Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

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Bénabar

Les bons mots de Bénabar…

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Le Palais 12 est une salle modulable. Ainsi, pour accueillir les 3 000 spectateurs qui vont assister, ce soir, au concert de Bénabar, elle a été configurée en ‘Théâtre’, une forme plus conviviale et intimiste qui rapproche l’artiste de ses fans. Réalisé par Mark Daumail, le leader du groupe Cocoon, le huitième opus du bientôt quinquagénaire, « Le début de la suite », est sorti en mars dernier. Il y renoue avec la finesse de plume et la rondeur des chansons qui ont forgé son énorme succès, à ses débuts, en 2000. Un album qu’il a voulu joyeux et lumineux dans lequel il met en scène des personnages, dont une petite vendeuse, un vigile, un marathonien, un chevalier sans armure, un chauffard et un sédentaire. Ses textes imprégnés à la fois d’humour cynique et de tendresse dépeignent avec justesse le monde qui l’entoure et les tracas de la vie quotidienne. Bref, Bénabar décortique, Bénabar se moque, Bénabar analyse la nature humaine, à la manière de Renaud, en sondant la nature humaine, dont il épingle au vitriol, les différentes facettes et pas toujours les meilleures.

Le supporting act est assuré par Laurent Lamarca, un Lyonnais établi à Paris. Ce troubadour compte deux albums à son actif : « Nouvelle Fraîche », paru en 2013 et le second « Comme Un Aimant », en avril dernier. Il est surtout connu pour ses deux singles, « Le Vol des Cygnes » et « Bella Vida », diffusés régulièrement sur les ondes francophones. Apprécié par, notamment, Julien Clerc et Francis Cabrel, il a imaginé un concept de concert futé : le ‘Homme Sweet Home’, où il propose à ses fans de le rejoindre dans des lieux confidentiels et inattendus, comme une église, une maison d’hôtes ou une grange.

Il débarque seul sur les planches et chante en s’accompagnant à la gratte semi-acoustique, d’une percussion électronique, qu’il active du pied droit, et parfois il souffle dans un harmonica. Comme sur le titre qui ouvre le set, « Main dans la main ». Sa voix est puissante et sableuse. Il signale être content de nous voir, ce soir, et demande de rester sur place pour le petit gars qui va le suivre, parce qu’il s’agit de son premier concert. Une forme d’humour qui établit déjà l’interactivité avec la foule. Adapté dans la langue de Voltaire, le « Ho hey » des Lumineers met littéralement le feu aux poudres. « Taxi » est une compo qui roule… Il nous réserve, bien sûr, des titres issus de son dernier elpee –une œuvre empreinte de mélancolie douce– à l’instar de l’inévitable « Vol Des Cygnes », une chanson qui incite au voyage, ainsi que « Croire en toi et moi », titre qui clôt son récital. Conquis, l’auditoire se lève pour l’applaudir chaleureusement…

Setlist : « Main Dans La Main », « Le Vol Des Cygnes », « Taxi », » Ho Hey » (The Lumineers Cover), « Croire En Toi Et Moi »

C’est la dernière date de la tournée de Bruno Nicolini, aka Bénabar. Son backing group réunit un drummer, deux claviéristes dont un double aux percus, un bassiste, un guitariste, un bugliste et un saxophoniste/accordéoniste.

L’entrée en matière est percutante. Une voix d’enfant samplée prélude « Brève Et Approximative Histoire De France ». Lors de la version acoustique de « Quatre Murs et Un Toit », encouragé par les applaudissements du public, le guitariste se consacre au banjo. Long monologue humoristique consacré aux enfants qui se cassent à 20 ans. Bénabar signale que lui et ses musicos sont tous pères de familles et que les gosses sont dans la salle, mais qu’ils peuvent parfois être ‘casse-couilles’. La foule reprend en chœur le refrain de « L'effet Papillon ». Bénabar ne tient pas en place se déplace aux quatre coins du podium. Et le duo de cuivres danse également régulièrement sur place. Coloré par le mélodica, « A Notre Santé » nous entraîne sous le soleil, sur les plages de Kingston. Bénabar remercie l’auditoire à la fin de chacune des ses chansons, en concédant son rituel ‘Merci M’sieurs dames’

« Le Zoo De Vincennes » décrit les déboires des animaux vieillissants, confinés au sein d’un enclos restreint. Une leçon de vie ! « La Petite Vendeuse », Bruno l’a rencontrée, elle fumait sa clope derrière le Leclercq. Il ajoute cependant, qu’en Belgique, cette situation se déroulerait au Delhaize. Et c’est le hit « A La Campagne » qui clôt la première partie du set. Des roadies apportent un piano rouge sur le cercle blanc formé par le faisceau lumineux. Bénabar plaisante. Il est très interactif. Il rabat un support en bois de couleur blanche contre celui-ci, et l’instrument devient à queue et de cette teinte immaculée. Seul derrière ses ivoires, Bénabar interprète « Le 115 », « Bon Anniversaire », « L'itinéraire », « Maritie Et Gilbert Carpentier », « Politiquement Correct », « Les Rateaux » et « Dis-Lui Oui ».

Ses musicos reviennent sur le podium à partir de « Le Slow ». Bruno nous parle de ses musicos. Des alcoolos, insinue-t-il, qui le suivent depuis 20 ans. Mais également de sa compagne et de ses enfants. Le public ne tient plus en place, et se lève de plus en plus de ses sièges. Le son est excellent, le light show est soigné. Toutes les chansons se succèdent harmonieusement et on se surprend à plonger tête baissée dans cet univers unique où l’artiste multiplie les bons mots tout en nous réservant des mélodies imparables. « Feu De Joie » clôt le concert dans un climat joyeux et presque enfantin, avant que la troupe ne réserve trois titres en rappel…   

Setlist : « Brève Et Approximative Histoire De France », « Quatre Murs et Un Toit », « L'effet Papillon », « A Notre Santé », « L’Agneau », « Le Zoo De Vincennes », « Chauffard », « La Petite Vendeuse », « Le Regard », « A La Campagne ».  

Pot-pourri, medley joué seul au piano : « Le 115 », « Bon Anniversaire », « L'itinéraire », « Maritie Et Gilbert Carpentier », « Politiquement Correct », « Les Rateaux », « Dis-Lui Oui ».

Pot-pourri, medley joué avec les musiciens : « Le Slow », « Y'a une fille qu'habite chez moi », « Monospace », « La Berceuse ».

« Ça Ne Sert A Rien Une Chanson », « Le Début De La Suite », « Les Mots D’Amour », « Paris By Night », « Les Epices Du Souk Du Caire », « Chevaliers Sans Armure », « Le Dîner », « Feu De Joie ».

Rappel : « Je Suis De Celles », « Majorette », « La P'tite Monnaie » 

(Organisation : UBU Production en accord avec Caramba Spectacles et Alias Production)

Soldout

Que d’émotion lors de la 'der' de Soldout à l'AB !

Un sentiment de nostalgie, voire de tristesse, plane ce soir sur l'Ancienne Belgique. Soldout, le duo électro-pop bruxellois accorde son dernier concert. Charlotte et David ont en effet décidé de refermer le chapitre Soldout.

En 15 ans, ce projet a permis au couple de voyager à travers le monde entier. Il a vécu des moments inoubliables et s'est réinventé en permanence, en toute sincérité, depuis le premier jour. Aujourd’hui, les musicos veulent prendre d’autres risques, tout remettre en jeu, démarrer de nouveaux projets musicaux, retrouver l'innocence de leurs débuts.

Le public est venu en masse pour assister à la dernière prestation du duo. Même Charlotte ne résiste pas à la tentation de faire le jeu de mot : 'Le concert de Soldout est soldout ce soir !' Sur le podium, ils sont accompagnés par leur fidèle batteur et la scénographie est, comme d'habitude, très minimaliste, articulée autour de néons dressés verticalement. Dès les premiers morceaux, « The Call » et « Wazabi », l'ambiance est électrique. Mais c'est « I Can't Wait », leur classique électro-clash de 2004, qui provoque les premières vagues dans la foule.

Après une séquence plus calme (« Forever » et « My Love »), les Bruxellois remettent le turbo et attaquent « Oppression », le tour de force électronique qui s'étend sur sept minutes, suivi du hit incontournable : « I Don't Want To Have Sex With You ». Charlotte s'approche du bord de l’estrade ; ce qui déchaîne les fans des premiers rangs. On imagine un retour au calme, mais on assiste à la première surprise de la soirée. Bim ! Le « Mine » de Ghinzu bénéficie du concours d’un invité de marque : John Stargasm himself ! Souvez-vous que le track était paru sur « Dead Tapes », l'album de collaborations sorti en 2005.

Et après « One Word », re-bim ! Deuxième surprise car, pour transfigurer « The Box », Soldout a invité Richard 23 de Front 242. Ce titre power-electro correspond parfaitement à un des plus grands showmen de ce côté-ci du Rio Grande. Il ne se gêne pas pour rouler les mécaniques et faire monter l'ambiance d'un cran, grâce à sa présence très.... body !

Quand la dernière note retentit, Soldout se retire. Première impression : le temps a passé très vite. Il est déjà 22h et le duo revient pour une troisième surprise... C'est Lionel, des Girls In Hawaï qui vient prêter sa voix et sa guitare à la version acoustique de « I Don't Want To Have Sex With You », également extraite de « Dead Tapes ». Un moment émouvant.

Le premier rappel se poursuit par « Do It Again », « Get Out », « Ocean » et « Dune », et Charlotte en profite pour aller prendre un bain de foule en emportant son micro sans fil. L'occasion pour elle de communier auprès de ses fans et de taper des 'high-fives' avec les spectateurs qu'elle reconnaît, dont votre serviteur.

En toute logique, le deuxième rappel est consacré à « The Flow », le 'chant du cygne' du duo, un cadeau d'adieu publié il y a quelques jours en édition limitée sur vinyle transparent. C'est un petit joyau électro de 13 minutes qui permet à David de montrer toute l'étendue de sa maîtrise aux synthés. Il y part dans un délire électro-kraut digne de Klaus Schulze période « X ». Un véritable trip d'une beauté sidérale, qui nous laisse la gorge nouée. Un magnifique point d'orgue pour une soirée inoubliable. ‘Farewell’, les amis, et continuez de nous enchanter dans vos prochains projets !

Dj Salas assurait le supporting act. D’origine péruvienne, ce Bruxellois est également producteur. Il a publié des maxis et des remixes sur des labels aussi prestigieux que Relish, Toys For Boys, petFood, Kill The DJ ou B-Pitch Control. Il est hébergé par l’écurie Biologic depuis 2012 et a publié son premier elpee, « The Unspoken », en 2017. De son véritable nom Diégo Cortez Salas, il adore mêler les styles, depuis la house à la new beat, en passant par le disco. Sans oublier d’injecter dans sa solution sonore, des percussions. Quoique brillant derrière ses platines, il manque quand même d’interactivité ; d’ailleurs, il n’a jamais adressé le moindre regard à la foule… (D.D.)

Setlist Soldout :

The Call
Wazabi
I Cant' Wait
94
Forever
My Love
Drop of Water
Oppression
I Don't Want To Have Sex With You
Mine (ft. John Stargasm)
One Word
The Box (ft. Richard 23)

Rappel I :

I Don't Want To Have Sex With You (ft. Lionel de Girls In Hawaï)
Do It Again
Get Out
Ocean
Dune

Rappel II :

The Flow

Pour voir les photos de Wim Heirbaut, c'est ici

Pour revoir le concert de Soldout sur Youtube, c'est là

Organisation : Progress Booking + Ancienne Belgique

 

Nile Rodgers

Nile Rodgers & Chic : Forest National transformé en temple du funk…

Écrit par

Le guitariste Nile Rodgers et le bassiste Bernard Edwards ont fondé Chic en 1976. Ce groupe de disco/funk yankee a rencontré un succès international fin des 70’s grâce à des titres comme « Le Freak » ou « Good Times ». La conjugaison des grattes des deux membres fondateurs a eu une influence majeure sur la musique de cette époque. Malheureusement, Edwards est décédé en 1996, laissant son binôme seul avec sa guitare rythmique. Souffrant d’un cancer diagnostiqué en 2010, Nile Rodgers a déclaré être guéri depuis 2013. Une épreuve qui a diamétralement changé sa philosophie de vie. Fin septembre, il a publié un nouvel album (NDR : au cours de sa carrière, il en a vendu plus de 300 000 à travers le monde !), un disque pour lequel il a reçu, notamment, le concours d’Anderson.Paak, Emeli Sandé, Lady Gaga, Craig David et Elton John.

Pour cette tournée, Nile a emmené ses fidèles musiciens, qui le suivent depuis 2013. En l’occurrence le batteur Ralph Rolle, le bassiste Jerry Barnes, le claviériste Richard Hilton, le saxophoniste Bill Holloman et le trompettiste Don Harris. Sans oublier les choristes Folami Thompson et Kimberly Davis.

Lorsqu’on débarque à FN, vers 19h00, 3 Dj’s (Star Bar dj's) sont affairés derrières leur table posée en avant-scène. Réunissant Wauter De Sadeleir, Pieter Struye et Koen Hulsmans, le trio jouit d’une solide réputation en Flandre. Ils bossent à l’ancienne et se servent de maxi vinyles et de cds en mixant le tout judicieusement. Pour leur programmation, ils puisent au sein des standards du funk et de la soul des années 70 à nos jours…

Si le concert est sold out, la salle a été adaptée en configuration club. Tant mieux, c’est sous cette forme que le son est le meilleur. Bref, il y a 2 500 personnes pour accueillir cette légende vivante du funk américain.

Un peu avant 21 heures, Nile Rodgers, casquette noire retournée vissée sur le crâne et vêtu d’une veste à paillettes de couleur gris alu, vient saluer son public. Un roadie vient lui apporter sa célèbre ‘Fender Iconic Hitmaker’ (NDR : elle est estimée à 4 500 € !) alors que ses musiciens s’installent, dont un claviériste supplémentaire. Pendant qu’ils accordent leurs instruments, Nile s’adresse à la foule : ‘Nous allons danser ce soir. Chaque soirée est magique. Vous êtes avec moi. Levez les mains’. Il se place ensuite dos au public –intergénérationnel, il faut le souligner– et face au drummer. Les deux choristes lèvent les bras, reculent, puis Nile vient se planter devant son micro et entame le premier morceau,  « Everybody Dance ». La machine à hits est déjà en route. Nile signale que les chansons choisies ce soir ne sont pas des reprises mais des morceaux qu’il a écrit ou produit pour différents artistes (NDR : il a composé, entre autres, pour David Bowie, Diana Ross, Madonna, Daft Punk, Sam Smith, Lady Gaga, Sheila, Sister Sledge, Diana Ross, Debbie Harry [Blondie], Grace Jones, INXS, Mick Jagger, Paul Simon, Al Jarreau, et la liste est loin d’être exhaustive...)

Au centre, le kit de batterie est impressionnant. Le clavier de Richard Hilton est rafraîchi par un énorme ventilateur. La section rythmique est particulièrement solide. Les compos libèrent un groove irrésistible. En retrait, sur leur estrade, les cuivres sont fusionnels. Barnes vient régulièrement affronter Nile, manche contre manche, et incite le public à applaudir. Les voix des deux choristes sont limpides, emphatiques et intarissables. Malgré ses 66 berges, l’artiste semble avoir retrouvé une nouvelle jeunesse.

Lors d’une petite pause, Nile parle longuement de sa collaboration avec Daft Punk et le succès de « Get Lucky » illumine Forest National, comme une voie lactée, et tout particulièrement quand Rodgers invite la foule à allumer ses téléphones portables. Dans la fosse, c’est un dancefloor permanent. De parfaits inconnus dansent ensemble et finissent par se lier d’amitié…

Le show s’achève par « Good Times, Rapper's Delight ». Une cinquantaine de personnes envahit le podium. Pas de panique, il s’agit de spectateurs qui ont opté pour le ‘Good Times package’. A 420 € la place, ce n’est pas donné ! Mais bon, c’est la rançon du marketing ! Une chose est sûre, pendant 120 minutes, Forest National s’est transformé en immense temple du funk.

Comme d’hab, il faudra presque mettre Nile dehors. La foule savoure son bonheur. Nile s’accroupit en bord d’estrade et serre les mains des premiers rangs, des gestes amicaux qui vont s’éterniser, démontrant l’affection qui le lie à ses aficionados.

Setlist : « Everybody Dance », « Dance Dance Dance », « I Want Your Love », « I’m Coming Out » (Diana Ross cover), « Upside Down » (Diana Ross cover), « He's The Greatest Dancer) » (Sister Sledge cover), « We Are Family » (Sister Sledge cover), « Like A Virgin » (Madonna cover), « Lost In Music » (Sister Sledge cover), « Notorious » (Duran Duran cover), « Thinking Of You » (Sister Sledge cover), « My Feet Keep Dancing », « Get Lucky » (Daft Punk cover), « Chic Cheer », « My Forbidden Lover », « Let's Dance » (David Bowie cover), « Le Freak », « Good Times, Rapper's Delight ».

(Organisation : Live Nation)

GrandGeorge

Grandgeorge dans les petits papiers des fans…

Écrit par

L’univers de Benjamin GrandGeorge vogue entre Paris, Londres et Bruxelles, où il vit actuellement. Il reconnaît pour influences majeures Paul Simon, Jeff Buckley, Mozart, Sting et Richard Bona. Il aurait pu devenir trader à Londres. Il a choisi d'être chanteur. Une chose est sûre, vu les nombreux pays qu'il a visités, ce joyeux trentenaire est parvenu à conserver le meilleur, au fil des rencontres : un regard au Brésil, un rythme en Afrique ou une humeur en Asie ; soit autant de sources d'émotion et donc, d'inspiration. Il doute cependant de tout, sauf de son amour immodéré pour la musique. Et on le ressent particulièrement en ‘live’. Ce vendredi 7 décembre, il se produisait donc à La Madeleine de Bruxelles, date de la sortie de son second elpee, « Face to faith ». Compte-rendu.

Le supporting act est assuré par le duo Ebbène. Echappé des Tellers et de Paon, Ben Baillieux-Beynon s’est associé à Jérôme Magnée (Dan San, Gaëtan Streel, Yew) pour fonder ce duo qui a publié un premier Ep 4 titres, en octobre dernier. Un album est en préparation.

 Les deux compères grimpent sur l’estrade. Et déjà le charme opère auprès du public féminin. Ben se sert d’une gratte semi-acoustique, Jérôme cumule claviers, boîte à rythmes et guitare électrique. « Début De Soirée » ouvre le set. Chargée de spleen, la voix de Ben est douce, attachante et harmonieuse. Elle évoque parfois celle de Jean-Louis Aubert ou de Raphael. Elle s’épanche sur des textes poétiques, parfois empreints de désespoir. Jérôme piaffe déjà d’impatience, derrière ses claviers, sa 6 cordes en mains, alors que quelques sonorités électro émanent du MPD placé devant lui. Le tandem nous réserve deux nouveaux titres, « Vert » et le paisiblement atmosphérique, enrobé de chœurs, « Un » ; probablement des compos destinées au long playing. « Tout oublier » nous invite à se détacher des tracas de la vie quotidienne. Les cordes semi-acoustiques illuminent « Barcelone », un morceau imprimé sur un beat subrepticement électro, alors que la voix vaporeuse de Ben est bien soutenue par les  chœurs de Jérôme. Faut dire que c’est lorsqu’elles sont conjuguées que les harmonies vocales passent le mieux la rampe, un peu comme chez Dan San. Bien équilibré, le concert va cependant proposer autant de compositions empreintes de sérénité que nerveuses…

Setlist : « Début De Soirée », « Vert », « Un », « Tout Oublier », « Barcelone », « Ne Penser À Rien », « Tout Change », « Nuit Américaine ».

Particulièrement chaud, le public attend impatiemment la tête d’affiche. La responsable du fan club a distribué des papiers que les spectateurs sont invités à élever lors de la seconde partie du titre, « Sunny Anyway ». Le set s’ouvre sous un light show de couleur rouge. Aux drums, Sam Rafalowicz vient se placer à droite sur son estrade et le claviériste, Xavier Bouillon, à gauche. C’est toujours Nicolas Lherbette qui se charge de la basse. Stéfy Rika (NDR : elle a notamment prêté sa voix à Akro, Starflam, Axel Red, Selah Sue et Zap Mama) se plante derrière son micro, se retourne et applaudit. Benjamin GrandGeorge débarque enfin, sa gratte semi-acoustique à la main. Les applaudissements fusent. Le concert débute par « Fading Away ». Le refrain est déjà repris en chœur par l’auditoire. Trépidant, Benjamin semble heureux d’être là, ce soir. Avant d’attaquer ce fameux « Sunny Anyway », le premier single du long playing, censé emprunter une nouvelle direction musicale, il se désaltère, puis confesse modestement : ‘Ce second album n’était pas une mince affaire ; j’ai bien cru qu’on ne se retrouverait pas’. Il remercie le public pour sa présence. La voix de Stefy s’envole, bientôt rejointe par Benjamin, qui sans guitare, gigote de droite à gauche, et inversement. D’une durée de 6 minutes, cette version est pourtant plutôt paisible. Les fans soulèvent alors ces petits papiers. L’auditoire reprend le refrain. Emu, Ben lui manifeste sa reconnaissance. La guitare haute, l’oreille tendue vers celui-ci, il embraye par « Stay With Me », une chanson tendre mais complexe. Il doit d’ailleurs la reprendre à zéro et l’interprète d’une voix aiguë. Dominé par les claviers, « Losing You » est davantage électro et surtout dansant. La fosse se transforme d’ailleurs en dancefloor. Stéfy y apporte son grain de voix soul, alors que Benjamin s’applique sur les cordes de sa sèche. Avant d’aborder « Radical Bourgeois », plage d’ouverture du nouveau long playing. Benjamin signale que l’on doit rire, mais que cette chanson n’est pas marrante. Les voix sont parfaitement conjuguées. Au cours de ce titre électro/funk, il invite la foule à lever les bras et à jumper. On passe ensuite à « Dancing In The Morning », le premier bonus de l’album. Benjamin s’adresse à l’assemblée et demande si elle souhaite danser jusqu’aux petites heures, puis embraie par « Dancing in the morning », une compo qui nous entraîne à travers l’Afrique de L’Ouest, et plus exactement le Burkina Faso. Le light show est discret mais efficace. Tout au long de « Warmer » la voix du Grand Ben est vocodée. Pendant « Go For A Ride », Benjamin invite la foule à chanter avec lui. Il interprète seul et unplugged « Just In Time », un titre qu’il entame sous les applaudissements nourris de l’auditoire. Il n’en oublie pas pour autant « So Fine »… mais pas de trace de « How long » ; et c’est vraiment dommage. Opérant un dernier crochet par l’Afrique, « I’ll Be Trying (Comptez Sur Moi) » clôt le show.

On aura cependant encore droit à deux rappels ; et au cours du second, « Petit Dej » va nous plonger au cœur de la Nouvelle-Orléans.

GrandGeorge se produira le 14 mars 2019 au Reflektor de Liège et le lendemain à l’Eden de Charleroi.

Setlist : « Fading Away », « Sunny Anyway », « Stay With Me », « Losing You », « Radical Bourgeois », « Dancing In The Morning », « Warmer », « Go For A Ride », « Just In Time », « So Fine », « I’ll Be Trying (Compter Sur Moi) »

Rappel 1 : « Another Day In Heaven », « Easy Emotion »

Rappel 2 : « Petit Dej »

(Organisation : UBU Productions)

 

The Prodigy

Deux vents de folie…

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La météo est à la tempête ce vendredi. Les averses se multiplient avant de débarquer à Forest. Tout comme ce qui nous attend à l’intérieur ce soir, par ailleurs…

Prodigy était déjà parvenu à faire trembler les murs de Forest National en 2009. L'un de ses meilleurs concerts, selon les fans. Et aussi celui qui avait le plus fait vibrer le sol bruxellois (NDR : sans doute à égalité avec celui de Faithless en 2001). Ce soir, la foule est moins dense. Le prix des tickets chute sur Ticketswap au fil des heures. Les deuxièmes étages sont d’ailleurs condamnés, conférant la formule club à la salle. Sans doute la conséquence de l'omniprésence de Prodigy lors des festivals d'été ? Ou d'un agenda de concerts chargé à cette même période ? (NDR : Editors remplit une deuxième fois le Cirque et Magnus cumule plusieurs soirées de suite à l'AB).

Les premières parties manquent parfois d'intérêt. Mais pas ce soir. Slaves avait déjà fait forte impression à Dour en 2016. Et va encore confirmer, malgré un tout petit espace sur la toute grande scène (NDR : une batterie minimaliste, une guitare, son logo sur tubes néons et quelques amplis). Un matos de David face à celui de Goliath, en tête d’affiche. Le DJ bruxellois a la bonne idée de diffuser les Stooges en intro (NDR : et un peu plus tard les Buzzcocks en hommage à Pete Shelley, décédé la veille). Car le ‘Punk’s not dead’ va résonner dans l’arène. Bodybuildés et tatoués, le duo déboule sans coup férir sur l’estrade. Et balance une détonation de compos de deux minutes, qui renverrait les jets de pavés de gilets jaunes au rang de bac à sable. On pense à l'énergie et la virilité dispensées par Idles. Sans doute aussi à cause de son incursion dans le public après trois morceaux seulement. Le batteur/chanteur parvient à inciter la foule à reprendre le refrain ‘Fuck the high-hat’, alors que les premiers pogos éclatent. Pas de temps mort. Si ce n’est une séance de ‘hugs’ sollicitée par le leader (et exécutée dans la foule). Comme le titre de son elpee, « Take the control », le signale, Slaves a pris en esclave l’audience bruxelloise pendant 45 minutes. 

Les aficionados de Prodigy se massent de plus en plus dans le parterre, s’agitent et trépignent d’impatience. Un rideau sur lequel est imprimé une araignée géante (NDR : un logo déjà utilisé sur la pochette de son  album live « The world’s on fire », paru en 2011) masque la scène. Sur le coup de 21h25, impressionnant, le décor révèle deux demi bus londoniens à l’effigie du dernier opus, « No tourists ». Le maestro Liam Howlett s’installe derrière sa console. Et le concert démarre en force par « Breathe ». Qui provoque déjà des mouvements de foule et déclenche une véritable hystérie au sein des premiers rangs. On ne compte plus les spectateurs cherchant leurs lunettes ou gsm, égarés dans les bousculades. Sur « Omen », les deux MCs Keith et Maxim poussent leurs cris plus qu’ils ne chantent. Pendant « Champions of London », la détonation de basses est telle qu’on regrette d’avoir oublié nos boules Quies. « No Good » est enchaîné à « Smack My Bitch Up », deux morceaux qui ponctuent une première moitié de set.

En rappel, coloré de touches hip-hop et dub, « We Live Forever », issu du dernier opus, sonne comme un retour aux sources. Il est même difficile de croire que le groupe a plus de 25 ans d’existence, tant ses protagonistes ne semblent pas avoir pris une ride. Prodigy nous permet d’ailleurs de voyager entre ses albums, depuis son dernier (« No Tourists ») à son premier (« Experience »)

Quelques bémols quand même. D’abord la durée du show. A peine une heure dix, soit un set aussi court que lors d’un festival. Mais également le son hasardeux ainsi qu’un light show aveuglant. Cependant, on retiendra surtout cette ambiance de transe dans la fosse, du début à la fin…

Setlists :

Slaves

Sockets, Bugs, Magnolia, Fuck The High-Hat, Cheer Up London, The Lives They Wish They Had, Chokehold, Sugar Coated Bitter Truth, Beauty Quest, The Hunter

Prodigy

Breathe, Resonate, Nasty, Omen, Champions of London, Voodoo People, Run With the Wolves, Need Some 1, Poison, Everybody In The Place, Firestarter, Roadblox, Light Up The Sky, No Good, Smack My Bitch Up.

Rappel : We Live Forever, Fire, Take Me To The Hospital, Timebomb Zone, Out Of Space (outro)

(Organisation : Live Nation)

 

Marcus Miller

Un concert de 105’ très pro et riche en émotions…

Écrit par

Marcus Miller feat. Selah Sue

Compositeur, producteur et multi-instrumentiste (NDR : à la basse, il est vraiment génial !), Marcus Miller possède un CV impressionnant. Et ses collaborations sont innombrables. Il a ainsi bossé en compagnie d’artistes aussi prestigieux que Miles Davis, Eric Clapton, Aretha Franklin, Carlos Santana, Frank Sinatra, Elton John ou encore Michael Jackson.  

Pionnier tout-terrain de la basse électrique, ce musicien précoce (NDR : il est né en 1959) a connu les grandes heures du r&b et du funk dans les années 60 et est devenu le spécialiste du jazz fusion. Actif sur le circuit jazz depuis 1983, il est parvenu à développer un style nouveau, dynamique et créatif. Miller propose sa propre vision de la musique noire actuelle, avec pour influences principales le hip-hop, le trap, le r&b et bien sûr le gospel et la soul qui l’ont toujours inspiré. Sans pour autant négliger la pop et la world.

Dans l’esprit de Kendrik Lamar, il aime organiser des réunions de famille en faisant appel à des musiciens, le tout dans un esprit très décontracté, très « Laid Back ». C’est d’ailleurs le titre de son dernier elpee. Il a ainsi réservé une place de choix à la voix puissante, profonde, sans compromis, farouche et troublante de la nouvelle diva soul, Selah Sue. Et ce soir, elle a été invitée en featuring.

Pas de supporting act. Le concert est sold out depuis belle lurette. Marcus va nous proposer de très larges extraits de ce dernier opus (NDR : les 21ème en tenant compte des ‘live’ et des ‘best of’).

Le public applaudit et scande le nom de Marcus Miller. Il débarque enfin, chapeau noir rivé sur le crâne, souriant et accompagné de ses quatre musiciens, en l’occurrence le batteur Alex Bailey, le trompettiste Russel Gunn, le claviériste Bett Williams et le saxophoniste Alex Han, dont le premier LP a été produit par Miller himself. Le décor est dépouillé : pas de light show envahissant ; une estrade est prévue à gauche, pour le claviériste, et une à droite, pour le drummer.

Il salue la salle en français et en anglais et signale qu’il va interpréter deux chansons de son nouvel opus, soit « Untamed » et « Sublimity ‘Bunny’s Dream’ ». Tout au long de « Untamed » (NDR : 6’ quand même !), il étale toute sa technique au ‘slap’ sur son manche. Les deux cuivres s’avancent et dispensent des sonorités en sourdine, la boîte à rythmes est judicieusement intégrée, alors que le maître s’autorise quelques impros. Marcus se sert de trois basses différentes, et lorsqu’il joue celle à cinq cordes, il est véritablement sublime. D’un signe de la tête, il dirige son backing group.

Toute de noir vêtue, le ventre bien rond (NDR : elle est enceinte de 6 mois !), Selah Sue débarque avant d’attaquer la cover de Doris Day, « Que Sera », une chanson chargée de spleen, mais dont le parfum très 50’s semble émaner de la Nouvelle Orléans… Sa voix est langoureuse, frémissante, savoureusement surannée. Un moment fort du concert. Elle la pose également sur un thème dédié à Aretha Franklin, « Natural Woman ». Et caresse délicatement son ventre. Pendant le « Don’t Explain » de Billie Holliday, Marcus entame un long solo improvisé. Les musicos affichent une belle complicité tout au long du « Pusher Man » de Curtis Mayfield.

Marcus troque sa basse contre une clarinette basse pour interpréter « How Great Thou Art », un morceau dédié à deux membres de sa famille, décédés lors de l’enregistrement de l’album, ainsi qu’à ses ancêtres esclaves.   

Pour clore le set, il nous réserve une version très cuivrée de « Tutu », un titre qu’il avait écrit pour Miles Davis. Le trompettiste tire ici son épingle du jeu, avant que le saxophoniste ne vienne le rejoindre. D’ailleurs lors du show, ces deux musiciens s’autorisent régulièrement des duels…

Le public en veut encore. Le band revient sur les planches pour accorder deux reprises. D’abord le « Ain’t No Sunshine » de Bill Withers. Telle un caméléon, Selah Sue s’adapte parfaitement à la nouvelle mouture. Puis une adaptation hypervitaminée et rafraîchissante du « Come Together » des Beatles.

Un concert de 105’ très pro et riche en émotions…

Setlist : « Untamed », « Sublimity », « Trip Trap », « W/Selah », « Que Sera » (Doris Day cover), « Don’t Explain » (Billie Holliday cover), « Pusher Man » (Curtis Mayfield cover), « Natural Woman » (Aretha Franklin cover), « How Great Thou Art », « Tutu » (Miles Davis cover).

Rappel : « Ain’t No Sunshine » (Bill Withers cover), « Come Together » (The Beatles cover).

(Organisation : Greenhouse Talent)

 

Interpol

Un peu trop sur rails…

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Pas grand monde à l’arrivée de votre serviteur devant les grilles de Forest National. Même à l’ouverture des portes la foule ne s’y bouscule pas. Interpol s’y produit, pourtant, ce soir. Il est venu défendre son dernier elpee, « Marauder », paru en septembre dernier. Un bon cru ! Pourtant, il y a de quoi être inquiet de l’affluence. 2 500 personnes sont attendues, alors que la salle peut en accueillir plus de 7 000. Mais en pénétrant au sein de FN, on se rend compte que les lieux ont été aménagés en conséquence. Les balcons du haut sont condamnés par d’immenses tentures noires. La fosse a été réduite des deux tiers. Le podium s’avance profondément dans la fosse. Et les premiers gradins se remplissent correctement. Une formule ‘club’ qui va se révéler intéressante, favorisant la proximité entre la foule et les artistes ; et puis elle va procurer un son de bonne qualité. Ce qui est plutôt rare dans cette salle.

Le supporting act est assuré par Nilüfer Yanya. D’origine turque d'origine turque, irlandaise et bajan, cette Londonienne figure dans la liste finale du ‘BBC Sound’, en 2018. En outre, elle a été invitée par Courtney Barnett pour jouer dans le cadre du denier ‘Sonic City’. 

Sur les planches, elle est soutenue par la multi-instrumentiste Jazzi Bobbi et le claviériste/bassiste, Luke Bower. Blonde, Jazzi se réserve de superbes envolées jazzyfiantes au saxophone. Graveleux, soul groovy, le timbre de voix de Nilüfer est savoureux. Tour à tour, on pense à la regrettée Amy Winehouse, Sade voire Janelle Manaë. Evidemment, les racines moyen-orientales de Mrs Yany filtrent à travers sa musique. Et tout particulièrement sur la reprise du « Hey » des Pixies. Elle nous réserve, son nouveau single, le touchant « Heavyweight Champion of the Year », en primeur. Elle se produira dans le cadre de l’édition 2019 des Nuits Botanique, le 29 avril.  

Place ensuite à la tête d’affiche, Interpol. Du line up initial, il ne reste plus que Paul Banks (voix, guitare rythmique) et Daniel Kessler (guitare, chœurs). On pourrait presque ajouter Sam Fogarino (drums), présent depuis l’an 2000. Sur les planches, Ils sont soutenus par Brandon Curtis (claviers, chœurs) et Brad Truax (basse). A son actif, six opus studio. La set list va privilégier le dernier, « Marauder », ainsi que les deux premiers, 2002 : « Turn on the Bright Lights » et « Antics », le troisième, « One love too », ne livrant que deux titres.

Surmontés d’énormes spots, dix gigantesques tubes leds verticaux entourent les artistes. Trois boules à facettes sont disposées à des hauteurs différentes, et elles vont refléter les faisceaux lasers dans la fosse.  

« Pionneer To The Falls » ouvre le set. Les artistes sont bien alignés mais adoptent une posture plutôt statique. La voix de Banks –peu interactif, par ailleurs– et l’instrumentation respectent un parfait équilibre, reflétant une belle homogénéité au sein du groupe. Et si les claviers s’immiscent insidieusement dans l’ensemble, c’est quand même les percus, tribales et énergiques de Sam Fogarino, qui s’imposent tout au long de « C’Mere », et de briller par ses interventions de caisse claire sur « Stay In Touch ». De temps à autre, les spectres de Joy Division et des Chameleons se mettent à rôder, mais également ceux de Kraftwerk, à cause des sonorités électroniques, qu’on pourrait qualifier de métronomiques. Les titres se succèdent sans la moindre surprise. Section rythmique imparable, cordes de gratte incisives, voix bien timbrée, mais sans grande passion : c’est irréprochable, mais un peu trop sur rails. Y compris lors d’un rappel, réservant à l’auditoire, trois compos…

Setlist : « Pionneer To The Falls », « C’Mere », «  If You Really Love Nothing », « Public Pervert », « Roland », « Complications », « Say Hello To The Angels », « NYC », « The Rover », « Rest My Chemistry », « NYSMAW », « Stay In Touch », « All The Rage Back Home », « The New », « Flight of Fancy », « Slow Hands ».

Rappel : « Lights », « Evil », « Obstacle 1 »

(Organisation : Live Nation)

La Jungle

Une course-poursuite entre musique et physique

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La Jungle est de sortie, ce soir, au Salon de Silly, dans le cadre des Nuits Plasma. En tournée, le duo revient de Dijon pour assurer une des dernières dates de l’année 2018. Pas trop le temps de réaliser des balances parfaites. No prob, ces pros sont capables de les régler dès les premières minutes du set. Qui va se dérouler au sein du bistrot, en formule club. Et il y a du peuple pour accueillir la paire montoise…

Screaming Use Of Bass assure le supporting act, un quatuor atypique impliquant deux bassistes, dont Joris Oster (Yel, Organic, Silver Riot) et Michaël Colart, mais également le chanteur Jairo Alvarez Garcia et le drummer Olivier Justin (Organic,Yel).

« Just Shine » ouvre les hostilités. Et, bien évidemment, c’est la combinaison entre les deux basses qui forge la singularité de l’expression sonore. L’une libère des sonorités distinctes, incisives et mécaniques ; et l’autre, caoutchouteuses. Saccadé, le tempo finit par envoûter. La voix est limpide, atmosphérique ou enflammée. Et la musique navigue quelque part entre cold wave, rock, indus, post punk, psyché, stoner, électro et prog. Parfois, le spectre d’Archive se met à planer. Mais également, et sans trop savoir pourquoi, celui de Pearl Jam. Le groupe n’en oublie pas « Agora », son single percutant. « Plastic Dream » met en exergue des percussions paradoxalement sauvages ou métronomiques. A limite de la saturation, une des basses claque littéralement, tout au long de « Perfect Profile ». La formation a prévu de graver un album en 2019. Mais si vous souhaitez en connaître davantage sur ce combo, cliquez ici.

Setlist : « Just Shine », « Emergencia », « Breackdown », « Cinnamon Light », « Perfect Profile », « Sliding Doors », « Plastic Dream », « Agora », « Utopia ».

Mathieu Flasse et Rémy Venant appliquent la fameuse équation ‘1 + 1 = 3’ à leur math/kraut/noisy/funk rock transique et débridé. Une six cordes, un casio et un kit de batterie : après deux breaks et trois accords, ils font déjà péter le mercure, alors que les yeux s’irritent de sueur. Au sein de cette jungle équatoriale, peuplée de bêtes sauvages, dangereuses et venimeuses, la température devient rapidement torride et humide.

Structurées en crescendo, parfois même s’ébrouant sur un tempo lent, les compos giclent de riffs métalliques, d’éclats de noise, alors que les assauts de toms et cymbales sont guidés par les oscillations du stroboscope. Les loops sont créés en ‘live’, à partir de la guitare ou de la voix. Rien n’est préenregistré, et pourtant le résultat est rigoureux. Un peu dans l’esprit de Métroland voire de Kraftwerk. Et des morceaux comme « Hahehiho », « Ape In A Python » ou « Thylacine » en sont de parfaites illustrations. Un concert de La Jungle est considéré comme une expérience unique à découvrir. L’énergie est omniprésente. On a l’impression d’assister à une course-poursuite entre musique et physique. A l’issue du show, les t-shirts des musicos sont trempés de sueur, comme s’ils sortaient de la machine à laver, sans avoir été essorés…

(Organisation : Silly Concerts ASBL)

Angèle

Prête pour les grandes scènes…

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La tournée d’automne d’Angèle va pratiquement se dérouler à guichets fermés, à l’instar de ses deux concerts programmés à l’Ancienne Belgique. Si bien que de nouvelles dates ont été ajoutées pour 2019, dont le Palais 12, le 19 novembre, et le Lotto Arena, le 10 novembre.

De l’anglais au français, de la pop au r’n’b, Angèle est parvenue progressivement à imposer son style volontiers décalé. Y compris dans l’Hexagone, où elle va d’ailleurs se produire l’an prochain. Angèle n’est autre que la sœur de Romeo Elvis, la fille de Marka et de Laurence Bibot. Cependant, à 22 ans, elle n’a pas besoin de ce lien filial pour réussir et se forger un prénom. Elle s’en détache même. Joyeuse, joueuse, désinvolte (un peu), la Bruxelloise prend par exemple de haut la « Loi De Murphy » une chanson co-écrite avec Veence Hanao et Matthew Irons, qui a atteint plus de seize millions de vues sur la toile. Et ses deux singles suivants, « Je Veux Tes Yeux », puis « La Thune », marchent allègrement sur les traces du premier tube. Musicalement, elle tire aussi bien parti de la pop, de l’électro que du hip hop, parfois du jazz, une forme d’éclectisme dont s’inspirent de nombreux artistes contemporains.   

Salomé Dos Santos assure le supporting act. Alias Blu Samu, cette compositrice-interprète belgo-portugaise est originaire d’Anvers, mais relève de la scène hip-hop bruxelloise. Elle vit auprès de ses potes du 77 et se produit à travers le pays, en compagnie de Zwangere Guy. Mais depuis la sortie de son Ep « Blue », en 2015, elle a séduit de nouveaux adeptes grâce à son mélange intuitif de hip-hop et de soul. Tout de go, elle annonce qu’elle doit mettre le feu ; et flanquée d’une djette, elle va entretenir une belle ambiance dans la fosse. Elle prépare l’enregistrement d’un premier elpee…

Deux estrades sont disposées sur le podium. Celle de gauche est destinée au drummer, et de droite au préposé aux synthétiseurs et machines. Plus de bassiste. Un synthé de couleur rouge sur roulettes est réservé à Angèle (NDR : ce qui lui permettra de le déplacer sur les planches). Alors que le light show inonde la scène, les musicos débarquent. On devine également la présence de deux yeux projetés sur une toile de fond. On entend la voix samplée d’Angèle. Le regard est maintenant bien visible, alors que l’artiste déboule, armée d’une immense mitraillette en plastique de teinte bleue. Elle dépose le jouet sur l’estrade. Elle est vêtue d’un pantalon rouge, un pull en treillis militaire et est coiffée d’un béret. L’auditoire lui réserve de longs applaudissements.

Le set s’ouvre par « La Thune ». Elle bondit d’avant en arrière, sur un rythme de reggae, tout en invitant la fosse à jumper. Ses deux musicos assurent les chœurs. Tout en chantant, elle tâte du MPD, placé à sa droite et salue le public. Elle vient se planter derrière son clavier et attaque l’engagé « Balance Ton Quoi » Le public s’emballe. Elle calme le jeu et signale que c’est elle qui chante. Elle ajoute qu’une petite chatte doit traverser l’œil et si elle va trop vite, elle risque de se casser la figure. La Bruxelloise reprend tout à zéro et lorsque le public est en effervescence, elle exécute quelques pas de danse, alors que le jeu de lumières nous en met plein la vue. Lors du plus paisible « Les Matins », elle se sert de son fameux clavier rouge sur roulettes. La foule reprend en chœur le refrain de « Jalousie », un autre titre au cours duquel le light show est à nouveau éblouissant.      

Angèle est modeste, humble, à taille humaine. Elle a la tête bien sur les épaules, mais c’est indéniable, sur les planches, c’est une fille sensible qui vit ses chansons et son écriture. Tout au long de « T’es Beau », la cover de Pauline Croze, les premiers rangs lèvent les bras et les balancent de droite à gauche, alors que smartphones illuminent la salle. « La Loi de Murphy » déclenche un fol enthousiasme dans la fosse ; un morceau au cours duquel l’interactivité entre Angèle et le public est à son comble. Il connaît parfaitement le refrain et le reprend en chœur. En se produisant dans la capitale de l’Europe, elle ne pouvait négliger « Bruxelles ». Et puis, c’est chez elle. Enfin, pour clore le spectacle en beauté, son frangin, Romeo Elvis, la rejoint pour interpréter « Tout Oublier ».  

Mais Angèle va nous accorder un rappel de trois chansons. Elle revient donc sur le podium, après avoir enfilé un froc scintillant. Au cours de « Ta Reine », elle remercie son public, ses musicos, son manager et sa famille. Et après « Flou », elle conclut ce concert par l’inévitable « Je Veux Tes yeux »…

Manifestement, le nouveau show d’Angèle a été imaginé pour les grandes scènes. En outre, ce soir, elle a conquis un public intergénérationnel…

Setlist : « La Thune », « Balance Ton Quoi », « Les matins », « Victime Des réseaux », « Jalousie », « T’es Beau » (Pauline Croze cover), « La Loi de Murphy », « Bruxelles » (Dick Annegarn Cover), « Nombreux », « Flemme », « Tout Oublier » avec Roméo Elvis.

Rappel : « Ta reine », « Flou », « Je veux tes Yeux ».

(Organisation : Live Nation)

 

 

Kim Wilde

Une belle nuit avec Kim Wilde...

Ce soir, Kim Wilde nous a fixé deux rendez-vous. Contrairement à Laurent Voulzy, qui se lamentait pendant ses ‘nuits sans Kim Wilde’, nous allons passer ‘une belle nuit en sa compagnie’… Lors du concert, bien sûr, accordé dans la salle De Roma, à Anvers, mais grâce aussi, juste avant, lors d’une entrevue exclusive que la reine de la synth-pop des années 80 a accordée à Musiczine. Encore un peu de patience avant de découvrir cette interview qui sera publiée prochainement. Par contre, vos yeux impatients lisent, pour l’instant, le compte-rendu de sa performance 'live'…

Après avoir aligné une multitude de hits entre 1981 et 1985, puis traversé une période de repli dans le calme de sa propriété sise au cœur du Hertfordshire, Mrs Smith (NDR : c'est le vrai nom de Kim Wilde) opère pour l'instant une seconde carrière étonnante, déplaçant les foules dans l'Europe entière. Pour se rendre compte de sa popularité, il suffit de regarder les premiers rangs. Plusieurs centaines de fans sont massés devant le podium de la Roma dès l'ouverture des portes, attendant impatiemment leur idole.

C'est une véritable ovation que reçoit la chanteuse au moment où elle monte sur l’estrade. Elle porte une tenue noire de 'space warrior', chamarrée de pépites qui scintillent sous les 'sunlights'. Evidemment, les années ont passé et la jeune fille élancée est devenue une femme mûre aux formes plus rondes. Mais le caractère est toujours bien là : Kim Wilde est souriante, enjouée même. Dès les premiers morceaux, « Stereo Shot » et « Water On Glass », elle s'amuse avec le public et ses musiciens. Dans le groupe, on retrouve bien entendu son frère Ricky, co-compositeur et producteur, que la chanteuse présente comme celui sans lequel rien ne serait arrivé. A côté d'elle, figure également la fille de Ricky, Scarlett, qui s'acquitte des 'backing vocals' et virevolte sur scène comme une jeune polissonne un peu gothique.

Les hits sont interprétés dans des versions plus 'rock' que les originaux ; et pour cause ce soir le line up implique deux batteurs et deux guitaristes. Les arrangements très 'power-pop' permettent de passer un petit coup de baume sur les « View from A Bridge » et autre « You Came ». Seul le morceau « Cambodia », enrichi de superbes sons de synthétiseurs, conserve ses arrangements originaux. Au fur et à mesure que les hits se succèdent, la ferveur est de plus en plus palpable dans la fosse. Vers le milieu du show, Kim s'offre une petite session en acoustique pour interpréter des versions touchantes de « Hey Mr Heartache » et « Four Letter Word ».

Mais dès la fin de cette séquence, le rouleau compresseur se met en marche. Les volumes grimpent dans le rouge pour la version remixée de « Cyber Nation War », le puissant et efficace « Chequered Love », ainsi que la reprise du « You Keep Me Hanging On » des Supremes, dont le refrain est repris en chœur par tous les fans, du premier au dernier rang. Un grand moment ! 

Mais interpréter « 1969 », en fin de concert, constitue une petite erreur stratégique. Enfin, à notre humble avis. En outre, l'ambiance retombe d’un cran lorsque Kim raconte sa rencontre avec un OVNI, une expérience vécue en 2009. D’autant plus que le morceau, extrait du dernier album « Here Come The Aliens », ne déclenche pas l'hystérie escomptée. Au contraire, le traitement scénographique du thème ‘ufologique’ est par trop ironique pour ne pas dire dénigrant ; les effigies d'aliens imprimées à l'arrière des vestes des musiciens et les lasers ‘martiens’ accentuant cette impression. Dommage, surtout quand on considère le sérieux et la sincérité la chanteuse par rapport au thème des objets volants et phénomènes aérospatiaux non identifiés (NDR : on en reparlera dans l'interview).

Heureusement, lors du rappel, un autre nouveau morceau, « Pop Don't Stop », remet les pendules à l'heure grâce à son refrain imparable et le final est, comme on s'en doutait, consacré à « Kids In America », un bijou sorti en 1981.

Sur les planches, d'une gentillesse et d'une sincérité remarquables, Kim Wilde est tout simplement lumineuse. Sa voix est impeccable et, malgré quelques petites imperfections, la magie du concert a opéré, ravissant, finalement, tous les fans, dont votre serviteur…

Pour regarder les photos de David Alexandre, c'est ici

Organisation : De Roma

Merci à Kim et Ricky Wilde, à Sean chez Mixdown Management, à l'émission WAVES (Radio Vibration) et à De Roma.

Setlist Kim Wilde :

Stereo Shot
Water on Glass
Never Trust a Stranger
Kandy
Krush
Cambodia
Birthday
Yours 'til the End
Solstice
Words Fell Down
Bladerunner
Hey Mister Heartache
Four Letter Word
Rosetta
Cyber Nation War
View From a Bridge
Chequered Love
You Came
You Keep Me Hangin' On (The Supremes cover)
1969

Encore:

Pop Don't Stop
Kids in America

En supporting act, un jeune duo hollandais répondant au patronyme de Pyn nous a réservé un set sculpté dans un style indie-pop électronique et minimaliste…

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