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Chris Smither

Time stands still

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Le nom ne doit sans doute pas vous dire grand-chose. Et pourtant, cet auteur/compositeur vient de commettre son onzième opus. Près de quarante années que ce troubadour roule sa bosse sur les chemins du blues. Son tout premier elpee, "I'm a stranger too", date d’ailleurs de 1970. Pour son nouvel opus, il a reçu le concours de son ami guitariste David Goodrich et du batteur Zak Trojano.

Les trois premières plages du cd sont manifestement les meilleures. Et tout d’abord celle qui ouvre le disque "Don't call me stranger". Un morceau qui baigne au sein d’une ambiance relaxante. La voix paresseuse de Chris ainsi que la conjugaison des cordes acoustiques et électriques font immanquablement penser à JJ Cale au sommet de son art. Excellent ! Goodrich se révèle un gratteur très inspiré. La plage éponyme est une bien jolie composition dont les accents folk sont entretenus par deux guitares acoustiques aux tonalités différentes. Intimiste, la voix de Smither semble susurrer à notre oreille. Imprimé sur un tempo soutenu, "Surprise, surprise" est plus nerveux. La voix demeure sereine. Jamais d’ailleurs elle n’éclate. Par contre, les cordes acoustiques sont particulièrement volubiles. "I don't know" véhicule des accents subtilement latins voire même centrafricains dans les sonorités des cordes électriques, émargeant finalement à une sorte de world pétillante. Chris se libère quelque peu sur "I told you so", une plage pleine de verve dirigée par les cordes amplifiées de Dave. Le reste de l’elpee est beaucoup plus folk, intimiste. On a l’impression que l’artiste est juste à côté de nous. Ses cordes sont légères. Et souvent très élégantes. A l’instar d’"Old man down". Ou lors de ses reprises. Des covers que semble vivre Mr Smither. Celle du "It takes a lot to laugh, it takes a train to cry" de Bob Dylan en est une belle illustration ; comme le "Madame Geneva's" de Mark Knopfler, une jolie complainte celtique que Chris nous restitue à la manière sombre de Leonard Cohen. On épinglera encore une adaptation du folk blues traditionnel, le "Miner's blues" de Frank Hutchinson. Bref, cet album devrait ravir les amateurs de blues primitif…