Samedi 22 juillet. L’édition 2009 du Pukkelpop, ‘pukkel’ pour les intimes, bat son plein depuis deux jours déjà lorsque je débarque sur la plaine de Kiewit. Boulot, métro, dodo oblige, l’affiche exceptionnelle du jeudi m’est passée sous le nez *râle, râle* Pas grave, celle du samedi est un peu moins prestigieuse mais pas mal non plus. On s’en contentera...
Débarquement vers 12h. Sans perdre une seconde, je me dirige vers le ‘Château’, histoire de vérifier si le set très moyen accordé par les deux filles de Telepathe, en mai dernier aux Nuits Botanique, peut leur être pardonné. Erreur, erreur… Le duo est légèrement plus éveillé que lors de sa dernière visite, mais l’énergie libérée est tout simplement inexistante. Je cours donc voir ailleurs si j’y suis.
Sous la ‘Dance Hall’, un trio néo-zélandais au nom évocateur fait son apparition sur la scène. Le Corps Mince de Françoise rassemble une petite foule mal réveillée mais va, petit à petit, parvenir à secouer le parterre à l’aide de tubes radiophoniques à la Chicks On Speed. Les demoiselles sont plus qu’enthousiastes, dialoguent avec un public qui n’a pas l’air de comprendre le moindre mot de leur dialecte néo-zélandais et enchaînent des morceaux pas révolutionnaires pour un sou mais plutôt funs. « Love & Nature », leur premier opus, devrait trouver le chemin des bacs au début de l’automne.
Deuxième visite au ‘Château’. Les Anglais de Shadow Dancer balancent leur beats en pleine tronche d’un public qui se demande ce qu’il lui arrive. L’électro tapageur des deux frangins Farrier attire du monde dans le petit chapiteau sous lequel la température grimpe de manière exponentielle. Shadow Dancer envoie un bon petit set dans les dents des festivaliers… qui aurait gagné à être presté sous la ‘Boiler Room’.
Retour au calme sous le ‘Marquee’ en compagnie du sympathique Jack Peñate. Il est venu présenter son second opus, « Everything Is New ». Le Londonien met du cœur à l’ouvrage et se met le public en poche dès les premières notes de « Second, Minute or Hour ». Le concert se révèle quelque peu inégal, mais Peñate parvient si bien à amadouer le parterre, notamment en le rejoignant le temps d’un morceau, que les chansons les plus mollassonnes sont instantanément oubliées.
Quelques minutes plus tard, le nouveau prodige de l’écurie Warp et de la tendance dubstep, Hudson Mohawke, fait à son tour vibrer le Château. La petite scène sent bon les herbes de Provence et le public semble baigner au sein d’une belle harmonie. L’Ecossais dispense donc un set des plus fédérateurs s’achevant sur son remix du « Oops (Oh My) » de la one-hit-wonder Tweet.
Après la grosse frustration consécutive à l’annulation de leur concert à l’AB, il était hors de question de manquer Gang Gang Dance au ‘Club’. Exit les instruments vintage qui se sont envolés en fumée lors d’un incendie à Amsterdam (NDR : cause de absence en Belgique). Le quatuor, clairement mené par Liz Bougatsos, débarque sur scène devant des instruments flambants neufs et vont hypnotiser la foule pendant une quarantaine de minutes qui paraîtront bien trop courtes… D’excellente facture, le tracklisting est composé essentiellement de nouveaux morceaux dont une ultime composition de toute beauté. De quoi amplifier l’impatience de celles et ceux qui attendent avec anxiété le successeur du splendide « Saint Dymphna » et, apparemment, me faire oublier toute réaction objective...
Un exploit, les deux rappeuses de Yo Majesty, accompagnées de leur DJ ‘trop content d’être là’, débarquent à l’heure sur scène. Les Californiennes jouent à fond la carte de la provocation. Des morceaux tels que « Kryptonyte Pussy » parlent d’eux-mêmes. Shunda K. fait grimper la température en dévoilant sa poitrine, sans aucune gêne et pendant les trois quart du spectacle. En voulant probablement pimenter son show, la demoiselle n’a réussi qu’à détourner l’attention d’une frange du public ; celui-ci passant le reste du temps à multiplier les commentaires cocasses à son égard, plutôt qu’à tendre l’oreille vers les baffles…
Après en avoir pris plein les tympans depuis quelques heures, le contraste provoqué par le récital de Fennesz dans le ‘Château’ est déconcertant. Le brio du Viennois à la guitare est incomparable ; mais difficile de véritablement se sentir impliqué. Fennesz est définitivement un artiste qui gagnerait à se produire dans de meilleures conditions.
Impossible de manquer Peaches, après l’énorme concert accordé à l’AB en mai dernier. Toujours flanquée de ses acolytes de Sweet Machine, la Canadienne offre une prestation différente, mais aussi intense que celle accordée lors de sa tournée en salle. Horaire réduit oblige, la demoiselle se concentre essentiellement sur des extraits d’« I Feel Cream » et quelques uns de ses singles, dont « Kick It », un duo au cours duquel Iggy Pop était remplacé par l’un des membres de Sweet Machine affublé d’une perruque dédiée à la gloire de l’interprète original.
Retour en train oblige, la journée s’achève bientôt pour moi. Tandis que le grand bouffon du rap s’égosille sur la Main Stage, un artiste, A majuscule, déchaîne le ‘Château’. The Bug continue sa promo pour son très bon « London Zoo ». Les petits jeunes se trémoussent à gauche et à droite, sous le petit chapiteau ; mais, à peine le temps de s’immerger dans l’ambiance, qu’il est déjà temps de rejoindre le ‘Marquee’ pour assister au dernier show de la soirée. Du moins pour moi…
Dernière étape : Klaxons. Le trio british préféré des jeunes cools attire une belle brochette de spectateurs pour son concert. Dès le premier accord joué, le public s’élève déjà dans les airs. Les tubes de « Myths of The Near Future » s’enchaînent à la vitesse de l’éclair provoquant mini-pogos et stage-divings à gogo. Seule ombre au tableau, les nouveaux morceaux n’annoncent rien d’alléchant pour le prochain recueil du combo. Les deux ou trois extraits proposés à la Belgique sont tout simplement trop mous pour une formation attendue au tournant. Verdict final dans quelques mois…

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