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Bernard Hulet

vendredi, 26 septembre 2008 03:00

Nuits du soir : vendredi 26 septembre 2008

Un peu moins de monde que l'an dernier se pressait aux portes du Cirque Royal ce vendredi 26 septembre pour assister à cette nouvelle Nuit de Soir, dont le programme était assez éclectique. Et pour cause, il réunissait Suarez, les Vismets, Kris Dane, Jeronimo et Malibu Stacy… Récit d’une soirée jugée globalement positive…

Drôle d'idée d'annoncer le début des hostilités à 19 heures. Ce qui explique sans doute pourquoi Suarez s’est produit devant un Cirque Royal loin d'être rempli ; même si l'appel n'a été sonné qu'une demi-heure plus tard…

L'accueil réservé à ce tout jeune groupe a néanmoins été plus qu'enthousiaste. La formation était venue présenter son premier album "On attend". Suarez alterne des mélodies calmes et des morceaux plus rythmés. La guitare sèche est soutenue par un classique guitare-basse-batterie. Leur reprise de "La vie en rose" d'Edith Piaf est surprenante. Une chose est sûre, elle a conquis le parterre de fans qui se pressait devant la scène. Leur set, jugé un peu court par le public, s'est clôturé sur le single éponyme de leur album.

Changement d'ambiance pour les Vismets. Pendant trente bonnes minutes, les 3 garçons ont alterné rock énergique et morceaux plus planants, le tout dans une pénombre qui sied parfaitement à leur style ; et au sein d’une ambiance rappelant parfois Killing Joke. Leur reprise du Pink Floyd confirme la direction dans laquelle ce jeune trio veut mener sa barque. On en redemande ! Quel progrès depuis leur prestation en première partie de Montevideo, l'an passé au Botanique…

Concert nettement plus calme de la part de Kris Dane. Il est entouré de nombreux musiciens. Son clip, diffusé entre les concerts précédents en alternance avec des Ukukéké Sessions a dû retourner plus d'un estomac, soit dit au passage. Les morceaux semblent sortis de la bande son d'un film de David Lynch, le côté kitch en plus. La musique est calme, mais les envolées de voix assez puissantes. Malgré l'excellente réception consentie par le public, Kris Dane ne m'a vraiment pas convaincu. Une frange du public en a d'ailleurs profité pour se désaltérer ou pour aller s’oxygéner, en grillant une cigarette ( ?!?!?!), à l’extérieur de la salle…

C'est assurément Jeronimo qui a reçu l’accueil le plus chaleureux. Il est également venu présenter son nouvel album ; mais il puise cependant également dans son ancien répertoire, lors d’un set très électrique. Jérome s’appuie sur un gros son et dispense une belle énergie, même sur les titres les plus intimistes qui passent en force. J'ignore si la soirée était sold out cette année, mais je suis certain que personne ne manquait à l'appel pour cette partie de la soirée. Ce sont des centaines de mains qui tremblaient en phase avec les paroles d'un de ses plus gros succès. Ne connaissant pas encore le nouvel album, j'ai eu l'occasion de découvrir des titres qui paraissent moins personnels que sur l’elpee précédent, mais beaucoup plus efficaces. En tout cas sur scène.

Tête d'affiche de la soirée, Malibu Stacy a cependant drainé moins de public que Jeronimo (de nombreuses personnes ont quitté le Cirque au terme de la prestation de Jeronimo). Au moins, le public resté sur place était-il entièrement conquis à la cause des Liégeois (l'un au l'autre tee-shirt à l’effigie de Malibu Stacy est même fièrement exhibé dans la salle). Tant le son que l'interprétation sont parfaits. Egalement venus présenter leur nouvel opus, les MS ponctuent de leurs hits les plus célèbres des passages présentant des titres pas encore reconnus pas leurs fans. C'est quasi toute la fosse qui saute lorsque retentissent (enfin) les notes de "Los Angeles", véritable bombe tirée de leur opus précédent. Je considérai les MS comme le groupe d'un seul album. Je me suis trompé. Même s'ils ne réinventent pas leur musique sur leur nouvel essai, ils maintiennent le cap qu'ils s'étaient fixés et sont toujours aussi efficaces sur les planches !

Les Nuits de Soir commencent donc à asseoir leur légitimité. Vivement les prochaines ; ce sera certainement l'occasion de découvrir d'autres talents belges, confirmés ou pas, venant présenter leur actualité au cours d'une soirée à l'ambiance toujours joyeuse. En attendant ces prochaines éditions, les photos 2008 sont disponibles dans notre galerie photos.

jeudi, 14 août 2008 03:00

Rock en France 2008 : jeudi 14 août

Quelques heures avant le début du festival, on me signale que mon accréditation est accordée. Je saute dans ma voiture et fonce vers Arras en imaginant figurer parmi les premiers arrivants. Erreur : une foule innombrable se presse aux deux entrées publiques aménagées pour donner accès à la Grand Place, sur laquelle se produit déjà Gojira. Avantage de la presse, une porte plus discrète et nettement moins embouteillée leur est réservée.

Il est cependant trop tard pour prendre des clichés du groupe toulousain ; mais ce premier concert permet de prendre la température des lieux. Entourée d’anciennes maisons classées, la place ne manque pas de charme. En outre, elle est entièrement pavée ; ce qui change des festivals champêtres de notre plat pays. Une règle : lorsqu’on a pénétré sur l’esplanade, il est interdit d’en ressortir avant la fin des festivités. Tous les bistrots et restos de la place ont été transformés en stands. Ils proposent boissons et nourriture. Et si vous êtes belge, et que vous souhaitez qu’on vous serve une ‘mitraillette sauce andalouse’, pensez à demander un ‘américain sauce espagnole’... On est quasi chez les ch'tis à Arras.

La place est déjà à moitié remplie pour écouter les hurlements de Gojira, groupe landais responsable d’un death metal particulièrement brutal. Le volume sonore est poussé à fond. Les tympans sont massacrés par les riffs de guitare de ces enragés qui reconnaissent eux-mêmes avoir été influencés par Metallica dont ils ouvrent l'unique date en France. Les fans présents dès l'ouverture des portes et qui se pressent contre les barrières ne s'y trompent pas : Gojira livre un set assourdissant et énergique, parfaite première ‘première partie’ de cette soirée.

Mais que viennent donc faire les Within Temptation dans le jeu de quilles ?... Ils ont bien attiré quelques fans bien sages. Mais difficile de comprendre leur présence dans un tel contexte. J’estime même l’idée plutôt saugrenue de programmer ces pseudo-gothiques hollandais en seconde ‘première partie’... Pendant que certains attendent avec philosophie que la belle Sharon finisse ses vocalises, d'autres s'impatientent en commençant à scander des ‘Metallica’ à la fin de chaque chanson du groupe. Car, sincèrement, si la musique de Within Temptation n'est pas de mauvaise facture, après 3 chansons, on a fait le tour de la question. C’est d’ailleurs le temps qui est imparti aux photographes pour prendre quelques clichés. Le reste, n’est que de la littérature. Le set de Within Temptation permet cependant d'apprécier la qualité du son. Il y a bien l’un ou l’autre endroit où il interfère ; mais il faut bien chercher. Bref, il est tout bonnement époustouflant. Du grand art !

21:10, 22 000 personnes sont entassées sur la Grand Place. Elles trépignent d’impatience en attendant le groupe phare de la soirée. Les fenêtres de la Grand Place sont, pour la plupart, occupées par des fans (ou des résidents) trop heureux d'assister au show, tout en bénéficiant d’une prise de vue unique. Un téméraire tente même de grimper sur les toits. Le set accuse une vingtaine de minutes de retard et la pression commence à monter. Enfin, les premières notes de la B.O. du film "Le Bon, La Brute et Le Truand" retentissent. Signe que le groupe va bientôt monter sur les planches. Ce qui explique pourquoi la clameur de la foule s’intensifie. Lars Ulrich bondit comme un diable sur sa batterie. Robert Trujillo embrasse ses enfants et s'échauffe déjà les doigts sur les cordes de sa basse. Kirk Hammet allie, comme d'habitude, sobriété, efficacité et discrétion. Quant à James Hetfield, il semble déjà avoir chanté un set avant d'entrer sur scène : pas besoin de round d’observation, il est fin prêt à en découdre avec le public. Et il lui demande d’entrée de jeu : ‘Are you ready to make some big noise ?’ "Creeping Death" et "For Whom The Bell Tolls" ouvrent directement les hostilités. Metallica dégage toujours une énergie redoutable, même après 25 ans de carrière. D'aucuns les pensent has been ? Les Californiens ont de quoi démontrer le contraire. En outre, leur plaisir de jouer est communicatif. Hetfield et ses acolytes enchaînent les titres puisés principalement dans la quintessence de leur répertoire, soit avant la sortie de "Load". La basse de Trujillo est puissante du début à la fin du set, et les solos de Hammet font le reste. Après une demi-heure de concert, la formation nous gratifie d’un extrait de "Death Magnetic", le prochain album à paraître le 12 septembre : "Cyanide". Un titre déjà disponible à l'écoute sur la page MySpace du groupe. Hetfield se réserve "Nothing Else Matters", en solo. De quoi faire quelque peu baisser la température de l’audience qui en a grand besoin. "Sad But True" et "Enter Sandman" confirment que le "Black Album" est celui qui a touché le public le plus large. Ces morceaux sont chantés par le plus grand nombre, mais "Master of Puppets" et "One" déclenchent de légitimes acclamations, également. Les feux d'artifice, esquissés sur "Enter Sandman", ferment en apothéose un "Seek And Destroy", repris en chœur par les 22.000 métalleux présents ce soir. Le concert s’achève par une distribution d'onglets et de sticks de batterie, le tout agrémenté par quelques mots de remerciement visiblement sincères de chacun des membres du groupe.

Un son d'enfer, un écran géant couvrant toute la largeur de la scène, des effets pyrotechniques et une com' envers le public parfaitement rôdée me permettent de conclure que si le côté ‘roots’ des débuts de Metallica a disparu depuis longtemps, ces gaillards ont appris à devenir une véritable machine de guerre ; une machine à laquelle personne ne résiste. Il suffit de voir les sourires affichés par les spectateurs de tous âges, au terme de ce show particulièrement intense, pour se convaincre que ces pionniers du trash metal ont encore des générations de kids à convertir…

Les oreilles encore endolories, je rejoins ma voiture en me réjouissant d'avoir eu la bonne idée de prendre un ticket pour les voir sans m'encombrer de l'appareil photo au Pukkelpop, le lendemain. Je laisserai à d'autres le plaisir de chroniquer leur prestation à Hasselt. Pour une première édition, ‘Rock en France’ peut se targuer d'avoir organisé un concert quasi parfait. Certes, le festivalier lambda a le droit de se plaindre du prix d'entrée (80€ tout de même) ; mais vu le niveau de qualité technique et la parfaite organisation, il aura rapidement oublié cette petite ponction. Vivement l'année prochaine pour la prochaine édition de ‘Rock en France’

Un mot de remerciement au passage à Myriam, Perrine et Sergine, sans qui Musiczine n'aurait probablement pas pu vous ramener de photos de Metallica.

Metallica + Within Temptation + Gojira

(Organisation FLP) 

 

 

 

samedi, 12 juillet 2008 03:00

Rock Zottegem 2008 : samedi 12 juillet.

C'est l'envie de voir Blondie, groupe mythique ayant peuplé les rêves de mes jeunes années, qui m'a permis de découvrir le festival Rock Zottegem. Pourtant il en est déjà à sa 15ème édition ; et cette année, les 20.000 tickets combi avaient déjà été acquis en prévente. Il faut dire que les têtes d'affiche avaient de quoi séduire un large public, bien que je m'explique mal la présence de Motörhead le vendredi et de Joe Jackson ainsi que de Blondie le samedi.

Pour ne pas manquer Joe Jackson, j’ai donc pris la route un peu plus tôt que prévu. J’avais eu l’occasion d’assister à sa prestation accordée il y a quelques mois à l'Ancienne Belgique ; aussi je crevais d'envie de le revoir. La peur des embouteillages et d'arriver en retard m'a permis de découvrir Gabriel Ros, relativement peu connu au sud du pays, mais qui déclenche, sous le chapiteau de Zottegem, une réaction de frénésie parmi le public. Public de tous les âges, d'ailleurs. Difficile même d'établir une moyenne. Les plus jeunes ont à peine 15 ans, les plus anciens en ont facilement 60... Arrivé trop tard pour pouvoir me placer en frontstage afin de prendre quelques photos, je me suis donc contenté de regarder et d’écouter son set, identifiant au passage l'une ou l'autre de ses compos. Je reconnais que ses rythmes latinos ont de quoi plaire, même si l'originalité n'est pas au rendez-vous. Sa musique est destinée aux festivaliers de tous les âges ; mais il est étonnant que la jeune génération accroche autant que celle des aînés à une musique davantage destinée à un public plus sage.

Pas de retard par contre pour assister au show de l'ami Joe Jackson. Les instructions contradictoires édictées par la sécurité en matière de photo et l'attitude pas sympa du public envers les photographes, qui sont obligés de leur masquer la vue pour espérer rapporter une image, pousseront une bonne partie des professionnels à déguerpir avant la fin de la troisième chanson. En début de concert, l’assistance est pourtant plus clairsemée que pour Ros. Ce qui me permet, au terme de cette séance photos, de retrouver le premier rang d'où j'assiste à un nouveau grand set de Monsieur Jackson. Il enchaîne nouvelles compos issues de son nouvel opus, dont un « Invisible man » en début de parcours, et classiques, dont les refrains sont repris en chœur par l’assemblée, toutes générations confondues. Mais un public de plus en plus nombreux, à mesure que le concert avance. Joe Jackson semble nettement plus populaire au nord qu'au sud du pays... Un regret : pas de trace de "Solo (so low)" dans son tracklisting. Mais il est vrai que si cette chanson peut arracher des frissons à un bloc de pierre, dans une Ancienne Belgique entièrement conquise à sa cause, dans le cadre d’un festival, la présence de ce morceau n’est peut-être pas judicieuse. Après un peu plus d'une heure de spectacle, Joe s’installe derrière le piano pour achever son répertoire et il semble toujours aussi ému de voir la foule l'acclamer comme il le mérite pourtant bien.

Difficile par contre, d'assister au concert de Blondie aux premiers rangs : seules les photos prises depuis la console de son au moyen de ‘longs objectifs’ (NDR : je cite) sont autorisées. La consigne semble boycottée par mes confrères et même la sécu de la console n'est pas informée de l'arrivée des photographes. Problème vite réglé cependant et pendant que le groupe attaque les premières mesures d'un concert qui durera plus d'une heure et demie, Debbie Harry, engoncée dans un sweat trop grand pour elle, arrive sur scène dans une pénombre qui empêche de la reconnaître de prime abord. Le combo alterne anciens titres, comme "Hanging on a Telephone", "One Way or Another", "Picture This", et bien entendu "Heart of Glass", ainsi que compositions extraites des albums post come-back de 1998. Il faut cependant admettre que si les musiciens ont toujours la pêche, la toujours belle Deborah manque de coffre sur plusieurs titres. Tant sa voix que sa gestuelle sur les planches ont pris un sacré coup de vieux. Les grandes années du groupe sont subtilement évoquées par Clem Burke, le drummer, qui exhibe fièrement un T-shirt blanc aux armes du CBGB's... Le corps du set s’achève par une version de "Rapture" d’une durée de presque 10 minutes, entrecoupée de solos, de duos, et d'instrumentaux d'anthologie, prouvant que les musiciens n'ont rien perdu de leur énergie. Seul Chris Stein à la guitare, unique rescapé avec Debbie du line up originel, adopte une attitude fort placide et statique. Retour sur scène pour les rappels : "Atomic" déclenche une véritable hystérie. Il faudra d’ailleurs l’interprétation de "The Tide is High" pour calmer quelque peu les esprits, avant que le groupe ne quitte la scène au terme d'une bonne heure et demie de prestation, soit 1/4h de plus qu'officiellement annoncé.

Entre la joie d'avoir pu voir sur scène un groupe majeur de mes jeunes années et la prévisible déception qu'ils aient comme moi pris 25 ans dans la vue, j’éprouve un sentiment mitigé. Aussi, je n'attends pas l'arrivée de Dr. Lektroluv, mais décide de rentrer sagement à la maison. Quelques notes d'"Atomic" continuent de me trotter dans la tête ; mais je m’inquiète quand même de la prestation que les Sex Pistols accorderont le 2 août prochain, dans le cadre des Lokerse Feesten...

 

mardi, 10 juin 2008 03:00

(Mind)crime et châtiment…

Vingt ans après sa sortie, « Operation Mindcrime » constitue toujours le chef-d’œuvre absolu de Queensrÿche. Non seulement les arrangements sont d'une précision chirurgicale, mais les compositions sont superbes et les lignes mélodiques vocales parfaites.

Mais avant toute chose, commençons par analyser les aspects négatifs de ce type de musique, pour mieux les balayer ensuite :

- Le heavy métal, sauce opéra rock affiche un côté kitch sur scène. C'est vrai ! Mais le show est tellement impressionnant qu'il est difficile de ne pas être précipité dans de l’univers de Nikki, Mary et du Dr.X,

- Les membres du groupe ne communiquent pas avec le public. Quelle autre solution adopter, lorsqu’on sait qu’ils jouent une intrigue devant nous. D'une rare cohérence, cette histoire ne peut être interrompue à aucun moment.

- L'AB était loin d'être comble, mais les tentures noires tirées devant les balcons et les gradins rendaient les lieux beaucoup plus intimes. On avait même l’impression que la salle était pleine à craquer.

- Enfin, comment analyser un tel show, lorsqu’on sait que les musiciens ont composé cet « Operation Mindcrime », en 1988. Et en précisant que les 3/4 du public qui ont acheté ce disque –à l’époque, ils avaient alors 15 ou 20ans– ont vieilli eux aussi. Peu de gamins, d'ailleurs, pour ce concert conceptuel, exercice auquel finalement peu de groupes osent se frotter.

Le concert démarre dès 19h00 par l'intégrale d'« Operation Mindcrime », volume I. Introductions bien entendu suivies par "Revolution Calling" et "Operation Mindcrime" qui nous plongent tout de suite dans l'ambiance : un rock déchaîné caractérisé par ses guitares acérées, et une mise en scène digne de cette épopée, alimentées d’intrigues sociales, politiques et religieuses, racontant le récit du mystérieux Dr. X qui cherche à conquérir le monde. Pour atteindre son but, il prend le pouvoir sur le naïf junkie Nikki, qu'il remodèle jusqu'à en faire une machine à tuer. L'histoire se déroule sur les planches, comme sur l'album ; à une différence près : Mary, l'ange gardien de Nikki, jouée par Pamela Moore, se suicide sur scène suite à un appel téléphonique de Dr.X ; et son corps disparaît dans les flammes au terme d'un "Needle Lies" d'une puissance incroyable (NDR : malgré les quelques imperfections vocales manifestées par Geoff Tate). Signalons quand même qu’hormis l’un ou l’autre détail, le son est tout bonnement magistral. L'alternance entre les passages chantés et les riffs sont remarquables. Les duels entre les guitares d'anthologie. Les figurants sont présents sur la moitié des titres afin d'illustrer le propos des chansons. Un écran géant a été placé en hauteur. Des images relayant les titres y sont projetées ; mais également captées en live durant le concert. Histoire de parachever l'impression d'assister tant à un spectacle qu'à un concert de heavy metal.

Détail piquant, mais totalement inhabituel aujourd’hui : ce sont les deux mêmes guitares qui sont utilisées tout au long du set... Quand on pense que des groupes de gamins comptant à peine un disque à leur actif en consomment parfois une kyrielle, pour une heure de show....

Les dernières notes de "Eyes of a Stranger" ont à peine fini de résonner que les musiciens quittent la scène. Les lumières de la salle se rallument. Les Queensrÿche méritent en effet bien une pause ; ne fût-ce que pour permettre à Geoff Tate de se refaire une ‘beauté’ : son maquillage a eu le temps de couler ; à un tel point que son regard en devenait inquiétant sur les derniers titres. Outre ses capacités de vocaliste de haut vol en matière de metal, il a un don inné pour mimer son show.....

Retour en salle sur une bonne nouvelle. Alors que les photos n'étaient usuellement autorisées que sur les 3 premières chansons (NDR : lors du premier « OM »), le second opus est ouvert aux courageux photographes qui le souhaitent. Une condition : rester dans la salle. Frontstage interdit. Je dois reconnaître qu'excepté votre serviteur, il ne doit pas y en avoir eu d’autre. Ce deuxième tome d’« Operation Mindcrime » a tellement été décrié à sa sortie. Notamment par les fans de la première heure. Normal, ils l'ont plus que probablement trop comparé à son homonyme de 1988. Aussi, je n'en attendais pas beaucoup sur scène. Grave erreur : Geoff revient vêtu d’un superbe costume noir. Il assiste à son procès sur les notes de "I'm American" qui trouve en live toute sa dimension hardeuse. Suivent différents épisodes consacrés à la vengeance de Nikki. Après sa descente aux enfers traduite par 18 ans en prison, il cherche à retrouver le Dr.X pour lui faire regretter tout le mal qu’il lui a fait et venger Mary. C'est sur "The Chase", lors de la confrontation entre Nikki et le Dr.X, qu’intervient la grosse déception de la soirée. Dans la version studio, c'est Ronnie James Dio qui tient le rôle du Dr.X. Je n’imaginais même pas entendre Dio chanter sa partie vocale. Mais quelle déception de devoir se contenter d’un enregistrement de sa voix… et aussi de celle de Geoff Tate ; alors que les quatre musiciens continuaient à jouer en live. Et ils remettront le couvert, même si Geoff assurera alors quand même sa propre partie.

Hormis cette remarque, « OM2 » prend tout son sens sur scène. L'atmosphère est manifestement impitoyable, ténébreuse et glauque (Geoff exécute un prisonnier d'une balle dans la tête, envisage de mettre un terme à ses jours, s'abandonne aux drogues et à l’alcool). L'absence de claviers sur scène renforce encore cette impression et les interventions nombreuses de Pamela Moore –qui tenait le rôle de Mary une heure plus tôt– apportent une touche plus lyrique aux chansons. Bref, une version ‘live’ qui prend largement le pas sur la ‘studio’. "All the Promices" clôt ce second volet. Rejoints par Pamela, les musiciens viennent saluer et remercier le public. Geoff sourit enfin ; après avoir joué pendant deux heures un rôle de sinistre personnage…

Les Queensrÿche remontent sur le podium quelques minutes plus tard pour accorder pour un rappel de 3 titres, au cours duquel ils peuvent enfin partager avec le public leur joie, voire leur bonheur, d'être sur ces planches. Et franchement, ce bonheur est communicatif. Et tant pis si la voix de Geoff a pris un coup dans l’aile ; il assure encore, le bougre.

Dommage que la salle n'était pas comble ; comme aux grandes heures où Queensrÿche remplissait des temples de la taille de Forest National. Mais comme je le rappelais en début de compte-rendu, nombre de fils du métal sont maintenant pères de famille ; et la nouvelle génération a l’embarras du choix, quand elle souhaite se déplacer pour un concert… même de métal.

 

mercredi, 28 novembre 2007 01:00

Un Superbus sur rails…

Deux groupes avaient été programmés en en ouverture du concert de Superbus à l'Ancienne Belgique : Freaky Age et Eva Spektor. Un concert sold out ! Pas étonnant, lorsqu’on sait que les albums de la formation hexagonale se vendent comme des petits pains. Disques d’or, de platine, et nominations en tous genres ont ainsi entretenu leur popularité.

Freaky Age récolte un joli succès d'estime devant un parterre de préadolescents ; mais son set agace le reste du public. A cause de ses attitudes. Artificielles à force de se vouloir parfaites. Musicalement, on ne peut pas dire qu’ils cassent trois pattes à un canard ; et pourtant Pure FM a eu le bon goût de dénicher "Time is Over", seul titre valable de leur répertoire pour en faire un single durant quelques semaines.

Eva Spector, de son côté propose un son plus rugueux servant un rock scandé en français, mais qui semble heurter le public venu en masse pour écouter de la pop...

Arrive enfin Superbus : de la pop, oui, mais dont l’énergie scénique est dopée par une belle dose d’électricité... Sexy en diable comme toujours, Jennifer Ayache, se joue parfaitement de ces sonorités plus enlevées que sur album ; pourtant, lorsque les garçons revisitent Nirvana, elle a du mal à les suivre et trahit ses limites. La setlist égrène des titres issus des trois elpees du groupe, parvenant quand même à soulever l’enthousiasme du public dans ses ‘hystéries collectives’, mais il est dommage qu'elles ne soient pas plus naturelles.

Le concert s’est d'ailleurs déroulé comme un show parfaitement répété, à tel point que lorsque Greg casse sa grosse caisse, le combo éprouve des difficultés à meubler les longues minutes nécessaires à son remplacement. Peu de place à la spontanéité donc, dans ce concert par ailleurs soigné tant au niveau du son que des lumières (exception faite des 3 premiers titres, les seuls pendant lesquels les photographes peuvent approcher de la scène...)

Malgré ses limites, cette formation abat un excellent boulot ; et elle vaut mieux que l'image ‘pop 'n' gum’ qu'elle s'est elle-même forgée !...

mercredi, 26 septembre 2007 03:00

Nuits du Soir : mercredi 26 septembre 2007

La sixième édition des Nuits du Soir se déroulait, à nouveau, au Cirque Royal de Bruxelles. Organisé conjointement par le quotidien Le Soir et le Botanique, cet événement est destiné à mettre en avant le talent d’artistes ou de groupes belges. Et il était à nouveau sold out !

Lourde tâche d’ouvrir ces ‘Nuits du’ Soir devant une salle encore à moitié vide. Début de programme, donc, face à un public clairsemé ; mais il en faut plus pour impressionner les dIPLOMAT. Distribution de flyers de présentation, ouverture remarquée par une bande de petites hôtesses habillées tout en blanc. Les dIPLOMAT proposent un rock brut et énergique pimenté d’une voix aux accents pop ; et même si le set est ‘un peu court’ -aux dires de Fabrice, leur chanteur- il ravit le public du Cirque Royal. La salle finit quand même par se remplir, et les retardataires accrochent immédiatement. Groupe à suivre pour la qualité de ses prestations scéniques, et sur album, puisque la rumeur colporte qu’ils ont désormais signé un contrat chez un label.

Après l’excellent accueil réservé à leur premier album, les Tellers continuent à tourner. Sur scène, les deux guitaristes sont rejoints par un drummer et un bassiste pour donner plus de rythme à leurs compos, et par Fabrice, le ‘grand frère’ ; sans oublier la chorale de potes conviée lors du morceau qui clôt le concert. Attitudes de jeunes stars Rock ‘n’ Roll ce soir pour Charles et Ben, qui nous avaient habitués à plus de désinvolture. Le public est constitué, en majorité, d’adolescents. Profitant du congé du lendemain, celui-ci étonnamment calme par rapport à la réaction suscitée par certaines prestations précédentes du combo. Le nouvel album « Hands Full Of Ink » complète cependant très bien les titres de l’EP qui a fait connaître les Tellers : les chansons « More » et « Second Category » sont déjà des classiques de la formation.

Depuis la sortie de ”Music and chocolates”, un large public commence à s’intéresser à Joshua. Présentant leur spectacle comme une invitation à danser (mais ils devraient davantage montrer l’exemple…), leur prestation programmée à la suite des Tellers ne peut que faire bouger le Cirque Royal, maintenant plein comme un œuf. Un show enlevé, comme toujours, ponctué d’une reprise du « Riders on The Storm » des Doors, et qui s’achève, comme il se doit, par le hit « Kill Your Own Army » scandé devant une foule de bras levés. Les sons funky et hip-hop de Joshua ne renient jamais le caractère rock qui est à la base de leur musique.

Arid se trouve, aujourd'hui, à la veille d'une nouvelle aventure : après une séparation et la reformation suite au concert 0110 de Gand, le premier single « Words » vient d'être édité, et il précède la sortie prochaine d’un nouvel elpee. Ensemble à la croisée des chemins, Arid propose un tracklisting composé de nombreux tubes. Leur énergie et les envolées vocales de Jasper Steverlinck sont maîtrisées de bout en bout, et le public ne s’y trompe pas : il est conquis par le groupe ‘belge’ de la soirée. Et il se surprend même à danser au son de leur pop-rock, qui par moments évoque Keane. Surtout en ‘live’ ; ce qui, pour ceux qui ont pu les voir, signifie un compliment…)

Hollywood P$$$ Stars constituait manifestement le clou de cette Nuit du Soir. Comme ils le définissent eux-mêmes, leur style passe du ‘pop-indie’ au ‘rock guitare’. Il capture immédiatement l’audience. Forts de leur dernier album « Sattelittes », les Liégeois ouvrent dans une relative douceur avant d’asséner leurs hits les plus énergiques. Puis ils laissent retomber la pression, le temps que le public reprenne son souffle ; mais ce calme augure la tempête, car ils terminent en force. Excellents sur disque, les Hollywood P$$$ Stars n’en demeurent pas moins des bêtes de scène. A voir absolument en ‘live’.

Org: Botanique et Le Soir, Bruxelles

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