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Chris Whitley & Jeff Lang

Dislocation blues

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Chris Whitley est décédé en novembre 2005, suite à un cancer des voies respiratoires. Il n'avait alors que 45 ans et laisse pour veuve, Hélène Gevaert. Une Belge ! Issu de Houston, ce chanteur/compositeur/guitariste reconnaissait une multitude d’influences musicales, et en particulier le country blues, le blues rock et le rock alternatif. Ce Texan a laissé pour héritage douze albums, dont le premier "Living with the law", était paru en 1991. Sa spécialité ? Réussir des mélanges improbables. Il était ainsi capable de rapprocher Muddy Waters et Howlin' Wolf de Kraftwerk ou encore Elmore James de Kurt Cobain. Jeff Lang est également  chanteur, guitariste et compositeur. De nationalité australienne, il s’intéresse davantage à la musique folk. C’est également un fervent admirateur du blues original de Blind Willie Johnson et de Skip James, mais aussi de Bob Dylan, Richard Thompson et Ry Cooder. Il compte, à son actif, une bonne douzaine d'albums. Les deux hommes devaient se rencontrer et, lors d'une tournée accomplie par Whitley en Australie, au début 2005, ils enregistrent cet album, peu de temps avant la disparition de Chris. Le duo se partage les compositions, le chant et les guitares tout au long d’une œuvre qu'on pourrait qualifier d'électro blues-rock. Une musique roots mêlant savamment et délicatement instruments acoustiques et électriques. Une musique audacieuse quoique empreinte d’une grande pureté et d’une grande simplicité. Les reprises exécutées par le duo sont très personnelles, tant les deux artistes s’approprient les compos qu’ils interprètent.

L’opus s’ouvre par "Stagger Lee", un blues traditionnel de plus de sept minutes. Une incursion dans le monde de l'étrange. La voix de Chris est profonde, mystérieuse, poignante. Les guitares accentuent ce climat qui donne froid dans le dos. Constituée de Grant Cummerford à la basse et d’Ashley Davies à la batterie, la section rythmique est impeccable et créative. "Twelve thousand miles" est incontestablement la plage la plus blues. Jeff Lang chante d'une voix plus sereine, presque féminine. Il est assis sur un siège et tient sur ses genoux une lap steel, dont il tire des sons métallique. La plage est superbe. L’elpee recèle deux covers de Dylan méconnues : "When I paint my masterpiece" et "Changing of the guard". Le timbre de Chris est stupéfiant. Il est rejoint par celui plus frêle et surtout sensible de Lang. "Forever in my life" relève du répertoire de Prince. La sonorité de la lap steel transforme ce fragment en trip psychédélique. Dans le domaine de l’écriture, le sublime est atteint par "Rocket house". La voix intimiste, lugubre et énigmatique de Chris pose le décor sonore. Jeff le rejoint pour un duo acoustique. A cet instant, la complexité des deux guitares National carillonne à nos oreilles… Cette voix semble parfois sortir d'outre-tombe. Elle hante l'ensemble de cet opus. L'homme semble au bord du désespoir. Il ne fait aucun doute qu’il souffrait déjà dans sa chair. L’elpee est susceptible de nous surprendre à tout instant. A l’instar de ce "Dislocation blues", caractérisé par cet accompagnement minimaliste et répétitif, comme s’il émanait d’un continent lointain. Jeff gratte son chumbush, un banjo à douze cordes importé de Turquie, pendant que les percussions hypnotiques d'Ashley Davies donnent le change. Chris a écrit la meilleure compo de la plaque : "Velocity girl".  L'inventivité et la créativité s’y rejoignent. Une plage aventureuse au cours de laquelle les parties de cordes torturées de Jeff Lang relèvent de la pure magie. L'Australien est bien un musicien extraordinaire. Jeff renvoie l'ascenseur en se montrant également avide d’expérience. Il chante "Underground" soutenu par les deux guitares National amplifiées, responsables de sonorités distordues et tourmentées. Pour notre plus grand plaisir, l’elpee recèle un bonus track. Une plage cachée, si vous préférez. En l’occurrence leur vision (version ?) du classique "Hellhound on my trail" (de Robert Johnson pardi !) mêlé à "Kick the stones". Un album curieux, difficile, mais d'une richesse insoupçonnée et exceptionnelle. Quel dommage que l’un des deux acteurs soit disparu!

Chris Whitley

Rocket house

Écrit par

Après avoir commis six albums, dont la ligne de conduite reposait essentiellement sur la guitare, Chris Whitley a décidé de changer radicalement de style. Oh bien sûr, son timbre vocal éraillé, tendre et viscéral est toujours capable d'enflammer à lui seul les mélodies. Et puis la guitare n'a pas pour autant été rangée au placard. Ni le piano spectral. Mais ces instruments doivent composer avec un tas d'arguments technologiques. Samples, boîtes à rythmes, synthés et autres accessoires se fondent ainsi parfaitement au sein de l'instrumentation basique. Mais pour réaliser cette symbiose, Chris a fait appel à DJ Logic. N'imaginez cependant pas que la solution sonore soit passée pour autant au rap, au hip hop ou à un rock convulsif, réminiscent de Rage Against The Machine. Non, elle baigne dans une sorte de trip hop à forte coloration blues, trip hop ondulant au rythme de vibrations tribales, urbaines ou krautrock. Libérant même très souvent un groove aussi lisse que menaçant. Un peu comme si Howlin' Wolf et Tricky avaient décidé de faire une jam. Côté collaborateurs, Chris n'a pas lésiné sur les moyens. On y retrouve ainsi sa sœur Trixie sur deux fragments. Les vétérans Dave Mathhews et Brune Hornsby, également. Et puis surtout Tony Mangurian, à la production. Un musicien qui a autrefois joué en compagnie de Dylan et de Willlie Nelson. Ce qui, ma foi, est une fameuse carte de visite. Un must !

 

Chris Whitley

Terra incognita

Il y a une bonne quinzaine d'années que ce virtuose de la guitare roule sa bosse sur les scènes du pays de l'Oncle Sam. Un Texan qui chante également. Et qui a pour maîtres Johnny Winter, Little Walker, Elmore James, Ry Cooder, Jimmy Page, Jimi Hendrix et Neil Young. Un artiste dont le talent n'a toujours pas été reconnu à sa juste valeur. Et notamment en Europe. Et pourtant, Chris possède un talent fou. Qu'il ne met pas au service de la performance technique, mais plutôt de chansons au climat sombre, douloureux, viscéral, déchirées quelque part entre le désir et le désespoir. Un sentiment douloureux qu'il exacerbe de son falsetto marécageux, presque imprévisible, souvent languissant. Beau et sinistre à la fois!

 

Chris Whitley

Din of Ecstasy

Né à Houston, ce Texan a transité par le Connecticut, le Mexique, l'Oklahoma et le Vermont avant de se fixer à New York. Son adolescence a été marquée par les disques de Little Walker et d'Elmore James. Mais les premiers vinyles qu'il se procure sont de Jimi Hendrix, de Led Zeppelin et de Muddy Waters. Une indication de poids pour ce futur prodige de la guitare demeuré trop longtemps dans l'ombre. Il faudra d'ailleurs un fameux coup de pouce de Daniel Lanois pour que Chris atterrisse chez Columbia et apparaisse enfin à l'avant-plan de la scène musicale. Ne nous demandez pas combien il a pu enregistrer d'albums à ce jour. Nous n'en savons strictement rien. Sachez simplement qu'en 1979, il jammait déjà avec Willy Dixon. Une référence! Whitley à même été décrit comme étant au blues ce que Prince était à la dance. Mais si aujourd'hui il est toujours aussi influencé par Hendrix, nous pouvons également y ajouter des noms tels que Johnny Winter et Robert Johnson. Avec un tel éventail de points de repères, il vous est donc facile d'imaginer l'intensité de son blues rural, nourri au feedback, marécageux, qu'il chante d'une voix chancelante, désolée et tellement vulnérable, qu'elle semble correspondre à un hypothétique croisement entre Chris Isaak et Jimi Hendrix...