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Primavera Sound 2011 : jeudi 26 mai

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Plus de 140 000 visiteurs ont franchi les portillons de la onzième édition du San Miguel Primavera Sound, pour assister à 260 concerts. Un bilan positif dont les organisateurs, Alberto Guijarro et Gabi Ruiz, se félicitent, lors de leur conférence de presse. Un succès qu’ils attribuent volontiers à la sélection d’un line up de qualité visant à réunir des groupes issus de tous les horizons. Une machinerie éléphantesque où l’industrie de la musique, dont les professionnels du secteur et les journalistes, soit plus de 2 200 personnes venues de 36 pays différents, se sont réunis dans le cadre d’un projet commun : redessiner la carte actuelle du paysage musical indépendant. Enjeux mégalomaniaques dont la promotion se joue essentiellement dans les coulisses et non sur les dix scènes plantées sur le site du festival. C’est ainsi que les backstages accueilleront une trentaine de meetings, conférences, ateliers, cocktails parties dans l’enceinte cosy du ‘Adidas Originals Primavera Pro’. Un espace idyllique qui longe la mer et vise à faciliter le contact entre les professionnels du secteur de la musique et les artistes. Ouvert toute la nuit, il offre des services qui vous en feraient presque oublier l’essentiel : la musique et la scène (restaurants proposant une cuisine sophistiquée, bars, espace de détente et zone de baignade donnant sur la mer…). 

Mais revenons à l’essentiel, la musique !

Les spectacles vont se concentrer sur deux sites principaux : le Poble Espanyol et le Parc del Fórum. Le premier, espace où le festival a vu le jour, accueille désormais la journée officielle d’ouverture et la cérémonie de clôture. Une journée d’ouverture qui recevait, ce 25 mai 2011, 5 300 privilégiés. Une poignée de veinards qui a pu assister à la magie électronique de Caribou (groupe également présent le lendemain sur le Parc del Fórum), à la pop classique d’Echo & The Bunnymen, à l’indie pop de Comet Gain et au rouleau compresseur nippon de Nisennenmondai. Quant à la soirée de clôture, elle se refermait lentement sur les ondes de Mercury Rev, BMXBandits, Mon Teenage Stride et Me and The Bees.      

L’essentiel de la programmation restait pourtant à venir, les jeudi 26, vendredi 27 et samedi 28 mai 2011, sur le site colossal du Parc del Forúm situé dans la zone portuaire de Barcelone. Un océan de béton adossé à la mer méditerranée doté d’un microclimat annonçant trois jours d’orage sonique sur les dix scènes proposées.

Le San Miguel Primavera Sound 2011 avait donc élaboré une programmation épinglant 221 artistes ou formations. Un grenier à souvenirs bâti de millions d’infinitésimales particules sonores, dont les principaux émetteurs toxiques se cachent sous des pseudonymes tels que The National, Pulp, Belle & Sebastian, Grinderman (combo dirigé par Nick Cave). Ou encore sous la forme d’un spectacle coloré, animé par les anciens combattants de The Flaming Lips, la Britannique PJ Harvey, toujours aussi illuminée par son charme intemporel ou encore Animal Collective, responsable d’une pop aussi majestueuse qu’expérimentale…

Día 1 (Jeudi 26/05) :

Mieux vaut se concentrer uniquement sur le Parc del Fórum et oublier tous les événements parallèles au festival. En effet, le site nous propose, rien que sur la journée du jeudi, pas moins de 58 concerts planifiés à des horaires très ibériques (ouverture des portes à 5:00 pm et début du dernier concert à 5 :00 am). Le paradis des fêtards !

Un marathon musical qui commence d’ailleurs de bien belle manière : Sufjan Stevens. Artiste mis à l’honneur lors de cette onzième édition, le musicien américain a le privilège de jouer au sein de la somptueuse salle indoor Rockdelux, un auditorium ultramoderne et cosy situé à l’entrée du site. Stevens va y livrer un concert privé (~ 3.000 personnes !) dans des conditions optimales, afin de nous présenter son dernier album, inspiré par la vie et l’œuvre de l’artiste américain Royal Robertson. Hallucinant, le spectacle son et lumière contamine très rapidement le spectateur de la folie schizo-paranoïde, propre au peintre louisianais.

Finalement, la pop cosmique, irréelle et habitée du combo étasunien invite le spectateur, confortablement installé dans son fauteuil, à la célébration d’une grande messe mystique. Le public, complètement conquis, saute, danse et chante sous une pluie de confettis et de ballons. Plus de deux heures de show électronica-pop surréaliste qui l’éloigne de plus en plus des rivages de ‘Chicago’. Sufjan Stevens a ainsi démontré qu’un autre monde était possible…

Les trois heures consacrées au Stevens’ show ne nous ont pas laissé le temps d’assister au concert des légendaires P.I.L, formation fondée par Johnny Rotten et certainement l’un des groupes les plus provocants et novateurs de la période post-punk. Impasse également sur les extravagants Étasuniens d’Of Montreal.

Une heure de file et deux heures de concert plus tard, les chemins bétonnés du Prima nous conduisent doucement vers la scène San Miguel afin d’affronter le rock-garage crasseux de Grinderman. Un concert qu’une poignée de spectateurs va suivre sur grand écran derrière la scène. La Main stage, dont la dimension et la configuration ne suffisent pas à assurer une visibilité satisfaisante, nous contraint régulièrement à assister à des spectacles dans des conditions déplorables. Bref, il y a trop de monde, vu la taille de la scène. Force est de constater que la formation dirigée par Nick Cave n’a pas pris une ride et déplace toujours autant les foules. La fosse est pleine. Le rock rageur de Australien libère toujours autant d’intensité musicale contagieuse. Enfin, surexcité, porté par le public, le leader charismatique n’hésite pas à se lancer dans la foule, sans épargner son micro. Des hurlements qui, s’il le fallait encore, intensifient les secousses sismiques d’une plaine noire de monde. Nick Cave et ses Bad Seeds, un remède de jouvence.

Pas le temps de souffler. La foule prend massivement la direction de la Llevant, située en bordure de site. Cette scène à la charpente imposante bénéficie d’un visuel supérieur à la précédente mais présente parfois de cruelles carences sonores. C’est le lieu choisi par Interpol pour planter ses guitares. Le vaste espace est bondé et le public trépigne. Barcelone aime le trio new-yorkais et le laisse entendre. Cette formation correspond d’ailleurs parfaitement à la philosophie du ‘Prima’. Une machine à tubes radio qui fait vendre de la plaquette et qui attire les foules tout en préservant son statut de rock indépendant. Entre gris clair et gris foncé.  

Huit ans et trois albums ont donc été nécessaires pour que les cousins sombres des Strokes recouvrent un brin de liberté artistique. Sur scène, ce travail est palpable et se gratifie de textures plus denses et de sons plus complexes. Sans sacrifier des tubes comme « Barricade », les New-yorkais parviennent, cependant, à conjuguer les genres. Mais le public n’est pas ici pour disserter sur des sujets transcendantaux ou la métaphysique. Abreuvé d’alcools et de bières, il est venu pour fêter le printemps. Lorsque les gros moteurs d’ Interpol déboulent, il répond présent en manifestant une ferveur électrisante. Une gigantesque marée humaine s’éveille alors ; tous vibrent, dansent et chantent sous le soleil de ‘Mexico’. La bande à Paul Banks est taillée pour remplir les salles, pourquoi s’en priverait-elle ?   

Pas le temps d’attendre la fin du set. Il faut se faufiler pour rejoindre los ‘fenómenos’ de la scène electronica. Trop tard ! Caribou a déjà transformé l’ATP Stage en une enclave inaccessible. Du haut de la colline, le spectacle est stupéfiant. Les milliers de spectateurs ne forment plus qu’une masse compacte en perpétuel mouvement. Certes, le son est pourri mais le light show hypnotise la nuit chaude catalane. Une manière unique d’observer les facéties du petit génie canadien. L’impressionnant mur rythmique, construit à l’aide de guitares et de drums, de beats et de bleeps, ne parvient que très faiblement à nos oreilles. Suffisamment, pourtant, pour participer à la grande messe électro-pop. En fin de parcours, le rituel « Sun » se met à gronder, sous l’impulsion d’un électro-noise puissant, couvert d’une voix en écho (‘Sun, Sun, Sun…’), avant de s’éteindre comme les derniers soupirs d’un concert absolument magique. Un voyage musical claustrophobe, à déconseiller à tout amoureux de grands espaces paisibles.

Une nuit sans sommeil qui croise d’infatigables ombres vacillantes. Elles trouvent pourtant l’énergie suffisante pour assister aux deux dernières représentations plutôt tardives. 4:00 am pour le quatuor indietronica de Sunns et 5 :00 am pour Girl Talk, l’un des artistes les plus respectés de l’electronica actuel.

Et demain est un autre jour ! 

Informations supplémentaires

  • Date: 2011-05-26
  • Festival Name: Primavera Sound
  • Festival Place: Parc del Forum + Poble Espanyol
  • Festival City: Barcelone
  • Rating: 0
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