La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Guns N Roses
Biohazard 8/8/26
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Hopes and fears

Si vous n’avez jamais entendu “Somewhere only we know” et « Everybody’s changing », c’est que vous n’allumez jamais la radio. A l’écoute du premier titre, vous avez sans doute pensé qu’il s’agissait d’une nouvelle chanson de Coldplay. Et du deuxième, de Travis. Ce qui vous donne une petite idée du style pratiqué par ce trio originaire du Sussex. Seule différence, Keane a troqué la guitare contre un piano et des synthés. Les deux hits susvisés figurent bien sur ce premier elpee de Keane. Ce sont aussi les meilleurs fragments. Tom dispose d’une voix douce et pure ; en outre, le sens mélodique des compos n’est jamais pris en défaut. Mais hormis le subtilement new wave « Your eyes open » et le plus électro « Untitled 1 », deux fragments qui évoluent au sein d’un univers proche d’un A-ha voire d’un Wet Wet Wet, le reste de l’opus ressasse inlassablement les mêmes clichés hymniques. Les espoirs déçus, les craintes se sont donc révélées fondées…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Vultures await

Le leader de Centro-Matic et de South San Gabriel mène parallèlement une carrière en solitaire. Et « Vulture await » constitue déjà son deuxième album solo. Un disque pour lequel il a reçu le concours de Scott Danbon, au violon, sur deux titres (« Just some silence » et « Sleep a while ») ; ainsi que celui de Matt Pence, au mixing, à la mise en forme et épisodiquement à la programmation. Hormis la collaboration de ses deux fidèles comparses, Will se réserve toute l’instrumentation : guitare acoustique et électrique, banjo, piano, basse, orgue, bruitages et la batterie. Sans oublier les parties vocales. De sa voix fatiguée, austère, rongée par la douleur, Johnson épanche ses lyrics intimistes, ténébreux sur une musique qu’on pourrait qualifier de country/folk alternative. Imaginez un Wilco en plus minimaliste, et vous aurez une petite idée du style pratiqué par cet artiste texan. Pas pour rien que le génie littéraire de Will et de Tweedy sont souvent comparés. Ballades dominées par un piano spectral, élégies acoustiques et parfois chansons pop se partagent les 12 fragments de ce « Vultures await ». L’esprit de Tom Waits hante même le lugubre « Catherine Dupree » ; alors que tout en lorgnant du côté des Flaming Lips, « Nothin’ but Godzilla » constitue le seul moment au cours duquel, Will se montre un tantinet plus optimiste…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Antics

« Turn on the bright lights » était un album avant tout contaminé par les eighties : l’attitude, l’image et surtout la musique. New wave, post punk et bien sûr cold wave. En outre, la couleur sonore était circonscrite au noir. « Antics » embrasse également la palette des gris. A cause de la voix de Paul, tout d’abord. Moins monocorde et plus versatile. Qui épanche des lyrics traitant du conflit entre l’humain et l’inhumain, l’homme et la machine, l’amour et la haine, le sexe et la mort. De la présence d’un clavier, ensuite. Dont la fluidité insuffle une certaine chaleur aux mélodies. A l’instar de « Next exit », qui trahit même un certain penchant pour les sixties. Hormis le final morbide « A time to be so small », l’opus affiche un profil nettement plus pop. Parfois même dansant. Revers de la médaille, on a parfois l’impression que la formation s’essouffle au coeur de l’elpee. Heureusement, sur les 10 fragments de la plaque, plus de la moitié ont vraiment la pêche. « Next exit », bien sûr. Mais aussi le ‘pixiesque’ « Evil », le single potentiel « Narc », caractérisé par une ligne de basse jazzyfiante ; ou encore le funkysant « Length of love », dont le groove métronomique rappelle les Hives. Pour solidifier le tout, Interpol peut heureusement encore compter sur l’efficacité et la créativité des drums de Sam Fogarino. Et dans la musique d’Interpol, cet atout est loin d’être négligeable. Pas pour rien qu’il est surnommé l’as de pique. Bref, un très chouette album auquel il ne manquait pas grand-chose pour mériter un ‘must’.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Immune

En privilégiant les atmosphères éthérées et dénudées, Immune navigue aux confins de l’ambient électronique et la pop organique. La formation a même baptisé sa musique d’électro pop somatique. Pourtant, leur expression sonore s’adresse davantage à l’esprit qu’au corps. Mais un esprit empreint d’une douce mélancolie, d’une indolence ténébreuse, propice aux climats visionnaires et troublants. Et j’imagine facilement ces compositions servir de bande sonore au ‘Grand Meaulnes’ d’Alain Fournier, romantisme juvénile qui semblait pourtant enfoui si profondément dans notre subconscient. En cherchant une éclaircie dans cette brume sonore, le très beau et élaboré « Through tide » ne fait qu’accentuer notre sentiment de solitude, alors qu’en final, « Father’s falling » joue avec nos émotions en s’égarant dans l’univers d’un Also the Trees, filmé au ralenti…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Incoherence

En tenant compte de sa carrière solo, l’instrumental “Sonix”, ses projets ‘live’ et ses aventures vécues au sein des différents Vander Graaf Generator, « Incoherence » constitue le 49ème album de Peter Hammill. Excusez du peu ! Pour enregistrer ce nouvel opus (NDR : son 36ème en solitaire), Peter a uniquement reçu le concours de ses complices Stuart Gordon (NDR : au violon) et de David Jackson (NDR : aux saxophones et flûtes). Pas de drums. Hammill se chargeant des parties de guitare et des claviers en plus des vocaux. Bien que recensant 14 fragments, « Incoherence » n’est en fait qu’un seul titre dont le thème traite des difficultés de communication. On retombe ici dans le domaine du concept album. Comme à l’époque de « Pawn Hearts » du Vander Graaf Generator. On y retrouve même ces lignes instrumentales hypnotiques, en boucle, qui se superposent, s’évanouissent, avant de renaître du néant après une brisure de rythme. Et puis le registre vocal ample, théâtral, expressionniste de Peter. Pas de commentaire supplémentaire, la musique intemporelle de Peter parle d’elle-même. Si vous appréciez son oeuvre, vous ne serez pas déçus. Pour votre info, sachez que le chanteur/compositeur/musicien a été victime d’une attaque cardiaque le 7 décembre dernier. Hospitalisé, il a depuis récupéré. Mais il est vrai qu’à l’âge de 55 ans, il a aussi celui de ses artères. Infatigable bosseur, il va devoir apprendre à se ménager.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Uh huh her

Pour enregistrer son septième album, PJ Harvey a décidé d’en revenir à une forme plus minimaliste, comme il y a 12 ans. A un blues primal, aride, sauvage que « Dry » incarnait si bien. Un retour aux sources auquel trop d’artistes ont tendance à recourir, lorsqu’ils sont en panne d’inspiration. Son précédent opus, « Stories from the city, stories from the sea », était tout bonnement remarquable. « Uh huh her » est de bonne facture, sans plus. En fait, il manque de compos percutantes. Une œuvre qu’elle a écrite, interprétée, mixée et produite. On n’y relève d’ailleurs que la collaboration de son complice de longue date, Rob Ellis ; et puis de Head au mixing et aux arrangements additionnels. Curieusement, la chanson « Uh huh her » ne figure pas sur cet elpee. Parce qu’elle ressemblait trop à ce qu’elle faisait auparavant, confesse Polly. Bref, les rares accents hymniques empruntés à Patti Smith ou à Siouxie (« The letter ») ne parviennent pas à sauver un ensemble qui exhale un parfum de déjà entendu. Pas que la plaque soit de mauvaise facture, mais pour une artiste de la trempe de Polly Jean Harvey, on reste sur sa faim…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

In exile deo

Réapparue par la grâce d’une compile rétrospective en 2002 ; puis impliquée au sein des Some Girls, en compagnie desquelles elle a commis un elpee l’an dernier, Juliana Hatfield nous revient aujourd’hui avec un septième album solo. Et je dois avouer que nonobstant toute l’estime que je lui porte, les premiers fragments de cet « In exile deo » m’ont fait craindre le pire. En fait, elle y a mis tellement de pop dans son rock, que je me demandais si je n’étais pas en présence d’un nouvel elpee de Sheryl Crow ou de Liz Phair. Passée la mise en bouche croustillante (« Get in line »), il faut ainsi attendre la sixième plage pour retrouver tout le mordant de Juliana. Celui qui lui avait permis de rejoindre le mouvement ‘riot grrl’ des Throwing Muses, Breeders, Veruca Salt et consorts. Encore que l’expression sonore s’y révèle plus riche, plus américaine, plus rock. Dans un style qui évoque les débuts de Tom Petty lorsqu’il était encore flanqué de ses Heatbreakers ; les claviers rognés de Peter Adam remplaçant ici ceux de Benmont Tench. La moitié de l’opus épouse ce profil ! Un disque aux lyrics autobiographiques. Qui traitent des problèmes liés à sa vie affective. Des ses relations intimes. Très intimes même. Sans le moindre complexe. A l'instar de « Dirty dog », chanson au cours de laquelle elle assume ses fantasmes. Encore que dans le registre, Liz Phair s’est déjà montrée plus explicite… L’album recèle, en outre, deux ballades tendres et romantiques (« Tomorrow never comes » et « Singing in the shower »), deux tracks caractérisés par des arrangements particulièrement riches et soignés (cordes, piano, etc.) ; mais deux compos qui manquent d’intensité mélodique pour vraiment convaincre. En fin de parcours, l’elpee retombe d’ailleurs dans ses travers initiaux ; un peu comme si le soufflet était retombé…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Robyn Hitchcock

On connaît surtout Robyn Hitchcock pour avoir sévi chez les Soft Boys ou entraîné dans son sillage les Egyptians. Beaucoup moins sous la formule acoustique. Et pourtant, ce grand excentrique a longtemps été actif dans le circuit folk britannique, au tout début des années 70. Et puis, au cours de la première moitié des eighties, période au cours de laquelle il traduisait ses états dépressifs à travers une musique particulièrement intimiste. Si « Spooked » renoue avec la formule acoustique ou semi-acoustique, la démarche est sensiblement différente. En fait, pour enregistrer ce nouvel opus, Robin a fait appel à deux musiciens américains, Gillian Welch et David Rawlings. Deux personnages dont la sensibilité est plus proche de la country que du folk. Ce qui n’empêche pas les trois artistes d’utiliser une panoplie très large d’instruments. Depuis le sitar électrique à l’harmonica, en passant par le dobro et le Wurlitzer. Sans oublier l’instrumentation basique. Mais sous une forme généralement ‘unplugged’. Et la rencontre entre folk psychédélique ‘sydbarretien’ et country ‘dylanesque’ donne de bons résultats. Le trio reprend même ici le « Tryin to get to heaven before they close the door » du Zim. Nonobstant l’un ou l’autre fragment dispensable, l’opus épingle quelques excellentes plages. Et je pense tout particulièrement à la sérénade douce-amère « Television », au blues presque a cappella « Demons & friends », au mystérieux et captivant « Sometimes a blonde », à « We’re gonna live in the trees », imprimé sur un tempo emprunté à Talking Heads, au ténébreux et introspectif (Léonard Cohen ?) « Flanagan’s song » et surtout au country/jazz « Full moon in my soul », une chanson à la mélodie contagieuse qui aurait pu figurer au répertoire d’un Sophia. Le trio revisite même le folk orientaliste du « Revolver » des Fab Four sur « If you know time » et « Everybody needs love », deux compos véritablement hantées par le spectre de George Harrison, même si la voix de Robin est aussi nasillarde que celle de Lennon. Un elpee sympa, mais qui aurait eu un tout autre impact s’il avait été un tantinet plus électrifié…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Sides

Holywater est une formation espagnole drivée par un certain Ricardo Rodriguez. C'est-à-dire le compositeur/lyriciste et le chanteur. Un chanteur dont le falsetto rappelle tantôt Thom Yorke, Matthew Bellamy ou encore Mark Greaney ; mais en plus sobre. Radiohead, Muse et JJ72 figurent évidemment parmi les influences majeures du groupe. Mais aussi Sigur Ros, Mogwai et Explosion in The Sky. L’expression sonore de cet opus est donc très atmosphérique. Parfois même post rock. Encore qu’on y trouve des traces de noisy expérimentale (My Bloody Valentine ?) voire de prog. Aussi bien jazzyfiant (King Crimson circa ‘Islands’?) qu’orchestral (Barclay James Harvest). Et le recours au mellotron n’y est pas étranger. Difficile dans ces conditions de vous faire une petite idée du style pratiqué par Holywater tout au long de leur deuxième elpee. Un disque dépassant allègrement les 70 minutes qui alterne ballades mélancoliques et fragments aventureux, parsemés d’éruptions électriques ou éclaboussés de claviers fluides. Encore que parfois, certaines chansons s’ouvrent sur un mode avant de virer vers l’autre. Bref, un elpee qui ne manque pas d’allure, même si le groupe y gagnera lorsqu’il aura complètement digéré ses influences…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Half smiles of the decomposed

Après 17 années d’existence, Guided By Voices a donc décidé de tirer sa révérence. Une carrière au cours de laquelle le groupe a commis 15 albums studios, une multitude d’Eps et de singles ainsi que 3 box sets. Sans oublier les bootlegs ‘live’ ! La page (définitivement ?) tournée, Robert Pollard a décidé de se consacrer dorénavant aux différents projets qu’il multiplie depuis quelque temps. « Half smiles of the decomposed » constitue donc le chant du cygne de G.B.V.. Un disque sans bonne ni mauvaise surprise, puisqu’il s’inscrit parfaitement dans la lignée de l’œuvre de la formation. Bob y démontre, à nouveau, son art à ficeler des mélodies aussi contagieuses que capricieuses. Quatorze plages qui doivent autant au power pop, l’indie rock qu’à la pop des sixties. Celle du Who, en particulier. Circa « Tommy » pour être plus précis. L’opus recèle, en outre, une plage ténébreuse, angoissante, (« Sleep over Jack »), sensation amplifiée par des accès de basse angulaire, réminiscents de Joy Division ; et puis en « Window of my world », une petite perle raffinée, semi-acoustique, sculptée dans les rêveries baroques du psychédélisme…