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Alice in Neverland

L’île aux trésors

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« L’île aux trésors » constitue le second elpee d’Alice in Neverland, un projet imaginé par Vincent Fauche. Cet opus fait suite à un éponyme, paru en 2011. Pour enregistrer ce disque, il a quand même reçu le concours de ses fidèles collaborateurs ; en l’occurrence la pianiste Laura Nicogossian et le violoncelliste Jérémie Garat. Mais également de quelques invités, dont Céline Macé et Mathieu Tamisier, qui participent aux vocaux. Et première constatation, ce sont les harmonies vocales qui apportent le côté pop aux compos. Des harmonies sucrées, éthérées, qu’on pourrait comparer à celles de Girls In Hawaii. Musicalement, il en va cependant tout autrement. En fait, instrumentation synthétique, organique et classique se conjuguent le plus souvent pour se fondre au cœur d’une mélancolie douce. Et les claviers qui dispensent circonstanciellement des sonorités de xylophone, voire parfois de clavecin accentuent cette impression. On dirait même parfois des clochettes (NDR : de fée ?). Tout un ensemble qui sert de structure à des plages aux multiples facettes.

Valse, « Arrival » sert de départ, pas d’arrivée. Les « Visions » deviennent rapidement complexes et psychédéliques. Elles sont même hantées par « The confessions of Dr. dream and other stories » de Kevin Ayers. « Isla » baigne dans un climat celtique. L’« Interlude » est bien enlevé. Ritournelle transportée par des interventions à l’accordéon, « Le petit nuage de Faustine » aurait pu figurer dans la B.O. signée Yann Tiersen pour le « Fabuleux destin d’Amélie Poulain ». Si « I’m sorry » (I have an nice day) » est désolé d’emprunter religieusement des échos à… Bach, le plus austère « Angry seas » affronte les éléments, dans un contexte favorable à la musique de chambre. Et en guise de clôture, Alice in Neverland nous entraîne au cœur de « Tourbillons » arabisants… Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que les différentes compos racontent chacune une histoire, au sein d’une œuvre à la fois belle et conceptuelle…

 

Alice in Neverland

Debut

Écrit par

A mi-chemin entre le trou du lapin cher à Alice au pays des merveilles et le pays imaginaire de Peter Pan, l’univers de ce projet autodidacte se décline mélancoliquement sur les traces de notre enfance.

Délicatement déposées au seuil de l’âge adulte, ces comptines empreintes d’un certain classicisme redessinent les dédales d’un chemin perdu autrefois.

Le violoncelle donne corps à ces méandres ensorcelés et l’esprit n’est pas loin d’un Tim Burton médiéval dont la monture se serait arrêtée ici pour paître paisiblement.

Une échappée temporelle aux textures sépia où les bonnes surprises ne manquent pas (les tablas sur « Observatoire », la rythmique fiévreuse de « Senshin », la discrète electronica de « Shadow »).

On pense parfois à Dead Can Dance, et les ambiances sont très réussies. L’ajout de textures orientales finissant définitivement de semer l’auditeur dans ce labyrinthe de Pan.

Un album onirique haut en couleurs.