Il y a bien deux ans que votre serviteur n’a plus assisté à un concert de Roscoe. Si mes souvenirs sont bons, c’était dans le cadre du festival PacRock de Pont-à-Celles. La Rotonde est pleine comme un œuf (NDR : ça change des sardines !) Il y fait très chaud. Didier à du bol, il partage l’espace VIP au balcon. La température est moins torride pour l’instant, mais au fil des shows, elle va également gagner l’étage… Fabiola ouvre la soirée et STUFF va la clôturer. Compte-rendu.
Après avoir milité une bonne décennie au sein d’Austin Lace, opéré plusieurs collaborations (NDR : notamment chez Tellers, Yéti et Hallo Kosmo, qui impliquait feu Denis Wielemans, le drummer de Girls In Hawaii), Fabrice Detry a donc décidé de monter un nouveau projet : Fabiola. Drôle d’idée d’avoir choisi pour patronyme, le nom d’une reine de Belgique, qui s’est éteinte l’an dernier. Ariel Pink, Hot Chip, Ween et MGMT constituent plus que probablement des références majeures pour ce band dont la pop est soigneusement pervertie, groovy, métissée, sucrée et colorée. Récemment, Fabiola est devenu un véritable groupe suite au renfort de 3 musicos : le Costaricain Guillermo Badilla, le Barcelonais Paco Jordi et l’ex-Tellers Kenley Dratwa (claviers)
Les InRocks estiment que Fabiola et Roscoe figurent parmi les 15 formations absolument à suivre, parce qu’elles seraient très susceptibles de s’exporter. Fabiola n'a pas encore enregistré d'album, mais c’est dans leur intention.
Dès les premiers accords, on se rend compte que les musiciens ne sont pas des néophytes. Leur set libère des ondes positives et une interaction s’établit rapidement avec le public, particulièrement chaud. Fabiola va bien évidemment interpréter « Kingdom », morceau qui fait le buzz sur la toile. Il s’ouvre en mode récréative avant de se fluidifier dans les nappes d’orgue. Les mélodies sont légères, mais efficaces. Les lignes de guitares et les bidouillages synthétiques font bon ménage. Finalement, leur musique me fait penser à celle du band liégeois, Two Kids On Holiday, mais en moins électro. Parfois aussi à Hallo Kosmo… Et, sympa d’adresser un clin d'oeil à Robert Palmer, artiste que j’appréciais énormément, qui est décédé en 2003… (Setlist: Bottom Of The Well/ Robert Palmer / Conquistador On Weed / My Bird/ Kingdom / Taste For Failure / Shit Is Coming Back / Break Of Dawn)
Place ensuite à Roscoe. C’est son retour sur les planches, un an et demi après avoir décidé de se concentrer sur la confection de son deuxième opus, « Mont Royal ». Le premier, « Cracks », remonte déjà à 2012. Et il était superbe. Le quintet était ensuite allé le défendre, en Belgique, mais également à travers les pays limitrophes, notamment en compagnie de Balthazar. Ce nouvel elpee a été enregistré aux studios La Chapelle (NDR : c’est au pied du Signal de Botrange), sous la houlette de Luuk Cox qui a également bossé pour Girls In Hawaii et Stromae. Au sein du line up, Emmanuel Delcourt a cédé ses baguettes à un nouveau drummer. Il a rejoint My Little Cheap Dictaphone pour accomplir un périple au Japon.
Une lumière bleue éblouissante précède l’entrée en scène du combo. Qui entame son set par « Nights », un extrait du second elpee. Teinté parcimonieusement d’électro, ce morceau est sculpté dans un post rock atmosphérique et visionnaire. S’étalant sur plus de 5 minutes, c'est la plus longue plage de l’LP. Et le titre qui avait précédé sa sortie, pour être traduit en clip. Un hit potentiel. Une petite perle qui lorgne vers les insulaires d'Alt-J et un Archive originel.
A travers sa prestation, Roscoe va démontrer qu’il a atteint une maturité certaine. Pas de temps mort. Les musicos sont beaucoup plus pros et le set est bien huilé. Ce qui n’a pas empêché le show de libérer une belle dose d’émotion. Pierre maîtrise parfaitement son chant empreint de douceur, et il est bien moins statique que dans le passé. Ce qui colle parfaitement au style proposé, un style plus électro (synthés et boîtes à rythmes), davantage dans l’air du temps.
Piste qui ouvre le nouveau long playing, « Fresh Short » s’étire nonchalamment au sein d’un climat atmosphérique, entretenu par les cordes de grattes aériennes et les sonorités synthétiques. Tout comme « Shaped Shades ». Sept titres de « Mont Royal » seront interprétés ce soir. Mais la setlist n’a pas négligé les compos du premier opus (« Enemies », « Lowlands », « Sorrow » et « Knives »). Plus acoustique, « Hands Off » frôle l’univers de Coldplay. Et le concert de s’achever par le plus puissant « Scratches ».
Roscoe a acquis suffisamment d’expérience pour devenir un fleuron de la Wallifornie, mais également de s’affirmer comme un des ses dignes représentants, à l’étranger. Il ne lui reste plus qu’à franchir le pas…
Roscoe se produira aux Ardentes le 11/7 et dans le cadre du festival de Dour le 17/7. (Pour les photos c'est ici)
Trop fatigué pour assister au concert de STUFF, je tire ma révérence…
(Organisation Botanique)
Stuff + Roscoe + Fabiola

Nederlands
Français 
