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Concours Circuit - Pop Rock 2006 - Finale

Écrit par - Virginie Veau -

A vos marques, prêt, parti ! Entraîné par la foule qui s'élance et qui danse une folle farandole, le Botanique n'accueille pas ce soir Edith Piaf mais un défilé de concerts haut en couleurs locales. Une sélection qui se veut pop rock au sens le plus élargi du terme du fait de formations issues d'autres scènes (hip hop, funk & electro). Un quiproquo qui laisse perplexe. On se contentera de passer à table.

Le duo trash acoustique We Are Not Flowers entame l'ouverture et cuisine un set théâtralisé où l'excentricité est de mise sur un répertoire chanson française tzigano rock jazzy expérimental. Rien que ça. Difficile de résumer en un mot ce spectacle abracadabrantesque qui éblouirait volontiers petits et grands sur le pont d'Avignon. Accompagnés d'une salade aux lardons, les deux gargouilles fanfaronnent des textes insolites sur une guitare et un sax balancés d'une grosse caisse. Ca rappelle Aurillac et le tumulte des troupes de farfadets qui s'exclament sur le pavé.

On continue la route d'ailleurs direction Verviers et ses rappeurs Bern Li. Chaussé d'un DJ qui envoie sa sauce et ses breaks aux platines, d'un bassiste/guitariste qui alimente l'instru et d'un beatmaker (MPC/KORG) qui met la main à la pâte, Bern rappe et se déshabille au sens propre et figuré. Le plat manque malheureusement d'ingrédients et le show n'apparaît pas vraiment folichon. Les textes recuits aux sempiternels aboiements étatiques, risquent de griller le combo. Un manque de prestance aussi est rattrapé en justesse par des beats électro applaudis en final.

Prochain carrefour : William Street et sa guitare. Tel Jack Johnson sur la plage, ce jeune Alsacien de 29 ans comble la salle ultra bondée et euphorique à la seule idée de faire chalouper son cœur. De belles compos, des interludes comiques et une intimité s'installent à la Rotonde. Le songwriter séduit et s'aventure dans de multiples effets (loop station, sampling vocal & rythmique) mais se perd dans ses divagations techniques. Loin d'assister à une belle  performance scénique, on se contente d'un one man show acclamé par une foule (NDLR : composée d'une belle brochette de fans) assoiffée de rappels. Il reste encore du chemin à faire et 3 groupes à voir.

The BigHat Band fait parler de lui. Normal quand on a fait la première partie de The Kooks, joué sous le chapiteau de Babyshambles et qu'on est applaudi par la critique. Normal. Sauf que l'on a davantage l'impression d'assister à un concert des Babyshambles justement. Il y a un hic dans le bazard. A force d'ingurgiter ses influences on finit par leur ressembler. Jusque dans l'attitude blouson de cuir, jeans serrés et décoiffage capillaire. Manque plus que l'indigestion d'alcool, les groupies et autres dark stories du rock 'n roll. A part son mimétisme, le combo s'affiche dans un répertoire stagnant. Les fans slamment sur une fosse improvisée devançant un public figé et emplissant de leurs énergies juvéniles une salle qui sonne un peu le vide.

Il est temps de s'aérer. Ca tombe bien, Fractionnal martèle son ordi sur des beats technoïdes amoureux. Ca tombe bien et ça fait du bien aux yeux. Sur des délires démembrés rappelant Chris Cunningham, les projections  fleurissent la scène et décorent un son organo érotique. Déconstruisant comme le pionnier du genre Aphex Twin, ce n'est pas pop rock pantoute mais c'est beau comme une B.O de film biomécanique. Une musique intelligente qui galope dans les veines.

Tout juste le temps de se faire une transfusion sonore qui nous remet d'aplomb, les Peas Project appellent à table. On connaît la chanson et c'est par pur plaisir que l'on essaie de se frayer une place dans une foule devenue bloc. Le funk peut alors prendre toute sa dimension dans autant de bras qu'il y a de musiciens et c'est parti pour le réchauffement climatique. Un son qu'ils portent bien, des titres accrocheurs et bourrés d'énergie scandés par des gigolos qui maîtrisent leur plat. Et malgré une instrumentation des plus complètes et un public convaincu, The Peas Project ne remportera pas la satisfaction de tout le monde. A croire qu'il ne suffit plus d'être bon pour se faire un nom et que l'usage des oreilles devient ardu. Tandis que les guitares de The Big Hat Band pourront scintiller au grand public et que les mélodies de William Street envahiront les ondes de Pure Fm, on ne peut que rester dubitatif sur les critères de sélection. Derrière cette interrogation se cache un autre point à débattre: celui de savoir si la loi du marché pourra à long terme détrôner le talent.

 

Invité à faire partie du jury, je me suis retrouvé - par hasard - comme représentant des websites pour participer aux délibérations relatives à la remise des prix. Et je dois avouer que les débats ont été, quoique courtois, particulièrement âpres. En fait, lors du dépouillement, The Big Hat Band et The Peas Projet comptabilisaient le même nombre de points. Mais après un deuxième tour de table, certains délégués de groupe ont curieusement changé d'avis. Et le premier prix de s'en aller chez TBHB. Comme la Sabam avait déjà arrêté son choix sur la même formation, j'ai jugé le processus inéquitable. Avis partagé par le représentant des labels. D'autant plus que le nom de William Street est soudainement revenu à la surface. En bref, les deux producteurs qui faisaient partie de la commission ne voulaient pas entendre parler de The Peas Project. Motif invoqué : les musiciens étaient médiocres (nous n'avions donc pas vu le même concert et Pierre Vreven a quand même signalé qu'ils sortaient, pour la plupart, du conservatoire). Motif réel : le groupe ne compte pas de 'chanson' et n'est donc pas commercialisable. Finalement, le prix Pure Fm ayant été décerné à William Street, il me semblait normal de trouver un consensus. Les discussions ont cependant repris de plus belle, chacun restant sur ses positions. Finalement la situation s'est débloquée, William Street récompensé par la radio, le prix de la Communauté française pouvait revenir à The Peas Project. Une décision accouchée dans la douleur, faut-il le préciser. Et malgré toutes ces tractations, une certaine équité a ainsi pu être respectée. D'autant qu'il faut l'avouer, hormis TPP, la finale du concours n'a pas été d'un niveau très élevé. Et pour votre info, sachez que Bern Li se produira à Dour l'an prochain. (Bernard Dagnies, rédacteur en chef)

 

Informations supplémentaires

  • Date: 2006-12-16
  • Festival Name: Concours Circuit
  • Festival Place: Botanique
  • Festival City: Bruxelles
  • Rating: 0
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