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Atlas Sound

Let The Blind Lead Those Who Can See But Cannot Feel

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A 11 ans, Bradford Cox caressait un rêve : entreprendre une carrière en solitaire. Après avoir milité au sein de Deerhunter, il lui a donc fallu attendre l’âge de 25 ans pour le concrétiser. Sous le patronyme d’Atlas Sound. Tout au long de cet opus au titre interminable,  l’Américain tisse patiemment une toile sonore douce, généreuse et mélodique. Une texture dont l’instrumentation basique est enrichie par quelques touches électro.

Bradford fait apparemment le bonheur de Kranky, un label constamment à la recherche d’artistes en pleine phase d’expérimentation. Parfois même il lui arrive de signer des projets à la limite inaccessibles ou sans queue ni tête. Ce qui n’est pas le cas pour cet Atlas Sound, dont le « Let The Blind Lead Those Who Can See But Cannot Feel » projette dans mon inconscient l’image s’un superbe coucher de soleil… D’ailleurs Cox a imaginé cet opus comme une peinture. Une peinture aux teintes sonores complexes, abstraites et créatives, sans pourtant susciter la prise de tête. Pas de séquences ni de montées en puissance. La technique est ici mise au service de la musique. Pop et expérimentations audacieuses font ici bon ménage. Et des titres comme « Recent Bedroom », « Quarantined » ou encore « Ativan » en sont la plus belle illustration. Bienvenue sur le petit nuage d’Atlas Sound…

 

Atlas Sound

Parallax

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Décidément, Bradford Cox est insatiable. Un an à peine après avoir publié « Halcyon Digest », un quatrième opus (NDR : magnifique, il faut le rappeler !) sous le patronyme de Deerhunter (NDR : dont il est le leader incontesté), Bradford Cox nous propose le troisième volet de son projet solo. Un projet solo qu’il a baptisé Atlas Sound. Et un nouvel elpee qu’il a intitulé « Parallax ». Ce concept individuel, il le consacre aux explorations sonores qui collent moins bien à son vaisseau amiral. Les plages baignent davantage dans l’‘ambient’. Elles sont résolument plus ténébreuses et mélancoliques. Sa voix est toujours aussi étonnante, mais elle est ici moins chargée d’effets. Le son et plus propre. Donc plus facile d’accès, même si plusieurs écoutes sont nécessaires avant de totalement s’imprégner de l’œuvre.

Les 12 morceaux sont signés par Cox. Lors des sessions d’enregistrement, il a cependant reçu le concours de quelques collaborateurs. Plus léger, plus pop, dans un style réminiscent des Kinks, « Mona Lisa » bénéficie ainsi de la participation d’Adrew VanWyngarden de MGMT au piano. Le troublant « The Shakes », de Carrie-Anne Murphy au saxo et « Praying Man », de Paul McPherson à la batterie. Et si « Angel is Broken » baigne également dans la pop, le disque recèle une majorité de complaintes psychés et mélancoliques, à l’instar du remarquable final « Lightworks », une compo plongée dans une reverb’ surprenante… 

Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que l’illustration très 50’s de la pochette a été conçue par Mick Rock, artiste célèbre pour avoir immortalisé sur pellicule des légendes comme David Bowie, Blondie et Lou Reed. Bradford Cox marcherait-il sur leurs traces ?

 

Atlas Sound

Logos

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Dans la série des animaux ‘indé’ de première qualité (Grizzly Bear, Panda Bear, Animal Collective, Deerhunter), on pourrait ajouter Bradford Cox (fondateur et chanteur des Deerhunter) qui, sous le nom d’Atlas Sound, signe son deuxième album solo. Pur et sublime !

A l’origine, tout est très calme, comme en apnée. Les bruits de gargouillis électroacoustiques évoquent une métamorphose, l’intérieur d’un corps étriqué, l’univers aquatique protégeant le fœtus. Un carillon et des chœurs floutés étreignent les accords de guitare dans un monde clos, uniforme. On s’assoupirait presque dans cette bulle trop sereine. Puis, au troisième morceau, “Walkabout”, enregistré en compagnie de Noah Lennox (alias Panda Bear), ça remue. D’abord, des cloches lointaines résonnent. S’y substitue un son ultra lo-fi superposé à des voix arrêtées dans une pose angélique. Bradford Cox surgit, à la fois fragile et frénétique. D’un ton enjoué, il demande en boucle jusqu’à ce que l’on ne sache plus bien où se trouve le début de la phrase ‘What did you want to see? What did you want to be when you grew up?’ Repêchées des abysses de l’enfance, ces pensées d’insouciance ne trouvent qu’une réponse d’adulte regrettant de ne plus pouvoir être aussi étourdi. Mais implorant de ne pas trop regarder derrière soi, au risque de se brûler les yeux.

Il n’est généralement pas de mon goût de parler de la vie privée des artistes ; mais pour la circonstance, raconter un peu celle de Bradford Cox, me semble judicieux. Il naît atteint du syndrome de Marfan, une maladie rare qui lui donne ce physique rachitique exhibé sur la pochette, une drôle de tête, et une conscience un peu plus accrue de la mort qui nous surveille tous du coin de l’œil. Je me permets d’évoquer ce sujet, non pas pour verser dans le tire-larmes, mais parce que non seulement le disque –presque– solo de Cox est intimiste, mais il parle de la Grande Faucheuse (sans doute pour mieux la conjurer, à l’instar de Mano Solo). Le titre « Criminals » est une mise en situation de sa propre fin, où un brigand, entré dans sa chambre pour venir le ‘chercher’, lui demande des comptes quant à sa façon de vivre. Dans le magnifique morceau « Shelia », chanson d’amour testamentaire, il fait ce triste constat : ‘Shelia / Tu seras ma femme et partageras ma vie / On vivra vieux / Et à notre mort nous nous enterrerons l’un l’autre / Parce que personne ne souhaite mourir seul Shelia / Nous mourrons seuls ensemble’. « Attic lights » se situe au Paradis, mais on devine une métaphore de la prise quotidienne de médicaments, ‘douleur maximale, effet maximal, vivre vieux, tant accoutumé à l’odeur de ce truc’.

Il serait dommage d’écouter de disque sans comprendre l’anglais, parce que les textes rayonnent d’une aura limpide et lumineuse. Le ton n’est pourtant nullement dramatique, Cox chante nonchalamment, au milieu de claquements de doigts et de notes de carillon, et que ce soit dans la tourmente ou dans l’euphorie, l’émotion, sincère, dégage un parfum d’élégance et d’atemporalité. En farfouillant sur le net, on se rend d’ailleurs compte que le bonhomme plaisante volontiers avec le sujet : il choisit d’être photographié portant un T-shirt de l’Ethiopie ou plongé dans la lecture d’un magazine féminin promettant un régime ultra efficace. Je pourrais comparer Atlas Sound à Eliott Smith pour sa sensibilité, vous décrire un mélange de Devendra Banhart et d’Animal Collective, évoquer des voix rauques et lo-fi des Eels, mais je vous conseille tout bonnement de l’écouter.