Retour à un rythme cardiaque normal, voire parfois, mis en veille…
La journée familiale prend des allures de thé dans le jardin.
On se (re)pause et on profite du bon temps.
Avant de prendre une sacrée gifle qui laisse une marque en forme de M.
Le set écourté pour cause de problème technique du très attendu Jacco Gardner ne déstabilise pas l’assistance, pas plus que ce dernier, qui au final, insuffle, en compagnie de ses acolytes, un petit air de Bandas (si, si !).
An Pierlé rebondit avec brio et humour sur son énorme ballon devant une foule de spectateurs alanguis au soleil.
Bien entendu, la pertinence de placer cette artiste en début de journée, seule derrière son piano à queue, dans le grand espace du parc Astrid laisse songeur.
Mais le contraste flagrant entre la candeur de ses interventions (notamment quand elle s'adresse à de nombreuses reprises, d’un air malicieux, à ce jeune technicien du son pour lui demander de revenir nu au prochain problème technique) et la profondeur dramatique de ses interprétations habitées, elle instaure une sorte de magie, qui, si elle ne parvient pas à redresser les carcasses ramollies, a le mérite de réveiller l'émotion abandonnée ici même hier par Lou Doillon.
En contrepartie à ces deux prestations où règne un sentiment de calme et de quiétude, Hanni El Khatib répond par de saignantes salves de son Blues habité et quelque peu écrasant, alors que les Raveonettes délivrent les premières et seules vagues de guitares tranchantes de l’ensemble de ces quatre jours.
Trixie Whitley n’éveillant pas mon intérêt, j’assiste d’un regard détaché la prestation de Hooverphonic qui se révèle être de haute volée.
Dans un registre symphonique (oui, avec cordes et grand piano), les Portishead du riche comme on aime à les appeler nous proposent une relecture (?) de leur répertoire, forts de leurs hits en puissance joués à la façon ‘ bande originale de James Bond’ ; mais le tout rend très bien et manifestement plaît au public.
L’apothéose approche à grands pas.
Si la question s’était jamais posée de la pertinence d’accueillir M en tête d’affiche finale des Ardentes, la prestation cinq étoiles de Mathieu Chédid va faire taire ses détracteurs.
Il serait mal venu de notre part d’encenser le concert en question, vu que nous nous sommes surtout penchés sur la joie palpable qui émanait du public.
Mais si musicalement, nous ne nous retrouvons absolument pas dans le registre de ce drôle de loustic, incroyablement modeste par rapport à la somme de son talent, on ne peut que s’incliner face à l’incroyable force motrice génératrice de sourires d’un répertoire enjoué et rehaussé de frasques scéniques follement imaginatives.
Une sacrée leçon de positivisme donnée aux plus sceptiques qui s’est achevée en chorégraphie lumineuse sur le « Baïa » du dernier album, livré pour la seconde fois ce soir.
Enfin, il reste à Arno à réveiller nos consciences patriotiques (ah, les fesses de Paola !) et d’assurer comme lui seul sait le faire.
Fidèle à lui même, généreux et électrique, il délivre une énième prestation de haute voltige, assénant ses coups de gueule comme ses bons mots à l'encontre de la Dynastie, du marasme social ou réveillant l'engouement pour l'arrière-train de la plus italienne des Belges dans cette partie de la Belgique, berceau de l'immigration transalpine.
Finissant son set comme à l'accoutumée par ses versions de « Oh La La La » et « Putain Putain », repris en chœur par un public décidément chaud, chaud, chaud, avant un rappel brièvement sollicité.
Enfin, avant que Compuphonic ne laisse tomber le voile sur cette huitième édition, la dernière migration vers l'Open Air croise les premières vagues de festivaliers repus.
Demain est un autre jour, et déjà, on parle des Ardentes 2014.
Mais dans la tourmente, la cuvée 2013 se sera révélée d’excellente facture pour tous ceux dotés d’un minimum d’ouverture d’esprit, curieux et autres vrais fans de musique.
À l’année prochaine les Ardentes !
(Organisation Ardentes)
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