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Paddang à la poursuite des fantômes…

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La fuite d’Ellside

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The Haunted Youth

Les larmes de The Haunted Youth

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Après le succès de leur premier album, « Dawn Of The Freak », The Haunted Youth sortira leur second, « Boys Cry Too, ce 8 mai 2026 via Play It Again Sam. Le projet mené par Joachim Liebens, né à l’origine comme une aventure solo, dévoile également un premier extrait, « deathwish », en collaboration avec l’artiste d’Orlando Max Fry.

Sur « Boys Cry Too », Liebens opère un virage plus frontal et émotionnel. Loin de la délicatesse bedroom-pop de leurs débuts, le groupe propose ici un son plus brut, mêlant mélodies fragiles, distorsions abrasives et intensité explosive. L’elpee s’ouvre sur « in my head », une pièce de huit minutes, et se clôture par « ghost gir », marquant un voyage sonore sans retenue.

‘J’étais un gamin sur ‘Dawn Of The Freak »’, confie Liebens. ‘Tout sonnait comme des comptines, fragile, enfantin… Et maintenant, je suis plein d’angoisse et je défonce les portes ».

Le disque explore une large palette d’émotions, oscillant entre colère, paranoïa et vulnérabilité assumée. La première moitié reflète l’image du garçon au cœur brisé, muré dans l’agressivité ; la seconde révèle une sensibilité plus intime. Liebens souhaite célébrer la vulnérabilité des hommes et des garçons plutôt que d’en faire un stigmate.

Musicalement plus organique, « Boys Cry Too » met en avant batteries et guitares live, reléguant les synthés éthérés de leurs débuts au second plan. Le titre « castlevania » est décrit par Liebens comme le triangle parfait entre Nirvana, Alice In Chains et « Loveless » de My Bloody Valentine ». Si l’opus regorge de guitares saturées, ses influences tirent étonnamment vers le hip-hop, notamment Lil Peep, dont l’approche lyrique directe a inspiré Liebens.

Malgré cette intensité, le long playing laisse respirer l’auditeur : Liebens souhaite que chacun puisse projeter sa propre histoire dans les morceaux, nés de sa propre douleur mais pensés pour résonner universellement.

Devenus en quelques années l’une des sensations indie rock belges les plus remarquées, The Haunted Youth ont conquis un public international grâce à leur son dream pop vaporeux. Leur premier album a été salué par Rolling Stone France et KEXP, tandis que le groupe enchaîne les tournées à travers l’Europe et s’impose sur les scènes de Rock Werchter, Pukkelpop, Sziget ou Lowlands.

En gravant « Boys Cry Too », la formation semble prêt à franchir une nouvelle étape dans son ascension.

Le clip de « deathwish »  est disponible ici

 

The Haunted Youth

The Haunted Youth présente son nouveau single “In My Head”

“In My Head” est le nouveau single très attendu de The Haunted Youth, le groupe du musicien belge Joachim Liebens. Ce morceau est dans une veine shoegaze / shoewave / dreampop qui classe le groupe dans la catégorie internationale de Tame Impala, Slowdive, The War On Drugs et The Beach House, même si la fin de la compo lorgne vers des voix plus hardcore.

C'est Joachim Liebens qui a composé le titre (paroles et musique) et qui l'a produit. Le mixage est signé par Joachim Liebens et Tobie Speleman et le mastering, par Jeffrey de Gans (Da Goose Mastering). L'enregistrement a eu lieu dans les studios Mellowcat (Gand) et GAM (Waimes).

Le groupe revient d’une tournée mémorable en Allemagne aux côtés du phénomène indie canadien Ekkstacy. Rappelons qu'en 2023 et 2024, The Haunted Youth a foulé de nombreuses scènes dans toute l'Europe et a participé aux festivals Iceland Airwaves, Montreux Jazz, Best Kept Secret, Eurockéennes, Rock Werchter, Pukkelpop et Lowlands.

Joachim Liebens travaille actuellement sur la suite de “Dawn of the Freak”, un premier album qui avait été plébiscité tant par le public que par la critique. Il avait été publié par Mayway Records, le label courtraisien qui héberge également Eosine, le groupe belge qui est en train d'exploser depuis quelques mois.

Écouter ‘In My Head’: ici.

Photo (c) Anneke D'Hollander

The Laundromat Chicks

Lightning Trails

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Laundromat Chicks est un quatuor issu de Vienne et « Lightning Trails constitue son deuxième elpee. Il fait suite à « Trouble », paru en juin 2022. Agé de 19 printemps, Tobias Hammermüller en est le chanteur/guitariste, mais également le leader. Sept plages figurent sur ce mini elpee, dont la musique indé évoque, tour à tour, The Reds Pinks & Purples, Belle & Sebastian, les Pastels, Kings of Convenience ou Feist, alors que lorsque la section rythmique devient offensive, on ne peut s’empêcher de penser à Wilco.

Des guitares ‘jangly’ ondoyantes, parfois traitées en slide, à l’instar du titre qui ouvre le disque, « Sunday mystery », de la mélancolie douce, une section rythmique feutrée mais efficace et circonstanciellement un filet de clavier vintage alimentent de jolies mélodies interprétées d’une voix détachée, douce et indolente par Tobias…

Rafraîchissant !

 

Shaun Ferguson

Shaun Ferguson entre ombre et lumière…

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À travers « La Lumière de L’Ombre – L’Ombre de la Lumière », le 3ème elpee de Shaun Ferguson nous plonge dans un monde de pure beauté musicale, entre la lumière et l’ombre. La guitare acoustique met l’emphase sur la maîtrise de Shaun à la guitare acoustique

Que vous soyez un fan de musique instrumentale ou appréciiez simplement la virtuosité d’un musicien à la guitare acoustique, vous serez captivé par les mélodies émouvantes et les textures riches de La « Lumière de l'Ombre - L’Ombre de la Lumière ».

La musique instrumentale moderne et transcendantale de ce guitariste virtuose, compositeur et interprète issu de Caraquet, au Canada, est empreinte d'une poésie subtile et intense, offrant un voyage captivant.

Guidé par son intuition, son agilité et sa sensibilité, Shaun Ferguson puise son inspiration dans différents courant musicaux, oscillant du folk aux musiques du monde, les transformant à sa manière.

Pour découvrir le clip de « L’ombre et la lumière », c’est

The Laundromat Chicks

Les sentiers lumineux de The Laundromat Chicks

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Après avoir publié "Trouble", The Laundromat Chicks nous propose son second elpee, "Lightning Trails", que Tobias Hammermüller, a produit avec Martin Rupp (Jansky).

Loin des ordinateurs et des boîtes à rythmes, le groupe autrichien a enregistré sept morceaux dans une petite maison de Basse-Autriche, que les musiciens visitent régulièrement. Des guitares désaccordées, de légers morceaux de piano, des sons flous, ces morceaux n'ont rien à envier aux premières œuvres de Belle & Sebastian, mais aussi de Kings of Convenience et Feist.

Dans ses chansons, Tobias Hammermüller crée des mondes surréalistes, pour lesquels le jeune homme de 19 ans s'inspire de vieux films pour les entrelacer avec des histoires de la banlieue de St. Pölten.

"Lightning Trails" sortira ce 16 juin 2023.

Et le nouveau clip, « Let’s do this », est disponible ici

Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page artiste en cliquant sur le nom du groupe dans le cadre ‘Informations complémentaires’.

 

Laundromat Chicks

Le trouble de Laundromat Chicks

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Laundromat Chicks c’est le projet de Tobias Hammermüller, et il publiera son premier long playing « Trouble », ce 17 juin 2022.

L’Autrichien s'est inspiré du son indie rock des années 2010 (Snail Mail, Chastity Belt, The Babies, Best Coast, The Drums) et de nombreux tubes new wave (Aztec Camera, Psychedelic Furs, Echo and the Bunnymen, Prefab Sprout) pour créer sa twee-pop/jangle-pop. Les lignes de texte sont largement inspirées de citations de films. Il affectionne particulièrement les anciennes bandes d'Éric Rohmer et de Wim Wenders, ainsi que les films du Nouvel Hollywood/Nouvelle Vague, car ils traitent souvent de crises d'identité et d'évasion, tout comme ses chansons.

En attendant, il nous propose son single, « You're on the Line », issu de cet elpee, et le clip est disponible

 

 

 

Aun

Alpha Heaven

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Poussières cosmiques et effondrements massifs d’étoiles mortes au programme de ce voyage intersidéral et super sidérant, proposé par Aun.

A contrario du film ‘Gravity’ qui joue sur les effets spéciaux, « Alpha Heaven » propose un séjour en apesanteur minimaliste.

Suite du très recommandable « Phantom Ghost » et lui emboîtant le pas, les onze titres ici présents placent d’office l’auditeur en orbite.

Un périple captivant dont l’épicentre se trouverait happé dans l’espace temps, quelque part du côté d’une certaine scène allemande des années 70 et qui se répercuterait alors en ondes toutes en circonvolutions révolutionnaires au travers de dimensions, connues ou inconnues.

Les instruments et les processeurs se font écho, s’entrelacent et serpentent dans la nébuleuse d’un album ouvert sur la beauté spectrale de l’infini, invitation à la navigation transcendantale.

Un album incontournable pour tout rêveur qui se respecte.

 

Gauntlet Hair

Stills

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Gauntlet Hair nous vient du Colorado, un duo qui pourrait très (trop) facilement être taxé de revivaliste 80’s. Or, ce serait commettre une grosse erreur ! Craig Nice (batterie) et Andy Rauworth (guitare, voix) affectionnent clairement la batterie électronique, les claviers et les machines aux relents eighties ; mais leur appétit ne s’arrête pas en si bon chemin. Ils puisent également leurs sonorités dans la noise et le post-punk. Bref, leurs compos baignent, le plus souvent, au sein d’un climat gothique. New Order et Jesus and Mary Chain ne sont pas loin, mais en plus punk. A contrario du premier elpee de la formation, « Stills » aborde le côté obscur de la musique. Les mélodies sont aussi moins évidentes ; plusieurs écoutes s’imposent d’ailleurs afin de pénétrer au cœur de cette carapace et d’apprécier cette œuvre, ma foi, complexe.  

Deuxième essai réussi donc pour le duo qui a eu l’audace de changer de parcours en explorant un univers sonore particulièrement ténébreux. Si le long playing est paru en été, ce n’est réellement que dans les premiers jours d’automne qu’il prendra toute son envergure.

 

Gauntlet Hair

Gauntlet Hair

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Gauntlet Hair nous vient de Lafayette, dans le Colorado. Un duo réunissant Andy R. (guitare, chant) et Craig Nice (batterie) qui se connaissent et partagent leurs goût musicaux, depuis l’âge de 15 ans. Certains médias comparent déjà leur musique à celle d’Animal Collective. Pour la créativité, peut-être. Et le recours à la technologie moderne, sans doute. Mais certainement pas pour les vocaux, Andy les dispensant constamment en reverb. Propulsé par les drums, mais aussi toute une panoplie de percus et de basses synthétiques, les rythmiques sont puissantes, pulsantes, palpitantes. Les cordes de guitare, bringuebalantes, tintinnabulantes, elliptiques, un peu comme chez Vini Reilly (Durutti Column), mais davantage écorchées voire déchiquetées.

Paru fin de l’année 2011, cet opus est éponyme. Il recèle neuf plages qui baignent dans une forme de noisy contemporaine. Expérimentale aussi ; mais sans jamais sombrer dans l’intellectualisme à tout crin, Gauntled Hair parvenant à baliser toutes ses compos sur une trame subtilement mélodique. A découvrir !

 

Megafaun

Megafaun

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Depuis la publication de son dernier Ep, « Heretofore », sorti l’an dernier, on attendait impatiemment la suite des aventures de Megafaun. Faut dire que le folk de ces Yankees (NDR : ils sont originaire de Durham, en Caroline du Nord) est ouvert à l’expérimentation (« These Words »). Il flirte même parfois avec la prog ou  le psychédélisme, sans pour autant négliger le sens mélodique de ses compos (« Real Slow »).

Les frères Cook et Joe Westerlund ont milité au sein du DeYarmond Edison, en compagnie de Justin Vernon. Tout comme lui, ils ont la belle et noble ambition de sortir le folk des sentiers battus. La très belle plage instrumentale « Isadora », trempée dans le free jazz et la plus soul « Everything » en sont les plus parfaites illustrations.

Les sessions d’enregistrement de cet elpee ont été réalisées dans une cabane, au fin fond du Wisconsin. La même au sein de laquelle Bon Iver avait concocté son premier long playing, disque qui lui avait permis d’atteindre le sommet des charts. Le nouvel essai du trio est de bonne facture, sans plus. Il y a bien quelques pépites, à l’instar du remarquable « Get Right », pour lequel Justin Vernon se charge de la guitare et dont la structure doit autant au Krautrock qu’au folk. Ou du plus classique « State/Meant », qui aurait pu figurer au répertoire de Neil Young. Cependant, l’album souffre de quelques faiblesses (le très léger « Hope You Know »). Ce qui n’empêche pas Megafaun, vu la liberté de ton qui le guide, de se poser en digne disciple de Wilco voire de My Morning Jacket…

 

Megafaun

Heretofore (Ep)

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Au sein de la grande famille néo-folk américaine, Megafaun est considéré comme un des ensembles les plus doués de la nouvelle génération. Un an (NDR : plus ou moins) après avoir publié « Gather, Form and Fly », un opus qui leur avait valu d’excellentes critiques, le trio a décidé de nous rappeler à leur bon souvenir. En concoctant un nouvel Ep. Faut croire que les trois barbus en avaient un peu marre de toujours se farcir les mêmes morceaux. D’ailleurs le disque s’étale sur un peu plus de 34 minutes, démontrant que les musicos débordaient d’imagination…

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que nos doux bucherons pètent la forme. Car cet « Heretofore » constitue bien plus qu’une simple parenthèse dans la discographie du combo, même si les compos ont été écrites en à peine une semaine. Le groupe continue d’alterner répertoire trempé dans la tradition et expérimentations soniques (voire psychédéliques). Et le presque pop « Carolina Days », le countryfiant « Volunteers » ainsi que le superbe instrumental « Comprovisation for Connor Pass », morceau qui atteint presque les 13 minutes, en sont les plus belles illustrations.

Les natifs d’Eau Claire sont de grands amis de Bon Iver. Et pour cause, ils ont milité ensemble, au sein de DeYarmond Edison. Megafaun est en pleine forme et devrait sortir un nouvel elpee, au cours de cet automne. De quoi nous permettre de passer l’hiver (NDR : qui a dit Iver ?) bien au chaud. Si vous appréciez Akron/Family, vous devriez également flasher à l’écoute de la musique de ces autres doux rêveurs, en compagnie desquels, ils ont souvent partagé l’affiche. A ne pas manquer ce 19 août, au Pukkelpop, où ils se produiront !

The Old Haunts

Poisonous Times

Écrit par

The Old Haunts est au rock ce que Judith Godrèche est au cinéma français : une potiche fadasse et anecdotique, jouant constamment de la même manière. « Poisonous Times » est une œuvre irritante ; et même une écoute ultra rapide n’y change rien. De plus, les tentatives flagrantes de Craig Extine d’interpréter ses écrits de la même manière que Jack White sont, au bout de quelques morceaux, tout à fait risibles. Seules les ballades (« Sunshine », « Hung Up On The Down Side », « In Revolt » et un « Dressed As Thieves » à la Babyshambles) donnent du cachet à l’ensemble, évitant ainsi la nausée à l’auditeur réfractaire. En bref, « Poisonous Times » est un de ces recueils qui finiront par encombrer le fond des bacs de soldes…

 

Aunt Kizzy'z Boyz

It's tight like that

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Cette formation est établie dans la partie méridionale de la Californie, près de San Diego. Leur line up a tout pour plaire, puisqu’il réunit trois musiciens noirs et trois blancs. Un premier album chargé de promesses, "Trunk full of bluez", était paru en 2004. Le combo recèle en Sugaray Rayford un formidable vocaliste, un véritable blues shouter. Originaire de Tyler au Texas, il a forgé sa voix dans les chants gospel. Le drummer, Dwane Hawthorn, adore Willie Big Eyes Smith. Originaire de l'Angola, Bastos "Moe" Moenho se réserve les percussions. Côté blanc, le guitariste Jim King est un musicien très affûté. Le mois dernier, je vous avais présenté son album solo, "When the blues are green", un hommage au guitariste anglais Peter Green. Michael Mack siège derrière les claviers et enfin, Big Joe Schiavone tient la basse. AKZ a représenté récemment San Diego à l'International Blues Challenge de Memphis. Il a décroché la seconde place sur un total de 130 formations. Et notez bien, le combo se produira en France, la première quinzaine de novembre. Rayford et King forment une paire de compositeurs prolifiques. Ils signent d’ailleurs la majorité du répertoire de ce nouvel elpee.

"Texas bluesman" ouvre le disque. Une plage autobiographique consacrée au chaleureux Sugaray. L'introduction est puissante. La guitare de King largement amplifiée et la section rythmique bien solide. L'orgue Hammond tient bien sa place au cœur de l’ensemble. La voix de Sugaray est impressionnante. Elle écrase tout sur son passage. Guère étonnant que le backing group soit de poids. Il faut en effet pouvoir donner la réplique à ce diable d'homme qui récite son chapelet de bluesmen texans, égrenant les très intéressants Freddie King, Stevie Ray Vaughan, Gatemouth Brown, etc., alors qu’en soutien, King ne cesse de distiller des notes très électriques. Rayford nous conte les aventures de la "Bad gal". Le tempo est très marqué. En récitant à l'infini des phrases inspirées par BB et Albert King, Jim King porte bien son nom. L'orgue offensif de Michael Mack est très bien épaulé par les instruments de ses compagnons. Le son est inspiré du Memphis blues. Les lumières s'éteignent. L'intensité devient dramatique, le tempo lourd. King marque son territoire en s'acquittant d'une introduction de choc au classique des classiques : "Sugar mama". Sa voix est également bien puissante. Il l’avait également démontré sur son opus solo, mais ses interventions à la guitare étaient plus réservées. Il est vrai qu'il s'inspirait de Peter Green. Il se révèle un gratteur fort intéressant, mais au style personnel. Il utilise beaucoup l’écho et l’intensité. Son jeu accrocheur exige une lucidité permanente pour ne pas déraper et perdre le contrôle de ses desseins sonores. Le chant de Sugaray nous flanque des frissons partout tout au long d’"I still remember", une plage superbe, très simple et dépouillée, au cours de laquelle les accords acoustiques de Jim trament un rythme hypnotique. A cet instant, il est à la recherche du fantôme de John Lee Hooker et des fameux ‘chillun’, et ‘old folks on the porch on the Sunday afternoon’. Le frisson, je vous disais! Divertissement instrumental, "Bundalogy" est animé par les percussions de Moe et Dwane. Nous entrons alors dans "Juke joint", pas un de ces juke joints délabrés et poussiéreux des collines du Mississippi ; mais encore plus près des lumières de Beale street. Sous les reflets de BB King et aux accents du piano boogie de Mack. Classique de BB, "The thrill is gone" est introduit par un jeu très aérien de King. Le rythme imprimé par les percussionnistes est volontairement exotique. Le tempo est élevé. Cette lecture du "Thrill" est très réussie, à cause du jeu flamboyant du guitariste, de la cohésion de l'ensemble et de la voix épanouie de Sugaray. Cette œuvre fort intéressante s’achève par "Annie Mae's Café", un blues lent majestueux de plus de 10'. Cette longue plage ne suscite jamais l’ennui, car elle évolue progressivement avant d’atteindre sa puissance maximale ; et après plus de 7', Jim King vient occuper le devant de scène pour ne plus guère la quitter, tandis que le chant de Sugaray est beau à pleurer! 

Jaune Toujours

cluB

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On a beau dire ce que l’on veut. La Belgique unie à encore de beaux jours devant elle, comme en témoigne l’admirable collectif néerlando-francophone Jaune Toujours. Bilingue dans le texte, multiculturel dans l’âme, la formation bruxelloise répond à la demande de ses fans en leur offrant leur première œuvre enregistrée en public. Du son et de l’image. D’abord le son. Belle entrée en matière, « cluB » est introduit de la plus festive manière qu’il soit par un morceau (quasi) instrumental sobrement intitulé « Intro » où saxophones, clarinettes et autres trompettes se déchaînent. Enregistré en mars 2006 au… Club de l’Ancienne Belgique, ce live invite bien entendu à la fête, mais également à l’ouverture d’esprit sur des textes tendrement belgo-belges (« An Der Lecht », « Ici Bxl ») et des ambiances que ne renieraient pas les Ogres de Barback. En 18 morceaux à la fois dansants et touchants, le combo prouve qu’il n’a pas volé sa réputation. Côté image, le DVD bonus contient la version visuelle de quelque uns des titres audio du CD, ainsi que trois clips vidéo dont l’amusant et spontané « Ici Bxl » enregistré dans les rues de la capitale. Pour tous les brusselaires et, surtout, les autres !

 

 

 

Erik Trauner

A scarecrow´s moan

Écrit par

Erik Trauner est né à Vienne. Agé de 48 ans, ce chanteur/guitariste/harmoniciste/compositeur est aussi et surtout le leader du Mojo Blues Band, depuis sa création en 1977. Le blues coule dans ses veines. Un passionné qui aime le Chicago blues, mais également les très louisianais cajun et zydeco. Il se produit régulièrement en solitaire lors de concerts acoustiques où il peut laisser brûler sa flamme et étaler son talent. A ce jour, il a commis deux elpees sous son patronyme : Up slide down", paru chez Wolf en 1995 et "I'll fly away", enregistré en compagnie de la chanteuse de gospel Sister Shirley Sidney, un disque édité sur Document en 1998.

Acoustique, ce nouvel opus a été concocté en solo. Assis sur un tabouret, Erik empoigne son dobro à l'armature métallique et commence à interpréter la plage éponyme. Il la chante de son timbre indolent. Son instrument libère une tonalité d’une limpidité étonnante. Trauner a composé la plupart des compos de ce disque. Il réalise son adaptation personnelle du blues rural, de ce country blues né il y a quelques décennies. Il a manifestement intégré cette musique. Et de la manière la plus naturelle possible. Ce Viennois est ainsi capable d’attaquer des styles totalement différents, tout en variant les tempi. A l’instar de "The kids can't stand it" ou du tribal "I hope this man was heaven bound", compo qui a reçu la participation de Siggi Fassl aux vocaux. Une collaboration qu’il renouvelle sur "Philly Angel". Membres du Mojo Blues Band, ces deux chanteurs/guitaristes se produisent parfois ensemble sous le patronyme de Wizards of Blues, un projet destiné à remettre au goût du jour le blues des années 30 et 40. Seul sur les planches, Erik se débrouille aussi bien. Il est capable de tirer le maximum de son répertoire et de créer une ambiance participative. Il le démontre tout au long de l’allègre "I ain't funny that way". Il a également le don de faire passer ses émotions, tant il vit sa musique. Sa gratte et lui ne font qu’un. Et lorsqu’il est hanté par Lightnin' Hopkins sur "You live so far away", l’intensité est à son comble. Il s'attaque également en solitaire au boogie entraînant "Mainstreet boogie". Trauner est également habile pour mouler son blues dans de biens jolies mélodies. Parfumé d’exotisme par une slide aux accents hawaiiens, "Inside job" en est la plus belle illustration. Cet elpee ne suscite jamais la lassitude. Même lors des reprises. Erik s’en réserve trois : le "Sleepy water Blues" de Lonnie Johnson, "Highway 61" de Mississippi Fred McDowell, caractérisé par un jeu aussi superbe que poignant au bottleneck, et "No, no blues" de Curley Weaver. Trauner achève cet opus par une longue plage instrumentale aux accents dramatiques. Son bottleneck glisse avec beaucoup de sensibilité, le long des cordes. On y discerne clairement la souffrance manifestée par les gémissements de son instrument. Le ton est volontairement grave pour marquer ce "Pontchartrain flood", en référence à l'ouragan Katrina qui dévasta une bonne partie de la Louisiane près de la Nouvelle-Orléans et du Mississippi. Excellent !

 

 

Faun Fables

The Transit Rider

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Entre magie noire, conte de fée et tragédie médiévale, le folk magique des Faun Fables apporte ses surprenants ingrédients à la confection d’une potion psychédélique. A la base de ce projet, deux ensorceleuses : Nils Frykdahl et Dawn McCarthy. Tels de jolis fantômes sortis d’une forêt spectrale, les deux complices déposent un hypnotisant quatrième album dans les jardins citadins. Plus fascinant que charmant, ce nouveau disque s’inscrit dans la lignée de leurs œuvres précédentes. Soit, un folk enrichi de mythiques instruments : harpe, accordéon, flûte, glockenspiel, vibraphone, etc. Ces orchestrations confèrent à « The Transit Rider » une tension permanente.

Entre célébration folklorique et commémoration mystique, les Faun Fables instaurent un climat musical transcendantal. A l’écoute de « House Carpenter » ou « Taki Pejzaz », on ne peut s’empêcher de tourner la tête pour se rassurer. Et s’assurer qu’une gargouille n’a pas fait son entrée, profitant de la faille spatio-temporelle ouverte par ces psaumes incandescents. « The Transit Rider » n’est donc pas un disque à mettre entre toutes les oreilles. Il conviendra aux admirateurs de White Magic, Joanna Newsom et de Frodon le Hobbit.

The Launderettes

Every Heart Is a Time Bomb

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Nous sommes en 2005, en Norvège très exactement. Ici, au cœur de la Scandinavie, celui des adolescents bat toujours pour un rock garage anachronique, calqué sur la « British Invasion ». Problème ? Juste un décalage temporel, rien de plus. L’invasion britannique, c’était au beau milieu des années 60, quelque part aux Etats-Unis, dans un garage quelconque, entre une brosse et un râteau. De jeunes écervelés s’attachaient alors à reproduire les étincelles pop des Kinks, Stones et autres Animals. La technique en moins, la rage en plus. A ce jour, il existe encore des poches de résistance : Detroit, New York, Londres. Et ne soyons pas radin : la globalité territoriale de la Scandinavie vit aujourd’hui des rêves de gloire anglais de l’American Dream. Les formations garage sévissent et y carburent à plein régime : The Nomads, The Hives, Mando Diao, The (International) Noise Conspiracy, etc. C’est dans cette conjoncture qu’apparaît The Launderettes, quintette féminin mélodieux et déchiré. Cinq jolies filles. Trois blondes et deux brunes. Intimement convaincues d’épouser la fin des sixties. Résultat : un disque énorme. Désuet à mourir mais grandiose. The Launderettes, c’est un croisement fortuit entre The (International) Noise Conspiracy et Holly Golightly. Les Suédois pour l’orgue fou trébuchant à travers les guitares, l’Américaine pour la voix claire et élégante d’Ingvild Nordang. Les riffs sont percutants (« Fluff’n’fold », « Waiting For You »), l’appétence harmonique soufflante (« No Good », « Fading Out »). Ce deuxième album des Norvégiennes déborde d’une énergie positive, d’une fraîcheur naïve qui plaisent aux tympans, n’en déplaise aux parents. « Every Heart Is A Time Bomb » est une collection de onze titres de rock garage, jouissif et mélancolique comme une demi-heure passée à tourner les pages d’un album photos dédié aux anciennes gloires du rock’n’roll.

Shaun Guerin

Shaun

Écrit par
Imaginez- vous dans le grenier de votre grand-mère, face à un coffre. Un de ces objets magiques dont la seule vue vous rappelle des instants lumineux de votre passé, des coins de bonheur oubliés, des souvenirs bénis. Et puis, en l'ouvrant, miracle! Vous retrouvez avec émotion de véritables joyaux d'enfance, des trésors futiles, de ces vénérables jouets qui bâtirent votre âme, de ces photos que l’on ne peut revoir sans s'asseoir d'émotion. 'The Epic Quality of Life', c’est un peu de tout cela. La pochette, dont le superbe digipack est dû au talent de l'illustre Paul Whitehead, n'est autre qu'un superbe développement de celle qu’il réalisa pour le féerique 'Nursery Cryme' de Genesis. C'est notre coffre ! Puis vient le contenu. Et le miracle se produit. Shaun Guerin a vraiment plus d'un talent (NDLR : dans son sac ? Dans son coffre ?). Entre autres, il peut chanter comme Peter Gabriel (c'est parfois hallucinant) et jouer de la batterie aussi bien que Phil Collins, dont il retient aussi parfois les intonations vocales. Parfois, Genesis et le Gab ne sont donc pas très loin. Mais Shaun est aussi et avant tout un compositeur talentueux et passionnant. C'est pourquoi le CD, à l’instar de sa pochette, offre bien plus qu’un nième plagiat/clonage/cover (NDR : biffez la mention inutile). Plutôt une évolution, un développement, intégrant aussi l’inspiration d’autres muses. Toujours avec bonheur. Toujours avec une émotion naturelle et authentique. On retrouve pêle-mêle des influences prog, jazz-rock, pop, métal, saupoudrées de Yes, voire d'un zeste d'Emerson. L'album ne sacrifie rien au XXIe siècle, mais bénéficie d'une très bonne production. Il s'écoute d'une seule traite dans une joie et un étonnement permanents. Certes, un des incontournables de cette année. D'autant qu'un événement malheureux en fait un objet encore plus rare. Shaun est en effet décédé peu après la sortie de cet elpee. Une œuvre hautement recommandable, donc. Exceptionnelle, troublante, magique. Et dont la conclusion vous surprend, rêveur et enchanté, hors du temps, assis à côté d' un coffre ouvert, dans le grenier de votre grand-mère…

Faun Fables

Family Album

Feuilleter un album de famille, c’est charrier avec soi son lot de souvenirs : les photos sépia qui se décollent laissent entrevoir un passé qu’on croyait perdu à jamais dans les limbes de notre cerveau flétri. Comme figées dans le temps, elles nous rappellent qu’à une époque, tout était différent : l’odeur de naphtaline réveille en nous d’étranges visions, surgies du néant mais prêtes à nous émouvoir une dernière fois, avant la quille, les pleurs, la nostalgie. En écoutant Faun Fables, on s’imagine à table en compagnie de Dawn McCarthy, cousine imaginaire qui ressasserait avec nous les vieilles discussions de notre enfance. Ces mélodies fardées d’un autre âge, ces ambiances de fête médiévale, ces vieilles guitares blues rafistolées à la va-vite, et puis cette voix archétypale, entre Beth Orton, June Carter et Rose McDowall : le jour du Nouvel An, on n’oubliera pas de souhaiter tout notre bonheur à cette cousine fantasmée, au teint d’actrice de films muets. Aux détours de certaines pages écornées, on croisera également l’oncle Nils (Frykdahl), celui qui chantait de lentes complaintes nordistes de sa voix ampoulée. « Il aimait Scott Walker, Perry Blake et David Tibet », se rappellera-t-on, les larmes aux yeux et la gorge sèche. Une fois l’album parcouru, on décollera quelques photos, en souvenir de ce bon temps. Entouré des les enfants, on murmurera alors les chansons que nous apprit Faun Fables, et on se souviendra que le folk (dark-, country-) berça, il y a longtemps, toutes nos jeunes années… Se rappeler le passé peut parfois être chouette : à condition de ne pas en faire une habitude, pour éviter l’encroûtement.

Shaun Ryder

Amateur night in the big top

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A l'issue de la fameuse tournée australienne consacrant la réunion ultime des Happy Mondays, Shaun Ryder est allé rendre visite à son cousin Pete Caroll. Ils ont commencé à écrire des chansons ensemble ; mais au bout de trois mois, Shaun a été expulsé du pays et interdit de séjour pour 3 ans. Pas étonnant lorsqu'on connaît le personnage, dont les problèmes liés à la drogue semblent récurrents. Finalement, après de très âpres négociations, il a pu retourner en Australie pour achever cet album. Un disque pour lequel il a notamment reçu le concours de Shane Norton (Ku-Ling Brothers), de Stephen Mallinder (ex Cabaret Voltaire) et du joueur de pedal steel Lucky Oceans (Asleep in the Wheel, Bob Dylan, Willie Nelson). En Angleterre, la presse insulaire a plutôt mal réagi à cet opus. Faut dire que Shaun ne fait rien pour attirer leur sympathie. En vérité, les six derniers fragments de cet elpee manquent franchement de consistance : dub inoffensif, house nightclubienne et électronique terne se partagent l'espace sonore. On a même droit sur " Nothern soul brother (shapeshifter) ", à la suite du dialogue échangé entre le vaisseau extraterrestre et le récepteur d'ondes, lors du film " Rencontre du 3ème type ". Par contre les deux premières plages sont remarquables et libèrent un groove irrésistible, comme à la belle époque des Mondays. Tout d'abord les sept minutes malveillantes, lancinantes, hypnotiques de " The story ". Ensuite, les neuf minutes ténébreuses, envoûtantes, parsemées de percus labellisés 'Madchester', de " Long legs (part 1 2 3) ". Et ici les contes tour à tour délabrés, tortueux, sarcastiques, triviaux ou décadents que récite Shaun, de sa voix si particulière, prennent leur véritable dimension. Dommage que tout l'album ne soit pas de la même veine…

Launch

Back to abnormal

A premier abord, la musique de Launch rappelle la new-wave du début des eighties. U2 circa "Boy" pour le côté hymnique des mélodies et les guitares cinglantes. Simple Minds coloration "Real to real cacophony", à cause des claviers lancinants, hypnotiques. Bauhaus lorsque le climat s'assombrit, la basse menace (ça rime!) et le chant épouse des inflexions lugubres, presque sinistres (Peter Murphy). Mais l'expression est tellement riche qu'elle ne se contente pas de vampiriser le passé. D'osciller du rock à la pop avec une facilité déconcertante. D'égratigner la folk celtique (Waterboys), la musique ethnique (The Tea Party), la cold wave (Mission), le metal urbain (Stooges) et même la soul au goût Tamla Motown. Elle possède par exemple le même art contagieux du refrain courtisé par les Scabs. Et au sein de ce patchwork, deux compositions méritent un prix d'excellence, "No Control" et "You". Une bonne raison de croire que Launch n'est pas "Back to abnormal" mais regarde résolument vers le futur. Probablement un must!