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Eliana Cargnelutti / Sadie Johnson / Heather Cross

Girls with Guitars

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Le label allemand Ruf semble vouloir féminiser son écurie. Et signe régulièrement des dames et demoiselles capables de chanter le blues, gratter une guitare avec plus ou moins de bonheur, composer et bien entendu se produire sur les planches. C'est ainsi que la série de "Girls with guitars" est née, il y a quelques années. Et en voici la suite ! Qui épingle des artistes débutantes. Ce disque se focalise sur trois d’entre elles. Tout d’abord l’Italienne Eliana Cargnelutti. Elle vient de graver "Electric woman". Ensuite Sadie Johnson, une très jeune Américaine –issue de l’Indiana, elle n’a que 18 printemps– qui drive son groupe, Sad Sam Blues Jam. Et enfin Heather Cross, à peine plus âgée, originaire de Little Rock dans l'Arkansas, préposée à la basse. Elle s’est souvent produite au mythique club Ground Zero de Morgan Freeman, à Clarksdale, dans le Mississippi, en compagnie de son band, The Sweetones. Ensemble, elles ont tourné dans le cadre de la 11ème Blues Caravan, un périple annuel organisé par Ruf. Les sessions d’enregistrement de ce long playing se sont déroulées au sein du studio Bessie Blue, dans le Tennessee, sous la houlette du célèbre Jim Gaines. Hormis trois reprises, nos trois demoiselles se sont partagées la signature des huit autres plages.

Tout naturellement, l’LP s’ouvre par "Girl Band", une compo issue de la plume d’Eliana. Le trio se partage les vocaux tout au long de ce rockin' blues rythmé, balisé par des solides riffs. Et le résultat est concluant. Elles s’attaquent alors au "Tush" de ZZ Top, un des plus gros succès du combo de Houston. Toutes trois chantent leurs propres compositions. Sadie interprète ainsi d’une voix fragile, mais impeccable, "This house just ain't my home", un blues imprimé sur un mid tempo. Miss Johnson, le notoire "Feelin' alright" de Dave Mason (NDR : titre au départ destiné à Traffic). L'arrangement tient la route. Elle est parfaitement soutenue par les deux amies qui reprennent le refrain en chœur, mais également par le pianiste Rick Steff et le percussionniste Justin Holder. "Give me a kiss" emprunte un profil plutôt rockabilly. Empreinte de douceur, "Say goodbye" est une ballade qui ne manque pas d’allure. Heather Crosse possède la meilleure voix. Elle chante autoritairement mais passionnément son "She may have you, but I got yo heart", un superbe blues lent. Son "Shades of love" s’ébroue dans le style néo-orléanesque, à cause de ses rythmes syncopés, avant de glisser vers un blues/rock plus classique. Eliana remue davantage les tripes. Elle aime quand les morceaux déménagent. A l’instar de son "Life", au cours duquel, nonobstant une voix plutôt faiblarde, elle assure à la six cordes. Ces trois rockeuses dans l’âme se montrent très à l'aise pour reprendre "I hate myself for loving you", le hit de Joan Jett. On navigue alors à des années-lumière du blues. Et c’est Eliana qui pousse sa voix ! En finale, Eliana et Sadia reprennent la main pour chanter en duo un dernier rockin' blues puissant, "Wish you had'nt gone"…

 

Eliana Cargnelutti

Electric woman

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Eliana Cargnelutti est originaire d’Udine, en Italie. Elle est lauréate du Conservatoire de Ferrara. Comme guitariste. Section jazz. Elle est également chanteuse. Elle avait enregistré un premier album solo en 2013, "Love affairs". Depuis elle a signé chez Thomas Ruf, pour lequel elle vient donc de publier « Electric woman ».

"Electric woman" : une femme électrique. Un titre éloquent. Et Eliana l'est! Elle le démontre dès l'ouverture, "Why do I sing the blues", un titre rock, funky et finalement pas très blues. Pas vraiment la meilleure plage de l’opus. A contrario, tout au long de "Just for me", elle se sent comme un poisson dans l’eau. Métalliques et puissants, les riffs sont dispensés par l’Américain Alberto Castiglia. Il se charge d’ailleurs personnellement des arrangements. Et par ailleurs, c’est également lui qui a réalisé la mise en forme de l’LP. Eliana embraie par deux reprises fort intéressantes. Tout d’abord "Street corner talking", l'un des plus grands succès de Savoy Brown. La Transalpine nous y accorde un bon exercice de style aux cordes, tout au long de cette version respectueuse de l’originale. Puis le "Soulshine" de l’Allman Brothers Band, une plage signée par Warren Haynes. Miss Cargnelutti s’y révèle bien plus convaincante. Sa présence vocale est indéniable. Les interventions à l'orgue de John Ginty sont impeccables. La section rythmique est assurée par le bassiste Roger Inniss et le drummer Jamie Little. Elle balise parfaitement le rocker "Show me", mais la voix d'Eliana ne semble pas ici vraiment dans son élément. Parmi ses meilleures compositions, on épinglera "I'm a woman", une piste imprimée sur un mid tempo qui marche sur les traces de ZZ Top, "Freedom", un morceau caractérisé par des riffs puissants, au cours duquel elle s’autorise une sortie aux cordes en écrasant ses pédales de distorsion, et "I saw your eyes", une ballade cool, paisible, qui permet à Eliana de se concentrer davantage sur les vocaux. La cover du "There's gonna be some rockin'" d'AC/DC est bien balancée ; mais c’est surtout la slide explosive de Castiglia qui fait la différence. Frénétique, sauvage, "Eliana's boogie" clôt le long playing, un instrumental au cours duquel Miss Cargnelutti et son ami floridien Castiglia rivalisent d’adresse ; et finalement, c’est quand elle est confrontée à un autre gratteur qu’Eliana se montre la plus efficace. Encore jeune, Eliana doit encore se forger son expérience. Et puis au fil du temps, sa voix sera aussi, sans doute, plus adaptée au blues…