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Chapelier Fou

Fuses (Ep)

Louis Warynski, alias Chapelier Fou, est parvenu, en peu de temps à imposer son style hybride, un cocktail détonnant d’électro et de classique, caractérisé par des mélodies raffinées et accrocheuses, derrière lesquelles se cachent une surprenante complexité et un travail d'écriture très pointu. Claviers, ordinateur et violon constituent le matériau de base de cette expression sonore au cours de laquelle il mêle samples de vieux disques de jazz ou de musique symphonique, pop/rock, world, boucles et autres trouvailles en tout genres. 

Exclusivement instrumental, cet Ep réunit une compo originale et quatre remixes, parfaitement abordés dans l’esprit du compositeur/interprète/bidouilleur. D’ailleurs les deux inédits sont issue des sessions d’enregistrement de « Deltas ».

Dont le titre maître, « Fuses ». Il s’étale sur plus de 6 minutes et nous entraîne dans une forme de prog contemporaine, que Louis brode à l’aide de délicates interventions au violon, parfois même en pinçant ses cordes.

Puis « Les Yeux De Mes Yeux », une plage davantage minimaliste. Les synthés sont discrets, la rythmique raffinée, et c’est la clarinette qui prend un envol visionnaire…

Remixées par Daedelus, Johnny Ripper, To Rococo Rot ou Yakie, les quatre autres pistes se révèlent davantage expérimentales. Enfin, si c’était encore possible…

Chapelier Fou

Victime de ses propres fréquences de basses…

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Initialement, le concert de Chapelier Fou était programmé à la Rotonde. Vu le succès de la location, il a été transféré à l'Orangerie. Et a rapidement été décrété sold out. Perso, j’aurais préféré que ce spectacle demeure dans l’hémicycle. Une nouvelle fois, à cause de la qualité du son. Trop puissant. Les fréquences de basses parvenant même à faire trembler les structures métalliques de la salle. Un endroit pas du tout adapté aux sets de musique électronique. Ce n'est pas la première fois que votre serviteur constate ce phénomène.

Coiffé d’une casquette, Marc Mellia assure la première partie. Il se produit en solitaire devant ses machines et samplers. Electro, sa musique est expérimentale. Sa voix est même parfois filtrée à travers un vocodeur. Je découvre cet artiste, dont le spectacle se limitera à une bonne demi-heure. Et qui vu les conditions sonores, ne va pas s’avérer exceptionnel.

Le patronyme de Chapelier Fou s’inspire du conte ‘Alice Au Pays Des Merveilles’ de Lewis Caroll. En 2008, le Lorrain devient la révélation du Printemps de Bourges. J'avais repéré l’artiste, dans le cadre des Nuits Botanique, en mai 2012. Il se produisait en solitaire, armé de son archet et entouré de ses machines ; et j'avais adoré.

Novatrice, sa musique oscille entre le trip hop, la pop, le classique (NDR : il ne faut pas oublier que ce Messin a fréquenté le conservatoire, dès l’âge de 6 ans, pour y apprendre à jouer du violon et du clavecin) et le hip hop. Elle est imprimée sur des rythmes fluctuants. Accélérant ou décélérant, parfois même brutalement. Et son talent procède de sa capacité à maîtriser tous ces paramètres, à l’aide de ses synthétiseurs, samplers, machines, ordinateurs, tout en y brodant des lignes de violon…

Pour présenter son dernier elpee, « Deltas », paru en septembre 2014, il est soutenu par trois collaborateurs. Soit Camille, la violoncelliste, Maxime, le clarinettiste/saxophoniste et Chaton qui double au violon alto et aux bidouillages. Le préposé aux cuivres est barbu et suscite instantanément la sympathie. Le décor est dépouillé. Quatre tables placées l'une à côté de l'autre. Sur laquelle est disposé un tas de matos. Pas de setlist pour guider. Le son n'est pas trop à mon goût ; j’enfonce donc des bouchons dans les oreilles. Et franchement, c’est dommage, car c’est lorsque le quatuor va se servir d’un minimum d’amplification, que toute la magie et la beauté de cette musique –ma foi cérébrale, quand même– vont se libérer. Un moment de véritable communion et de complicité vécu entre le quartet et l’auditoire. Bref, hormis ce bref intermède, je n’ai pas vraiment pris mon pied ce soir ; et je suis reparti avant la fin du set, déçu. En espérant néanmoins revoir Chapelier Fou, dans d’autres conditions, pour me procurer de meilleures sensations.

(Organisation Botanique)

Chapelier Fou

Bienvenue dans le monde parallèle de Chapelier Fou…

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Chapelier Fou est un artiste que je connais mal. Il se produisait à deux pas de chez moi, à l’Alhambra de Mons. Vu cette proximité, il n’était pas trop difficile d’aller jeter un œil et une oreille. Et il faut avouer que le set de l’artiste français a facilement retenu mon attention.

A cause de son style, qu’on peut qualifier de surprenant. Car si sa musique est électronique, elle prend un chemin différent de sa forme traditionnelle. Sauf pour les sonorités les plus immédiates. Néanmoins, quand l’expression devient plus élaborée et subtile, le charme commence à opérer. Mais pour mieux comprendre le concept imaginé par Louis Warynski, il est nécessaire de s’intéresser à son parcours. A 6 ans, il intègre déjà le conservatoire de Metz, sa ville natale, et devient rapidement multi-instrumentiste. Ce n’est que bien plus tard qu’il va succomber à l’électronique. Qu’il va mêler à la musique classique. A l’aide d’un violon, mais pas seulement, car lors des sessions d’enregistrement, il a recours à d’autres instruments analogiques.

Les deux premières parties, Dutchnols et Toner nous réservent de l’électro traditionnelle. De quoi passer le temps, en attendant de passer aux choses sérieuses.

Première et bonne surprise, Chapelier Fou ne monte pas sur les planches en solitaire, comme je l’imaginais. Il est soutenu par un full band. Les musicos s’installent tous derrière un clavier, tout en gardant un ou plusieurs instruments à portée de main. Et y briller. A l’instar de la jeune et la talentueuse bassiste, plantée à le droite de Louis, et d’un violoniste posté à gauche du leader. Quant au dernier musico, il a manifestement plusieurs cordes à son arc, mais va se concentrer essentiellement sur son saxophone.

Dès les premiers titres, je comprends mieux pourquoi Chapelier Fou s’inspire du conte d’ ‘Alice au Pays des Merveilles’. A cause du nom de scène, bien sûr ; mais également parce que les compos sont susceptibles de nous entraîner dans un monde parallèle. A chaque titre, j’ai l’impression de découvrir une nouvelle idée. Le quatuor innove constamment. Heureusement que la salle a été judicieusement rénovée. Pour rendre son acoustique meilleure, notamment. Il aurait été malheureux de ne pas pouvoir profiter au maximum de cette expression sonore si complexe.

Hormis quelques voix émanant sporadiquement des machines, le chant est absent. Mais il ne manque pas. Il renforce même le mystère qui plane autour des compositions du Français. Et puis, les quelques mots sont bien intégrés aux chansons. « Darling, Darling, Darling » en est le parfait exemple.

Le concert s’achève et j’ai l’impression qu’il a été vraiment court. Mais c’est plutôt bon signe, car en regardant ma montre, je remarque qu’il a duré plus d’une heure ! Chapelier Fou et son groupe ont régalé le public montois. Espérons que l’Alhambra continuera de développer d’aussi jolies idées de programmation pour que la musique continue à faire vivre la future capitale européenne de la culture.

(Organisation : Alhambra)

Chapelier Fou

Dans sa bulle…

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L'atelier 210 accueille ce vendredi soir Chapelier Fou, jeune artiste français, jouissant déjà d'une belle renommée en Belgique et décrit comme l’héritier naturel de Yann Tiersen et d'Amon Tobin. Violoniste de formation, Chapelier Fou bidouille et sample les sons et les superpose. Voix, extraits de films et de disques classiques, notes de piano, pizzicati de violon... la matière est riche et l'univers dessiné par ce virtuose a vite trouvé ses adeptes. Après avoir publié deux Eps (« Darling, darling, darling... » et « Scandale ! ») et un album intitulé « 613 » (signés chez 'Ici d'ailleurs', label qui produit également Yann Tiersen et Matt Elliott) le Chapelier fait tourner les têtes.

Le concert débute par Ed WydeE, artiste bruxellois encore méconnu, qui a gagné le concours 'Musique à la française' l'hiver dernier, dans la catégorie 'Musiques urbaines'.

Tandis que la salle se remplit, beaucoup d'entre nous, venus applaudir Chapelier Fou, découvrent Ed WydeE. Ce slameur charismatique déclame ses poèmes acides accompagné de deux musiciens, l'un au clavier, l'autre aux percussions. Les textes, littéraires, rêveries aigres-douces, prennent le parti du sensible, du récit personnel. C'est en tout cas l'impression qu'ils donnent, et l'assistance se rapproche pour mieux écouter les mots qui défilent à toute vitesse pour nous mettre une grande claque.

Il est assez surprenant d'apprendre qu’Ed et sa bande se produisent ensemble depuis un peu plus d'un an seulement, tant les trois compères semblent à l'aise sur les planches ! Les mots, corrosifs, dressent un constat amer de nos vies, sur des mélodies sombres, mais le plaisir que les musiciens prennent sur scène, l'euphorie des mots, et l'humour en sourdine confèrent à ces fables un aspect malicieux. Parfois le batteur attrape un saxophone, tandis que le pianiste, une main au clavier, assure de l'autre un rythme sur une petite boîte de bois.

« L'Auguste » parle d'un clown, figure de l'idiot du quartier qui assène des vérités crues. « Des cailloux dans les poches » est un hommage à Virginia Woolf, qui a mis fin à ses jours en avançant dans l'eau de la rivière, les poches de son manteau bourrées de cailloux. La diction est proche de celle d'Ab Al Malik, la présence scénique évolue entre insolence et nonchalance. Ed WydeE joue ses textes comme des courtes pièces de théâtre. ‘Prenez garde, petits moutons’ nous répète-il. Ajoutant ‘Sachez ce qu'ils font de vos bouclettes, de votre peau, de votre chair’. Sur un fond de synthé évoquant un manège déréglé, c'est plutôt la chair de poule que nous communique Ed WydeE. Une performance scénique que l'on espère revoir vite.

A dix heures et des poussières, à peine en retard, Chapelier Fou glisse discrètement sur la scène et entame son spectacle, sans adresser le moindre regard au public. Seul, coiffé d'un chapeau, il se faufile sous une lampe-réverbère qui éclaire tout son petit matériel. Il inaugure le show par un morceau planant, fantastique. Immédiatement, son visage se convulse dans des grimaces de plaisir. Sigmund aurait pu nous emmener à ce concert pour nous prouver que les artistes prennent leur pied dans l'acte artistique ! Car Louis Varynski, alias Chapelier Fou, ne semble plus toucher terre.

La performance du multi-instrumentiste est assez impressionnante, il manie violon, guitare, machines avec la même aisance, et une précision telle que l'on ne perçoit pas toujours de différence entre le ‘live’ et les enregistrements de l'album. Très concentré, le bidouilleur, plongé dans les rouages de son univers, en oublie presque l’auditoire, qu'il remercie d'un hochement de tête.

« Hémisphère Ouest », morceau de l'album « 613 », est applaudi chaleureusement, et le Chapelier ose enfin saluer son public avant d'enchaîner par « Laggage » : quelques pizzicati, une boucle, d'autres pizzicati, un sample, quelques notes à l'archet... nous sommes embarqués pour un voyage onirique et aérien. On pourrait regretter ce trop peu de communication avec l'audience, si ce n'est au travers d'un micro qui lui donne une voix trafiquée, ambiance SF, et presque inaudible. Avancerait-on que Louis Varynski est timide ? Les spots, braqués sur le public plus que sur l'artiste, nous donneraient raison. Néanmoins, les grands musiciens ne sont pas toujours des bêtes de scène, que l'on se rappelle Brassens, par exemple. « Les métamorphoses du vide » prouve, s'il le fallait, la filiation qui le lie à Yann Tiersen. La guitare suspendue sur le ventre, le musicien enchaîne quelques notes de violon qu'il sample aisément, tel un dompteur de sons. Les morceaux les plus célèbres, comme « Darling, darling », laissent place à d'autres titres moins connus, voire inédits. Peut-être retrouvera-t-on certains d'entre eux sur le prochain Ep, dont la sortie est prévue pour l’année prochaine ?

Bien applaudi, le chapelier ouf nous offre deux rappels, et achève son set par un dernier morceau franchement dansant.

(Organisation Atelier 2010)