Parfumé à l’hédonisme et au narcissisme, Brian Henry Hooper aurait de quoi nous rendre jaloux. Non seulement son timbre vocal campe un véritable clone bâtard entre Bowie et Nick Cave ; mais il revêt les habits sombres du dandy endeuillé. Il suit le cortège funèbre de l’amour, en se frappant la poitrine. « The Thing About Women » est un piège à filles, celles que l’on croise au fond d’un bar miteux. Perdues, naïves et mignonnes, elles finissent toujours par succomber au charme et à la tendresse d’une de ces âmes damnées. Du genre à Brian. Bouleversant lorsqu’il raconte ses histoires, ce loup-garou camouflé, susurre entre deux whiskies, quelques considérations sur la beauté féminine et les répercussions blessantes qu’elles engendrent.
« The Tning About Women » c’est le cadeau idéal pour un dépressif solitaire. Il ne se sentira plus si seul après écoute. Il aura même l’impression d’être compris. Pourtant l’album commence plutôt bien. A l’écoute de « Oh Brother » et « Again et Again », on aurait presqu’envie de croire que tout n’est pas si sombre. Mais de « Thing About Women » à « I Wanted To » en passant par « Just Cause You Wish It », on comprend vite, que c’est moche l’amour. Et en lieu et place de se parer de ses plus beaux atouts, on aurait tendance à devenir méfiant, de peur de finir aussi mièvre que Mr Hooper. En fait, Brian Henry Hooper est un malin. Plutôt que d’encourager les rencontres, il plombe l’ambiance des mâles en quête de sentiments, pour qu’ils restent chez eux à se morfondre. Ce qui lui permet de laisser tout le champ libre pour ses quêtes personnelles, sans l’ombre d’un prétendant. Sale type ! Oui ça va, t’es beau gosse Brian. Tout le monde le voit, tout le monde le sait, il ne faut pas en faire des tonnes non plus.