TRAVO avance sur terrain vague

Le quatuor portugais TRAVO publiera « WASTELAND » le 2 octobre 2026 sous la bannière de Fuzz Club, en partenariat auprès de Spinda Records et gig.ROCKS! pour l’Espagne et le Portugal. Premier disque du combo chez le label londonien, ce quatrième opus studio…

logo_musiczine

Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (9 Items)

Kid Ramos / Bob Corritore

Phoenix Blues Sessions

Écrit par

Agé de 64 balais, Bob Corritore est un des plus brillants harmonicistes contemporains. Il a partagé la scène avec de très nombreux bluesmen notoires, et tout particulièrement sur les planches de son club, ‘The Rhythm Room’, à Phoenix, en Arizona. Ce bluesman à la vie intense est également devenu un animateur radio réputé, à travers ‘Those lowdown blues’, une émission qu’il présente sur KJZZ FM. En outre, sa discographie est conséquente. Sa réputation, il l’a forgée au fil du temps et de ses expériences…

Guitariste californien, Kid Ramos a milité chez le James Harman Band et surtout sévi, pendant dix longues années, au sein des Fabulous Thunderbirds. Il a entamé sa carrière solo, en parallèle. A ce jour, il a gravé cinq elpees sous son propre nom, dont le dernier, "Old school", remonte à 2018.

Les sessions d’enregistrement se sont déroulées à Phoenix, entre la fin des années 90 et le début du millénaire. Cet opus était paru comme ‘benefit album’, en 2012, pour financer les frais médicaux de Kid qui luttait alors contre un cancer. Toutes les compos ont été masterisées. En outre, le long playing a été enrichi de plusieurs titres inédits. Comme ni Kid ni Bob ne sont chanteurs, ils ont fait appel à de nombreux amis, parmi lesquels figure le pianiste Henry Gray, décédé récemment à l’âge de 95 ans.

Superbe, "Aw shucks baby" ouvre la plaque. Nappy Brown se consacre au chant. Bob est intenable à l’harmonica. Derrière son piano, Henry Gray interprète l'inédit "Come on in". Kid Ramos est alors au sommet de son art. Gray est toujours au poste pour attaquer "I held my baby last night », un excellent downhome blues signé Elmore James. Et encore le remuant "Talkin bout you", une plage issue de sa plume. Blues lent classieux, "24 hours" a été composé par Eddie Boyd, en 1953. Un certain Dr Fish se réserve le micro, alors que Mr Corritore souffle dans l'instrument chromatique. L’émotion est à son comble lorsque Chief Schabuttie Gilliame (NDR : affichant 95 balais, il est né en Egypte) chante d’une voix ravagée, "No more doggin'". "Mother-in-law blues" est une piste indolente jadis popularisée par Junior Parker. Batteur de session, Chico Chism, se charge des parties vocales alors que Ramos dispense une sortie chargée de feeling sur les cordes. Le Kid se distingue encore à la slide tout au long de "Possum in my tree", un morceau que chante autoritairement Big Pete Pearson. Pas la moindre faiblesse sur ce long playing qui recèle, en outre, de remarquables titres de blues classique…

John Primer & Bob Corritore

The gypsy woman told me

Écrit par

L'un est noir, chante et joue de la guitare, l'autre blanc, souffle dans son harmonica. Deux artistes reconnus dans l’univers du blues. Le premier, John Primer, accuse 75 ans. Il vit depuis plus de 40 ans à Chicago. Son haut fait d'armes ? Avoir été membre du Muddy Waters Band durant les trois dernières années de vie du bluesman légendaire. Mais il a également et longtemps accompagné une autre grande figure du blues, Magic Slim, au sein de Teardrops.

Bob Corritore est âgé de 63 ans. Il est propriétaire du Rhythm Room, un club notoire de Phoenix, en Arizona. Au cours des dernières années, il a publié toute une série d’albums, le plus souvent, sous le patronyme, Bob Corritore & Friends. Il avait déjà gravé deux long playings avec John Primer, deux disques parus chez Delta Groove, "Knockin' around these blues", en 2013, et "Ain't nothing you can do!", en 2017.

"The gypsy woman told me" est découpé en douze plages. En studio, le tandem a reçu le concours d'amis, tous excellents musiciens. Essentiellement constituées de reprises signées par de célèbres bluesmen, les sessions se sont déroulées dans une ambiance propice aux jams.

Dynamique, le "Keep A-driving" de Chuck Willis (NDR : un artiste trop tôt disparu à l'âge de 30 ans) ouvre l’elpee. "The gypsy woman told me" est issu de la plume de Muddy Waters. La reprise, qui met en exergue le piano de Bob Welsh, la slide de John et bien sûr l'harmo, est impeccable et nous entraîne au cœur du Chicago southside. L’adaptation acoustique du "Gambling blues" de Lil' Son Jackson (NDR : un Texan !) est chargée de feeling. Signé Sandy Jones (NDR : c’est lui qui avait composé "Laudromat Blues" pour Albert King, en 1966), il constitue un des sommets de cet LP. Les interventions à l’harmo de Bob sont bouleversantes tout au long du "I got the same old blues" de JJ Cale, une plage qui bénéficie de la participation Jimi ‘Primetime’ Smith (NDR : un pote issu de Chicago) aux cordes. Bob Corritore ressuscite le fantôme de Sonny Boy Williamson 2 sur son "My imagination". Le "Left me with a broken heart" de Jimmy Rodgers nous replonge dans cette superbe ambiance du Chicago de la grande époque. Billy Flynn y brille aux cordes. Tout comme lors de la finale, une reprise du "Ain't gonna be no cuttin' loose" de James Cotton, au cours de laquelle il épaule Bob…

John Primer & Bob Corritore

Ain't nothing you can do!

Écrit par

Et une collaboration de plus à l'actif de cet authentique bluesman blanc, Bob Corritore ! Cet excellent harmoniciste est également le propriétaire du célèbre club de blues à Phoenix, The Rhythm Room !

John Primer est un bluesman noir issu du bercail de Chicago. Chanteur, guitariste et compositeur, il s’est forgé sa notoriété en devenant le gratteur attitré des Chicago Blues All Stars de Willie Dixon, dès 1979, et jusqu’en 1983, celui de feu Muddy Waters. Mais également en accompagnant le célèbre Magic Slim, au sein des Teardrops. Un fameux pedigree ! Depuis, il a entamé une carrière en solitaire.

En 2013, John et Bob avaient déjà gravé un opus en commun, "Knockin' around these blues", un disque paru sur le label Delta Groove. Et c’est encore le cas pour "Ain't nothing you can do!".

Cet opus est dédié à la mémoire de Charles Goering, alias Barrelhouse Chuck, décédé d'un cancer, en décembre 2016, alors qu’il n'avait que 58 ans. Ce remarquable pianiste avait participé aux sessions d’enregistrement. Il est d’ailleurs impliqué sur sept des dix titres proposés. Et lors des mêmes plages, ses amis chicagoan, Chris James et Patrick Rynn, se consacrent respectivement à la guitare et la basse.

Le duo attaque l’émouvant "Poor man blues", un Chicago blues signé Primer. Sa voix est superbe. Et Barrelhouse Chuck nous réserve une excellente intervention aux ivoires. Le "Elevate me Mama" de Sonny Boy Williamson II est sculpté dans le pur Chicago Southside. Réalisant une parfaite synthèse entre les styles de Sunnyland Slim et de Pinetop Perkins, ce morceau impeccable met bien exergue l'harmonica de Bob, la slide de John et le piano de Barrelhouse Chuck. Issu de la plume de Snooky Pryor, "Hold me in your arms" est imprimé sur un tempo alerte. Henry Gray –un vétéran de 92 balais– assure les parties de piano, alors que le jeune californien Big Jon Atkinson brille à la gratte. Ces deux derniers musicos participent également aux deux plages qui émargent au Memphis Blues ; soit le titre maître, au cours duquel Atkinson est vraiment bouleversant, puis le "For the love of a woman" de Don Nix. Deux plages sont imprégnées de Chicago Southside (NDR : Muddy Waters y régnait autrefois en maître) : tout d’abord "Big Leg Woman", un morceau caractérisé par une excellente intervention à la slide, et puis en finale, "When I leave home", une piste écrite par John Primer. On épinglera encore la sortie exceptionnelle de Bob Corritore sur le "Gambling blues" de Magic Slim. Et puis la version du "May I Have A Talk With You" de Howlin’ Wolf, attaquée à la manière d'Elmore James. La slide s’y révèle gouailleuse, alors que tous les solistes, Corritore, Primer et Barrelhouse Chuck, sont au sommet de leur art…

 

Henry Gray et Bob Corritore

The Henry Gray/Bob Corritore Sessions Vol 1 - Blues won't let me take my rest

Écrit par

Henry Gray, n'est plus un vétéran, mais une légende vivante. D'origine louisianaise, il affiche aujourd’hui 90 balais ! Il s’était installé à Chicago, dès ses 21 ans, où il épate le grand pianiste local, Big Maceo Merriweather. Henry se forge alors une certaine notoriété ; et en 1956, il devient le pianiste du mythique bluesman, Howlin' Wolf. Il le côtoiera pendant 12 années. A cette époque, il se charge également des ivoires lors des sessions d’enregistrement des studios Chess. A la mort de son paternel, en 1968, il retourne vivre aux côtés de sa mère, en Louisiane, près de Baton Rouge. Il devient alors le pianiste référence du swamp blues. Il se produit toujours en ‘live’ et dirige son propre groupe, Henry Gray and The Cats.

De couleur blanche, Bob Corritore est harmoniciste. Il est né à Chicago, en septembre 1956. Il s’est établi à Phoenix, en Arizona, en 1981. Il y est propriétaire du célèbre club de blues, ‘The Rhythm Room’. Son premier opus, "All Stars Blues Session", remonte à 1999. Il est paru sur le label Hightone. En 2010, il coproduit l'album de Kim Wilson, "Smokin' joint". Au cours de sa carrière, il a décroché de nombreuses citations, sur la scène musicale.

Ce nouvel LP constitue le premier volume d’une collection. Il épingle des collaborations opérées en compagnie d’Henry Gray, au cours des 19 dernières années. On y retrouve cependant une flopée d’invités célèbres, issus de l’univers du blues contemporain…

Henry chante "Let's get high" devant une section rythmique impériale qui lui donne la réplique vocale. Le morceau est imprimé sur un tempo enlevé que balisent le bassiste Bob Stroger et le drummer Willie ‘Big Eyes’ Smith. Corritore s’autorise quelques billets de sortie, brefs mais incisifs. "Blues won't let me take my rest" est un blues lent somptueux. La voix de Gray est à la fois autoritaire et tellement expressive. Ses interventions au piano impressionnent par leur spontanéité. Bob Margolin, l'ex-partenaire de Muddy Waters, se consacre à la gratte. Les quatorze plages de ce long playing sont vraiment exceptionnelles. La cover du "I'm in love again" de Fats Domino baigne au sein d’une atmosphère néo-orléanaise. Doug James souffle dans son saxophone ; et pourtant, Bob parvient tirer son épingle du jeu à l’aide de son instru famélique. Le long playing aligne des adaptations de grands classiques du blues : le "Rambling on my mind" de Robert Johnson, qui bénéficie du concours de Robert Lockwood Jr au chant et à la six cordes ainsi que le "Worried life blues" de Big Maceo, que chante Nappy Brown, soutenu par un Corritore au sommet de son art. Henry récupère le micro pour chanter tout en puissance "They raided the joint", épaulé par Kid Ramos aux cordes. Chris James et Dave Riley se réservent les grattes, pour attaquer le nerveux "Ride your daddy tonight". Ce dernier assure également le chant. Le "Trouble blues" de Lowell Fulson" est un autre blues lent beau à pleurer. La slide de Bob Margolin nous restitue l'ambiance du Chicago southside, chère à Muddy Waters. Imprimé sur un mid tempo, "That ain't right" est issu de la plume de John Brim. Un moment d’émotion, car s’il chante et se consacre à la guitare, il est décédé depuis, c’est-à-dire en 2003. Inspiré, Bob souffle tout au long du shuffle "Can't afford to do it", épaulé par le Canadien Danny Michel, aux cordes. L’opus recèle bien évidemment un boogie woogie qui ne manque pas d’envergure : "Boogie woogie Ball". Gray est à la manœuvre. Chris James, Patrick Rynn et le sixcordiste Kirk Fletcher tirent leur épingle du jeu. Et Johnny Rapp (NDR : il est issu de Phoenix !), membre du Rhythm Room All Stars, s’y distingue également sur le "Honey don't let me go" de Jimmy Reed. Ce remarquable album s’achève par un blues lent chargé d’émotion, le "She don't move me no more" de BB King.

 

Bob Corritore

Taboo

Écrit par

Bob Corritore figure parmi les harmonicistes contemporains de blues les plus talentueux. A 57 ans, il compte une importante discographie. Il aime les collaborations. Ainsi, au cours des dernières années il a enregistré plusieurs duos, et notamment en compagnie de Dave Riley ("Hush your fuss", "Lucky to be living" et "Travelin' the dirt road"), de John Primer ("Knockin' around these blues"), de Tail Dragger ("Longtime friends of the blues") et de Kid Ramos ("Phoenix blues sessions"). Il est devenu l'un des protégés du label spécialisé de Los Angeles, Delta Groove. Il a décroché un ‘Blues Music Award’ en 2011, pour son album "Bob Corritore and Friends", et en 2012, le ‘Living Blues Award’, comme meilleur harmoniciste! Ajoutons qu'il possède l'un des meilleurs clubs de blues aux USA, le Rhythm Room à Phoenix, dans l’Arizona!

Pour enregistrer cet elpee, Delta Groove a une nouvelle fois sollicité le concours de nombreux et prestigieux invités. Un disque consacré à des exercices de blues instrumentaux. Et auquel ont donc participé une véritable ‘Dream Team’ comme le mentionne le notoire Charlie Musselwhite, dans les notes du booklet ! Little Walter (NDR : trop tôt disparu, suite à une bagarre de rue, ce musicien légendaire avait milité au sein du Muddy Waters Band) est considéré comme le Dieu souffleur par Corritore. Walter adorait concocter des plages instrumentales. C’est certainement l'inspiration majeure de notre citoyen de l'Arizona. Sur les six premières plages, il est entouré par la crème des musiciens blues de L.A. : le guitariste Junior Watson, le claviériste Fred Kaplan, le bassiste Kedar Roy et le drummer Richard Innes.

Swing stomp, le "Potato stomp" de Willie Egan ouvre la plaque. Une plage qui met bien en exergue le talent de Bob, bien entendu, mais aussi de Doug James au saxophone et Watson à la guitare jump ! Bob est remarquablement secondé tout au long de "Many a devil's night", un merveilleux blues lent, beau à pleurer. Et les interventions de Watson sont bouleversantes face aux ivoires de Kaplan! Chicago southside, "Ruckus rhythm" évolue dans un style fort proche de Little Walter voire de Big Walter Horton. Subtilement exotique, "Harmonica Watusi" est une excellente plage, caractérisée par un harmo aux accents percutants et les interventions judicieuses dispensées par l'orgue de Fred ! Les percussions syncopées d'Innes stimulent le titre maître, une rumba extraite des marais, dont la mélodie est véritablement sublime. Après "Harp Blast", un shuffle imparable, l’opus pourrait s’achever et on pourrait le considérer comme une belle réussite ; mais l'intérêt va persister jusqu’à son terme, et même nous réserver de nouvelles bonnes surprises. L'orgue de Papa John Defrancesco et les cordes de Jimmie Vaughan alimentent "Mr Tate's advice", un Memphis R&B qui ne manque pas de charme. Blues fin de soirée, "5th Position plea" est destiné aux couples qui s’étreignent sur la piste de danse. Des rythmes latinos enflamment "Fabuloco", une plage qui rend hommage au remarquable guitariste Kid Ramos, qui lutte depuis plus de deux ans contre le cancer. Papa John DeFrancesco, Jimmie Vaughan et Doug James font leur retour pour épauler Bob sur "Shuff stuff", un shuffle à la texane. "T-Town ramble" s’achève dans le swing. Un climat jazzyfiant qui sert de tremplin à l’envol subtil de l’harmo. De grande classe, cette œuvre s’achève par "Bob's late hours", un dernier blues lent, idéal lors d’une virée nocturne vécue autour du bar...

 

Dave Riley and Bob Corritore

Hush your fuss

Écrit par

De couleur noire, Dave Riley est né dans le Mississippi. Il est aujourd’hui âgé de 64 ans. Jeune, il apprend à jouer de la guitare et rejoint ses parents partis vivre à Chicago, en 1961. Son père est prêcheur de la Church of God in Christ. Sa famille fonde alors un groupe de gospel. Dans les années 70, il se consacre le plus souvent à la basse, puis abandonne la musique pour élever son fils. En 1996, il monte son propre band en compagnie de son fiston. La formation publie un premier album en 1997. Il s’intitule "Living on borrowed time". Et embraie assez rapidement pas "Blues across America". Au sein de son band militent alors le notoire Sam Carr à la batterie et l'harmoniciste John Weston. En 2002, il grave "Whisley, money & women".

Bob Corritore est de couleur blanche. Il est né à Chicago et joue de l'harmonica. Il s’est établi depuis bien longtemps à Phoenix, en Arizona, où il possède un excellent club de blues : ‘The Rhythm Room’. En 2008, il rencontre Dave Riley. Un duo vient de naître. Le tandem avait déjà sorti deux long playings, "Travelin' dirt road" en 2007  et "Lucky to be living" en 2009.

L’opus s’ouvre par le titre maître. Une compo signée Riley qui commence paisiblement sous une forme acoustique avant d’adopter le mode amplifié. C'est d'ailleurs le rejeton, Dave Riley Jr, qui se réserve la basse. "Baby please don't go" baigne dans le Chicago blues urbain. Puissante, la voix s’affirme. Bob se sent vraiment chez lui et son harmonica gronde. "No cussin'" poursuit sur le même tempo, alors que la voix devient rugueuse et âpre. Issue de la plume de John Weston, "Snuff dippin' woman" est un superbe blues lent qui nous replonge dans les heures de gloire du quartier Southside de Chicago. Riley crie son amour déçu. Les musicos sont presque figés sur place. Les interventions à l’harmo chromatique de Corritore sont bouleversantes. Gloria Bailey se réserve l’orgue sur le "Mississippi Po boy" de Harvey Watkins, un blues à la ligne mélodique claire. Dave en profite pour libérer son premier envol sur les cordes. Il nous parle de sa vie tout au long de "Home in Chicago", un tout bon shuffle imprimé sur un rythme soutenu. La cohésion entre les musicos est parfaite! Les percussions de Brian Fahey adoptent le rythme du chemin de fer. Corritore accentue ce phrasé saccadé sur l'harmonica. Dave se réserve un autre coup de gueule sur "Go ahead and blame me", un morceau au cours duquel le souffle de Bob est à nouveau empreint d’une grande sensibilité. Retour au duo acoustique pour "My baby's gone" et un superbe "Oil spill blues". "Laughing blues" clôt cet opus, une finale hilarante au cours de laquelle Riley semble bien imbibé dans ce juke joint blues contemporain.

 

John Primer & Bob Corritore

Knockin' around these blues

Écrit par

John Primer est un guitariste de couleur noire, originaire du Mississippi. Il a milité au sein des Blues All Stars de Willie Dixon, en 1979, puis du Muddy Waters Band jusqu'à la mort de la légende de Chicago, soit en 1983. Plus récemment, il a sévi au sein des Teardrops de Magic Slim, avant d’embrasser une carrière personnelle. Au cours de laquelle il a publié une bonne dizaine d'albums, dont plusieurs sur le label autrichien Wolf.

Bob Corritore est un harmoniciste de couleur blanche. Il est aujourd’hui âgé de 56 balais. Sa vie a basculé lorsqu'il a douze ans à peine et qu'il écoute Muddy Waters. Il devient d’abord un fan, puis décide de devenir lui-même musicien. Pour forger son expérience, il a beaucoup écouté Walter Horton, Junior Wells, Big John Wrencher et Carey Bell. En 1981, il émigre à Phoenix, dans l’Arizona. Dix ans plus tard, il ouvre son club, ‘The Rhythm Room’ qui existe toujours aujourd’hui, un club qui demeure incontestablement un des meilleurs aux USA. Son premier album remonte à 1999. Il s’intitule "All Star blues sessions" et est paru sur le label Hightone. Depuis, il a mis en boîte de nombreux autres elpees, sous son propre nom ou en collaboration avec d'autres musiciens. Il a signé chez Delta Groove.

Les enregistrements ont été opérés à Tempe AZ chez Corritore et à Chicago. Le duo est soutenu par d'excellents musiciens. Expérimentés aussi. La mise en route est exécutée suivant la grande tradition du Chicago blues ; en l’occurrence par "The clock" de Jimmy Reed, et sur la rythmique de ce dernier. Barrelhouse Chuck se réserve le piano. Bob souffle dans les aigus à la manière de Reed. Blues lent, le "Blue and lonesome" de Little Wlater nous plonge dans le mythique quartier sud de Chicago. Corritore démontre qu’il a bien assimilé le style de ce géant de l'harmonica. Primer est rejoint à la guitare par Chris James, et les interventions de se dernier ne manquent pas de charme. John se concentre sur la slide à la manière de son maître, Muddy Waters. Primer chante son "When I get lonely" au cœur d’une atmosphère plus traditionnelle, issue du Delta. Superbe Chicago shuffle, "Cairo blues" est issu de la plume du Texan Melvin ‘Lil Son’ Jackson. La version est parfaite, que ce soit le chant, l’harmo, le piano et les cordes de Billy Flynn. Quant à la section rythmique, elle est ici assurée par le vétéran Bob Stroger, de Beedy Eyes Smith. "Leanin' tree" lorgne vers le Chicago Westside. Corritore nous réserve un tour de force instrumental tout au long de "Harmonica Joyride", un morceau largement inspiré par Little Walter. Signé Robert Lockwood, "Little boy blues" est un autre blues lent. John martyrise sa slide sur le remuant "Just like I treat you" de Willie Dixon. Bob est intenable sur sa musique à bouche. Robert Kelton est un pionnier de la guitar jump blues. Le band en interprète son "Man or mouse", un shuffle au cours duquel les musicos démontrent toute leur cohésion et leur talent. Remarquable, cet elpee s’achève par le "Going back home" de l'incomparable Lightnin' Hopkins, un slow blues d’excellente facture, brillant même, au cours duquel la voix de Primer libère une fameuse dose d’émotion. Et s’il partage les cordes avec Chris James, l’harmonica et le piano sont une dernière fois à la fête!

 

Tail Dragger & Bob Corritore

Longtime friends in the blues

Écrit par

C’est le légendaire géant du blues, Howlin’ Wolf, qui a affublé James Yancy Jones du sobriquet de Tail Dragger. Faut dire que Chester Arthur Burnett était son idole. Et que James avait tapé dans l’oreille de cet incontestable pionnier! Jones est aujourd’hui âgé de 72 ans. Il est originaire de l’Arkansas et vit depuis très longtemps à Chicago. Après la disparition de Wolf, son guitariste Hubert Sumlin allait apporter sa collaboration à notre Tail Dragger, un authentique disciple du blues, un adepte du ‘lowdown and dirty blues’, c’est-à-dire le blues basique sans concession. Il a enregistré trois elpees sur le célèbre label chicagolais Delmark : “American people”, “My head is bald” et “Live at Rooster’e Lounge”. Il a aussi joué en compagnie d’autres passionnés comme Jimmy Dawkins, John Littlejohn, le Rockin’ Johnny Band et les talentueux champions du blues autrichien, le Mojo Blues Band.

Bob Corritore est considéré comme un des meilleurs harmonicistes de blues contemporains, un musicien blanc qui dirige un club de blues extrêmement réputé, le Rhythm Room. C’est à Phoenix, en Arizona, où il se produit le plus souvent, flanqué de son Juke Joint Blues Band. Bob est aussi l’organisateur de l’All Star sessions.

L’équipe de Delta Groove a réuni de belles pointures pour entourer notre paire black & white : Chris James et Patrick Rynn, des habitués du Rhyhm Room ainsi que le colosse noir Kirk Fletcher aux cordes. Tail Dragger a une plume prolifique. Il signe neuf des dix plages. Il ne faut guère patienter longtemps pour constater que notre artiste est bien le légataire d’Howlin’ Wolf. Sa voix grave est surpuissante, volontiers ‘louvoyante’. Il libère une force impressionnante tout au long d’“I’m worried”. Il est talonné par Corritore qui distille beaucoup de notes savoureuses dans sa musique à bouche. Une seule reprise : le “Sugar mama” de John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson. Un slow blues à ras de terre, efficace et chargé d’émotion. Il y partage le chant avec le vieux pianiste Henry Gray, un autre ancien de la bande à Wolf! “Birthday blues” est sculpté dans du Chicago blues de classe. Tout s’emboîte à merveille. Corritore et Fletcher ne tiennent plus en place. Et ce blues 5 étoiles aussi nuancé que fluide, se répercute également à travers des titres lents, empreints d’une grande sensibilité, comme “She’s worryin’ me” et “Please Mr Jailer”, des plages imprimées sur un tempo bien enlevé tels que “So ezee”, “Done got old” ou encore lors du pur boogie woogie “Boogie woogie bell”. Excellent!

 

Bob Corritore

Harmonica Blues

Écrit par

Bob Corritore est un harmoniciste talentueux, mais peu notoire auprès du public qui apprécie le blues. Sa passion pour la musique à bouche, il la répercute également à travers son club, le Rhythm Room à Phoenix, en Arizona, un club particulièrement prisé par les bluesmen. Sans oublier l’émission qu’il présente sur KJZZ, ‘Those lowdown blues’, sa propre ‘newsletter’ et ses implications dans le domaine du blues, loin d’être exhaustives. 

Il a publié son premier elpee en 1999 : "All Star Blues sessions". Chez Hightone. Un disque pour lequel il avait bénéficié du concours de nombreux invités : Bo Diddley, Jimmy Rogers, Pinetop Perkins, Robert Lockwood, Henry Gray, Kid Ramos, Bob Margolin, et j’en passe. Il signe plusieurs opus pour ce label, dont "Rhythm Room Bluers", en 2001. Il a également enregistré deux long playings en compagnie du guitariste noir, issu du Mississippi, Dave Riley : "Travelin' the dirt road" en 2007 et "Lucky to be living" en 2009, mais chez Blue Witch.

Delta Groove, le label blues dont la production est la plus conséquente au cours de ces dernières années, a décidé de rendre hommage à cet harmoniciste prestigieux. Comment ? En passant en revue ses 20 années passées au service de l’harmonica. Sur cet album partagé en quinze plages. Je serais incapable de vous répertorier l’intégralité de sa discographie. Elle est bien trop riche. Mais la sélection proposée ici a vraiment de quoi enthousiasmer. A l’harmo, Corritore flirte avec le plus grand art. L’artiste a assimilé tous ses maîtres : Little Walter, Sonny Boy Williamson, James Cotton, Junior Wells, …

"What kind of man is this?" ouvre les hostilités. Dans toute sa splendeur, la diva, Koko Taylor, libère toute sa puissance vocale. Impressionnant. Louisiana Red est un grand ami de Bob. Ils ont partagé si souvent les mêmes planches. Il apporte son concours à "Tell me 'bout it", une compo qui transpire le Chicago Southside, au cours de laquelle Bob souffle divinement. Elle remonte à juillet 2009. Robert Lockwood Jr chante passionnément le "That's all right" de Jimmy Rogers. Pour la circonstance, Henry Gray est préposé au piano. "Tin pan alley" constitue certainement la meilleure plage de cet opus. Un morceau très lent et mélancolique magnifié par la voix désespérée de Big Pete Pearson, un résident du Rhythm Room. On retrouve Gray pour l’interprétation de son "Things have changed", un titre au cours duquel il épanche toute sa sensibilité. Eddy Clearwater est particulièrement tonique pour attaquer son "That's my baby". Corritore s’y révèle sous son meilleur jour ! Little Milton chante "6 bits in your dollar", un boogie royal de plus de 7' qui clôt l’elpee. On épinglera encore la participation de deux des plus vieilles légendes encore vivantes du blues. Tout d’abord Pinetop Perkins, 97 ans, pour "Big fat Mama". Puis Honeyboy Edwards, 95 balais, sur "Bulble bee". Deux plages immortalisées en 2007. Un superbe album auquel j’attribuerai 5 étoiles !