Deux ans plus tôt, nous sortions déjà émerveillé du nouvel album de Divine Comedy. « Absent Friends » nous touchait en plein cœur. L’âme irradiée par ces chansons pop, parfaitement calibrées autour d’une voix de crooner assurée, nous ne pouvions imaginer suite discographique plus belle pour Divine Comedy. Et pourtant... A l’écoute de « Victory For The Comic Muse », le mouvement s’impose : s’agenouiller. Fermer les yeux et écouter ces chansons intemporelles. Oui, le temps s’est arrêté, suspendu à ce neuvième album du divin Neil Hannon. Pour évoquer sa musique, certains mentionnaient les prestigieux Burt Bacharach ou Brian Ferry. Mais ils se sont trompés. Talent qui s’ignore, dandy qui s’adore, Neil Hannon est de ces artistes géniaux. De ces hommes incomparables dont les noms résonnent à travers les décennies.
Sans trembler, nous annonçons au monde la naissance d’un classique. « Victory For The Comic Muse » recèle des atouts nécessaires pour revêtir ce titre : une spontanéité lumineuse (« To Die A Virgin »), une élégance affectée (« Diva Lady »), des textes confondants de réalisme (« A Lady Of A Certain Age »), des orchestrations somptueuses (« Party Fears Tea », « The Plough »). Certains artistes courent toute une vie derrière un tel disque. Placide, Neil Hannon se pose là, plus joyeux que jamais. Et, de sa poche mélancolique, il sort ce formidable album, impressionnant recueil émotionnel. En un clin d’œil, Divine Comedy traverse l’enfer pour rejoindre le paradis. Symphonies, mélodies, humour, détresse. La réussite de ce disque n’est pas en manque d’attributs. Les neuf filles de Zeus avaient donc une sœur cachée. Et dire qu’il aura fallu attendre le 21ème siècle pour, enfin, assister à la première victoire de cette Muse Comique. Espérons que ce ne soit pas la dernière...