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Death Valley Girls

Death Valley Girls de retour sur terre

Les Death Valley Girls sont une valeur sûre de la scène rock du sud de la Californie. Après avoir détruit la maison de la chanteuse Bonnie Bloomgarden à Altadena, les incendies dévastateurs qui ont ravagé la ville ont été une source d’inspiration poignante pour leur nouvel album, « Welcome to Earth ». Il sortira le 9 octobre 2026 chez Suicide Squeeze Records. Aujourd’hui, le groupe dévoile le premier single, « Message From the Venus Flower », accompagné d’un clip réalisé par la légende du punk Ian Svenonius. Sur un fond instrumental funky inspiré des années 80, Bonnie Bloomgarden pleure la perte de son chien bien-aimé tout en célébrant le lien spirituel qui les unissait. Elle trouve ainsi une exubérance au cœur même de la tragédie.

À propos du clip, elle confie : ‘Ian Svenonius est l’un de mes artistes préférés ! Ses textes, sa musique, son goût et sa philosophie sont géniaux! C’est une légende de l’innovation qui évolue sans cesse de manière exponentielle, tout en faisant référence à des éléments essentiels du passé. Et pourtant, d’une manière ou d’une autre, il reste toujours à la pointe de l’ultra-modernité !’

Le parcours qui a mené à l’elpee « Welcome to Earth » des Death Valley Girls commence dans les cendres de l’incendie d’Eaton, en Californie. Après avoir perdu sa maison à Altadena, puis peu après son chien bien-aimé Tommy, la chanteuse et compositrice Bonnie Bloomgarden a dû faire face à des questions auxquelles il n’y avait pas de réponse facile : qu’est-ce qui survit à une catastrophe ? Que reste-t-il après une perte ? Comment reconstruire une vie lorsque tout ce qui la définissait a disparu ? L’album né de ces interrogations compte parmi les œuvres les plus intimes et les plus introspectives que les Death Valley Girls aient jamais réalisées.

Tout au long de leur parcours, le groupe a toujours considéré la musique à la fois comme une célébration et une quête. Des albums comme « Glow in the Dark », « Darkness Rains », « Under the Spell of Joy » et « Islands in the Sky » ont transformé leur son space rock en un vecteur de quête spirituelle, trouvant des éclairs de transcendance au milieu du chaos quotidien. Mais « Welcome to Earth » se distingue de ses prédécesseurs. Il se concentre moins sur la fuite du monde et davantage sur la compréhension de la manière de rester connecté après la dévastation.

Ce qui en a résulté n’est pas exactement un long playing psych-punk sur la perte, mais plutôt sur le lien : ces fils invisibles qui relient les personnes, les animaux, les souvenirs, les paysages et les vies à travers le temps. Le titre de l’opus fait à la fois office de salutation et de rappel, un accueil que le monde naturel réserve à une espèce qui a largement oublié la place qu’elle y occupe. À maintes reprises, les chansons reviennent sur l’idée que la séparation pourrait bien être l’illusion la plus tenace de l’humanité.

Sur le plan musical, l’elpee reste indéniablement dans l’esprit des Death Valley Girls : exubérant, mélodique, curieux et magnifiquement sincère. Des harmonies de girls band flottent au milieu de passages psychédéliques brumeux. Les voix s’unissent en chants collectifs. Les refrains surgissent avec la légèreté d’un chant en chœur. Cet esprit communautaire résonne à travers les nombreuses voix de l’album : vingt-trois chanteurs invités apparaissent tout au long du disque, et notamment un chœur d’enfants dont la présence lumineuse confère aux chansons un sentiment d’émerveillement tout nouveau. Ce qui rend « Welcome to Earth » si émouvant, c’est son refus de séparer le cosmique du profondément personnel. Le résultat constitue l’œuvre le plus intime des Death Valley Girls, mais aussi le plus ouvert: un disque qui regarde la perte en face et qui, d’une certaine manière, en ressort plus ouvert à l’émerveillement.

Pour découvrir la vidéo du nouveau single « Message from the Venus Flower », c’est ici

 

 

Death Valley Girls

Les îles célestes de Death Valley Girls…

Écrit par

Au cours d’une bonne partie de la dernière décennie, Death Valley Girls a utilisé sa musique comme moyen de puiser dans une énergie cosmique commune. Sur ses albums « Glow In The Dark » (2016), « Darkness Rains » (2018) et « Under the Spell of Joy » (2020), le groupe s'est attaqué à la banalité de la société moderne et a célébré le ‘potentiel magique infini’ à travers un collage de riffs proto-punk explosifs, de mélodies imparables et de paroles farfelues. Mais sur son dernier opus, « Islands in the Sky », Bonnie Bloomgarden, la leadeur, utilise les hymnes de la formation comme un guide de guérison spirituelle et une feuille de route pour les futures incarnations du moi. La musique qui en résulte est de loin la plus contagieuse et la plus festive de Death Valley Girls à ce jour. Le nouvel album paraîtra ce 24 février 2023, en attendant, la formation nous propose, sous forme de clip, son premier single issu de cet LP, « What Are The Odds », ici

 

 

Death Valley Girls

Under the spell of joy

Écrit par

Death Valley Girls est un quatuor californien (issu de Los Angeles, très exactement) drivé par la chanteuse et multiinstrumentiste Bonnie Bloomgarden et le guitariste Larry Schemel (drummeuse, sa sœur, Patty, a sévi chez le Hole de Courtney Love et Juliette and the Licks). « Under the spell of joy » constitue déjà son 5ème elpee, une œuvre de psyché-garage-gothic-rock plutôt singulière. D’abord à cause des lyrics. Influencés par les philosophes Terence McKenna et Mitch Horowitz, des écrivains responsables de thèses consacrées à l’ésotérisme, au mysticisme, à la métaphysique ou encore à l’eschatologie (discours sur la fin du monde ou des temps). Notamment.

Mais ce qui frappe d’abord, c’est la voix de Bonnie. Pas d’un bout à l’autre de l’opus ; mais quand même sur la plupart des plages. Une forme d’hybride entre David Surkamp (Pavlov’s Dog) et Siouxsie Sioux. Quoique traversé par un sax hurleur, l’hypnotique « Hey Dena » et le post punk « It all washes away » réveillent même l’esprit gothique des Banshees. Un saxophone débridé dans lequel souffle Gabe Flores, régulièrement, un peu à la manière de Steve MacKay (Stooges). Il s’éclate d’ailleurs sur le titre maître, un hymne martial et euphorique qui s’achève dans un chaos quasi apocalyptique. En outre, l’autre guest, Gregg Foreman (Delta 72), inocule ponctuellement ses sonorités de claviers rognées (un Farfisa ?), dont Clint Boon raffolait au sein d’Inspiral Carpets. Sans oublier cette forme d’innocence angélique apportée par les chœurs d’enfants.

Les compos sont imprimées sur un tempo vivifiant, post punk, krautrock ou velvetien, et même new wave sur « I’d rather be dreaming ». Il flirte avec le rock’n’roll tout au long de « Hypnagogia » et le fulgurant « Day miracle challenge », deux pistes colorées par un piano électrique jazzyfiant. Ajoutez-y du groove, des cordes de guitare électrique fuzz, gémissantes, offensives ou chatoyantes, selon les morceaux, et vous obtiendrez un long playing qui mérite assurément de figurer dans le Top 20 de votre serviteur.