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Dr Wu

Hangin' with

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Dr Wu est un duo texan réunissant Bryan Freeze et Jim Ashworth. Le premier est multi-instrumentiste. Le second se contente de gratter quelques cordes acoustiques. Ils sont avant tout des musiciens de studio. Et ont baptisé leur projet ‘The Texas Blues Project’. Il est né en 2002, et "Hangin' around" en constitue déjà le quatrième volume. Pour la circonstance, ils ont à nouveau reçu le concours du Buddy Whittington Band, dirigé par l'ancien guitariste des Bluesbreakers de John Mayall. Le line up du groupe implique également un autre chanteur/guitariste notoire, Mike ‘Mouse’ Mayes. Davantage versé dans le southern rock, il a notamment milité pour Black Oak Arkansas et Pointblank. Sans oublier le bassiste Wayne Six et le drummer Mike Gage. Yolande Walker avait déjà apporté sa collaboration à la confection d’un précédent opus. Aux vocaux. Pour la circonstance, elle a entraîné dans l’aventure, sa famille. Quatre voix féminines et une masculine qui forment The Walker Effect. Le duo semble vouloir nous proposer un Texas très ‘black & white’. Indice repéré sur la pochette. D’un côté figurent les cinq musiciens blancs, de l'autre, les cinq choristes noirs, issus de la famille Walker.

Face aux chœurs des Walker, Mouse injecte toute la puissance naturelle dans la voix sur "Need a witness", un blues rock qui fait mouche. Mayes s’autorise le premier solo ; mais il est aussitôt relayé par la slide de Buddy. Blues classique, "Shouda, couda, wouda" est imprimé sur un mid tempo. Whittington a également une voix qui en impose. Elle est même autoritaire. L'orgue Hammond de Red Young apporte une touche Memphis blues à l’ensemble. Buddy est à la six cordes. Si la sensibilité de ses interventions évoque Freddie King, il n’en oublie pas d’emprunter quelques riffs à Albert King. Très roots rock, "When your lips start moving" est une superbe chanson. King Buddy est au vocaux. Il marque cette plage de sa présence si personnelle. D’autant qu’il est alors entouré de ses Walkers. Et de Red Young qui brille sur son orgue B3. Et quand la gratte opère sa sortie en pickin', le résultat est exceptionnel, assez proche d'un Mark Knopfler au sommet de son art ! Mouse Mayes se sert de tous les artifices southern rock pour attaquer "Voodoo doll (Hendrix slight revisit)", une réplique personnelle au "Voodoo child (Slight return)" de Jimi Hendrix. Mouse est dans son élément naturel quand il s'inspire de l'un ses maîtres! Mayes poursuit par "Handy man". Il est soutenu par les voix féminines. Ce texas shuffle permet aux guitares de se libérer. Elles sont chargées de passion et leur tonalité me rappelle un peu l’univers de Steely Dan, impression accentuée par les interventions d’orgue dispensées par Red. Dr Wu permet à Yolanda de chanter le slow blues texan "My man's specialty". Sa voix est également naturellement puissante. Et les échanges de cordes sont une nouvelle fois superbes. Buddy affiche sa facette la plus R&B sur "Life ain't no fair". On pense alors à d'autres bluesmen texans disparus, comme Albert Collins ou Johnny Copeland. Désolé Bryan Freeze, mais les sonorités synthétiques des claviers ne m’ont jamais bottées. "Gonna be days like that" est un pur bonheur. Buddy se réserve le micro sur ce blues lent et chante à la manière de Billy Gibbons, dans l’esprit du "Sure got cold after the rain fell" de ZZ Top, un morceau issu de "Rio Grande mud". Bryan Freeze est passé à l'harmonica pour "Full time fool", un boogie au cours duquel Red Young  semble hanté par Booker T. "Best part of my life" baigne dans l’americana, la touche ‘country’ s’incrustant dans la sphère blues. "Slow rollin' train" clôt le long playing. Un dernier clin d’œil appuyé au ZZ Top originel, sans éprouver la moindre difficulté. Ce disque est une belle propagande pour la musique texane!   

 

Dr Wu

Live from Texas (Cd + Dvd)

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Texans, Bryan Freeze et Jim Asworth sont de grands amis. Issus de Fort Worth, ces compositeurs aiment travailler en studio. Ensemble, ils ont créé, voici quelques années, le Dr. Wu' Blues Project, nom emprunté à une composition du groupe Steely Dan. Comme ces derniers, ils ont voulu tenter l'aventure live! Après avoir publié deux albums studio, ils ont donc mis sur pied ce concert organisé dans le désert, aux portes de la cité de Fort Worth.

Autour d'eux, rien que des potes. Tout d’abord le peu notoire mais très doué harmoniciste Gary Grammer ; mais aussi le Buddy Whittington Band au grand complet, soit Buddy et Mouse Mayes, qui se partagent chant et guitare, le bassiste Wayne Six et le drummer Mike Gage. Baptisé "Live from Texas", le concert a été immortalisé sur cd et dvd. Il dure environ 75'. Un set au cours duquel, la formation a interprété l'essentiel des plages qui figuraient sur leurs deux opus précédents.

Souvenez-vous, sur le dernier elpee studio ! Jim Asworth était crédité de ‘rien’ (nothin'). Ici, il chante la célèbre reprise de "I'm a man". Une ouverture royale au cours de laquelle il se révèle convainquant et même brillant. Le tempo est rapide, dans l’esprit des mythiques Yardbirds anglais. Cet "I'm a man" est issu de la plume de Bo Diddley. La nouvelle version est un réel brûlot. Pour le reste du concert, Jim se réserve plusieurs grattes rythmiques, mais pas certain qu'elles soient branchées sur un ampli! Buddy prend les rênes, dès la plage suivante, "Why is it so hard to say goodbye". Et il se révèle excellent chanteur. Sa voix est puissante et incisive. Il interprète ensuite "Jacksboro Highway", du nom de cette route qui relie Dallas à Jacksboro, la T199. Ecrite par Gary Nicholson, cette plage figurait au répertoire du John Mayall's Bluesbreakers. Tout au long de cette nouvelle adaptation, le jeu de slide est superbe! Bryan Freeze se réserve le micro sur "I wanna love you", un shuffle à la texane. Boogie, "Boogie in the rain" rend hommage à John Lee Hooker et Canned Heat. Toutes les guitares communiquent une véritable intensité à cette piste, au cours de laquelle l'envol à l'harmonica exécuté par Gary Grammer est remarquable. Bryan est au bottleneck pour "When I get to heaven", une compo qui démarre dans le Delta avant de passer à un blues électrique nerveux et percutant. Il est à la slide et sur la route dans sa Cadillac rouge pour les excellents blues rock "That ain't right" et "High maintenance baby". Buddy se réserve le chant pour "Bryant Irving road", un blues décontracté (laidback) imprimé sur un mid tempo, qui s'achève par un duel entre slide et harmonica ; et Mr Freeze, un autre shuffle participatif intitulé "I don't need no woman like you". "Slow rollin' train" lorgne vers ZZ Top. A cause de la sonorité de guitare dispensée par Buddy, digne de Billy Gibbons. C’est vrai que nous sommes au cœur du Texas. Le morceau final est particulièrement festif. C’est Mouse qui se réserve les vocaux sur ce "Bo Diddley Tribute"

Ce set généreux accordé par Dr. Wü' and Friends est reproduit sur un dvd dont les images sont d’une grande qualité. En outre, il est enrichi de deux plages captées lors du soundcheck opéré par le Buddy Whittington Band, le "Bar-B-Q" de ZZ Top et un blues lent quand même, le "Ain't nobody's business" de Freddie King.

 

Dr Wu

Texas Blues Project Volume 2

Écrit par

Ce duo issu de Fort Worth (NDR : c’est au Texas !) nous propose le deuxième volet de son "Texas Blues Project". Il fait suite à un premier chapitre publié en 2008. Et pour réaliser ce projet, les deux amis, Bryan Freeze et Jim Ashworth, ont décidé de conserver le patronyme Dr Wu', un nom tiré d'une chanson de Steely Dan. Le duo d’amis a composé les douze plages ; mais ils se sont également chargés de la mise en boîte, du mixing ainsi que de la production de ce nouvel opus. Pour la pochette, ils ne se sont pas trop cassé la tête, puisqu’ils ont repris celle qui illustrait le premier volume ; celles de vaches texanes à (très) longues cornes! Paradoxalement, nos deux compères n'exercent qu’un rôle secondaire au cours de toute cette série d’exercices de style. Bryan Freeze est crédité de la guitare rythmique et Jim Ashworth, de rien (NDR : ‘nothin’). Je le soupçonne cependant de gratter parfois les cordes! En fait, le concept Dr Wu' est destiné à mettre en exergue le talent de tas de potes locaux. Indubitablement, on assiste à une fête de la guitare blues texane.

Au premier rang des guests, on retrouve le saignant Buddy Whittington (NDR : il a sévi comme sixcordiste, au sein des Bluesbreakers de John Mayall, pendant de nombreuses années). C'est d'ailleurs Buddy qui ouvre le feu par "That ain't rtight", une compo qu'il cosigne en compagnie de Bryan et Jim. D'emblée ce musicien révèle sa force de frappe et tout son talent. Il ne faut pas plus de 5" pour  s'apercevoir que nous sommes en présence d'un grand! Buddy met toute sa force vocale au service de l'ensemble. Ses cordes sont explosives, incisives, inspirées par Freddie King. Le vieil ami Charlie Bassham est revenu pour chanter "Can't keep a good man down". Lui aussi possède une voix autoritaire. Red Young (de Red and the Redhots) siège derrière l'orgue Hammond. Le ton est assez Memphis R&B. Mace Maben se révèle également très versatile à la guitare. Charlie chante encore admirablement le lent "Even a wolfman gets the blues". Manifestement, les gratteurs sont ici tous excellents. Et l’intervention de Dave Milsap, un ex-membre du Delbert McClinton Band en est une belle illustration. Mais déjà le géant Buddy Whittington refait surface. C’est même lui qui va prendre l’ascendant sur presque tout le reste du projet. Il chante "Bryan Irvin road", en échangeant quelques petits soli en compagnie de Freeze, préposé à la slide. Le tempo change. Place au boogie. Lors du percutant "Boogie in the rain", Buddy est aux vocaux. Il est soutenu par les brillantes interventions de Gary Grammer à l’harmo. Les deux hommes s'entendent comme larrons en foire! Le rythme est toujours aussi vivifiant sur "Fort Worth bound", une plage dédiée à la bonne ville de Fort Worth (NDR : voisine de Dallas). Mouse Mayes (ex-Black Oak Arkansas, ex-Pointblank) chante devant l'harmo de Grammer et les cordes acoustiques de Freeze. "Why is it so hard to say goodbye ?" est toujours aussi sémillant, une plage au cours de laquelle Whittington a repris les rennes. Sans le moindre répit, "Bo Diddley tribute" embraie, tout en empruntant, au passage à "Road Runner". C’est Mouse Mayes qui dirige la manœuvre tout au long de "Hey Bo Diddley". On en a des fourmis dans les jambes. Les percussions sont stimulantes et on se régale du Bo Diddley beat ! Le récital texan conserve tout son intérêt lors d’un "You give me the rain", caractérisé par la présence de trois guitares rythmiques pour épauler le soliste Mayes (NDR : leader de The Powerhouse, il invite régulièrement Whittington à venir renforcer son team). Instrumental, "My man's specialty" met aux prises Buddy et Red Young". Un nouveau convive a empoigné le micro : Geral Lawrence. Il attaque "Rockin' Chuck Berry blues", du pur rock'n'roll. Lee Pickens joue ici le rôle de Berry Whittington. Geral interprète "Slow rollin' train", une finale excitante, imprimée sur un rythme très ‘rollingstonien’, au cours duquel Buddy s’accorde une dernière sortie sur sa slide. Une magnifique propagande pour le rockin' blues texan!!

Dr Wu

Texas Blues Project Vol 1

Écrit par

Ce projet est le fruit de la collaboration entre deux amis texans qui jouent ensemble depuis trente ans au sein de diverses formations, et ont coécrit plus de 200 chansons. Jim Ashworth et Bryan Freeze ont baptisé ce nouveau concept Dr. Wü, en référence à une chanson de Steely Dan, autre duo constitué des célèbres Donald Fagen et Walter Becker, régulièrement épaulés par de brillants musiciens. Ashworth et Freeze ont donc décidé d’adopter cette même philosophie en engageant des collaborateurs issus de leur bonne ville de Forth Worth (NDR : c’est près de Dallas !) Surprise, lorsqu’on consulte les notes du booklet, on constate que Bryan Freeze joue de toute une série d’instruments différents, alors que Jim Asworth est crédité de ‘nothin'’ ; autrement dit, il ne joue de ‘rien’ ( ?!?!?!). Le duo signe toutes les chansons. Une exception, une ! Omniprésents, le chanteur Charlie Bassham et le bassiste Gary Owen participent cependant parfois à l'écriture.

L’opus s’ouvre par le puissant "I don't need no woman like you". Buddy Witthington, concitoyen célèbre, crache des flammes à la guitare. Pas pour rien qu’il est un Bluesbreaker indissociable de John Mayall depuis 15 ans. Charlie Bassham se révèle excellent chanteur. "Stop your lyin" manifeste davantage de sérénité.  La voix de Charlie reste claire. Il pousse ses cordes vocales en affichant beaucoup d'autorité et d'aisance. Gary Grammer souffle dans son harmonica. Freeze se réserve les guitares. La seule cover a été immortalisée en public : le "Jacksboro highway" de Gary Nicholson. Buddy Whittington se taille à nouveau la part du lion. Sa voix est surpuissante. La slide bien présente et créative. Jacksboro Highway était un strip bar de Fort Worth, dans les fifties. De nombreux bluesmen comme Jimmie Reed, Ray Sharpe et Delbert McClinton s'y produisaient. "I don't care blues" est un bon blues rythmé inspiré par le Delta. Grammer est à l'harmo et Rollo Smith, autrefois gratteur des Naughty Sweeties, maîtrise divinement la slide. Ballade séduisante, "Sister blue" trempe dans le R&B. Bassham semble incarner le troisième homme du projet. Une révélation au chant ! Bryan Freeze siège derrière l'orgue Hammond. Le bassiste Jerry Hancock (ex-Smokin' Joe Kubek Band) et le drummer Mike Kennedy (un ancien du Freddie King Band) forment la section rythmique. Elle déborde de groove. Blues rocker, "I wanna love you" est balisé par la guitare de Lee Pickens. Très roots, "When I get to heaven" nous replonge dans le Delta blues. Les cordes du même Pickens sont bien amplifiées. Ce gratteur milite toujours chez Bloodrock, une formation de hard rockin' blues ayant vécu naguère, dans cette ville de Fort Worth, un succès certain ; et qui se reforme épisodiquement. Entretenu par le saxophone de Rodney Bowens, "The fool around" est un R&B dansant. "Storm watch warning" constitue enfin le long slow blues attendu. La démarche dramatique est marquée par la guitare de Danny Hubbard et l'orgue Hammond omniprésent de Red Young (NDR : membre de Red & the Redhots). De sa voix grave et expressive Charlie domine ce grand blues ! Ce recueil demeure intéressant jusqu’à son terme. Légèrement funky, "Come back baby!" est à nouveau nappé par l'orgue de Red Young et balayé par les cordes du brillant Stephen Burton (remember Storyville!). Le pétillant "High maintenance baby" s’avère une des meilleures plages de l’opus. Le talent de James Pennebaker est ici mis en exergue. Cet autre gratteur subtil et impeccable est un ancien partenaire de Leroy Parnell et Delbert McClinton. Buddy Whittington opère son retour en compagnie de Mouse Mayes, un ancien de Black Oak Arkansas et de Point Blank, pour accorder l’inévitable "Nothin' like Texas blues", une sorte de résumé de cette œuvre. A suivre, car Dr. Wü envisage déjà un deuxième volume de ce projet. En attendant, je vous invite à vous régaler en dégustant cette solide tranche de blues texan.