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Death Valley Girls

Les îles célestes de Death Valley Girls…

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Au cours d’une bonne partie de la dernière décennie, Death Valley Girls a utilisé sa musique comme moyen de puiser dans une énergie cosmique commune. Sur ses albums « Glow In The Dark » (2016), « Darkness Rains » (2018) et « Under the Spell of Joy » (2020), le groupe s'est attaqué à la banalité de la société moderne et a célébré le ‘potentiel magique infini’ à travers un collage de riffs proto-punk explosifs, de mélodies imparables et de paroles farfelues. Mais sur son dernier opus, « Islands in the Sky », Bonnie Bloomgarden, la leadeur, utilise les hymnes de la formation comme un guide de guérison spirituelle et une feuille de route pour les futures incarnations du moi. La musique qui en résulte est de loin la plus contagieuse et la plus festive de Death Valley Girls à ce jour. Le nouvel album paraîtra ce 24 février 2023, en attendant, la formation nous propose, sous forme de clip, son premier single issu de cet LP, « What Are The Odds », ici

 

 

Death Valley Girls

Under the spell of joy

Écrit par

Death Valley Girls est un quatuor californien (issu de Los Angeles, très exactement) drivé par la chanteuse et multiinstrumentiste Bonnie Bloomgarden et le guitariste Larry Schemel (drummeuse, sa sœur, Patty, a sévi chez le Hole de Courtney Love et Juliette and the Licks). « Under the spell of joy » constitue déjà son 5ème elpee, une œuvre de psyché-garage-gothic-rock plutôt singulière. D’abord à cause des lyrics. Influencés par les philosophes Terence McKenna et Mitch Horowitz, des écrivains responsables de thèses consacrées à l’ésotérisme, au mysticisme, à la métaphysique ou encore à l’eschatologie (discours sur la fin du monde ou des temps). Notamment.

Mais ce qui frappe d’abord, c’est la voix de Bonnie. Pas d’un bout à l’autre de l’opus ; mais quand même sur la plupart des plages. Une forme d’hybride entre David Surkamp (Pavlov’s Dog) et Siouxsie Sioux. Quoique traversé par un sax hurleur, l’hypnotique « Hey Dena » et le post punk « It all washes away » réveillent même l’esprit gothique des Banshees. Un saxophone débridé dans lequel souffle Gabe Flores, régulièrement, un peu à la manière de Steve MacKay (Stooges). Il s’éclate d’ailleurs sur le titre maître, un hymne martial et euphorique qui s’achève dans un chaos quasi apocalyptique. En outre, l’autre guest, Gregg Foreman (Delta 72), inocule ponctuellement ses sonorités de claviers rognées (un Farfisa ?), dont Clint Boon raffolait au sein d’Inspiral Carpets. Sans oublier cette forme d’innocence angélique apportée par les chœurs d’enfants.

Les compos sont imprimées sur un tempo vivifiant, post punk, krautrock ou velvetien, et même new wave sur « I’d rather be dreaming ». Il flirte avec le rock’n’roll tout au long de « Hypnagogia » et le fulgurant « Day miracle challenge », deux pistes colorées par un piano électrique jazzyfiant. Ajoutez-y du groove, des cordes de guitare électrique fuzz, gémissantes, offensives ou chatoyantes, selon les morceaux, et vous obtiendrez un long playing qui mérite assurément de figurer dans le Top 20 de votre serviteur.