Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Endless Boogie

Vibe killer

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Cette formation américaine est née, en 2007, à Brooklyn. Elle réunit le chanteur/guitariste Paul ‘Top Dollar’ Major, le gratteur Jesper Eklow, le bassiste Marc Raso, et le drummer Harry Druzd. "Vibe killer" constitue déjà son cinquième effort studio. Elle revendique pratiquer du kraut southern rock, un style au sein duquel on rencontre blues, rock, stoner, hard et psychédélisme.

 Endless Boogie cherche à refléter le mal-être de ce quartier sombre de la Grande Pomme. Ainsi, dès les premières mesures du titre maître qui ouvre la plaque, la voix caverneuse, issue d'outre-tombe, de Major, pénètre au plus profond de notre âme. Répétitive, la trame rythmique se mue en transe hypnotique jusqu'à la libération de la seconde guitare qui trace son chemin avec détermination. Le trip peut enfin commencer. Implacable, cette rythmique charpentée par les deux grattes balisent "High drag, hard doin'". Les riffs stoniens véhiculent des accents métalliques. Ray Major chante comme un Iggy Pop, dont les cordes vocales seraient abîmées. Et il libère rapidement ses cordes totalement ravagées, propices au périple acide, avant que les guitares n’émergent, sans la moindre concession, d’une folie communicative. Cordes et ivoires tournent en boucle, jusqu’à l’étourdissement, tout au long de "Bishops at large", un krautrock spatial hanté par le vocal profond et chargé d’intensité. "Back in 74" s’ouvre comme un rockin' blues nerveux, avant de virer radicalement au space rock écrasant. Le piano talonne les grattes qui montent clairement en puissance. Elles déferlent et délirent sur "Jefferson Country", une plage qui s’étire sur plus de 11' (NDR : c’est la plus longue de l’opus). Puis soudainement, la compo adopte un tempo très lent, proche du blues. Major déclame alors à la manière d'un John Lee Hooker totalement imprégné de son blues primaire. Morceau final, "Whilom" en revient au krautrock, une piste qui se traîne au gré du vocal fatigué, alors que les cordes dialoguent presque sereinement. Une conclusion plutôt paisible, après avoir visité ce monde de l'étrange!

 

Endless Boogie

Long island

Écrit par

L'atmosphère glauque de Brooklyn n’est certainement pas propice à la purification. Il faut croire que cette terre est devenue inculte. Le mal de vivre y est persistant ; et si les compos véhiculent un message, ce constat n'est manifestement pas absent. Ce qui ne veut pas dire que la musique d'Endless Boogie n'a pas de saveur ni de couleur. Au contraire. Mis elle est âpre,  volontairement agressive quand c’est nécessaire. Douce et amère parfois. Acide toujours. Endless Boogie est une composition signée John Lee Hooker, dieu du blues et du boogie. Ce band étasunien a donc choisi ce patronyme. Le boogie sans fin, oui, les compositions du groupe sont autant de jams. Les musiciens entament les débats et ne savent pas vraiment comment ils traverseront le temps et termineront cette impro. Ce ne sont pas de jeunes musicos. Plutôt des artistes expérimentés, forgés par le temps, puisant au tour à tour leurs racines dans le blues, boogie, punk, rock et psychédélisme. Découpé en huit pistes, cet opus s’étale sur 80’. Ce qui se traduit par une moyenne de 10' pour chaque titre. Il faut donc être prêt pour une telle aventure.

Le leader c’est toujours Paul Major. Il se réserve et se réserve la première gratte. Mais comme leur expression sonore mérite des échanges entre cordes, le rôle du second sixcordiste, Jesper Eklow, est aussi important. Et puis un troisième soliste est également de la partie, et c’est loin d’être un manchot, puisqu’il s’agit de Matt Sweeney! Il a notamment sévi chez Chavez et Zwan et avait déjà assuré la mise en forme pour Endless Boogie. Pour soutenir toutes ces guitares, une solide base rythmique est nécessaire. Elle est assurée par Harry Druzd et Marc Rezo, et c'est du béton armé.

Difficile de décrire toutes les couleurs sonores qui traversent "Long island". Elles se succèdent tout au long de la jam qui progresse lentement, mais sans jamais susciter l’ennui. Un coup de fuzz et c'est parti pour un très long "The savagist", porté par la voix de Major. Elle semble émaner de l'au-delà, comme un Captain Beefheart fortement dérangé des bronches. La plage libère énormément de groove, et cette combinaison rythmique des guitares aboutit dans une orgie de cordes totalement libérées. "Taking out the Trash" s’ouvre dans un climat ‘hawkwindien’. Linéaire, ce titre de space rock est écrasé par le rythme. La voix campe un hybride entre Beefheart et Lemmy (de Motörhead et Hawkwind). Un morceau plus accessible dont le tempo est en accélération constante. Empreint de douceur, "The Artemus ward" baigne au sein d’un climat cool, minimaliste, parfois proche de Can (NDR : oui, c’est du krautrock !) Quoiqu’en fin de parcours l’acidité se révèle de plus en plus perceptible. "Imprecations" bascule dans le délire psychédélique. Le trip est intégral et se poursuit par "Occult banker", une piste aussi débridée qu’hallucinée. "On cryology" est certainement le titre le plus blues d’Endless Boogie, mais dans l’esprit propre au band. Peu de vocaux sur ce long playing. Cependant, lorsque Paul décide de vocaliser sur "General admission", il est particulièrement sauvage. Il semble furieux et vocifère, un peu comme Iggy Pop chez les Stooges pour "Fun House" ou Rob Tyner et Eddie Kramer du MC5 dans "Kick out the jams". Les guitares affluent de partout lors de ce boogie infernal. Avant de se retirer, EB s'engage dans son plus long périple, "The Montgomery Manuscript", sur une rythmique que n'aurait pas reniée le Velvet Underground, avant de virer progressivement dans une longue transe cosmique, caractérisée par la montée en puissance progressive des cordes. De quoi installer un climat hypnotique qui ne va plus disparaître…

 

Endless Boogie

Full house Head

Écrit par

Bouclez vos ceintures. En route pour les quartiers gris et poussiéreux de Brooklyn, où le mal de vivre règne, l'atmosphère est lourde, menaçante, suffocante même. L'ombre mystérieuse de Paul Major émerge. Ce n'est plus un gamin. Il a du vécu. C’est aussi le leader, l'âme, le chanteur et le guitariste d'Endless Boogie. Il est soutenu par trois comparses : Jesper Eklow, Mark Ohe et Harry Druzd.

"Empty eye" est une ouverture royale. Une plage qui nous replonge au début des seventies lorsque les vagues blues et psychédélique s'étaient émoussées pour céder le relais à un rock excitant, vivace, débridé, débarrassé de ses règles, un rock plus hard, mais pas encore métal. Les morceaux s'allongeaient pour laisser libre cours à la nature exploratoire des différents instrumentistes. Afin qu’ils puissent se divertir jusqu'à l'excès, de manière à expérimenter de nouveaux sons. C'est à cette époque précise que Major a puisé ses références : l'aventure, le trip ; mais ce voyage est modulé par une assise répétitive, développée par ses complices. Sur "Tarmac city", le doute n'est plus permis. L'attaque est frontale, violente. Paul éructe ses vocaux comme Johnny Rotten durant l'état chaud de 1977. Il y a manifestement une approche punk dans le message ; mais l’expertise instrumentale est bien présente. L’artiste malmène ses cordes, tout en les maîtrisant parfaitement. La qualité est toujours bien au rendez-vous. Une sorte de relation sado-maso entre le musicien et son instrument s’établit! Sérénité et torpeur se croisent et se rejoignent pour entreprendre une longue épopée déchirée entre douceur et amertume : "Slow creep". La guitare pose d’abord ses jalons. Progressivement les claviers s’infiltrent. On entre alors dans une sorte de blues jam extrême. Le flux sonore serpente lentement mais sûrement, pendant que la rythmique embarque tout sur son passage, un peu à la manière du mythique Velvet Underground (NDR : ils étaient également new-yorkais !) Paul chante ce blues désespéré et libère ses cordes dans un accès de transe susceptible de communiquer la nausée. La fureur du punk refait surface, mais dans l’esprit du MC5 voire des Stooges sur "Mighty fine pie". Une violence inéluctable envahit l’atmosphère, où se mêlent sang et sueur. Le ténébreux Major domine cependant bien son sujet. Il aligne des riffs implacables comme les Stones rêveraient de reproduire. Cette rage au ventre se perpétue tout au long de "Top dollar speaks his mind". Monolithique, la rythmique lorgne à nouveau vers le Velvet Underground ; à moins que ce ne soit vers les dieux anglais du space rock, Hawkwind. Ecorchée et tranchante, la guitare n'épargne personne. Endless Boogie aborde "Pack your bags" comme un Hendrix déjanté. Le son baigne dans l'acide le plus pur. L’attaque est corrosive, convulsive, destructrice. Rien ne reste intact. Assoiffé de sang, cet enfant du culte vaudou nous torture! Le bulletin de santé ne s'améliore guère pour "New pair of shoes". La voix est grave. Elle communique toute sa souffrance mentale et physique. Et comme ce scenario attendait son épilogue, une plage live de plus de 22' clôture cette œuvre sans concession. Intitulée "A life worth leaving", elle pénètre lentement, progressivement dans nos oreilles. Rappelez-vous des longs développements dont les Doors étaient friands. Des moments qui nous entraînaient au cœur de trips psychédéliques ultimes, enrichis de diapositives multicolores… Périple d’un autre temps…