En février 2010, cette chanteuse californienne, profondément marquée par la légendaire Janis Joplin, avait publié « Low down where the snakes crawl », un opus remarquable. En octobre de la même année, elle a commis un elpee immortalisé en public, "Seriously raw". Sous-titré "Live at Sunbanks", il a été enregistré dans le cadre du festival Untapped Blues.
Sur les planches, elle est soutenue par son backing group. En l’occurrence, son époux, Rob ‘Slide Boy’ Andrews, à la guitare rythmique et à la slide, Jason Childs à la lead guitar, Dan Mohler à la basse et Chris Leighton aux drums. Le tracklisting de ce long playing est particulièrement éclectique, puisqu’il épingle trois de ses compositions, deux reprises de chansons popularisées par Miss Joplin et puis des classiques signés Robert Johnson, Willie Dixon, Hound Dog Taylor, BB King et Luther Allison…
Rob Andrews ouvre le set de sa slide. Il imprime le tempo de "Crossroads", un classique parmi les classiques. La voix de Christina est déjà bien chaude. Le spectre de Janis hante la plage. Le bottleneck roucoule de plaisir avant de céder le relais au gratteur soliste, Jason Childs! Le riff caractéristique de "I ain't superstitious" fait mouche. Miss James a revêtu la peau du vieux loup de Chicago, Howlin' Wolf. Le tempo est bien relevé. Jason s’en délecte et n'arrête pas de disserter, malgré les coups de semonce menaçants adressés par la vocaliste au bord de la démence. Elle attaque ensuite une de ses meilleures compositions, "Make it to the other side". Et c’est un autre fantôme qui vient rôder sur ce titre : le grand Jim Morrison des Doors circa "L.A. woman"! L'excitation est à son paroxysme. Le rythme s'accélère comme lors d’un set enjoué et déjanté. La machine est brûlante. Le band a conservé le tempo du boogie, mais sous une forme plus décontractée pour attaquer "I got the right to sing the blues"… et comment a-t-elle le droit de chanter le blues ? La slide d’Andrews s’investit totalement lors de ce morceau, ma fois, fort captivant. "Give me back my wig" déménage. Le turbo est enclenché. Jason travaille nerveusement ses cordes sur l'avant de la scène! Enfin, Cee Cee se décide à chanter "Done love wrong", un blues lent de toute beauté qui figurait sur son précédent opus. Elle module ici volontairement le son ; et lorsqu’elle pousse le vibrato, un sacré frisson secoue tout notre corps. Rugissant tel un lion affamé, elle assène ses coups de griffe, comme autant de claques que l'on prend avec un réel plaisir… Interprété a cappella, "Mercedes Benz" constitue son exercice de style joplinesque. Elle lâche un Cri, avec un grand C, sans ressentir, apparemment, la moindre douleur ; il est suivi par une parfaite réplique de "Me and Bobby McGee". Désormais plus rien ne peut arrêter notre chanteuse au faîte de l’excitation. Jusque la fin du set, elle aligne les covers. Et tout d’abord le très évocateur "I just want to make love to you". Elle y atteint un orgasme sonore. Sa version du "Nutbush city limits" peut rivaliser avec celle de la grande Tina Turner. L’adaptation du "Living in the house of the blues" de Luther Allison est judicieuse. Un autre blues lent qui met aussi en évidence le talent du gratteur Jason. Il embraie sur le fiévreux "Going down" de Don Nix, au cours duquel il torture les tonalités de ses cordes en se servant de ses pédales. Et en bonus, on entend un dialogue entre Cee Cee et son public, au cours duquel, elle parle ouvertement de son admiration pour Janis Joplin.
Ne la manquez surtout pas lors de sa tournée européenne qui se déroulera au cours du mois de févier. Elle se produira ainsi le 5 à Douzy, près de Sedan, en première partie de Lightnin' Guy and the Mighty Gators (NDR : merci à James Couchot de Chorus), le 6 au Café T'Goor, à Wuustwezel, le 7 au Banana Peel de Ruiselede et, semble-t-il, au Centre Culturel De Steiger de Menin le 17.

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