss Adams désire hausser le ton, elle se fait autoritaire. Un message reçu 5 sur 5, tout au long de "We ain't makin' honey". Un message de jazz bien véhiculé par le claviériste versatile, Bill Heid. Et sur "Sax man", il entraîne les saxophones de Keith et de Russ Miller, dans une véritable fête. Une fête qui se poursuit avec "Take me with you". Tout au long de ce superbe album, Bill Heid démontre toute l'étendue de son talent au piano. Son jeu fait régulièrement penser au sublime Otis Spann, la touche swing en plus. Cette œuvre propagande pour le bon blues se termine d'ailleurs dans le meilleur des cabarets, "Nothing more to say". C'est le cas de le dire!

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Smokin´ joint

Tous les amateurs de blues contemporain sont unanimes : Kim Wilson est l'un des tous meilleurs, sinon le meilleur harmoniciste contemporain. Il est aussi un chanteur puissant au timbre vocal riche. Il affiche une présence de scène imparable. Bâti littéralement comme un athlète bodybuildé, il s'est désormais taillé le crâne comme un œuf. L'ancien Fab-T a enfin enregistré live, non pas pour son label Blue Collar, mais pour MC. Le tout a été immortalisé lors de deux concerts. Le premier accordé en février 99 à Phoenix, en Arizona ; et l'autre en décembre 2000, au Café Boogaloo de LA. Point commun à ces deux concerts, la fidèle section rythmique composée des anciens du Hollywood Fats Band. En l'occurrence Larry Taylor à la basse et Richard Innes à la batterie. A Phoenix, deux gratteurs au talent confirmé complétaient le line up : Rusty Zinn et Billy Flynn.

A LA, nous le retrouvons en compagnie de 2 autres guitaristes : le coloré Kirk Fletcher et l'inconnu Troy Gonyea. Le claviériste Mark Stevens complétant l'équipe. Et vous vous en doutez, la solution sonore vole à très haut niveau tout au long des 7 titres de Phoenix et des 6 autres provenant de Los Angeles. Vu la nature live de ce disque, les plages sont naturellement tirées en longueur, laissant ainsi l'espace aux solistes pour s'exprimer. Les deux blues lents sont bien connus. "Early in the morning", tout d'abord. De sa slide, Billy Flynn parvient à ne libérer que les notes nécessaires. Une intervention exceptionnelle ! Ensuite un "Telephone blues" adressé en forme de clin d'œil au maître de Kim, George Smith. Kim parvient sans difficultés à faire swinguer toute cette machine. A l'instar de "I stay in the mood". Et puis surtout de "Got to let you go". 9 minutes de bonheur procurées par les interventions de Wilson, de Fletcher et de Gonyea. Réponse immédiate de la paire Zinn/Flynn sur "Tomorrow night". Instrumentale, la plage titulaire libère un shuffle pas possible ! Kim doit avoir plusieurs poumons ! Il reste aussi toujours inspiré par le Chicago blues. Comme sur l'impeccable "High and lonesome" de Jimmy Reed, qui met Billy Flynn à l'honneur. Aux dernières nouvelles, Kim aurait enregistré un album à Memphis. En duo. Avec la vedette du label MC, Big Jack Johnson. Un disque de Delta Blues sur lequel Pinetop Perkins est venu donner un coup de piano sur deux titres. Il devrait paraître début 2002.

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Wolfe

Wolfe, c'est d'abord Todd Wolfe, le leader, chanteur, guitariste, compositeur et producteur du combo qui porte son nom. Un New-yorkais qui a été le guitariste attitré de Sheryl Crow, de 1993 à 98. En 96, il avait fondé Mojoson, un groupe qui mêlait blues et rock psychédélique. Il a ensuite sévi au sein du Todd Wolfe Blues Project, en compagnie duquel il a sorti l'album "Live at Manny's Car Wash".

"Heaven" ouvre l’opus. La meilleure plage du disque. La slide est légèrement amplifiée, la voix assurée, l'inspiration puisée dans le Delta du Mississippi. "Light of day" et "Roll over" relèvent du southern rock offensif. A cause du jeu assez lourd de la section rythmique et des riffs de guitare réverbérés. "Silver blue" marque le retour de la slide. La prise de son est excellente. La slide transpire à l'avant-plan. Nous sommes à nouveau dans l'esprit du Delta. "Black night" a été écrit par Jesse Mae Robinson. Un slow blues mené à la manière d'un Jimi Hendrix assez bavard. Et dans le style, c'est plutôt bien réalisé. Toujours très ‘hendrixienne’, mais période Band of Gypsies, "Shame" est une longue épopée funky de plus de 8', au cours de laquelle la succession de notes torturées a le mérite de faire danser. "On the run" est un boogie rapide. La slide se veut menaçante. Elle sue de partout. L'harmoniciste de Blues Traveler, Jon Popper est de la partie. Il souffle une succession de notes bien musicales dont il a le secret. "Wing of dove" opère un nouveau retour au southern rock. La guitare mystérieuse se tourne vers les sphères psychédéliques. Le voyage continue au cœur de l'atmosphère pesante et suspicieuse d' "East of you". Wolfe commet alors une version très électrique du "Come in my kitchen" de Robert Johnson. L'opus recèle, en outre, un morceau caché. Un instrumental qui adopte un ton jazz!! Wolfe consacre les bénéfices de la vente de ce bon album de hard rockin' blues à la Croix Rouge et à l'association internationale des sapeurs pompiers. Le brave homme!

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Jump for Joy

Originaire de Brooklyn, Mitch Woods fêtera ses 50 ans cette année. Il s'est installé, voici 20 ans, sur la West Coast ; à San Francisco très exactement, où il vit toujours actuellement. M. Woods & his Red Hot Mama était sa 1ère formation. Depuis 80, elle a changé son patronyme en Rocket 88's. L’ensemble avai déjà commis 4 albums pour Blind Pig: "Steady date" en 84, "Mr Boogie's back in town" en 88, "Solid gold Cadillac" en 91, et "Shakin' the shack" en 93.

Le dernier album de Mitch remonte à 96 : "Keeper of the flame". Il est sorti sur Viceroy. Fervent adepte du boogie woogie et du jump R&B pratiqué au cours des 40s et des 50s, il reconnaît pour maîtres dans ce domaine, Louis Jordan, Wynonie Harris, Joe et Jimmy Liggins, Amos Milburn et Roy Milton. "Jump for joy" est totalement imprégné de cette musique qui jumpe et swingue tous azimuts. Mitch est parvenu à composer toutes les plages dans l'esprit de l'époque. Il est admirablement secondé par son fidèle guitariste Dany Caron et entouré par un véritable mur de cuivres composé de 4 saxes, de 2 trompettes et d'un trombone. Les arrangements sont signés Michael Peloquin. Pour le reste, il est difficile d'épingler l'une ou l'autre composition de l'ensemble, tant ce big band sound forme un tout homogène.

Les titres parlent d'eux-mêmes : "Jump in the groove and go", "Jive, Mr Boogie", Golden Gate jump" et bien sûr, "Jump for Joy". J'épinglerai quand même au passage, "Swingin' at the Savoy", référence évidente au célèbre Savoy Ballroom. L'un des héros de Woods est indéniablement Cab Calloway. Il est imparable sur "Palm tree tie". Dans le style, cet opus est vraiment excellent. Très à l'aise au piano, Mitch a su assimiler le meilleur des maîtres du boogie woogie. Dans cet exercice de style, "Walk across Texas" est un régal. Il a aussi digéré l'héritage de la Nouvelle Orléans. Et en particulier celui que nous a laissé Dr John et Professor Longhair. Il le démontre tout au long de "Not a good part of my life".