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Jean-Claude Mondo

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lundi, 25 janvier 2016 19:14

Squelch

Encore une formation de ‘Red Dirt’, style qui mêle country et rock'n'roll. Et elle nous vient également de l’Oklahoma. Jason Boland en est le leader, mais surtout le chanteur/guitariste. Il est soutenu par le gratteur Cody Angel (NDR : préposé à la pedal steel, guitare rythmique et Resophonic, il a succédé à Roger Ray), le drummer Brad Rice, le bassiste Grant Tracy et le violoniste/mandoliniste Nick Worley. Elle vit aujourd’hui à Austin, au Texas. "Squelch" constitue déjà son dixième elpee.

"Break 19" ouvre l’opus. Eraillé, le timbre vocal colle parfaitement au genre. Bien nerveux, pedal steel et violon sont déjà bien mis en exergue. Un violon qui demeure toujours aussi alerte tout au long de "The first to know". Les textes véhiculent, le plus souvent, des messages sociopolitiques. "I guess it's alright to be an asshole" adopte un profil résolument punk. Tout en rythmique, largement amplifiée, la gratte de Boland est totalement débridée. L’opus recèle également de très jolies ballades, à l’instar de "Holy Relic Sale", d’un "Do you love me any less", caractérisé par des interventions de pedal steel angéliques, et puis surtout du tendre "Bienville". Gratte et violon mènent la danse tout au long de "Lose early", une compo aux accents blues, dont le tempo lancinant est imprimé par la batterie, alors qu’un orgue Hammond tapisse le décor sonore. Bolan y réserve d’ailleurs sa meilleure sortie sur les cordes. Baignant au sein d’un climat ténébreux, "Christmas in Huntsville" raconte les dernières heures d'un condamné à mort vécues à la prison de Huntsville. Ce "Squelch" s’achève par la célébration d’une fête au Far West : "Fuck, fight and Rodeo" ; une piste dynamisée par les percus, alors que le violon est proche du délire…

 

lundi, 25 janvier 2016 19:11

Keep coming back

Originaire de St Louis, dans le Missouri, Mike Zito est âgé de 45 ans. Chanteur, guitariste, compositeur et producteur, sa première partie de carrière, il l’accomplit en solitaire. Ce qui lui permet de graver trois elpees sur le label Eclecto Groove. En 2010, il devient cofondateur du Royal Southern Brotherhood, en compagnie duquel il publie plusieurs superbes albums. En octobre 2014, il quitte RSB pour relancer son parcours solo. Enfin, presque, puisqu’il monte un nouveau backing group, The Wheel. Une formation dont le premier LP, "Gone to Texas", sort en 2014, chez Ruf. Le line up est inchangé et réunit le saxophoniste Jimmy Carpenter, le claviériste Lewis Stephens, la bassiste Scot Sutherland et le drummer Rob Lee. Les sessions se sont déroulées au sein du studio Dockside, sis au cœur de la Louisiane, sous la houlette de Miss Trina Schoemaker (Emmylou Harris, Sheryl Crow, Queens of The Stone Age).

Keep coming back" ouvre la plaque. Un rock'n'roll dynamisé par le piano sautillant de Lewis, alors que la gratte de Mike est déjà chauffée à blanc. "Chin up" est imprimé sur un tempo aussi enlevé. La voix est autoritaire. La guitare, omniprésente. L'artiste se fait et nous fait plaisir ! Zito et Anders Osborne (NDR : un chanteur/compositeur d'origine suédoise qui vit à la Nouvelle Orléans) cosignent trois plages : "Get busy living", une superbe ballade roots qui colle parfaitement à la voix rauque et impérieuse ; "I was drunk", une plage à la fois belle (NDR : ces cordes acoustiques !) mais réaliste, au cours de laquelle Mike et Anders se partagent les vocaux ; et le blues indolent "Lonely heart". "Early in the morning" est une autre ballade sculptée dans l’americana. "Girl from Liberty" libère de chouettes vibrations rythmiques. Le saxophone de Jimmy Carpenter est bien à l’avant-plan alors que les cordes du leader rockent dans un esprit plus vrai que nature. "Get out of Denver" est un autre rock'n'roll. Il est signé Bob Seger, le célèbre rocker de Detroit. Endiablée, la nouvelle version emprunte son riff à Chuck Berry et autorise des sorties remarquées au piano, au saxo et à la guitare. Ce riff devient ‘stonien’ pour amorcer "Nothin' but the truth", un plage participative au cours de laquelle Carpenter nous réserve une envolée lumineuse sur son sax ténor. Swamp rock, "Cross the border" nous ramène au cœur de la Louisiane. Suze Seems se consacre au micro. La gratte libère des sonorités réverbérées et métalliques. Rob Lee excelle aux percus et Stephens tapisse l’ensemble de son orgue. "What's on your mind" est une longue ballade roots. Naturellement accrocheuse, la voix communique ses émotions, des émotions accentuées par les interventions du saxo qui collent littéralement aux vocaux. "Bootleg" clôt cet LP. Une cover de Tom Fogerty. Qui hante cette compo. Tant la voix que les accords de gratte dispensés par Mike Zito évoquent l'ex-leader intemporel de Creedence Clearwater Revival. Un excellent album!

 

mardi, 19 janvier 2016 13:48

Blue Skies

Ce chanteur/guitariste montréalais aura 40 ans fin 2016. Il a joué de nombreuses années au sein du backing band de la chanteuse de jazz, Susie Arioli. Jordan est un musicien qui privilégie l’esthétique. Il aime teinter son jazz de blues, country et rock. "Blue Skies" constitue son troisième opus solo, un disque tout au long duquel il met l’accent sur sa voix, en adaptant des titres d'artistes qu'il apprécie tout particulièrement. C'est du côté de Los Angeles qu'il a cette fois puisé son inspiration et son énergie.

Jordan attaque d’abord une chanson issue de la plume de Tom Waits, "Blue skies". Le climat est intimiste. Le dépouillement délibéré. Une sèche imprime le tempo aux côtés de la basse  de Sage Reynolds. Amplifiées les cordes sont limpides et chargées de sensibilité ; en outre, elles libèrent des sonorités exceptionnelles. En compagnie de sa moitié, Genevieve, il chante le tendre "Got you on my mind", un succès récolté il y a des lustres, par des spécialistes du swamp pop louisianais, Cookie and the Cupcakes mais également The Big Three Trio. Et à nouveau, cette plage se sert d’un quota de notes strictement nécessaires. La voix douce et harmonieuse colle parfaitement au subtil "It's you I love", un morceau de jazz écrit par le duo néo-orléanais Dave Bartholomew et Fats Domino. La cover du "Chains of love"de Sam Cooke (NDR : il en avait réalisé un hit !) baigne au sein d’un climat flemmard. Toujours aussi parcimonieuses, les cordes de gratte sont créatives et lumineuses. L’adaptation du classique de Leroy Carr, "How long blues", est légère. Le swing est omniprésent. Et on a parfois l’impression que l’artiste joue juste devant vous. Tout comme pour "That's for me", un titre que Louis Armstrong interprétait, il y a plus de six décennies. La version du "Than she kissed me" de Phil Spector, que les Crystals avaient transformé en tube est à la fois originale et surprenante. Et celle du méconnu "When the deal goes down" de Bob Dylan, bien ficelée. L’opus recèle deux petites perles instrumentales : "Night Flight" et "Takin' off". Cet album est un pur bonheur!

 

mardi, 19 janvier 2016 13:46

Balls & Horns

Mojo Man est une formation néerlandaise dont les débuts remontent à mai 2014. Fruit d’un mélange de blues, rock et soul, sa musique puise son inspiration chez Jimi Hendrix, Otis Redding et les Rolling Stones. Marcel Duprixe en est le leader, mais surtout le chanteur, guitariste et compositeur. Il est soutenu par le gratteur soliste Théo van Niel Jr, le bassiste John Aponno, le drummer Rick van der Vlist et une section de cinq cuivres.

Des rythmes tribaux introduisent "Scarecrow", avant que la piste ne se muscle rapidement. La voix de Duprix sert de trame à ce morceau bien cuivré, mais au cours duquel ce sont surtout les interventions de cordes vivifiantes de Théo van Niel qui tirent leur épingle du jeu ; d’abord en slide, puis en solo. "The ship is sinking" baigne au sein d’une même intensité. L’importante section de cuivres est bien mise en évidence. Les billets de sortie sont accordés au sax ténor de Robert van der Laarse et à la guitare. "I'm a man" nous entraîne au sein d’un climat Rhythm & Blues speedé, proche du style Stax institué par Otis Redding, une plage qui permet une nouvelle fois aux deux mêmes solistes de prendre leurs envols. "Is it a crime" vire au southern rock. La slide et la basse d'Aponno impriment un excellent riff. Les trois saxophones et les deux trompettes se distinguent, et tout particulièrement Henk Brüggemann qui fait exploser son sax baryton. La voix de Duprix devient dramatique sur le blues lent "On the floor". Le jeu flamboyant de Niel accentue cette impression. On a même l’impression qu’il se prend alors pour un ‘guitar hero’, alors que Robert Bogaert glisse un solo original à la trompette. Retour au tempo rock pour "Hip shakin' mama". Les cuivres sont proches du délire. Que du bonheur ! Théo van Neal se déchaîne sur sa slide, alors de retour, sur le très rapide "Wild flower". Un solide riff trame "Get over you", un blues/rock aux accents ‘rollingstoniens’. Marcel domine cette piste de la voix, alors que la slide tire une nouvelle fois son épingle du jeu. L'opus s’achève par "Searching man", une tendre ballade chantée par le leader d’une voix éraillée et enrichie par des cordes acoustiques, avant que la guitare ne prenne un ultime envol ; et sa montée en puissance est absolument remarquable…

 

mardi, 19 janvier 2016 13:45

Population Unknown

Cette formation américaine est née au printemps 2015, à Clarksdale, la capitale du delta du Mississippi. Elle y a accompli ses premiers au ‘Ground Zero’, le club de blues monté par l'acteur Morgan Freeman. Originaire de Boston, Christina Vierra en est la chanteuse. Mais c’est à Memphis qu’elle s’est forgé un nom et a recruté deux de ses partenaires. Dont le guitariste Ashley Bishop, authentique citoyen de Memphis. Et puis le drummer (NDR : parfois harmoniciste) Doug McMinn qui a fréquenté la célèbre Beale Street au cours de son enfance. Il a aussi épaulé son père, Don McMinn, au sein du célèbre Rum Boogie Cafe. Au sein du line up actuel, Cad Moore, citoyen de Clarksdale, se consacre à la basse. Cependant, lors des sessions, c’est un certain Gary Dale qui s’en est chargé, mais également de la guitare et du piano. De sessions qui se sont déroulées au studio Ardent à Memphis. Miss Viera signe une grande majorité des plages.

Dès l'ouverture, on est plongé dans le southern blues rock. Rapidement, on se rend compte que la voix de Miss Viera est naturellement autoritaire, fougueuse et passionnée. Si le spectre de Janis Joplin plane, il faut reconnaître que Christina a sa propre personnalité. Les cordes s'entrecroisent, mais la slide est parfaitement intégrée. Elle entame "Mighty River" à l’ukulélé ; une compo profondément inspirée par le Delta, mais qui vire rapidement au blues amplifié, autorisant une sortie remarquée des cordes. Nonobstant son énergie débordante, "Wag the dog" émarge à la country. Des sonorités cosmiques amorcent "No flesh in Outerspace", un blues/rock dont la démarche funk est assurée par Doug McMinn, alors que toute la liberté est accordée aux cordes de Bishop! Autre blues/rock, "Who's gonna run this town" est chargé d’intensité par un puissant riff, réminiscent de Mountain voire Free. Holiday signe et commence à chanter, sans grande conviction, "Clarksdale", avant que Christina ne prenne le relais. Doug souffle dans son harmonica, lors de ce delta blues amplifié de bonne facture. Le piano de Holiday balise "You did", une longue ballade bluesy. Ravagée, la voix de Christina est impressionnante. Boogie/blues, "The hunter" évoque paradoxalement le titre notoire d’Albert King, qui porte le même titre, une plage au cours de laquelle les deux gratteurs se livrent une petite joute, en toute décontraction. Imprimé sur un tempo soutenu, "Tree knockin'" clôt le long playing et s’illustre par un dialogue entre la voix de Christina et celle plus grave d'Ashley. Un morceau manifestement taillé pour la scène, dans un registre proche de ZZ Top des voisins texans. Excellent combo, Mississippi Bigfoot se produira sur le Vieux Continent, en juin prochain.

 

mardi, 19 janvier 2016 13:43

Stormy water

Murray Winsley & Wicked Grin nous vient de l'Ontario au Canada, une formation qui a décroché un ‘Maple Blues Award’ comme meilleur groupe, en 2014. Au cours de la même année, elle a également représenté la Société de blues d'Ottawa à l'International Blues Challenge de Memphis. Son premier opus, "Shame on me", ne date que de 2013. Murray Kinsley en est le leader, mais surtout le chanteur et guitariste. Il signe dix des onze plages. Le line up de Wicked Grin réunit le bassiste Leigh-Anne Stanton (NDR : un Montréalais !), le drummer Liam Melville et le chanteur/harmoniciste Rod Williams. Lors des sessions d’enregistrement, c’est Alain McCann qui s’est chargé des claviers. 

"Dance Pretty Mama" démarre sur les chapeaux de roues. L’énergie libérée est digne du band mythique insulaire Dr Feelgood, lorsque le regretté Lee Brillaux y sévissait encore. Rod souffle comme un possédé dans son  harmonica. Manifestement, la démarche et la présence de ce combo sont proches de celles des bands rock du milieu des seventies. "By my side" est imprimé sur un tempo moins enlevé. L’atmosphère s’y révèle bien plus festive ; d’ailleurs harmo et gratte s’y promènent en toute décontraction. Murray a sorti son bottleneck pour amorcer "Shine", au cœur du Delta. Miss Vivian Kinsley et son époux chantent sur une rythmique dynamisée par les percussions tribales de Liam. Excellent ! Wicked Grin libère toujours une fameuse dose d’énergie, tout au long de la reprise d’"Everybody oughta make a change" de Sleepy John Estes. Indolent, "Evil coming round" baigne au sein d’un climat étouffant. L'harmonica crie son désespoir. Les cordes de Murray montent progressivement en puissance, au cœur d’une intensité dramatique constante. Coup de boost asséné à "I'm mad". Soutenues par les interventions solides de la basse de sa partenaire, Leigh-Anne Kinsley, les cordes de Kinsley vibrent et s’enfoncent dans le délire. Rock'n'roll, "Fast fast car" est idéal pour aborder la route au volant de bolides. La slide est en effervescence tout au long de "Death if you find me", une plage qui nous replonge dans le delta. Blues/rock, 'Talk is cheap" met en exergue les échanges entre la guitare et l'harmonica. L’orgue Hammond de McCann colore "You're gone", une composition mélodieuse et chargée de feeling. "Let me love you" clôt l’elpee, un plage explosive au cours de laquelle Rod Williams ne tient plus en place et fait chauffer à blanc son instrument !

 

mardi, 19 janvier 2016 13:39

Getaway

Chanteuse et pianiste de blues ainsi que de boogie woogie, Wendy Dewitt est de nationalité américaine. Elle vit dans la baie de San Francisco. Au cours des dernières années, elle s'est le plus souvent produite sous la forme d’un duo, en compagnie du batteur Kirk Harwood, un vétéran de la scène californienne (NDR : il a milité chez Clover , mais également dans les backing groups de l'harmoniciste Norton Buffalo et du slide guitariste Roy Rogers. Wendy s'est beaucoup inspirée des grands pianistes du blues comme Otis Spann, Memphis Slim et Sunnyland Slim ainsi que les spécialistes du boogie woogie, et notamment Albert Ammons, Pete Johnson et Meade Lux Lewis.

Plage rythmée et bien cuivrée, "Sonoma Country" ouvre l’elpee, une plage réminiscente des atmosphères propices à la danse de la Nouvelle Orléans. Sonoma County est un comté de Californie, situé au Nord de San Francisco. C’est là que Wendy est née. Remarquable, harmonieuse, sa voix est bien mise en exergue sur "Treat a woman", un excellent R&B, ponctué par la sortie de Keith Crossan sur son ténor saxophone. Elle chante d’une voix claire, en s’accompagnant au piano, "Sometimes I wonder", un blues lent qui ne manque pas de charme. Tout comme "Built to last", une plage imprimée sur un même tempo, alors qu’elle double ivoires et orgue Hammond. Le "Feel so bad" de Chuck Willis baigne au sein d’une atmosphère cool, dont se libèrent les interventions impeccables et empreintes d’une grande sensibilité de Steve Freund. Sa cover du "29 way" de Big Joe Turner est syncopée. Le tempo enlevé. La section rythmique porte les musiciens, alors que Freund reste constamment aux aguets sur ses cordes! Wendy et son partenaire Kirk Harwood chantent en duo "Folks like you", un blues cool co-écrit par Steve Freund. Et ce dernier s’autorise un envol saturé de feeling, proche du style de Peter Green. Autre blues indolent, "I want to believe you" accorde une totale liberté au talentueux Steve. Le rythme opère son retour pour "Never be too much". Sur ses ivoires, Wendy s’y révèle éblouissante. Swing blues, "Trouble" célèbre le come-back des cuivres. De bonne facture, cet elpee s’achève par la ballade "Everybody's crying for something".

 

mardi, 19 janvier 2016 13:36

The Moon goes Boom

The Boom Band est un supergroupe anglais qui pratique un mélange de blues, southern rock et country. Il implique pas moins de quatre guitaristes : Jon Amor (ex-Hoax), Marcus Bonfanti (Ten Years After), Mark Butcher et Matt Taylor (Motives). Le cinquième soliste est pianiste ; il s’agit de Paddy Milner. Le line up est complété par une section rythmique réunissant Evan Jenkins et Jon Noyce. En 2014, la formation avait publié un opus éponyme. Live, "The Moon goes Boom – Live in London" a été immortalisé au Half Moon de Putney, à Londres, en septembre dernier. Dans la presse, les critiques sont souvent élogieuses ; on leur prête même des références à Little Feat, aux Allman Brothers Band et aux Beatles.

Diamonds in the rust" ouvre l’elpee, un blues percutant et bien rythmé que chante impeccablement Marcus Bonfanti, le nouveau frontman de Ten Years After, d’une voix autoritaire, alors que Paddy double orgue et piano. Celle de Mark Butcher est différente, et conduit "Under the skin", une plage au cours de laquelle les guitares s'envolent pour notre plus grand plaisir. Entraînant, "Junko Partner" est un boogie woogie balisé par le piano de Paddy Milner. Paddy s’autorise un nouveau billet de sortie, mais également Jon Amor aux cordes. La voix de Matt Taylor libère toute sa puissance sur "Red eye of the devil", un southern rock qui lorgne vers l’Allman Brothers Band. Et si l’orgue Hammond ainsi que les grattes croisent le fer, les sonorités dispensées sont remarquables ; en outre, elles bénéficient de vocaux particulièrement soignés. Jon Amor se réserve le micro sur "Moonshine", une ballade séduisante caractérisée par des parties de cordes bien léchées, au cours desquelles les sixcordistes ne cherchent pourtant pas à se mettre en avant à tout prix. Interlude instrumental, "Monty's Theme" est sculpté dans le southern blues rock. Le Boom Band nous plonge au cœur de sa musique sur "Waste my time", une plage qui mêle judicieusement orgue et cordes de grattes. Bonfanti est aux vocaux pour "When you come home", une très jolie ballade découpée dans les cordes acoustiques. Stevie Winwood avait écrit "Can't find my way home", en 1969, pour Blind Faith. Chargée d’émotion, la reprise est superbe. Autre cover, le "I'm a ram" d’Al Green, dont Warren Haynes avait réalisé une excellente adaptation. Ici elle est exécutée à la manière de Govt Mule. Une autre reprise le "Rooster blues" de Lightnin' Slim. Derrière ses ivoires, Milner est au sommet de son art, tout au long de ce shuffle bien saignant. Et une dernière, le "Don't you just know it" de Huey 'Piano' Smith, pianiste issu de la Nouvelle Orléans. Un morceau dont le climat de bonne humeur louisianais est entretenu par le piano de Milner. De toute bonne facture, cet opus live s’achève par "We can work together", une piste de plus de 10’, secouée par quelques soubresauts de cordes bien maîtrisés, mais conduite par la voix très R&B de Matt Taylor, dont le timbre est alors très proche de celui de Joe Cocker…

 

mardi, 19 janvier 2016 13:34

Dig in

Texan, Morry Sochat est chanteur/harmoniciste. Il y a presque un quart de siècle qu'il a élu domicile à Chicago, afin d’explorer les arcanes du blues qu’il aime tant ; c’est-à-dire celui de Muddy Waters, Little Walter et Junior Wells, notamment. Ce qui ne l’empêche pas d’apprécier le swing et le véritable rock'n'roll, celui des fifties. Il a fondé son groupe, les Special 20s, en 2005. Dès l'année suivante, le band grave un opus éponyme. Et embraie en 2008, par "Swingin', Shufflin', rollin'" ainsi que "Eatin' dirt", en 2010, pour lequel il bénéficie du concours d’une section de cuivres. Pour célébrer son dixième anniversaire d’existence, Morry a publié "Dig in", un elpee réunissant neuf compositions originales et deux reprises.

Le line up actuel de The Special 20s implique le guitariste Shoji Naito (NDR : leader de Chicago Blue Aces, ce musicien japonais milite également au sein du backing band d'Eddie Clearwater, un des vétérans du Chicago blues), le bassiste Ted Beranis, le batteur Marty Binder, le saxophoniste Chris Neal ainsi que le muti-instrumentiste (saxophone, claviers, saxophone et lap steel) Doug Corcoran. Et lors des sessions, le remarquable gratteur local Billy Flynn est venu apporter sa collaboration.

"Pine Box" ouvre l’opus, un rock'n'roll enflammé au cours duquel Shoji décoche rapidement les premières salves de guitare avant qu’il ne soit relayé par le saxophone de Chris. Doug Corcoran s'applique derrière son piano alors que Morry se consacre au chant. Swing blues, "Little melody" est balisé par le saxophone et la guitare dont les interventions sont dispensées dans l’esprit de T-Bone Walker. Morry sort enfin son harmonica pour attaquer "Rodeo Gal" ; et c'est un véritable bonheur. Un excellent Chicago blues simple mais tellement efficace, souligné par des interventions de gratte particulièrement authentiques. Tout au long de "Big Red Rooster, la section rythmique libère naturellement du swing. Doug Corcoran en profite pour nous régaler de sa lap steel guitare parfaitement intégrée. Morry et Chris Neal chantent "Mary Jane", un funk nerveux caractérisé par un envol saignant à l'harmonica. La reprise du "The last time" de Jimmy Dooley est un Chicago shuffle torride. Sochat brille sur son instrument. "I've got what it takes" nous entraîne au cœur des la Nouvelle-Orléans. A cause du rythme imprimé par les percussions de Marty et puis des saxophones qui entrent en effervescence. "Baddest cat alive" est une compo homogène au cours de laquelle harmonica, cordes et piano font bon ménage. Corcoran est passé à l'orgue pour "As long as you're by my side" une plage aux accents funky r&b. Neal en profite pour se libérer au saxophone. Downhouse blues de bonne facture, "She's got it" libère un maximum de feeling. Excellent, cet LP s’achève par une cover originale et épatante du "The Honeydripper" de Joe Liggins, une version soulignée par un solo lumineux de Morry Sochat.

 

dimanche, 13 décembre 2015 18:10

That's what they say

Brad Vickers nous vient de Long Island, sur la côte Est, non loin de New York. Il y drive ses Vestapolitans. C’est-à-dire une section rythmique constituée du batteur Bill Rankin et de la bassiste Margey Peters. "That's what they say" constitue son cinquième elpee. Il fait suite à "Le Blues Hot", paru en 2008, "Stuck with the blues", en 2010, "Travelling blues", en 2011 et "Great day in the morning", en 2013. La musique creuse au sein des racines, qu’elles soient blues, folk ou ragtime ; mais elles sont teintées d’une bonne dose de rock'n'roll. Les sessions se sont déroulées au sein du studio Fat Rabbit. Etabli à Montclair, dans le New Jersey, il appartient au guitariste Dave Fross.

L’opus s’ouvre par deux traditionnels issu des années 30, au cours desquels Brad se sert du bottleneck. Tout d’abord "Seminole blues", un blues composé par Tampa Red, en 1937. Puis la cover du "Don't you love your daddy no more?" de Leadbelly. Accrocheuse, la version baigne dans un jazz d’époque. Dave Gross s’y consacre à la mandoline, Matt Cowan au sax baryton et surtout Jim Davis à la clarinette. En général, le reste du tracklisting est partagé entre la plume de Vickers et de Miss Peters. Souligné par les violons de Charles Burnham et de Margey Peters, le ragtime blues "If you leave me now" est imprimé sur un tempo enlevé. Burnham est toujours à l’archet pour un autre traditionnel, "Everything about you is blue". Soutenu par le concours de deux saxophones ténor, et repris en cœur par Brad et Margey,  "Another lonesome road" consomme une légère dose de rock'n'roll. "That's what they say" opère un retour au blues basique, dépouillé. Folklorique, "Mountain sparrow" est une invitation à la danse. Gross double banjo et mandoline alors que Margey se consacre au violon. "Fightin'" est interprété presque a capella. Seuls quelques claquements de mains et de modestes percussions épaulent les voix de Brad, Margey, Dave Gross et de Mikey Junior, invité pour la circonstance, tout au long de ce morceau qu’on pourrait comparer à une work song, voire à un gospel dépouillé. Excellent ! Séduisant, "Don't you change a thing" est sculpté dans un country/rock'n'roll. Le rythme s’est envolé. La voix de Brad passe bien la rampe face au violon de Miss Peters. Bref intermède, "Wishing well" est un prétexte à la danse populaire. Margey chante "Mama's cookin'", un country/boogie balisé par les saxophones de Cowan et Davis. "21st Century Rag" revient aux racines, un ragtime dominé par les interventions enchanteresses de deux violons et chanté en duo par Brad et Margey. Vickers ne boude pas le rock'n'roll ; et tout particulièrement l’originel. A l’instar de "The Secret", une plage au cours de laquelle s’illustrent les saxophonistes ainsi que les ivoires de Dave Gross. "Having a ball" est probablement la meilleure compo de l’opus. Un swing rockin' blues léger, mais terriblement efficace. Profitant de la solide ligne de basse, les cordes électriques de Dave Gross peuvent enfin décoller. Et le titre final est également très réussi. Sobre, simple et élégant, il met en exergue trois voix féminines, celles de Margey Peters, Christine Santelli et Gina Sicilia, sur un lit de cordes naturelles, dispensées par la mandoline et une gratte sur laquelle glisse un bottleneck…

 

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