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Chelsea Wolfe

En maitresse de cérémonie…

C'est une belle affiche que nous propose l’AB ce soir. Au programme, deux formations qui explorent un univers très 'dark' :  Kælan Mikla et Chelsea Wolfe. Mais dans les deux cas, il s'agit d'une noirceur propice aux scintillements de lueurs brillantes, aveuglantes même.

C'est à 19h45 que Kælan Mikla monte sur les planches. Le trio féminin basé à Reykjavík a été formé en 2013 et on mesure le chemin parcouru entre le Bonnefooi, le café situé en face de l'AB, où les 3 Islandaises avaient joué en 2017, coincées entre la porte et le bar, et la prestigieuse scène de l'Ancienne Belgique. Dès les premières notes de leur morceau éponyme, on est immergé dans un univers spectral, peuplé d'ombres et de sorcières, une cold-dark-wave teintée de folklore islandais, glacée et envoûtante. Mais on retiendra surtout le magnifique “Sírenur”, extrait du dernier album du combo, l'excellent “Undir Köldum Norðurljósum”, une composition d'une beauté déchirante, qui met parfaitement en valeur la voix de Laufey Soffía. Sólveig Matthildur Kristjánsdóttir se consacre, quant à elle, aux voix, aux claviers et à la flûte tandis que Margrét Rósa Dóru-Harrýsdóttir nous gratifie des sons énormes et abyssaux qu'elle tire de sa basse. Une très belle prestation, qui donne envie de se replonger dans l'atmosphère nordique de leurs productions. (Pour accéder la page ‘Artistes’ de Kælan Mikla, c’est ici).

Dès 21h, c'est au tour de la grande prêtresse, Chelsea Wolfe, de monter sur les planches. A ses côtés, son comparse à la scène comme à la ville, Ben Chisholm, se charge de la basse et des synthés, Bryan Tulao (Black Math Horseman, MGR, Mother Tongue) de la guitare et Jess Gowrie (Horseneck, Red Host, The Drama, Mrs. Piss) des drums. Tout de noir vêtue, la Californienne focalise tous les regards. Etablie à Sacramento, Chelsea est responsable, à ce jour, de 8 superbes albums. Aujourd'hui, elle vient présenter le 'petit dernier', paru récemment sur Loma Vista. « She Reaches Out To She Reaches Out To She » constituera donc, tout naturellement, l'épine dorsale de la setlist.

En grande maîtresse de la soirée, Chelsea Wolfe entretient une atmosphère mystérieuse, déroulant les lentes vagues d'un post-doom-folk lancinant... Dans les arrangements du dernier opus, Chelsea a renoué avec le style plus électronique de “Pain Is Beauty”, qui reste, aux yeux de votre chroniqueur, son chef-d'œuvre. Mais le son est ici moins trip-hop / electronica et lorgne carrément vers le ‘power electronics rock’ de Nine Inch Nails. Pour notre plus grand bonheur.

C'est particulièrement audible dans les 2 premiers titres de la setlist : “Whispers in the Echo Chamber” et “Everything Turns Blue”. Pendant “House of Self‐Undoing”, imprimé sur un rythme plus rapide, l'artiste se saisit du micro et ose quelques pas sur le podium. Elle ne se cache plus derrière un voile comme à ses débuts mais on sent qu'elle est toujours très farouche, très fragile. Il y a néanmoins une sérénité dans son attitude, qui n'est pas étrangère à sa décision, il y a quelques années, d'adopter un mode de vie sobre et sans-alcool.

Au moment de “16Psyche”, extrait de “Hiss Spun”, on est de retour dans le versant ‘guitaristique’ de Chelsea Wolfe et le public se manifeste dès les premières notes du riff aux accents ‘bluesy’. Cette incursion dans “Hiss Spun” se poursuit grâce à “The Culling”, un morceau qui permet d'admirer la maîtrise de la dynamique affichée par le band car on passe en quelques secondes d'un mur du son bruitiste à un final apaisé et tout en retenue. Pendant le très beau “After The Fall”, Ben Chisolm qui, à propos, arbore désormais une imposante moustache, passe des claviers à la basse et la beauté pénétrante de la mélodie finit par nous crucifier. Le chant de Chelsea est parfait et ce, en dépit des petits problèmes de voix qui nous avaient été rapportés par son entourage. 

Pour “The Mother Road”, extrait de “Birth of violence”, Chelsea passe à la guitare acoustique et c'est un des moments les plus poignants de la soirée. Le final tout en harmonies mineures est époustouflant et éminemment hypnotique. Ayant acquis les bases de la sorcellerie blanche grâce à sa grand-mère, l'artiste a le talent pour élaborer des élixirs soniques capables de nous emmener très loin.

Autres grands moments : “Feral Love” et “Salt”, deux superbes compos ‘dark-trip-hop’, qui évoquent Portishead et Tricky. Dans “Unseen World”, Chelsea nous guide dans les mondes parallèles en agitant un pendule, avant une dernière série de 3 plages extraites de son dernier opus. Pour clôturer le set, le désormais classique “Flatlands” nous amène tout en douceur vers un rappel qui renouera d'abord avec le post-metal, grâce à “Carrion Flowers” avant de laisser retomber définitivement le rideau sur un déchirant “The Liminal”, interprété en solo à la gratte sèche...

Setlist :

Whispers in the Echo Chamber

Everything Turns Blue

House of SelfUndoing

Tunnel Lights

16 Psyche

The Culling

After the Fall

The Mother Road

Deranged for Rock & Roll

Feral Love

Salt

Unseen World

Eyes Like Nightshade

Place in the Sun

Dusk

Flatlands

Rappel :

Carrion Flowers

The Liminal (Chelsea Wolfe solo)

Crédit photo : Hugues de Castillo

(Organisation : Ancienne Belgique)

Chelsea Wolfe

She Reach Out To She Tends Out To She

La toujours poignante Chelsea Wolfe vient de réaliser un nouveau coup gagnant sur son illustre échiquier. Sur « Hiss Spuné, elle a flirté avec le doom metal fantasmagorique, sur « Birth Of Violence », elle est entrée dans un donjon acoustique sur le brûlant « Bloodmoon : I », elle a ricané avec les voyous de Converge au sein d’un bain de métal noir rempli d’acide sulfurique.

Chaque nouvel opus apporte invariablement de nouvelles révélations, perspectives et découvertes à cette muse sombre. Ses disques sont tous des perles à couper le souffle qui, à première vue, sont différentes les unes des autres mais ont une constante : elles ne tolèrent pas la lumière du jour.

Sur « She Reach Out To She Tends Out To She », la déesse de la nuit franchit une nouvelle étape dans son évolution excentrique. Au cœur de ses sonorités menaçantes omniprésentes, se sont glissés de minces synthés et une électronique oppressante. Sous cette nouvelle approche, elle niche encore en grande partie dans son biotope préféré : l’obscurité. Pour la circonstance, les compos ont été épargnées par les riffs de métal ‘ricanants’, mais le ténor est toujours terrifiant et la voix rêveuse de Chelsea navigue immuablement au sein d’endroits aussi mystérieux et brumeux.

Les morceaux flottent sur des rythmes hypnotiques, des drones obsédants, des guitares endormies et des synthés brumeux. Ainsi, ils filent à la recherche d’horizons inconnus. « Whispers In The Echo Chamber » pose les lignes et saisit immédiatement la gorge au moyen d’une électronique fantomatique et d’une explosion ultime. « House Of Self-Undoing » grogne durement sur un lit de percus émanant de la jungle. « Tunnel Lights » nous entraîne dans un paradis souterrain. « Salt » erre dans le Portisheadland et le morceau de clôture, « Dusk », s’enfonce implacablement dans la nuit lors d’une solide apothéose.

Perle noire, « She Reach Out To She Tends Out To She » ne révèle pas ses secrets tout de suite ; il exige un certain effort de la part de l’auditeur. Il s’agit d’une exploration captivante à travers les cavernes sombres de l’âme de Chelsea Wolfe. Apportez donc votre lampe de poche…

Chelsea Wolfe

Les lentes vagues d'un post-metal lancinant…

C'est une double affiche d'enfer que nous propose l’AB pour Halloween. Au programme, deux formations américaines qui explorent un univers très 'dark'. Mais dans les deux cas, il s'agit d'une noirceur propice aux scintillements de lueurs brillantes, aveuglantes même. Les 'anciens' de Low, chantres du 'slowcore', et la ‘petite jeune’ Chelsea Wolfe, étoile montante d'un style qu'on pourrait qualifier de 'doom-folk', vont se succéder sur le même podium. Les deux bands son réunis pour cette seule date ; un évènement unique qui souligne une admiration réciproque. La salle est en configuration ‘box’ (sans les étages) et le programme commence tôt, car deux longs sets sont annoncés.

C'est donc à 19h30 que Chelsea Wolfe monte sur les planches. A ses côtés, on retrouve son comparse Ben Chisholm (basse, synthés), Dylan Fujioka (batterie) et une guitariste. Tout de noir vêtue, à l'exception un patch blanc cousu sur son pantalon, la jeune Californienne focalise tous les regards. Elle porte au cou un superbe collier affublé d'une croix carrée. Etablie à Los Angeles, Chelsea Wolfe est responsable, à ce jour, de cinq albums de très bonne facture. Aujourd'hui, elle vient présenter le 'petit dernier'. Paru récemment sur Sargent Records. « Abyss » constituera donc, tout naturellement, l'épine dorsale de la setlist.

En grande prêtresse de la soirée, Chelsea Wolfe entretient une atmosphère mystérieuse et envoûtante, déroulant les lentes vagues d'un post-metal lancinant... Le son est puissant, et la guitare de Chelsea, très saturée, donne à l'ensemble une tonalité presque noisy. Après le spectacle, Chelsea nous confiera avoir rencontré des problèmes pour régler l'ampli, loué pour l'occasion.

Après trois titres tirés de « Abyss » (« Carrion Flowers », « Dragged Out » et « Iron Moon »), elle opère une incursion dans « Pain Is Beauty », le chef d'oeuvre sorti en 2013, en interprétant « Kings ». Ici, la musique devient plus complexe, s'autorisant des touches de trip-hop et d'électronique, un peu comme si Dead Can Dance faisait un boeuf avec  Portishead. « We Hit A Wall » propose un mur... du son sur lequel nos tympans viennent se fracasser pour notre plus grand bonheur. « After The Fall » (« Abyss ») constitue peut-être le point culminant de la prestation. D’abord fragile, plaintive, la voix de Chelsea devient déchirante, lors du final particulièrement bruitiste, survolant un maelstrom de guitares et de percussions. Un grand moment, à (re-)découvrir ici

Pendant « House of Metal », Chelsea Wolfe abandonne sa guitare, empoigne son micro et vient au devant de l’estrade. Que de chemin parcouru depuis le début de sa carrière où, trop timide, elle se cachait derrière des voiles noirs et restait statique sur scène. A l'origine, « House of Metal » figurait dans le répertoire du projet électronique de Chelsea Wolfe et Ben Chisholm, Wild Eyes, un projet finalement intégré dans 'Chelsea Wolfe', en 2013. Comme la plupart des compositions, ce titre acquiert une toute nouvelle dimension en 'live'. On est comme hypnotisés par le balancement de la rythmique et les mélodies.   

Après le paisible « Simple Death », c'est par « Survive », une longue plage de près de 6 minutes, que la formation achève sa prestation ; et en affichant une belle maîtrise ! Quasi-tribal, ce final atteint un sommet de puissance et d'intensité. Les musiciens se retirent après une heure de concert et, oh surprise, les lumières de la salle se rallument. L’auditoire est étonné, déçu même, de ne pas pouvoir bénéficier d'un rappel. Un problème d'organisation ?

Setlist : Carrion Flowers, Dragged Out, Iron Moon, Kings, We Hit a Wall, After the Fall, Maw, House of Metal, Simple Death, Survive

A 21h, c'est au tour de Low d’investir des lieux. Alan Sparhawk et Mimi Parker, membres fondateurs de la formation américaine, sont accompagnés par Steve Garrington à la basse et au synthé. Formé en 1993, en pleine vague grunge, Low s'est démarqué d'emblée, en pratiquant une musique tout en retenue, à contre-courant, articulée autour d'harmonies vocales et de rythmes lents. Son style est alors taxé de 'slowcore'.

Venu présenter son dernier opus, « Ones and Sixes », publié cette année, le trio va en proposer pas moins de 8 plages. La qualité des compos montre, si besoin en est, que Low n'a rien perdu de son inspiration. Assise derrière ses fûts, qu'elle caresse doucement de ses baguettes, Mimi Parker chante à la perfection. Sa voix est très classique, dotée d'un très beau tremolo, dans la tradition des chanteuses américaines folk/pop, oscillant entre Joan Baez et Jennifer Warnes. Alan Sparhawk évoque plutôt Neil Finn (Split Enz, Crowded House), surtout lors des chansons les plus pop, comme « Plastic Cup » ou « What Part of Me ».

L'atmosphère générale suscite une certaine forme de recueillement. Le public, venu en grande majorité pour Low, écoute religieusement. On entend les mouches voler pendant la plupart des morceaux. Seuls deux titres permettent à Sparhawk d'enclencher l'overdrive sur sa guitare. « On My Own » et « Landslide » lorgnent en effet judicieusement vers le doom et dans ces moments, trop rares à mon goût, on a bien senti la filiation entre les deux combos à l'affiche.

Bref, on a passé une superbe soirée, baignée dans un univers ténébreux, spectral et proche de l’ensorcellement ; mais également d'une terrifiante beauté...

(Organisation : Ancienne Belgique)

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Chelsea Wolfe

Chelsea Wolfe : la sorcière bien aimée...

Pour assister à un concert le vendredi 13, il ne faut pas être superstitieux. Mais lorsqu’il est organisé par Cheap Satanism Records et que la vedette principale est associée à la vague ‘witch-house’, on craint quelque peu d'y perdre son âme. Mais finalement, on a passé une excellente soirée, grâce à Chelsea Wolfe, bien sûr, mais aussi aux deux groupes qui lui ont ouvert la voie : Unison et Cercueil.

Unison, un combo originaire de la région Poitou-Charentes, nous a séduits par sa musique captivante, hypnotique, caractérisée par son ‘mur de son’ d'inspiration shoegaze, noise, voire drone, au-dessus duquel plane la voix fragile et envoûtante de Mélanie Moran. On pense à Portishead, My Bloody Valentine ou encore Cocteau Twins ; mais Unison possède une tonalité propre, qui frise la perfection, surtout lors de l’interprétation du très beau "Brothers And Sisters" (en vidéo ici). En fin de set, le groupe a repris le célèbre hit new-beat "Rock To The Beat" de 1o1, ‘en hommage à la Belgique’ (à voir ici). Un excellent choix! En un mot, la prestation s’est révélée convaincante, et devrait nous inciter à se précipiter sur leur opus éponyme, paru récemment chez Lentonia Records.

Nous attendions également avec intérêt le concert de l’ensemble lillois Cercueil. Vu le patronyme, on peut être sûr qu'il enterre ses concurrents (NDR : bon, la vanne est placée, un peu de sérieux maintenant). Formé en 2009, le band compte déjà deux plaques à son actif, dont l'excellent "Erostrate". Leur style est difficile à décrire. En extrapolant, on pourrait imaginer un cross-over entre cold-wave, noise, electronica et trip-hop, qui évoque tour à tour Velvet Underground, Nine Inch Nails, Portishead (à nouveau), Kate Bush ou Kraftwerk. La voix de Pénélope Michel évoque Nico mais aussi Liela Moss (The Duke Spirit) voire Grace Slick, la lumineuse vocaliste de Jefferson Airplane (NDR : à quand une reprise de "White Rabbit"?) Sur scène, la formation installe son univers sonore malgré de petits problèmes techniques et la magie s’installe, surtout lors du superbe "After Dark", tiré du dernier album (voir ici). Seul petit bémol, Pénélope Michel est un peu statique derrière ses claviers et sa voix peine parfois à s’extraire des arrangements un peu bruyants propagés par les autres musiciens. Je suis impatient de les revoir lors d’un concert pour lequel ils seraient tête d'affiche!

Après quelques minutes d'attente, c'est le moment de découvrir la grande prêtresse de la soirée, Chelsea Wolfe. Décidément, cette période de l'année est propice aux (jolies) sorcières. Après Florence Welch, The Jezabels ou encore il y a quelques mois, Zola Jesus, c'est en permanence Halloween, pour notre plus grand bonheur! La scène est sombre, les musiciens habillés de noir et elle arrive, mystérieuse et envoûtante... Basée à Los Angeles, elle a été révélée par deux albums de très bonne facture. Et elle nous emmène dans son univers folk aux accents 'drone'. On a un peu l'impression de voir la petite sœur gothique de PJ Harvey. La formation qui l'accompagne est d'une efficacité redoutable, alternant les fulgurances noisy et les moments calmes, où le silence se fait l'écrin de la voix plaintive de Chelsea. Dans la setlist, on retrouve tous les meilleurs morceaux de "The Grime And The Glow" et "Apokalypsis", du brutal "Moses" au terrifiant "Demons" en passant par le fantomatique "Movie Screen". Dans "Pale On Pale", les accents de voix prennent une forme arabisante et on se rappelle une certaine Lisa Gerrard (Dead Can Dance).

Les trois concerts programmés ce soir nous ont baignés dans un univers ténébreux, fantomatique et ensorcelant, mais également d'une terrifiante beauté...

Voir ici la vidéo en 'live' de "Pale On Pale"  et celle de "Widow" 

(Organisation: Cheap Satanism Records)