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Les Heures InD 2012 : 5, 6 et 7 octobre

Écrit par - Akim Serar -

Un ciel d’automne déborde de chagrin, comme un lavis peint par Emile Zola.
Et moi, et moi, et moi.
Liège s’arc-boute, laissant tomber son manteau de pluie pour accueillir ses enfants transis.
Et s’illumine de toutes parts comme pour réchauffer les cœurs meurtris.
Patchwork d’événements éparpillés aux coins de la ville.
Sonorités urbaines, renaissance cold wave : tous unis dans la même idylle.
Liège éclectique, à l’instar de cette affiche InD.
Liège plurielle, pour un festival scindé.

Projeté dans un bain de jouvence dès le premier soir, je nage à contre-courant.

Et pourtant l’ambiance demeure bon enfant.

Mon grand âge ainsi que le misérabilisme tragique et romantique qu’il traîne ne pourront appréhender le menu de ce vendredi, sans une once de scepticisme.

Je concède donc volontiers le savoir faire de Foreign Beggars dont l’entrain communicatif reste le fer de lance d’une musique somme toute assez conventionnelle dans le registre ‘Say Oh-Say Yeah-c’est tout’.

Quant à l’absolu génie commercial d’OrelSan, il envoie mille cinq cents spectateurs euphoriques en apesanteur, et me projette dans le temps et un espace bien plus approprié à mes rhumatismes auditifs.

Exit donc, les jeunes, place aux anciens.

Dans une ambiance nettement plus sobre, se déclinent alors les sonorités graves et parfois teintées de sépia, d’artistes hors du temps, hors des modes.

Auparavant, V.O. se sera collé comme le miel à la bouche, tout en douceur.

Et Lescop, sensation hexagonale aura remis au goût du jour les surgelés d’un Etienne Daho enduit de mascara.

L’occasion de constater que c’est sur la corde monotone d’un organe vocal limité que se joue la New Wave de la New Wave. Et que quelques belles envolées soniques en fin de set, peuvent enterrer les premiers doutes semés dans la forêt.

Oui, ce garçon ténébreux a la capacité de nous entraîner dans son sillage et nous perdre dans la syntaxe de ses textes obscurs.

Quand arriveront les heures Hindoues.

Mais pour l’instant, c’est aux majestueux Tindersticks que nos sens s’abandonnent.

Livrés à eux-mêmes dans les tourments de l’existence, offerts à cette musique qui défile comme la bande son de nos vies, battant nos tympans comme le ressac dans nos océans de tristesse.

Tragique et romantique, je le répète !

D’abord « Blood » monte à la tête. Puis s’ensuit une paralysie quasi générale. Lente, vénéneuse. Pour enfin s’envoler et s’estomper dans le sillage des amertumes.

Apaisé en apogée par un « Medicine » feutré.

Sobre, efficace. Un rien trop calme. Un rien trop bref.

Puis le vent se lève dans la peine, au chant d’un certain Dominique A.

Je vois les nuages passer

Le ciel s'ouvrir

J’écoute la rivière se taire

Noyant un lyrisme exacerbé dans un tourbillon de guitares tour à tour rugissantes ou contrôlées, le Français est traversé par des lueurs, de ces lueurs qui déchirent les persiennes.

Magnifique et souriant, dépouillé des cuivres du début de tournée, il s’ouvre au public, et se confie en diagonale.

Certes maniéré, ce qui en agace plus d’un, son chant perclus de gimmicks berce néanmoins cette nuit humide et froide.

« Le courage des oiseaux » revisité valant à lui seul le détour.

Enfin, soumis aux émanations d’alcool, les corps se libèrent dans la chaleur de la salle voisine, pour une soirée battue aux sonorités d’hier.

Demain, il fera moins froid.

Et comme disait Daho :

Oublier cette putain de pluie, la nuit est finie

Peut-être enfin demain nous appartient

Et de fait, le soleil s’immiscera dans cette après-midi de dimanche.

Quant à votre serviteur, il manquera à l’appel de cette dernière journée, au cours de laquelle, le ouaté de Cold Specks se sera mélangé aux tonitruantes expérimentations de Benjamin Schoos et de son septuor accoquiné pour l’occasion à Damo Suzuki, et au classicisme façon Burgalat.

Heures InD, rentrer tôt
Tôt ou tard c'est comme on le sent
Et j'ai l'idée de m'élever dans l'espace
Oublier ce putain d'ennui, la nuit est finie
Je sais enfin que demain nous appartient.

 

Informations supplémentaires

  • Date: 2012-10-07
  • Festival Name: Les Heures InD
  • Festival Place: Caserne Fonck
  • Festival City: Liège
  • Rating: 0
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