Alors que l'île continue de se peupler, ce deuxième jour va nous permettre de voyager à travers les styles musicaux et horizons les plus divers. Mais au Sziget, le périple n'est pas que musical. Ainsi, le matin, lorsque vous vous levez, il vous est loisible de vous relaxer lors d'une séance de yoga ou, si vous préférez, faire monter votre adrénaline, en pratiquant le saut à l'élastique. Autre option : se reposer et finir la nuit dans un hamac à l'espace 'djuice siesta', prévu à cet effet. Et puis, pourquoi ne pas franchir la passerelle du festival pour goûter aux nombreux bains thermaux offerts par la ville de Budapest ? Le temps de se détendre avant d'aborder une deuxième soirée de concerts !
Suite à l'annulation d'Ill Niño, Green Lizard est programmé à 16h30. Sur la grande scène. Mais un groupe nous intéresse plus particulièrement : Ministry. Fondé en 1981 par Al Jourgensen, il constitue aujourd'hui une figure incontournable de la scène métal. Du gros son est balancé sans réellement se tuer à la tâche. Comme dans de nombreux groupes métal, la prose est revendicatrice. Ici, cependant, on a plus envie d'en rire qu'en pleurer. Et la liste des reproches n'est pas terminée : Jourgensen assume le minimum syndical. Il braille comme de coutume mais semble avoir oublié que s'il est sur scène, c'est également pour le public. Les morceaux sont proches des versions albums. Le son demeure médiocre. Encore que ce constat pourrait être mis à leur décharge. Car, tout au long de la semaine, de nombreux sets ont souffert de ce son approximatif. Aussi bien les formations indés que les grosses cylindrées !
Pour se reposer les tympans, rien de tel que de rejoindre la scène world sur laquelle se produit Lila Downs, chanteuse d'origine mexicaine. Loin d'être une inconnue (elle a collaboré à la B.O du film « Frida »), l'extravagante et ténébreuse Lila épanche son spleen avec grâce. Mais aussi des sentiments de joie, d'amour, de tristesse et de chagrin. Elle alterne compos agrégeant jazz et folklore (« Paginas de mujer » ou « Cumbia del mole ») et ballades blues (« Conracito tirano », « Que seria de la vida »). Sa voix douce et chaleureuse vous envoûte. Charmant, tout simplement. Le rythme est contagieux. Parfois, on se surprend même à dodeliner de la tête. A vrai dire, son spectacle se mue progressivement en ballade intemporelle !
Autre grand compositeur de musique pour film, Goran Bregovic a emmené les douze musiciens de l'orchestre des mariages et enterrements. Inspirée également par la tradition folklorique, l'expression sonore de la formation serbe passe en revue les émotions humaines les plus terre à terre : ses joies, ses réjouissances, ses tristesses, ses malheurs. Sur scène, Goran puise aussi bien dans son répertoire que dans les bandes originales de films tournés par son ami Emir Kusturica. Pendant plus d'une heure, on passe allègrement de la musique de noces à celle d'enterrement. Depuis l'émouvant « Ederlezi » en passant par le mythique « In the deathcar » (NDR : issu du film « Arizona dream »). L'enthousiasme manifesté par l'assistance nous permet de conclure qu'entre la prestation de B. Markovic, accordée la veille, et celle de G.Bregovic ce soir, la musique des Balkans a définitivement conquis l'île d'Obuda ! Et Bregovic d'achever son set en exécutant le cultissime « Kalasnjikov ».
Les concerts programmés sur les deux grandes scènes sont terminés. Mais la soirée ne fait que commencer. On a d'ailleurs l'embarras du choix ! Première solution : aller découvrir Wir Sind Helden qui s'est emparé de la scène Wan2. Emmené par la chanteuse et guitariste Judith Holofernes, ce quatuor allemand est considéré comme un des chefs de file de la 'New German wave'. La deuxième option se profile, quelques minutes plus tard, sur ce même podium : l'univers hip hop/jazz des Hongrois de Jazzékiel… A moins que vous ne préfériez investir l'immense chapiteau de la Party Arena, où se succèdent tous les soirs les grands noms de l'electro et de la drum n'bass. De 22h à 7h du matin. Ce soir, par exemple, la paire anglaise Layo & Bushwacka est à l'affiche.

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