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La Divine Comédie de Lora Gabriel

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dEUS - 19/03/2026
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Didier Deroissart

Didier Deroissart

dimanche, 04 octobre 2015 01:00

Hanté par le spectre de Peter Gabriel…

Agé de 65 balais, Steve Hackett est en tournée, périple qu’il a baptisé ‘Acolyte To Wolflight With Genesis Revisited '. Pas de supporting act. La salle est sold out. Normal, puisqu’il s’agit de l’ex-sixcordiste de Genesis, venu notamment défendre son dernier opus, « Wolflight », paru cette année. Il s’agit du premier album studio original de Steve. Le précédent, « Beyond The Shrouded Horizon », remontait à 2011. Enfin, depuis 2013, il revient se produire tous les ans à l’AB, comme s’il accomplissait un pèlerinage. Et pourtant, chaque concert est différent.

Un peu d'histoire. En 1971, Steve Hackett rejoint Genesis. Il devient le cinquième membre du band. Guitariste, il est recruté pour sa maîtrise de l’instrument et surtout son aptitude à innover. Outre son concours à la gratte, il participe à l’écriture et aux arrangements des compos. Ce qui va contribuer au succès de la formation et tout particulièrement celui récolté en Belgique. Il participe à l’enregistrement de 8 albums. Malheureusement, des divergences musicales le poussent à quitter le combo. Il embrasse alors une carrière solo, amorcée par la confection d’un elpee personnel en 1975, « Voyage of the Acolyte ». Pionnier dans l’art du ‘tapping’, son talent est également reconnu dans le jeu de guitare dite ‘classique’. Mais il est surtout notoire pour ses expérimentations éthérées. Sans verser dans la démonstration technique, il y privilégie constamment le sens de l'harmonie tout en entretenant un univers sonore poétique, décalé et onirique.

Votre serviteur débarque vers 18h00. Il y croise ses habituels potes et surtout les fans de la première heure. Surprise de taille pour l’Ancienne Belgique : les tickets sont numérotés et le placement est contrôlé. Donc, pas question de vivre le spectacle en compagnie de ses amis. Pas trop heureux de la situation, je me retrouve dans la fosse, à l’extrême gauche. Pas mal casé, quand même, il faut le reconnaître. Juste en face de Ron Townsend. Il va se charger des instruments à vents. Depuis les clarinettes à la flûte, qu’elle soit droite, simple, piccolo ou traversière. Il participe également au chant et aux claviers. Juste derrière lui, sur une estrade, s’est installé le préposé au piano et aux synthé Roger King. C’est l’instrumentiste qui fédère toute l’expression sonore. Son vis-à-vis campe également sur un podium surélevé. Il s’agit du drummer Gary O’Toole. Coiffé d’un chapeau melon –mais pas chaussé de bottes de cuir– sa double batterie est impressionnante. Devant lui, se plante Roine Stolt, qui alterne gratte et basse. Et il s’y révèle aussi discret qu’efficace. Il est chevelu et porte des lunettes. Steve Hackett s’installe à l’avant-plan. Il se réserve la guitare –électrique ou acoustique– et assure le chant. Par rapport aux shows précédents, il va d’ailleurs davantage se consacrer aux parties vocales. Pourtant, il y a un vocaliste supplémentaire. Nad Sylan. Il a un look androgyne. Et apporte son concours, circonstanciellement, aux vocaux. Son timbre est, en outre, très particulier (NDR : serait-il hanté par Peter Gabriel ?) Enfin, le spectacle bénéficiera d’un light show aussi sobre qu’efficient.

En montant sur les planches, Steve se saupoudre les mains et le manche de sa guitare de talc, puis salue l’auditoire, en affichant un large sourire. 

Une intro symphonique prélude « Corycian Fire » (« Wolflight »). Le son émane de deux haut-parleurs disposés au balcon, à mi fosse. Cette compo est superbe et me fait penser au Robert Plant post Led Zep. Un cocktail subtil entre musique issue du Nord de l’Afrique, classique, prog, rock et psychédélisme.

Les musicos débarquent pour attaquer la deuxième compo. Il s’agit du titre maître de « Spectral Mornings » (NDR paru en 1973, il s’agit du troisième long playing). Steve arrache des sonorités singulières et merveilleuses de son manche, en se servant également de ses pédales. Il focalise tous les regards. Un peu comme Steve Vai ou Joe Satriani. Il présente certains morceaux. Mais aussi ses musiciens. Dans la langue de Molière.

Après « Every Day » (« Spectral Mornings »), il troque sa gratte électrique contre une semi-acoustique. Il aligne alors « Love Song to a Vampire », « The Wheel's Turning » et « Loving Sea ». Les interventions de Ron à la clarinette ou aux flûtes sont magistrales. Dignes de Ian Anderson (Jethro Tull). Et le premier volet du spectacle de s’achever par l’instrumental classieux « Shadow of the Hierophant ». Steve est assis et se sert d’une sèche. Une belle démonstration de son talent de sixcordiste.

La seconde partie va survoler les 40 années de carrière de Steve. Et tout particulièrement celles vécues chez Genesis. « Foxtrot » (« Get 'Em Out By Friday », « Can-Utility And The Coastliners » et « Watcher of Skies », malheureusement sans son intro au mellotron), « Selling England By The Pound » (« After The Ordeal », caractérisé par ses claviers emphatiques et au cours duquel Ron va esquisser un petit pas de danse, le lumineux « The Cinema Show », dont l’histoire de Roméo et Juliette est revisitée et « Aisle of Plenty ») ainsi que le titre maître de l’oeuvre majeure « The Lamb Lies Down on Broadway » figurent ainsi au sein du tracklisting. Ce dernier morceau est vraiment un des sommets du show. Théâtral, il constitue la cerise sur le gâteau. Enfin une des cerises, car la dernière chanson, « The Musical Box » (NDR : issu de « The nursery crime », cet opus recèle des comptines sordides, faussement infantiles, qui mêlent magie, sexualité, cruauté et meurtre) en est une autre. A cet instant, votre serviteur jubile… 

Cette période de concert baigne bien évidemment dans la prog. Nad participe davantage aux vocaux. Son timbre est alors très proche de celui de l’Archange ; ce qui permet plus facilement de replonger dans le passé de Genesis. 

En guise de rappel, la troupe va nous accorder deux morceaux. Tout d’abord « Clocks - The Angel of Mons » (« Spectral Mornings ») et le prodigieux « Firth of Fifth » (« Selling England By The Pound »), au cours duquel chaque musicien va s’autoriser un petit solo.  

Malgré l’excellence du set, il faut avouer que le spectre de Peter Gabriel a plané tout au long de la soirée…

(Organisation : Ancienne Belgique et Live Nation)

mercredi, 30 septembre 2015 01:00

Tout Va Bien dans le meilleur des mondes…

Dans le cadre de ‘Liveurope’, la première initiative paneuropéenne destinée à soutenir les artistes émergents, l’AB accueillait Tout Va Bien et Rebeka, ce mercredi 30 septembre. ‘Liveurope’ est un label de qualité européen attribué aux salles de concerts dont les critères d’excellence et de diversité déterminent la politique artistique. Coordonné par l’AB, ce projet est destiné à stimuler les jeunes talents issu du Vieux Continent, tout en leur permettant de se produire devant un nouveau public. Et c’est l’Ancienne Belgique qui en est l’organe coordinateur.

Rebeka est un duo électro réunissant Iwona Skwarek et Bartosz Szczesny. Il est issu de Poznan, en Pologne. Il a publié un elpee en 2013. Intitulé « Hellada », il a été consacré ‘album de l’année’ par Gazeta Wyborcza, journal musical local.

Blonde, Iwona porte de longs cheveux. Elle se consacre aux machines et aux synthés, ainsi qu’au mellotron et à la boîte à rythmes. Mais également à la guitare. Sur les planches, elle remue pas mal. Outre la basse, Bartek se réserve également les synthés. Ils se font face-à-face, de biais, par rapport à l’estrade, mais scrutent l’auditoire. Car l’estrade est étroite et guère extensible.

Le concert est sold out et toute la soirée, la foule sera invitée à danser. Les artistes sont heureux d’être là et prennent manifestement leur pied sur les planches. Les déhanchements d’Iwona sont sensuels. Cristalline, fraîche, spasmodique, l’électro-pop du couple accroche instantanément.

« Roksana » entame le show en douceur, avant que les sonorités électroniques finissent par s’imposer. Vocodée, la voix de Mrs Skwarek me fait penser à celle de Robyn. Caractérisé par sa mélodie et surtout son refrain contagieux (NDR : à siffloter sous la douche !) et imprimé sur un tempo rock, « Nothing To Give » met progressivement en exergue la voix fascinante et pétillante de Iwona. Son timbre est ample et chargé de nuances. Il est susceptible de se révéler tour à tour paisible ou explosif. Après « 555 » et « Into the Ground », les deux musicos changent d’instru. Iwona se consacre à la guitare et Bartosz à la basse. Ce qui n’empêche pas la musique d’être dynamisée par les beats électro. Le plus souvent propices à la danse. A l’instar de « Melancholia », qui déclenche pas mal de remue-ménage dans la fosse. Quant à « Fail », il est davantage marqué par l'école berlinoise. Après « Breath », « Stars » clôt le set. Excellent, et d’une durée de 60 minutes…

Tout Va Bien est le nom de scène choisi par Jan-Wouter Van Gestel. Malinois, il est âgé de 21 printemps. C’est en novembre 2012 qu’il crée la page Facebook de Tout Va Bien. Un patronyme que lui a déniché StuBru. TVB est un des trois finalistes de l'édition 2013 du concours 'De nieuwe Lichting', organisé par cette station radiophonique.

Il grave en single une version anglaise du « Ne Me Quitte Pas » de Brel. C’est son premier. Pour son deuxième, « This Fight », il reçoit le concours du producteur Arne Van Petegem (Styrofoam, The Notwist), une chanson taillée pour la bande FM ; elle va d’ailleurs squatter le Top 30 de l’émission ‘De Afrekening’, pendant plusieurs mois. Et même atteindre le Top10, cinq mois plus tard. Entre-temps, il part à Los Angeles, pour enregistrer son album. L’opus s’intitule « Kepler Star » (2015), titre inspiré d’une supernova dont l’explosion a brièvement illuminé l’univers, il y a cinq siècles. Le monde de l'espace l'inspire.

Il y a du monde dans la salle. Les parents de Jan sont également présents. Et il a accordé une interview à Musiczine, juste avant le set de Rebeka… Ce n’est pas le premier concert de Jan à l'Ancienne Belgique. Il y avait déjà assuré le supporting act pour Ozark Henry et Jessie Ware. En outre, il a écumé la plupart des festivals prestigieux en Belgique (Lokerse Feesten, Nuits Botanique, Rock Werchter, Pukelpop et bien d'autres). Et grâce à son talent, il va la représenter dans le cadre de l’Eurosonic qui se déroulera à Groningen. Un rendez-vous incontournable pour tous les programmateurs de salle de concerts et de festivals. Une sorte de  marché européen de la musique.

Un grand calicot reproduisant la voie lactée sert de toile de fond. « Tall » ouvre le show. Jan siège derrière son piano. Ses doigts sont particulièrement agiles sur ses touches d’ivoire. Haut perchée, sa voix est vraiment particulière, mais elle charme. Très attentif et recueilli, l’auditoire semble plongé dans une sorte d’atmosphère mystique. « Sunrise » embraie au sein d’un même climat. Les quatre collaborateurs montent enfin sur l’estrade. Derrière ses fûts, le drummer se sert exclusivement de ses cymbales. Un moment empreint de magie. Les autres musicos rejoignent le podium. Le guitariste à droite, et derrière lui un claviériste/bassiste.  Un deuxième claviériste, se plante à l’extrême gauche. Il est également préposé aux machines.

Jan quitte sa place et empoigne le micro pour le titre maître de son elpee, « Kepler Star ». L’ambiance baigne au sein d’une douceur feutrée. Les spectateurs boivent littéralement les paroles de Jan. Et quoique perçante, sa voix n’est jamais agressive. « Wake Up » est le moment choisi pour se réveiller. Pas brutalement, mais progressivement ; des riffs subtilement incisifs alimentant la fin de parcours. Place ensuite à sa cover du grand Jacques, « If You Go Away ». Et à la sauce Tout Va Bien, elle passe parfaitement la rampe…

Electro/pop, « Oklahoma Skies » est une compo atmosphérique. « Sometimes In Life » est enrobé de chœurs envoûtants. Jan bosse pour l’instant sur les compos de son opus. Il nous en propose, « Start The Fire ». C’est une exclusivité !

Et il fallait s’y attendre, l’incontournable « This Fight » achève le set. De quoi déclencher, dans la fosse, une irrésistible envie de danser collective. Tout Va Bien est à l’aube d’une grande carrière…

(Organisation : Ancienne Belgique).

C’est la deuxième fois en quelques mois que votre serviteur assiste à un concert de Tom McRae. Le précédent s’était déroulé à l’Archiduc de Bruxelles, en avril dernier. Un showcase organisé dans le cadre de la sortie de son dernier album, « Did I Sleep And Miss The Border ? » Ce soir, l’AB est en mode semi-flex. Et le spectacle est sold out. Il s’agit de l'avant-dernière date de la tournée qui s’achèvera à Paris le 3 octobre

Brian Wright assure la première partie. C’est le guitariste de Tom McRae. Il est issu de Waco, au Texas. Il compte 4 albums solos à son actif : « Dog Ears » en 2006, « Blurbird » en 2007, « House On Fire » en 2011 et « Rattle Thier Chains » en 2013. Cinq ans plus tôt, et plus ou moins à la même époque, il assurait déjà le supporting act pour son leader.

Brian a une bonne bouille qui sent bon le soleil du Sud des Etats-Unis. Son humour est transcendant. Et il le manie le plus souvent en raccordant sa gratte. Une semi-acoustique. Parfois on se demande s’il ne la désaccorde pas expressément pour sortir ses vannes. Il est également armé d’un harmonica. Un profil qui colle parfaitement à la country.

« Former Queen Of Spain » concède des accents hispaniques. « Red Rooster Social Club » est un bluegrass spasmodique. Il nous confesse que « Rosalee » est une chanson composée par son épouse, alors qu’il s’agit du nom de sa fille. Il nous réserve également une cover étincelante du « The Biggest Thing That Man Has Ever Done » de Woody Guthrie. Et le set s’achève dans un climat de bonne humeur. Parfait pour préparer le show de McRae.(Pour les photos c'est ici)

Ce soir, Tom McRae est donc flanqué de son fidèle groupe, The Standing Band. Il réunit Olli Cunningham (synthés, percussions, vocaux), Oli Kraus (violoncelle), Richard Hammond (basse, contrebasse, percussion, vocaux), David Walsh (batterie) et enfin Brian Wright (guitares, banjo, pedal steel). Pas d'accordéon ni de violon pour ce concert, mais un violoncelle. Sept lumières rouges marquées de notes de piano, derrière lequel siège Olli Cunningham, préludent l'arrivée des autres artistes... Mais ce sont de puissants spots bleus qui vont les mettre en exergue.

Tom est bien sûr en avant-plan. « The Dogs Never Sleep », issu du dernier opus « Did I Sleep And Miss The Border », ouvre le set. L’interprétation est puissante et convaincante. Particulièrement efficace, le drummer s’y révèle souverain. Ses frappes sont métronomiques. En outre, la section rythmique est parfaitement en phase. La formation est bien soudée. Et il ne faut qu’un petit geste de Tom pour que la musique s'emballe.

Pour « The High Life », Tom délaisse sa gratte. Il adresse un signe à l’ingé-son pour remonter le volume du micro, avant que le morceau ne démarre. Et en trombe ! Tom saisit le pied du microphone et s'accroupit, puis le relève tout en chantant.

La voix de McRae est écorchée et rocailleuse. Et elle colle parfaitement à ses ballades. A l’instar d’« End Of The World News (Dose Me Up) », qu’il aborde d’abord, seul, à la sèche. Ou encore « Let Me Grow Old With You ». Des ballades qui manifestement enchantent l’auditoire ; il reprend d’ailleurs régulièrement les refrains en chœur.

Très interactif, Tom présente chaque chanson ; en l’illustrant parfois d’un petit trait d’humour.  Sur « Expecting The Rain  », le nouveau single, Tom utilise un peu sa voix comme un instrument. Il la module même à la manière de Christophe. Superbe, « Christmas Eve, 1943 » est un titre à la mélodie contagieuse et au refrain enjôleur.

Pour « A & B Song », un extrait du tout premier LP (NDR : il est éponyme !), paru il y a 15 ans, il entame le morceau paisiblement, un peu comme une autre ballade, avant qu’il ne monte en puissance, intensité qu’il communique à l’aide de sa six cordes acoustique. Autre plus ancienne plage, « Walking 2 Hawaii » (« Just Like Blood ») est interprétée en duo. Tom à la gratte et Oli Kraus au violoncelle pour ce classique empreint d’une douce mélancolie…

« Hoping Against Hope » évoque la fin du monde. Le set tire à sa fin. Place ensuite au solide « What A Way To Win A War », premier single (NDR : il ne figure pas sur ce disque, mais est téléchargeable sur les différentes plateformes officielles) qui a précédé la sortie du nouveau long playing. Les musicos et Tom chantent presque a cappella. Impressionnant ! Et la foule est ravie ! « Silent Boulevard » (« All Maps Welcome ») achève officiellement le concert. Une compo, déchirée entre douceur et puissance, au cours de laquelle Tom est au sommet de son art. 

En rappel, le combo nous accorde encore « Ghost Of A Shark » (« Just like Blood ») et « The Boy With The Bubblegun », un titre bouleversant, illuminé par les interventions du violoncelle. A ce jour, ce concert figure parmi mes trois meilleurs de cette année…Pour les photos, c'est )

(Organisation : Ancienne Belgique)

dimanche, 27 septembre 2015 01:00

Hanté par Bocelli et Mercury…

Par un dimanche ensoleillé, votre serviteur se rend chez Dominique Fronville. Il a généreusement prêté sa propriété pour un spectacle ‘Cerises’. Un concert de 60 minutes, en appartement. La propriété est vaste, les musiciens occupent la terrasse. Tout au plus 40 spectateurs sont installés dans le jardin. Cinq mètres séparent les artistes du public. Une proximité qui rend le spectacle plus feutré et intimiste. Frédéric Bulté (http://soireescerises.over-blog.com/) est le responsable de cette judicieuse initiative.

L'entrée est gratuite. Il suffit de s'inscrire par e-mail, d’apporter sa chaise, sa bonne humeur, son sourire, ses boissons et un billet pour le chapeau qui circulera après le spectacle et constituera le cachet des artistes. Une formule, ma foi, qui tient parfaitement la route...

Franco-bruxellois, Beautiful Badness est drivé par Gabriel Sesboué. Prof de chant, il se consacre tout naturellement aux vocaux. Il est soutenu par Olivier Delescaille à la gratte acoustique et électrique, Gilles Servais aux drums (NDR : il est assis sur un cajon !) et Antoine Guenet aux claviers. Sans oublier une petite nouvelle qui vient d'intégrer le groupe, Raphaëlle Germser, préposée à la basse et au violon. Elle apporte une touche féminine à un ensemble, exclusivement mâle jusqu’alors.

Beautiful Badness profite de l'occasion pour tester les nouveaux morceaux de l'Ep « Many Years ». La sortie de ce disque est prévue le jour de la ‘Release Party’ ; soit le 15 octobre 2015, à la Rotonde du Botanique. En outre, la formation assurera le supporting act de la tournée de Birdpen (NDR : le projet solo de Dave Penny, le chanteur d'Archive). Après avoir salué son auditoire, recueillant ainsi les premiers applaudissements, les musicos se plantent derrière leurs instrus et Gabriel le micro. Curieux, ce dernier n’a pas ôté ses chaussures et ses chaussettes, comme lors de son set accordé en première partie de Fuel Fandango. Faut dire que ce jour là, il avait été victime d’un racket ‘shoes and socks’ (NDR : très rock’n’roll, cette expression !)

« Elder's Choir », le premier morceau, est attaqué sous forme de polyphonie vocale. Seuls quelques accords de piano soutiennent Gabriel. Un départ tout en douceur. « I Will Hunt You Down » est un nouveau titre. Les ivoires balisent l’ensemble. La voix de Gab est emphatique avant qu’elle ne monte dans les aigus. La mélodie accroche instantanément. La sèche s’emballe. Manifestement, les orchestrations s’inspirent de la musique symphonique.

Pour « It's Hard To Do It », Gab empoigne sa sèche. Il est à nouveau épaulé par le piano. « Wasting Your Time » c’est le titre maître du premier Ep. La voix de Gabriel s’envole à la manière de Freddie Mercury. Les grattes s’emballent. S’il n’y avait la musique, on pourrait entendre les moustiques et les libellules voler.

Pas de « Slipping Away » électrifié, mais unplugged. Ce qui permet, à nouveau, de bien mettre en exergue les vocaux de Gabriel qu’il utilise comme un instrument. Il se désaltère et met son micro très près de ses lèvres, un peu comme s’il allait déguster un glace. Et sa voix vous fait fondre, comme si elle restait au soleil. Il aborde alors « Run », un hit qui a permis au combo de se faire connaître. Cajon et ivoires, sont au diapason. Raphaëlle est particulièrement efficace à la basse. Gabriel siège derrière les claviers et déverse son miel sonore dans vos oreilles. Derrière ses lunettes, Gilles ferme les yeux et semble apprécier le moment. L’auditoire aussi. Place ensuite à la deuxième chanson proposée sous le format piano/voix : « The Time ». Un format au sein duquel Gabriel excelle également.

Après avoir fait un peu de promo pour le merchandising et le show programmé à la Rotonde, le combo embraie par « A Sunny Morning », le single qui a précédé le second Ep, paru en janvier 2015. Presque a capella, la compo est magique. Gabriel reprend sa gratte. Raphaëlle troque sa basse contre le violon. Antoine est préposé au banjo. Pas de cuivres cependant pour ce classieux « Many Years », un morceau vraiment épatant (NDR : un single potentiel !) Le timbre de Gabriel remonte dans les aigus sur « Tonight », une superbe chanson. On se croirait à l'opéra (NDR : le spectre d’Andréa Bocelli plane).

En finale du rappel, Beautiful Badness nous réserve une remarquable version du « We Will Rock You » de Queen (NDR : c’est rituel !) ; et à cet instant c’est le fantôme de Freddie qui se met à rôder…

Pendant ce concert, j’ai parfois eu l’impression de me retrouver au sein du chœur d’une chapelle ; à moins que ne soit au Théâtre Royal de La Monnaie.

Alors imaginez, le chapeau était rempli de pas mal de billets bleus, après avoir passé par les mains des spectateurs. Preuve que le set était excellent.

(Organisation : Les Soirées Cerises - Frédéric Bulté)

mercredi, 30 septembre 2015 01:00

Dog River Sessions

Sirius Plan et un trio féminin old school fondé en 2011. Il réunit une Belge et deux Françaises. Soit Gaëlle Mievis (B.J. Scott, The Banging Souls), Skye et Clare Joseph. La première est namuroise. La deuxième –blonde et sauvage– Normande (Caen). La troisième –brune et ténébreuse– toulousaine. Les filles se croisaient souvent lors de concerts et festivals. Une nuit, dans une chambre d'hôtel, elles décident de jammer jusqu'aux petites heures. Sirius Plan vient de naître…

L'album a été enregistré en Alabama, sous la houlette de Rick Hirsh, sur les rives de la Dog River, ce qui explique son titre. Gaëlle la Namuroise aime le rock poussiéreux et le blues issu des marécages du Bayou profond. Clare Joseph est fan de métal et de Tori Amos. Son style à la guitar box est très personnel. Skye possède une voix rocailleuse. Elle pense que du sang noir coule dans ses veines. Depuis sa plus tendre enfance elle aime le métal, mais aussi le blues.

La musique de Sirius Plan est à la fois lumineuse, élégante et instinctive, tout en conservant une taille humaine. Sans prise de tête. Une forme de folk/blues/rock capable de remuer les tripes. Les harmonies vocales sont particulièrement raffinées. Bref, un micro, trois voix, deux guitares et une batterie : la recette est simple et terriblement efficace. Et enfin, elles se débrouillent aussi bien dans la langue de Voltaire que celle de Shakespeare.

L’opus s’ouvre par une plage qui a précédé sa sortie, le délicat « Du Rose Dans les veines » (Si les mots sont des balles. Tue moi d'un 'je t'aime'). Une petite leçon de morale, qui proclame que l’amour est une solution universelle. « Plus Que Parfait » aborde les thèmes de la légitimité d'être. Chaque humain est ce qu’il est et ressent la vie suivant sa propre perception. Il possède sa propre personnalité et la défend. Quelques palabres en anglais introduisent « Interlude # Where Are Y'All From ? » ; et au bout de 30 secondes, le band attaque un des morceaux essentiels du long playing, « Old Man », une piste qui reçoit le concours du guitariste Rick Hirsch, également responsable du mixing et de la production.

Dévastateur, « Old Man » aurait pu être signé par Neil Young. Caractérisé par ses sonorités de grattes et ses vocaux savoureux, il a pourtant été composé par le trio. Sur la cover du « Big River » de Johnny Cash, c’est BJ Scott (NDR : elle veille sur les filles) qui s'arrache les cordes vocales, alors que Sirius Plan assure –et c’est un luxe– les chœurs. Nouvel intermède de 53 secondes baptisé « Interlude # Welcome To Veet's ! » qui précède « In The City ». La piste démarre unplugged, bénéficie de clappements de mains et s’achève par l’intervention d’une trompette à la fois sobre et séduisante.

Interprété dans la langue de Molière, caractérisé par son refrain accrocheur et magnifié par les 3 voix, « Là » vous incite à fermer les yeux afin de goûter pleinement cette pièce à la fois douce et visionnaire. Une guitare étincelante amorce « Being Is Beautifull », un des autres titres essentiels du long playing. Un futur single ? Un futur hit ? Il en a, en tout cas, le potentiel, même si c’est la plage la plus longue de l’LP. Nouvel intermezzo : « Interlude # 1975 », prélude à « Whish I Could », le nom d’une organisation caritative qui se consacre à la Louisiane. Le reflet du grand cœur des trois filles qui ont le souci du partage. « Interlude # Easy Ride » annonce « Sur Les rails », un autre excellent cocktail guitares/voix.

Un seconde reprise : « La Complainte de La Butte » –paroles : Jean Renoir, musique : Georges Van Parys– une vieille chanson que les filles parviennent à adapter en cassant littéralement les codes. Une belle réussite !

En ‘live’, le trio est épatant. Pas étonnant que Laurent Voulzy, Emmanuel Moiré et Louis Bertignac l’ont emmené en tournée pour assurer leur supporting act. 

mercredi, 30 septembre 2015 01:00

Lucy and The Birds (Ep)

Lucy And The Birds, c’est le nouveau projet d’Elke Bruyneel, l’ex-vocaliste du défunt Delavega, formation qui a rencontré un certain succès dans les années 2000. Son nouveau backing group, The Birds, réunit le claviériste Van Caenegem, le drummer Steven Cassiers et  le bassiste Steven Van Loy. Elke a toujours une superbe voix ; et elle nous le démontre à nouveau tout au long des six titres de cet Ep. Une voix capable de toucher au sublime, à l’instar de Norah Jones, Lora Groeseneken, Laura Mvula, Rickie Lee Jones ou Mélanie De Biaso.

Et pourtant, cet organe est trafiqué par un vocodeur sur le premier morceau de ce disque, « Strongest Girl ». Avant de reprendre tout son éclat naturellement clair et cristallin, sur le deuxième titre, une compo jazz/soul à la mélodie accrocheuse. Le timbre d’Elke me fait même parfois penser à Lara Chedraoui, la vocaliste d'Intergalactic Lovers ; mais aussi à Billie Holiday voire Nina Simone sur le plus swinguant « Golden Sounds ». Percus, cymbales, clochettes et ivoires entretiennent cette atmosphère feutrée. Une ambiance reproduite sur « Missing », mais en plus énergique.

Lucy et sa troupe se produiront ce 2 octobre à Gand, le 9 du même mois au Centre Culturel d'Herzelle, le 11 décembre au Centre Culturel de Zottegem et le 20 mi 2016 au Centre Culturel de Grammont.

mercredi, 30 septembre 2015 01:00

Mandarine

2015 marque donc le retour des Innocents. Petit historique. Le groupe s’est formé en 1982, à Paris. Le chanteur/guitariste Jean-Pierre Nataf en est le fondateur. Il choisit pour patronyme Les Innocents, en hommage à The Clash, dont il était fan. Quelques jours avant d’opter pour ce nom, la formation insulaire avait accordé un concert surprise au club One Hundred de Londres, sous le pseudo 'The Innocents'. Les Innocents décrochent un premier succès en 1987, grâce au single « Jodie ». Le combo va graver 4 elpees entre 1989 et 1997 : « Cent Mètres Au Paradis » en 1989, « Fous A Lier» en 1992, « Post-Partum » en 1995 et un éponyme en 1995. Ce dernier est bien accueilli par les médias. Mais les ventes ne décollent pas et stagnent même à 30 000 exemplaires.

Le départ de Christophe Urbain et l'annulation de la tournée prévue pour 1996 précipitent la séparation du groupe. Nous sommes alors en 1999. En 2004, après la sortie du premier album solo de JP Nataf, « Plus de sucre », Nataf reprend contact avec Urbain. Ce dernier réapparaît à ses côtés sur scène et collabore à la confection du deuxième opus de Nataf, « Clair », qui paraît en 2009. En 2013, le duo décide de repartir en duo sous le patronyme Les Innocents. Il publie un single intitulé « Les Philharmonies Martiennes », en mars 2015, prélude à un nouvel opus, « Mandarine » qui sort en juin, soit 16 longues années ans après « Meilleurs Souvenirs », une compilation de singles. Il recèle quelques tubes intemporels : « L'Autre Finistère », « Colore » ou encore « Un Homme Extraordinaire »…

Publié en single, « Les Philharmonies Martiennes » est donc le prélude à la sortie du nouvel LP. Un retour aux sources pour le duo, même s’il a décidé de saupoudrer discrètement sa pop sucrée d’un soupçon d’électro.

« Love Qui Peut » se distingue par sa mélodie allumée. Elle devient irrésistible sur « Les Souvenirs Devant Nous », dans un registre digne de Souchon et Voulzy. Un duo qui hante également le plus paisible « Sherpa ». « Harry Nilsson » nous entraîne au cœur de la Cité des Milles lumières, Paris. « Petite Voix » évoque leur jeunesse. Presque une chanson de Noël avant l’heure. Le titre maître est doux et suave. Comme une mandarine qui pousse au soleil. Les « Floués du Banjo » sont transportés par l’envol parfaitement ciselé… non pas du banjo, mais d’une sèche ; une plage très différente de l’ensemble… « J'ai couru » adopte un profil plus rock. « Erretegia » est interprété dans la langue de Shakespeare. On y entend des pépiements d’oiseaux. Serait-ce un clin d’œil au « Black bird » des Fab Four ? On imagine même le parfum des fleurs qui envahit le paysage sonore. « Oublier Waterloo » véhicule un message ; enfin, on le suppose. Car il n’est pas évident de faire avaler cette pilule aux habitants de l'Hexagone...

Des mélodies simples mais efficaces, des textes bien torchés, une rythmique percutante, des cordes de gratte acoustiques élégantes, un zeste de claviers voire d’électro et des harmonies vocales généreuses et raffinées. Une parfaite synthèse de « Mandarine », l’album qui scelle le comeback des Innocents… A consommer sans modération.

Ils se produiront au Botanique de Bruxelles ce 1er novembre ; mais c’est complet depuis bien longtemps. Ils sont également programmés au Reflektor de Liège ce 26 novembre. Et puis, ils écumeront tout l'Hexagone jusque l’an prochain…

mercredi, 30 septembre 2015 01:00

Many Years (Ep)

“Many Years” constitue le deuxième Ep de Beautiful Badness. Un disque qui a bénéficié d’une excellente mise en forme. Et pour cause, Koen Gisen, le mari d'An Pierlé s’est chargé de produire deux de ses plages. La pochette est soignée, ce qui ne gâte rien. Elle est illustrée par une colonne vertébrale entourée de branches et de fleurs, tel un fruit mûr qui ne demande qu'à être croqué. Ce pilier est assuré par un professeur de chant. Son nom ? Gabriel Sesboué. Pas étonnant dès lors qu’il soit capable de pousser sa voix dans ses derniers retranchements. Aussi bien dans les graves que les aigus. Il est soutenu par Olivier Delescaille à la gratte acoustique et électrique, Gilles Servais aux drums et Antoine Guenet aux claviers. Sans oublier une petite nouvelle qui vient d'intégrer le groupe, Raphaëlle Germser, préposée à la basse et au violon. Elle apporte une touche féminine à un ensemble, exclusivement mâle jusqu’alors. Le combo doit manifestement puiser ses influences chez Queen, Jeff Buckley et Radiohead. C’est indéniable. Il avait publié son premier Ep (7 titres) en 2013. Et avait reçu une excellente critique tant de la presse que du public. Ce qui lui avait permis d’assurer le supporting act pour Stereo Grand, Kodaline, Perry Rose, Fuel Fandango et BirdPen. Grâce aux internautes, ce second Ep est paru chez KissKissBangBang. L'objectif a même été plus qu’atteint, puisqu’il a passé la barre des 150%.

Le début de « Manys Years » baigne au sein de chœurs atmosphériques. L’instrumentation est léchée. Haut perchée, la voix est céleste. Les percus sont emphatiques. La mélodie est balisée par les ivoires et les arrangements de cordes. Le spectre de Freddie Mercury plane...

« A Sunny Morning », c’est le single qui a précédé la sortie de cet Ep. Pas de piano en ouverture, mais un harmonium. Et à nouveau les chœurs enrichissent l’ensemble.

Le piano est cependant de retour pour « I Will Hunt You Down ». La voix de Gab est lyrique. Les orchestrations semblent empruntées à la musique classique.

« It's Hard To Do It » propose un duel entre ivoires agressives et chant. Il est à la limite de la rupture, mais finalement Gabriel le maîtrise parfaitement.

« Goodbye » encore un ballet piano/voix aérien classieux. Fermez les yeux, le voyage vers le Taj Mahal peut commencer.

Beautiful Badness se produira en concert le 15 octobre 2015, à la Rotonde du Botanique, dans le cadre de la release party consacrée à la sortie de cet Ep...

Votre serviteur débarque pour la première fois au Zénith de Lille. Une salle à taille humaine,  malgré sa capacité de 7 000 places. Un endroit très accessible à atteindre en voiture. Tout  comme le parking. Comme conseillé par le rédacteur en chef néerlandophone, je stationne  mon véhicule sous le Grand Palais, situé à moins de 5 minutes, à pied. La rumeur colporte que le public français est froid. Nos amis et cousins nordistes sont bien loin de l’être ; ils sont même sympas et chaleureux. Lorsque vous vous adressez à un voisin, dans l’arène, il vous répond gentiment : ‘T'es Belge, toi, t'as un accent’.

Ghost Culture aka John Greenwood assure le supporting act. Il porte de longs cheveux et se  produit seul sur l’estrade. Il se sert d’un laptop, de machines, d’une boîte à rythmes et de  synthés. Insulaire, cet artiste vient de publier en 2015, un album éponyme, «  Ghost Culture  », dont il va nous  proposer quelques extraits. Sa voix me fait penser à celle de Gary Numan, le chanteur charismatique de Tubeway Army, un personnage qui avait fait des ravages au sein des clubs électro et dancehall, pendant les années 80. Les beats sont parfois spasmodiques, comme chez Orchestral Manoeuvres In The Dark (OMD). Ou précis et métronomiques. A l’instar de Metroland voire Kraftwerk. Une chose est sûre, la scène berlinoise hante sa musique. Le retour parmi les premiers rangs est conséquent. Même que certains aficionados commencent à mettre le souk. Bref, un artiste à suivre de près.

Christine and The Queens, c’est le pseudo d’Héloïse Létissier. Elle est née en 1988, à Nantes.  En 2014, son premier opus, « Chaleur Humaine », rencontre un succès certain. Il a été enregistré sous la houlette d'Ash Workman (Metronomy, Klaxons, Summer  Camp) et est nominé à cinq reprises, lors des Victoires de la Musique 2015. Elle y décroche 2  récompenses, dont celle de l'artiste/interprète féminine de l'année.

Et il faut reconnaître qu’elle en a parcouru du chemin, depuis 18 mois. Au fil des concerts, elle se produit au sein de salles de plus en plus grandes. Elle avait accordé un show  remarquable à l'Orangerie du Botanique, puis un autre exceptionnel au Cirque Royal. Elle  opère une tournée des ‘Zénith’ dans l'Hexagone qui transitera par Forest National le 2 octobre  prochain.

Christine affiche un look androgyne à la Bowie et porte un costume de scène de couleur noire  et de coupe masculine. Elle est accompagnée par 4 danseurs et trois musicos, dont un préposé aux synthés, un autre à la boîte à rythmes et un gratteur qui se charge également des backing vocaux. L'intégralité du concert sera filmée.

Le set s’ouvre par « Starshipper ». Des lumières bleues se focalisent sur les danseurs –qui se  contorsionnent– et Christine, dont les déhanchements sont endiablés. Le light show émane  également du plancher, entre les trois musiciens. La fin de la chanson est accueillie par un  tonnerre d'applaudissements. Christine salue le public de Lille et déclare qu’il s’agit d’un  grand début de concert. Manifestement ravie, elle s'adresse toujours à lui, en utilisant la seconde personne du singulier. Son 'Tu' est renversant.

Des beats électro dynamisent « Half Ladies ». Sur l’écran, en arrière plan, elle apparaît tout  de blanc vêtue. Elle exécute alors des pas de danse inspirés par Michaël Jackson (NDR : les  mauvaises langues diraient Fred Astaire…) Le décor change ; enfin surtout l'écran. Il devient  rouge et est entouré de 14 néons jaunes et verticaux. Flanquée de deux danseurs, elle opère un  petit retour sur l'estrade rétro­éclairée, destiné à accomplir un autre petit pas de danse sur «  Science Fiction ». Lorsqu’elle revient au bord du podium, elle est talonnée par deux des  danseurs, le troisième demeurant en retrait. Elle interprète ensuite trois morceaux dans la  langue de Shakespeare : « Save And Holy », « Here » et « No Harm Is Done ». Très yankee,  ce dernier déchire, mais ne figure pas sur le long playing. Deux rangées de néons bleus  éclairent la diva qui passe et repasse, entourée de ses danseurs. Le show est magique,  fabuleux même.

La voix masculine enrichit le « Pump Up The Jam » de Technotronic et « Short Dick Man »  (NDR : une compo signée par 20 Fingers). Il s’agit de celle du rappeur américain Tunji Ige. Et  le résultat est terriblement dansant. Il incite même les spectateurs dans la fosse à se remuer le  popotin et le bas des reins.

Avant d’attaquer « Christine », elle confesse que ce prénom, elle l’a choisi pour le ‘live’. Et  elle s’adresse alors à l’auditoire en lui demandant : ‘Et toi public, nomme­toi !’ Dans une  belle cacophonie, les spectateurs crient donc le leur. Alors imaginez 7 000 personnes en  même temps. Complètement fou ! Mais également le résultat d’une belle communion entre  l'artiste et le public. Des néons tour à tour rouges, bleus ou oranges descendent du ou montent  vers le plafond, suivant les morceaux. Ils magnifient le spectacle.

Pendant le « Who Is Hit » de Michael Jackson, les lumières éclairent Christine par l'arrière. Sa  chorégraphie s’en inspire encore et toujours. (NDR : c’est quand même une fan !) En poussant  le bouchon, on pourrait même affirmer que l’élève a surpassé le maître. Elle et ses danseurs  sont omniprésents sur l’estrade.

Lorsqu’elle aborde « Intranquilité » et « Ugly­Pretty », elle s’assied sur les planches, au milieu des fumigènes. Pendant « Chaleur Humaine », titre maître de son LP, elle empoigne un  bouquet de fleurs et parcourt la fosse à la rencontre de son public, tout en continuant à chanter. Elle le remercie et lance une vanne : ‘Vous n'avez qu'à suivre le bouquet et ce que tout le monde fait’. Un moment fort qui marque la fin du concert en compagnie de quelqu’un qu'elle apprécie et décide de baptiser « Saint Claude ». Habillée d'une veste immense, elle adapte brillamment le « Paradis Perdus » de Christophe. Fin du spectacle…

Enfin, pas tout à fait, car un rappel est accordé. Avant d’aborder « The Loving Cup », elle  déclare penser à Beyoncé, Rihanna et Elton John. Et d’achever les 90 minutes de show par le  splendide « Nuit 17 à 52 ».

Chaque nouveau concert de la diva est une véritable performance musicale, visuelle, théâtrale et chorégraphique. Un spectacle à l’américaine, réglé comme du papier à musique, qui s’appuie sur un light show impressionnant. Héloïse, les stades t'ouvrent les bras, car ton public  t'adore…

(Organisation : Vérone Production + Corida)

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samedi, 19 septembre 2015 01:00

Les Nuits Du Soir 2015 : samedi 19 septembre

Depuis quelques années, les Nuits du Soir ont élu domicile à l’Orangerie et à la Rotonde du Botanique. Il s’agit déjà de la onzième édition. De nombreux artistes internationaux s’y sont déjà produits. Mais aussi belges. Dont Antoine Chance. Dans le cadre de Mons 2015, elles se sont également déroulées à l’Alhambra. C’est une première. En outre, tous les regards et toutes les oreilles sont tournés vers Baptiste Lalieu. Pas étonnant, car c’est un régional. Il va se produire au sein de son nouveau projet, Gonzo. Et puis Nicola Testa, la nouvelle sensation électro/pop, est également de la partie…  

Par rapport au Bota, la configuration de l’affiche a été sensiblement modifiée, puisque si à Bruxelles Nicola servait d’apothéose, ce soir, il est programmé avant Gonzo, alors que le final est assuré par la belle Isolde. En aparté, le responsable m’a confié qu’il n’était pas aisé de goupiller l’ordre de passage d’autant de groupes, quand il n’existe qu’une seule scène. Bonne nouvelle, des aménagements performants ont été apportés à l’acoustique de la salle.

Le premier artiste à grimper sur l’estrade est un poulain de Black Gizah, le label de Kid Noize. Et le Kid figurait au sein de l’auditoire. Incognito. Vous ne l’avez pas reconnu ? Normal, sur les planches, il est toujours masqué. Je n’en dirai pas davantage. Mustii ouvre donc le bal. Il s’agit du chanteur du groupe bruxellois Seek The Duke.

Agé de 24 printemps, le gamin est diplômé de l'IAD, section théâtre. Et bien évidemment son show est particulièrement marqué par sa discipline. Mustii se consacre au chant. Il est soutenu par Grégory à la guitare et aux claviers ainsi que Nicolas aux percussions électroniques et aux machines. Sur le podium, Mustii ne reste jamais en place. Perçant, son regard vous hypnotise. Marqué par la musique électro des eighties, son style évoque tour à tour à Dave Gahan, Visage ou encore OMD. Il a publié son premier Ep fin de l’année ; et ce soir, en a interprété son hit « The Golden Age ». Une excellente prestation…

Changement de matos pour accueillir le combo bruxellois, The Panties. Le band a publié un premier Ep, « Here And Now », sous forme de vinyle. Sophie Frison en est la colonne vertébrale. Elle focalise tous les regards. Son look campe un hybride entre Siouxsie Sioux, Jo Lemaire et Christine And The Queen. Sa voix est envoûtante, spectrale… Le line up implique également deux gratteurs : Paul Normann et Seb Dec ; mais aussi le drummer Hugo Fernandez et le claviériste Tony Bambinelli. L’expression sonore puise manifestement son inspiration chez The Cure, même si certains titres lorgnent davantage vers l’électro. Trente minutes de set. Un peu court, mais plutôt intéressant. Difficile d’en dire davantage. A revoir, c’est sûr… 

Alpha Whale nous vient d’Ostende. Cette formation est venue défendre son premier album, paru début juin. Il est éponyme. Surf et ma foi fort classique, sa musique est légèrement teintée de psychédélisme. Des références ? Les Beach Boys et The Animals. Il y en a certainement d’autres, mais elles sont moins flagrantes. Mountain Bike, peut-être ; mais les cyclistes ont au moins la pêche.

Je pointe alors le nez dehors ; et il commence à y avoir du peuple dans le centre de Mons, car à deux pas, se déroule le concert d'Adamo qui sera suivi par celui de Mister Cover. J'entends alors « Tombe la Neige » ; aussi, je me réfugie bien vite dans la salle de peur de prendre un coup de froid.

Place ensuite à la sensation électro/pop de la soirée et de l'année 2015 : Nicola Testa. Son fan club le suit partout. Il s’agit de la sixième fois que votre serviteur le voit sur les planches ; mais jamais plus de deux ou trois morceaux. Motif ? Des interviews sont chaque fois et malencontreusement calées au même moment. Alex, l’ingé-son de Puggy est aux manettes. Les tympans seront donc épargnés et même mieux cajolés…

Nico va nous présenter des extraits de son brillant premier album « No More Rainbows ». Testa est sympa et charme les filles. Mais c’est surtout un professionnel jusqu'au bout des ongles. Chantés dans la langue de Shakespeare, ses morceaux sont est endiablés et particulièrement sucrés. En 30 minutes, il va nous livrer « World », « Lost And Found », « Koko », « Land Of Glass », « Violet », « Sour », le lumineux « Rainbow » et pour terminer le set, « F. M. ». On en aura cependant eu plein les mirettes et les feuilles de chou…

Son concert au Salon de Silly du 7 novembre est presque sold out, et celui de l’AB, prévu ce 19 mars 2016 risque de le devenir rapidement.

Véritable bête de scène, Baptiste, le leader de Saule est aussi surnommé l’Homme-Bio. Un Géant, Montois pure souche, qui a monté un nouveau projet, Gonzo. Le combo a écumé tous les festivals cet été pour défendre son Ep 5 titres. Sur les planches, le combo est à la fois capable de vous secouer les tripes, de vous inciter à remuer le popotin, à faire la chenille ou à jumper en cadence. Des rockeurs qui ont simplement envie de mettre le souk et vous communiquer leur bonne humeur. Et les textes, très second degré, y contribuent largement.

Pendant « Girls » les meufs, sans la moindre discrimination, sont invitées à grimper sur l’estrade. Et lorsque la chanson est terminée, comme le signale avec humour Baptiste, on dégage gentiment... elles sont alors en pleurs ; et on les comprend…

« Gay » fait la part belle à la dérision. Il ne manque ici que Charlie Winston pour que le délire atteigne son paroxysme. Un tout bon moment du spectacle. Qui se prolongera d’ailleurs en coulisses, lors de l’interview qu’il a accordée à Musiczine…

Isolde Lasoen et la dernière artiste à se produire ce soir. Prof de batterie, elle est gantoise. Mais surtout, c’est la moitié de la section rythmique du néerlandophone francophile, Daan. Bien que réservée et discrète, elle est installée au beau milieu du podium, derrière ses fûts. Elle est soutenue par un backing group : les Bens. Soit le gratteur Ben Van Camp, le bassiste  Ben Brunin et le claviériste Luke Vermeir. Pas de section de cuivres, comme sur l’Ep. Dommage ! Votre serviteur ne peut cependant vous en relater davantage, car il s’entretenait avec Baptiste Lalieu, dans sa loge. Son interview paraîtra prochainement sur Musiczine.

Finalement, j’assisterai quand même aux trois dernières chansons du set. Isolde a finalement pas mal d’humour ; elle chante dans la langue de Molière, et son accent est ravageur. Et si sa musique reste bien pop, ses références oscillent entre France Gall, Pierre Bachelet et Serge Gainsbourg…

(Organisation : Le Soir et L'Alhambra)

Isolde et Les Bens + Gonzo + Nicola Testa + Alpha Whale + Les Panties + Mustii