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Micro Festival 2015 : vendredi 6 août

Écrit par - Colin Maillard -

Ici, c’est avant tout un état d’esprit.
Le Micro Festival est un lieu unique destiné aux amoureux de musiques dites alternatives et qui aiment nager au large du rock, du blues, du trash ; baigner au son du garage, du psyché, du krautrock, du math rock ou encore se noyer dans le noise et toutes les dérives sonores qui peuvent les emporter au loin d’horizons escarpés.
Et où les groupes se calent, chacun à leur tour, sur un podium unique, abrité sous la toile d’un chapiteau.
Doté d’une programmation pointue chinée aux quatre coins du monde (du Japon à l’Irlande, en faisant un crochet par le Danemark ainsi que les States et bien plus encore, d’année en année), savamment orchestré, le festival ne cherche pas la hype mais tisse, au fil de ses éditions, un espace singulier et ultra convivial où il fait bon vivre et festoyer.
Car ici, tout fonctionne comme si le temps s’était arrêté. On flâne d’une échoppe à l’autre, on tape la discute autour d’une bière ou d’un mets artisanal, on cherche sa Fabiola, on pédale pour fabriquer son smoothie… avant de se rendre lentement vers la scène au pas… ou pas !
Bref, on laisse le temps au temps, car, tranquille, vous avez 40 minutes entre chaque artiste ou groupe durant lesquels vous pouvez également vous éclater devant l’un des nombreux DJ sets.
La sixième édition, fidèle au succès croissant, affichait sévèrement sold out, mettant ainsi de nombreux festivaliers au paddock.
Petit conseil : n’oubliez pas de réserver vos places pour l’année prochaine !

La Jungle était donc le premier à lancer le rythme au milieu des 12 formations ou artistes présents cette année à l’affiche.

Et ça commence fort.

Un de ces rythmes méchamment énervés qui se lance sans détour vers une noise tapante que soutient une puissante batterie math/rock.

Peu d’intermèdes pour les quatre Montois qui nous prennent brutalement à la gorge et ne nous lâchent qu’à la dernière note haletante (comme nous).

Un réveil délicieusement brutal qui profile la suite des événements.

Une suite qui revêt l’apparat d’une grosse déception : pas une Irlandaise à l’horizon chez Girl Band !

En lieu et place, un rock lourdement burné et convulsif.

À l’image du dernier morceau, cette musique éructe brillamment du Captain Beefheart sans oublier de passer par The Fall.

Sec et sauvage d’un bout à l’autre, abrasivement mutin, soit un rock bien noise à consommer, protégé par un bavoir.

Ensuite, place à la bande d’Elias Bender Rønnenfelt, fortement attendue lors de cette sixième édition.

Iceage débarque et toutes les oreilles se dressent à l’écoute…

Du moins celles suspendues dans le cirque où s’installe le combo.

Une attention particulière accentuée par le changement artistique du band suédois lors de la sortie de son troisième opus.

Un virage passant du hardcore à tendance Post-Punk vers une musicalité moins abrasive, moins spontanée et volontairement plus contrôlée.

Un virage sous le feu des projecteurs soulignant, je cite : ‘Un sens de la théâtralité à la Nick Cave, un romantisme morveux à la Libertines et une noirceur bastringue à la Tom Waits’.

Un bien beau manifeste qui en live, s’entend pourtant différemment !

Car au final, fidèle à la rugosité de ses premières sorties, l’âme profonde d’Iceage, toujours bien vivante, remet les choses en perspective.

La gueule d’ange d’Elias poursuit ses hurlements punks et le choc reste authentique.

Un set quelque peu linéaire qui au demeurant va lasser une partie de l’assistance, restée confinée par seul souci de ne pas trop se mouiller.

C’est que dehors, les hallebardes se sont invitées !

Le public bravant les cascades d’eau pour un salvateur ravitaillement avant de découvrir avec bonheur que les Nipponnes friponnes de Buffalo Daughter ont pris place sur les planches.

Certes, elles accusent une demi-heure de retard ; mais elles sont bien là !

Armées de leur guitare, d’un Moog et de multiples boîtiers électroniques, le band japonais est prêt à nous livrer sa musique excentrique et kaléidoscopique dans laquelle Kraftwerk serait le contemporain des Beatles.

Original mais pas inédit, ce groupe tourne pourtant depuis le début des années 90.

Période au cours de laquelle il avait signé sur le label Grand Royal (Beastie Boys) avant de bénéficier de la collaboration d’Air, d’U.N.K.L.E…, et la liste est loin d’être exhaustive. Pour, enfin, se tourner vers de grands noms : Beastie Boys, Radiohead, Sonic Youth, REM…

Bref, un rock atypique qui vient naturellement prendre sa place au sein de l’affiche du Micro Festival.

Moins évidente, par contre, la présence d’Awesome Tapes From Africa, le projet musical de l’ethnomusicologue Brian Shimkovitz, venu clôturer cette première soirée d’ouverture.

Vissé au centre de l’estrade, ce dernier, se servant d’improbables lecteurs, dévoile son importante collection de… cassettes (oui, oui, le truc qu’on remonte à l’aide d’un crayon).

Un répertoire oscillant du folk à la house lo fi, mais surtout dédié aux musiques africaines récoltées lors de ses nombreux voyages sur le continent.

Bref, original… mais pas vraiment indispensable.

Ainsi se clôture la première partie de la mouture 2015.

Augurant d’un lendemain encore plus festif.

(Organisation : Jaune Orange)

 

 

Informations supplémentaires

  • Date: 2015-08-06
  • Festival Name: Micro Festival
  • Festival Place: Espace 51
  • Festival City: Liège
  • Rating: 0
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