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Enzo Porta

Enzo Porta

mardi, 18 décembre 2007 22:42

Supermoon

La Bruxelloise Marie Daulne reste fidèle à son optique de métissage des musiques africaines du monde entier. Ce sixième album convie le jazz, l’afrobeat, le ragga et le funk, en n’oubliant pas d’y parsemer quelques sonorités r’n’b, pour attabler une agréable succession de titres où la mélodie est remise à l’honneur. Du très bon « 1000 ways » (emporté par la batterie magistrale de Tony Allen) au ragga de « Hey Brother » (en compagnie de Michael Franti), le propos est beaucoup plus pop et évident que sur « Ancestry In Progress ». Une myriade d’invités (Arno, Fabrizio Cassol, l’ombrageuse bassiste Meshell Ndegeocello, et beaucoup d’autres) apporte un beau foisonnement sonore aux arrangements vocaux originaux de Daulne. On émettra seulement une réserve sur le style ‘chuchoté’ de Marie dans les parties de chant principal. Une approche vocale qui finit par lasser sur la longueur de l’opus.

mardi, 27 novembre 2007 23:38

Break Glass…

De retour après plusieurs années d’absence dues au passage derrière les barreaux du emcee Shabaam Sahdeeq et de diverses querelles d’ego, cette formation emmenée par l’excellent Dj Spinna nous délivre un opus à la gloire du hip hop new-yorkais de la grande époque. Il suffit d’écouter « The Purist » pour s’en convaincre : de EPMD à Biz Markie en passant par A Tribe Called Quest, tous les grands noms du rap new yorkais reçoivent un hommage dans les règles. Les beats puissants de Spinna sont gorgés de soul et de funk comme dans une vieille production de Pete Rock. Les flows des trois emcees (dont la nouvelle venue Tiye Phoenix) révèrent les ‘rhyming skills’ et snobent la frime, mais on regrettera un certain manque de variété d’un morceau à l’autre. C’est d’ailleurs un des rares points négatifs de cette belle production en dehors des modes : après un démarrage en trombe (des bombes comme « Smash » et « Reachin’ » en sont les plus belles illustrations) le reste du disque s’installe dans une certaine routine, malgré quelques featurings de Large Professor, Planet Asia et Phonte (de Little Brother). Une impression renforcée par la longueur de « Break Glass ». Hormis ces quelques réserves, ce son bien solide devrait plaire aux b-boys et fly-girls plus aguerris.

 

mardi, 27 novembre 2007 23:26

Sweat & Glitter

On aime bien Two-Star Hotel. Paru deux ans plus tôt, leur premier album de ‘plastic avant-rock’ épileptique laissait augurer le meilleur pour la suite de leurs aventures. Hélas, « Sweat & Glitter » déçoit quelque peu. L’approche s’est faite plus pop que sur le disque précédent mais la production manque d’audace et le son est beaucoup trop gentil pour un groupe capable de se frotter au meilleur du rock’n’roll en concert. On sent que l’influence est proche de Devo et The Hives, mais les Liégeois n’arrivent pas à égaler leurs illustres modèles. La faute à un accent disgracieux au chant ; mais également au manque de radicalisme du mixage et de la prise de son. « Waking in Line » en est probablement la plus belle illustration. Cette petite tuerie en ‘live’ a perdu son charme après traitement au laser. Et le reste du disque souffre du même syndrome. Pas mal de bonnes idées sont ainsi gâchées par un conditionnement sonore un peu trop chirurgical et antiseptique.

La série « International Music Series » est censée permettre de découvrir des musiques folkloriques du monde, jouées sous leur forme originelle. Une affirmation qui suscite une méfiance vite confirmée par l’écoute de ce ramassis d’idioties. Ce volume suppose donc s’intéresser à l’univers sonore traditionnel des Indiens d’Amérique du Nord. Et éclairer l’auditeur ignorant. Au final, il se révèle (à quelques rares exceptions près) une désagréable succession de titres dopés aux synthétiseurs d’un goût douteux. Ils me rappellent même la série « Walker Texas Ranger » de l’impayable Chuck Norris ou les orchestres ambulants qui exécutent, dans les rues commerçantes, des playbacks à la flûte de pan, sur des disques enregistrés aux Pays-Bas. A éviter.

mardi, 27 novembre 2007 23:04

Démo

Le hip hop bruxellois se porte bien et Mr-Spartako en est une preuve supplémentaire. C’est la raison pour laquelle on prend la peine de parler de cette démo confectionnée l’an dernier. Six titres qui ont permis à la formation de se produire au festival de Dour mais aussi dans plusieurs endroits alternatifs de la capitale comme le Magasin 4. On tutoie ici un abstract hip hop qui rappelle les défunts Antipop Consortium. A l’instar de ses collègues new-yorkais, Mr-Spartako dévoile son penchant pour les sonorités électro accidentées (« Gravier ») et le jazz mélancolique (le superbe instrumental « Lupus Dei »). L’inventivité musicale sert parfaitement des paroles enfumées qui baignent dans un spleen urbain. Mais les gaillards ne crachent pas sur quelques touches salvatrices d’humour, ce qui est toujours bon signe. Chaudement conseillé!

mardi, 13 novembre 2007 21:57

Another One for the Road

Pour fêter son trentième anniversaire, le séminal label anglais Greensleeves ressort quelques albums qui ont marqué sa riche histoire. Pour l’occasion, on nage ici en pleine période digitale (1991) en compagnie du trio formé par le deejay Cutty Ranks (ancien boucher de son état), le singjay Cocoa Tea et enfin Home T., le ‘lover’ de la bande, dont le style doit autant à Joe Bataan qu’au formidable John Holt. L’idée à l’époque était de mélanger les sons les plus bruts du dancehall (« Original Gangster ») à la douceur des chansons romantiques (« Ain’t No Woman Like the One I’ve Got ») en passant par les thématiques conscientes et politiques (« No Blood For Oil »), héritières directes de la période ‘roots’. Un bon moyen pour mettre tout le monde d’accord… Il faut dire que l’intuition était bonne et cet album contient une flopée de tubes qui ont marqué la période. Dix-sept ans plus tard, hormis quelques sonorités de synthétiseur susceptibles d’effrayer les plus puristes d’entre vous, cette production digitale très sophistiquée (on est loin des premières prods synthétiques de King Jammy) n’a pratiquement pas pris une ride. Les autres pourront profiter sans peine des petites tueries que sont « Hip Hop » ou « The Going is Rough », pour n’en citer que quelques unes.

mardi, 13 novembre 2007 21:48

Hello Mademoiselle

Fondateur et sélectionneur en chef des compilations « Hôtel Costes », Stéphane Pompougnac se fend de cet album solo qui ne s’éloigne pas des territoires musicaux explorés dans l’hôtel susnommé. C’est-à-dire une musique d’apparat à la gloire d’un établissement ‘horeca’ et conçue pour détendre l’atmosphère. Mais à l’instar des messages secrets délivrés dans « Mission Impossible », elle ne laissera aucune trace et s’autodétruira après cinq minutes. Le chroniqueur dépressif s’arrache donc les cheveux qui lui restent pour tenter de décrire le non-événement musical constitué par ces quinze titres où se bousculent Alain Chamfort (qui chante le grotesque « Ingrate »), Charles Schillings ou encore le mauvais emcee/slammer Neoh. Pour bonne mesure, ajoutez-y quelques mauvaises et inutiles reprises (« On The Road Again » et l’affreux « Here’s toYou ») et vous obtiendrez un tableau plus ou moins fidèle de l’électronique tiédasse déversée tout au long de cet opus…

mardi, 23 octobre 2007 22:39

Fania Remixed

Toujours occupé dans sa grande entreprise de réédition de l’énorme catalogue du label ‘numero uno’ de la musique latine, V2 a décidé de s’adresser un peu plus aux pieds des nightclubbers en herbe en proposant quelques versions remixées de classiques de la maison. Mais penchons-nous sur les dix titres (5 remixes et 5 originaux) proposés en avant goût dans l’exemplaire promo. L’elpee s’ouvre par « Happy Soul With a Hook », déjà entendu maintes fois sur les compilations Fania et récemment popularisé par Cristina Aguilera dans son dernier album. Un très bon titre remixé dans la plus pure tradition hip hop par le canadien Dj Format. C’est en effet le formidable break de batterie du morceau original qui est la vedette du remix. La relecture house-lounge de « Feel Like making Love » est un très beau titre de Ricardo Marrero & Time trempé dans le soul jazz. Mais cette relecture n’est pas assez franche pour susciter la danse et paraît bien pâlotte au regard de la luxuriance de l’original. Plus efficace, Louie Vega propose une version tout en crescendo du « Mi Gente » de Hector Lavoe, un des chanteurs vedette de Fania dans les années 70. Ces onze minutes de climax savamment orchestré devraient plaire aux amateurs de latin dance. Toujours au rayon des pointures, l’Anglais Gilles Peterson s’autorise une adaptation audacieuse de « Sanoe », pépite de latin jazz atmosphérique. Peterson reprend la ligne de piano hypnotique de l’original et n’hésite à fragmenter la matière sonore dans un traitement aux confins du dub. On termine par Aaron Jerome qui recycle le classique du boogaloo « I Like It Like That ». Une vision très ‘big beat’ qui à défaut d’être originale peut au moins se targuer d’être efficace. A vous les studios !

mardi, 23 octobre 2007 22:21

Proof Of Youth

Depuis le succès surprise de l’album « Thunder, Lightning, Strike », The Go ! Team a cessé d’incarner le ‘bedroom project’ du multi-instrumentiste Ian Parton, pour devenir un groupe à part entière. Terminé les voix samplées, c’est Ninja et son phrasé old school qui monopolisent le micro sur cet album frénétique et ponctué d’apparitions de Chuck D, Marina Vello (Bonde Do Role) ou des Double Dutch Divas. Vu qu’on ne change pas une recette qui marche, Go ! Team reste fidèle à ce mélange ultra efficace de pop naïve, de hip hop old school, de funk épique et de guitares à la Sonic Youth. A la différence près qu’ici le son est un peu moins lo-fi et porteur de plus de fréquences basses (quasi absentes de « Thunder, Lightning, Strike »). Le très bon « Grip like a vice » entame les hostilités, une cavalcade diabolique basée sur un sample des Politicians, formation culte (et archi samplée) du funk U.S. Hormis les chansons pastorales « My World » et « I never needed it now so much », la suite est à l’avenant et réserve à l’auditeur quelques bombinettes pour les dancefloors. Elles s’apprécieront cependant davantage en écoute individuelle qu’enchaînées les unes aux autres, comme c’est le cas ici, créant par la même une certaine uniformisation du propos. Cette légère réserve ne doit pas vous empêcher d’apprécier les plaisirs frais et simples procurés par ce « Proof of Youth ».

lundi, 15 octobre 2007 21:55

Studio One Roots vol.3

Il y a plusieurs déjà plusieurs années que le label anglais Soul Jazz réédite l’immense catalogue du label jamaïcain « Studio One ». On ne va pas faire refaire l’histoire, mais sachez simplement que « Studio One » est l’endroit où le reggae est né. Le studio a été pendant plus de vingt ans un incroyable vivier de talents (il a été, entre autres, fréquenté par Bob Marley, Jackie Mittoo, John Holt et Alton Ellis) et la musique enregistrée sonne toujours aussi bien, plus de trente (ou quarante) ans après sa conception.

Les Anglais de Soul Jazz privilégiant les séries thématiques, ce volume constitue le troisième volet des chansons dédiées à la Black Pride et le rastafarisme. Des paroles conscientes enregistrées par des artistes connus (The Gladiators, Dillinger, Cedric Im Brooks, Count Ossie) et d’autres plus obscurs (Winston Flames, Clifton Gibbs, Lloyd Forest). L’immense qualité de « Studio One » reposant sur la recherche mélodique et musicale constante, l’auditeur retrouvera ici peu de déchets et beaucoup de bonnes surprises. Que ça soit de la soul (Jennifer Lara, Freddie Mc Kay), du psychédélisme dub (Winston Flames), des instrus jazzy (Vin Gordon, Count Ossie) ou des harmonies vocales (le magnifique « Re Arrange » des Gladiators). Un seul mot d’ordre donc : check it out !

 


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