L’aurore de Lathe of Heaven…

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Cee Cee James

Blood red blues

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Cee Cee est originaire de Portland dans l'Oregon, mais a surtout vécu en Californie. Christina James est une excellente chanteuse. Mais sa voix est hantée par le spectre de Janis Joplin. "Blood red blues" constitue son troisième album. Il fait suite à "Low down the snakes crawl" paru en 2010, suivi quelques mois plus tard d’un ‘live’ intitulé "Seriously raw". Elle vit aujourd’hui en compagnie de Rob ‘Slideboy’ Andrews. C’est son second mari. Il est également son guitariste rythmique et son partenaire de composition.

Au sein de leur backing group, on retrouve la même section rythmique. Soit le drummer Chris Leighton et le bassiste Dan Moehler. Leur soliste a quitté le navire. Le couple a donc invité le guitariste Rocky Athas (NDR : ex-Black Oak Arkansas, il est le gratteur attitré chez les Bluesbreakers de John Mayall, depuis 2008) et ainsi que Miss Susan Julian (NDR : claviériste des BoDeans, elle baigne dans les milieux blues de Chicago et de Milwaukee depuis belle lurette). Les sessions se sont déroulées au sein des studios Bessie Blues de Jim Gaines, dans le Tennessee. Et, belle reconnaissance du talent Cee Cee, c’est Gaines qui a produit cet opus, un personnage dont la carte de visite mentionne notamment la mise en forme d’œuvres de Tommy Castro, Walter Trout, Jimmy Thackery, Luther Allison, Albert Collins, George Thorogood ou encore Stevie Ray Vaughan

Rob Andrews ouvre le chemin à l’aide de sa slide pour mettre son épouse dans les meilleures conditions afin de chanter "Blood red blues", une plage indolente caractérisée par la puissance vocale naturelle de Cee Cee, rappelant l'inoubliable Janis. Le tempo s'accélère et emprunte l'allure du boogie sur "Let's all get loose". Particulièrement à l’aise, Rocky Athas libère fiévreusement, ses cordes largement amplifiées. "Feel my love come down" adopte un mid tempo. Christina y maîtrise sa voix, bridant le moindre accès de colère, devant la slide traditionnelle de Rob. Autre blues lent, "Comfort of a good heart" adopte un profil semblable. Le chant est aussi tempéré ; et si la gratte de Rocky est bien présente, elle manifeste une certaine discrétion afin de laisser tapisser Susan Julian, le décor sonore. Miss James, la féline, sort ses crocs sur "Thick like blood". Sa voix s’élève. Elle pousse de petits cris de joie, relayés par les cordes de Rocky. J'aime quand Cee Cee vide ses tripes et se montre menaçante. En fait, lorsque Jim lui laisse suffisamment d’espace, ne la contient ou ne la canalise pas trop. A l’instar d’"I got a right to sing the blues". Et c’est sûr qu’elle a le droit de chanter le blues. Athas a opté pour la slide pour mieux souligner l’intensité du chant. "Worn out sins" accorde un peu de répit. Une compo agréable bénéficiant d’une orchestration soignée que colorent les interventions de Susan au piano ! Cee Cee va rechercher les ses cordes vocales les plus meurtrières au fon de sa gorge, pour attaquer le superbe "Walk on". Un chœur féminin la soutient lors du refrain qui se révèle contagieux. "Wounds" est une autre piste qui manque de relief. Cee Cee chante sans jamais élever le ton, face au clavier atmosphérique. Je la préfère à nouveau sur l'évocateur "100 ways to male love". Tout en conservant son calme, elle s’autorise quelques coups de gueule. Rocky Athas est de retour lors de la finale. Il imprime un rythme stonien tout au long du saignant "I'm Takin' Mine". Etait-il vraiment nécessaire brider la fauve?    

 

Cee Cee James

Seriously Raw : Live at Sunbanks

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En février 2010, cette chanteuse californienne, profondément marquée par la légendaire Janis Joplin, avait publié « Low down where the snakes crawl », un opus remarquable. En octobre de la même année, elle a commis un elpee immortalisé en public, "Seriously raw". Sous-titré "Live at Sunbanks", il a été enregistré dans le cadre du festival Untapped Blues.

Sur les planches, elle est soutenue par son backing group. En l’occurrence, son époux, Rob ‘Slide Boy’ Andrews, à la guitare rythmique et à la slide, Jason Childs à la lead guitar, Dan Mohler à la basse et Chris Leighton aux drums. Le tracklisting de ce long playing est particulièrement éclectique, puisqu’il épingle trois de ses compositions, deux reprises de chansons popularisées par Miss Joplin et puis des classiques signés Robert Johnson, Willie Dixon, Hound Dog Taylor, BB King et Luther Allison…

Rob Andrews ouvre le set de sa slide. Il imprime le tempo de "Crossroads", un classique parmi les classiques. La voix de Christina est déjà bien chaude. Le spectre de Janis hante la plage. Le bottleneck roucoule de plaisir avant de céder le relais au gratteur soliste, Jason Childs! Le riff caractéristique de "I ain't superstitious" fait mouche. Miss James a revêtu la peau du vieux loup de Chicago, Howlin' Wolf. Le tempo est bien relevé. Jason s’en délecte et n'arrête pas de disserter, malgré les coups de semonce menaçants adressés par la vocaliste au bord de la démence. Elle attaque ensuite une de ses meilleures compositions, "Make it to the other side". Et c’est un autre fantôme qui vient rôder sur ce titre : le grand Jim Morrison des Doors circa "L.A. woman"! L'excitation est à son paroxysme. Le rythme s'accélère comme lors d’un set enjoué et déjanté. La machine est brûlante. Le band a conservé le tempo du boogie, mais sous une forme plus décontractée pour attaquer "I got the right to sing the blues"… et comment a-t-elle le droit de chanter le blues ? La slide d’Andrews s’investit totalement lors de ce morceau, ma fois, fort captivant. "Give me back my wig" déménage. Le turbo est enclenché. Jason travaille nerveusement ses cordes sur l'avant de la scène! Enfin, Cee Cee se décide à chanter "Done love wrong", un blues lent de toute beauté qui figurait sur son précédent opus. Elle module ici volontairement le son ; et lorsqu’elle pousse le vibrato, un sacré frisson secoue tout notre corps. Rugissant tel un lion affamé, elle assène ses coups de griffe, comme autant de claques que l'on prend avec un réel plaisir… Interprété a cappella, "Mercedes Benz" constitue son exercice de style joplinesque. Elle lâche un Cri, avec un grand C, sans ressentir, apparemment, la moindre douleur ; il est suivi par une parfaite réplique de "Me and Bobby McGee". Désormais plus rien ne peut arrêter notre chanteuse au faîte de l’excitation. Jusque la fin du set, elle aligne les covers. Et tout d’abord le très évocateur "I just want to make love to you". Elle y atteint un orgasme sonore. Sa version du "Nutbush city limits" peut rivaliser avec celle de la grande Tina Turner. L’adaptation du "Living in the house of the blues" de Luther Allison est judicieuse. Un autre blues lent qui met aussi en évidence le talent du gratteur Jason. Il embraie sur le fiévreux "Going down" de Don Nix, au cours duquel il torture les tonalités de ses cordes en se servant de ses pédales. Et en bonus, on entend un dialogue entre Cee Cee et son public, au cours duquel, elle parle ouvertement de son admiration pour Janis Joplin.

Ne la manquez surtout pas lors de sa tournée européenne qui se déroulera au cours du mois de févier. Elle se produira ainsi le 5 à Douzy, près de Sedan, en première partie de Lightnin' Guy and the Mighty Gators (NDR : merci à James Couchot de Chorus), le 6 au Café T'Goor, à Wuustwezel, le 7 au Banana Peel de Ruiselede et, semble-t-il, au Centre Culturel De Steiger de Menin le 17.

 

Cee Cee James

Low down where the snakes crawl

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Cristina ‘Cee Cee’ James nous vient de Portland, dans l’Oregon (NDR : c’est dans le Nord-est américain). Mais sa famille émigre ensuite en Californie, à San Diego, très exactement. C’est là qu’elle accomplit ses premier pas musicaux, au sein de Stone Blue. Nous sommes alors au cours des années 90. Son premier elpee solo, paraît en 1999 : "Spiritually wet". Il émarge au pop/funk. Une vie sentimentale perturbée l’incite à retourner dans l'Oregon, dès 2005. Mais fin 2007, elle reprend son bâton de pèlerin et se dirige plus au Nord. Dans l'Etat de Washington, très exactement. Où elle s’est établie. Et a immortalisé les sessions studio de ce nouvel elpee. Miss James et son mari, Rob ‘Slideboy’ Andrews (NDR : c’est également son guitariste), sont responsables de l’écriture de la quasi-intégralité du répertoire.

L'ouverture est, ma foi, renversante. La guitare s’aventure en solo, un peu à la manière de Jimi Hendrix, lorsqu’il amorçait certaines ballades. Peu à peu, les musiciens se joignent aux cordes, avant que la voix de Cee Cee n’entre en scène. Tout d'abord en mode mineur. Et progressivement son timbre monte en puissance, avec une facilité déconcertante ; mais aussi une sauvagerie inouïe. Et cette manière de chanter rappelle instantanément feu Janis Joplin, disparue au tout début des seventies. Pendant ce temps, Rob Andrews ou l'autre gratteur, Tim Enders, font le max pour se fondre dans cet univers sonore tragique. Ce long blues dure plus de 8 minutes ; et pourtant, on ne voit (NDR : n’entend ?) pas le temps passer, tant la voix de cette tigresse est envoûtante. Cette plage donne le titre à l’album et elle vaut, à elle seule, son achat. Autre blues lent, "Black raven" est plus classique. Dépouillé à l'extrême, il aligne des accords découpés au rasoir. Un peu comme chez John Lee Hooker. Quoique discret, l’harmonica est bien présent. Quant aux percus, elles affichent toute leur fragilité. Toute en relief, la voix de Cee Cee, la féline, force le passage, lors d’un dialogue, sur un riff qu'aurait apprécié Mr Muddy Waters en personne. Digne de Howlin' Wolf, le tempo prend des couleurs pour attaquer "Love makes change" ; et pourtant, c’est la six cordes qui tire son épingle du jeu. Car si CC chante fort bien, elle n'abuse jamais de sa technique vocale. "Desert blues" lorgne du côté du Diddley beat, changements de rythme à la clé. "Roll me over" prend une nouvelle direction. Plus atmosphérique dans son développement, elle propose un voyage légèrement parfumé d’Orient. Une nouvelle accélération secoue "Make it to the other side". La voix s’aventure une nouvelle fois sans ses élans joplinesques et, parfaitement soutenu par l’orgue, nous plonge dans un véritable climat propice à la transe. Certaines compos épousent une structure proche des Doors. Et je pense tout particulièrement à "White picket fence" et "Watermelon Lucy", au cours desquels Andrews est passé à la slide. Même les crescendos adoptés par la voix s’y réfèrent ; bien sûr en faisant abstraction du baryton profond de Morrison. Cependant, la formule passe bien la rampe. En fin de parcours, "Done love wrong" nous ramène à la case départ. Apaisée, la voix dialogue avec la guitare avant de nous transporter dans son univers surréaliste. De toute bonne facture, cet opus s’achève par "Spirit of the shaman", un blues teinté de rock, au cours duquel les cordes sont bien mises en évidence. Et Cee Cee semble insatiable, puisqu’elle vient de publier un nouveau long playing, mais enregistré en public : "Seriously raw" – Live in Burbank". Une tournée est annoncée pour février 2011. Un périple qui devrait traverser la France et l’Allemagne. James de Chorus à Sedan ne semble pas y être étranger…