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Julia Drouot a coupé court…

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Eric Clapton

Olanes, trains and Eric (Dvd)

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La carrière d’Eric Clapton est déjà très longue. Sa notoriété, il l’a forgée au fil de ses expériences, qu’il a menées chez les Yardbirds, Bluesbreakers, Cream, Blind Faith, Derek and the Dominoes et bien entendu, en solitaire. La plus longue, il faut le préciser. Au fil du temps, la musique de l’artiste est devenue plus pop, même si elle a toujours conservé des racines blues. Ce qu’il a constamment démontré sur les planches. Ses enregistrements ‘live’ sont innombrables. Ce Dvd a été immortalisé dans le cadre de la tournée "Mid and Far East Tour", en 2014. Il nous livre seize chansons (en comptant les deux en bonus) dont certaines appartiennent à son répertoire intemporel, depuis plusieurs décennies. Il recèle également des interviews, des  séances de répètes et des reportages filmés lors de ses voyages en train ou en avion. Artiste plus que notoire, Clapton peut se permettre d’engager de brillants collaborateurs. Pour la circonstance, il a entraîné ainsi dans l’aventure, Steve Gadd et Nathan East pour constituer la section rythmique, Paul Carrack et Chris Stainton, aux claviers, ainsi que deux choristes, Michelle John et Shar White.

"Tell the truth" date de l'époque Derek and the Dominoes. C’est le titre qui ouvre le Dvd. "Pretending" embraie. Il s’agit de la première piste de l’elpee, "Journeyman". "Crossroads" est devenu un classique. Il remonte à l’époque de The Cream. Une compo signée par le légendaire Robert Johnson, et imprimée ici sur un tempo plus lent. Blues indolent, "Driftin' blues" a été écrit par Johnny Moore et Charles Brown, au cours des années 40. La nouvelle version est acoustique. La reprise du "I shot the sheriff" de Bob Marley a toujours été un moment incontournable lors d'un concert de Clapton. "Layla" et "Wonderful tonight" sont deux chansons qu'il avait destinées son ex-épouse Pattie Boyd, également une ex de feu Georges Harrison… Ce périple nous entraîne au Japon. Qui rend hommage à Eric pour son 200ème concert accordé au pays du soleil levant. On le retrouve ensuite, également, à Singapour, au Bahrein et à Dubai. Parmi les blues les plus remarquables, j’épinglerai les versions du "Little queen of spades" de Robert Johnson, du "Key to the highway" de Big Bill Broonzy, du "Before you accuse me" de Bo Diddley, du "Hoochie Coocie man" de Willie Dixon, sans oublier le clin d’œil adressé à son grand ami, disparu il y a peu, JJ Cale, à travers "Cocaine". La dernière piste, "High time we went", est signée Joe Cocker (NDR : encore une légende récemment décédée) et Chris Stainton. On en arrive donc aux bonus tracks, au cours duquel Eric chante unplugged le traditionnel "Nobody knows you (when you're down and out)", une composition issue de la plume de Jimmy Cox, datant de 1923, et "Alabama woman blues", de celle de Leroy Carr, remontant à la même époque!

 

Eric Clapton

Unplugged : Expanded and remastered (cd + dvd)

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L'album "Unplugged" d'Eric Clapton était paru en 1992. Il réunissait des chansons issues du répertoire de l'artiste retravaillées, notamment sous un format acoustique. Eric n'y croyait pas, le label Warner, non plus. Pourtant le disque s’est vendu à plus de 19 millions d'exemplaires, la meilleure vente jamais réalisée par Clapton. L’elpee décroche alors le titre de meilleur album de l'année, Eric, celui du meilleur chanteur et "Layla", de meilleure chanson.

Pour célébrer ses 50 années de carrière et les vingt années de sortie de l'album originel (21 si on est sourcilleux sur les chiffres), Rhino a décidé de rééditer "Unplugged" en version ‘extended’. Le premier cd réunit les quatorze plages remasterisées. Le second des bonus tracks. Et le tout est accompagné d’un Dvd immortalisant un concert filmé par MTV. 

Ballade instrumentale, "Signe" s’inspire d’un bateau baptisé de ce nom. Eric reprend le "Before you accused me" de Bo Diddley et le "Hey hey" de Big Bill Broonzy, le premier blues qu'il ait jamais appris à jouer ! "Tears in heaven" est une chanson qui rend hommage à son fils, Conor, qui avait trouvé la mort à l’âge de 4 ans, l'année précédente. La star de la guitare blues anglaise excelle dans le domaine de la reprise d'anciens classiques du style. A l’instar du "Nobody knows you" de Bessie Smith, une plage caractérisée par la présence des voix de Katie Kissoon et Tessa Niles ainsi que le concours de Chuck Leavell au piano. De deux titres de Robert Johnson, "Walkin' blues" et "Malted milk". Signé Snooks Eaglin, "Alberta" se distingue par sa bien jolie mélodie. Piano, harmonica et kazoo s’invitent tout au long de l'entraînant "San Francisco Bay blues", une compo issue de la plume de Jesse Fuller. Traditionnel, "Rollin' & tumblin'" (NDR : pour la circonstance attribué à Muddy Waters) bénéficie de la participation du public. Mais le meilleur moment de ce concert acoustique demeure la version indolente du superbe "Layla". Deux pistes émanent de "Journeyman", un opus gravé en 1989. Tout d’abord le "Running on faith" de Jerry Lynn Williams. Sur cette plage chargée d’émotion, Eric se sert du dobro. "Old love", ensuite. Une compo qu’il a coécrite en compagnie de Robert Cray.

Le deuxième disque propose six plages inédites dans leur configuration. Et tout d’abord deux chansons qu’il n’allait enregistrer que quelques années plus tard, sur l’album "Pilgrim", en 1998. Soit "Circus" et "My father's eyes". Sur ce dernier morceau à la superbe mélodie, Clapton, qui n'a jamais connu son papa, regarde son fils disparu à travers ses yeux de père. Il nous réserve cette compo sous deux versions différentes. Deux démos issues des sessions d’enregistrement d’"Unplugged" ont également été ajoutées. En l’occurrence le très beau "Running on faith" et "Walkin' blues". En finale, Clapton reprend un autre classique, le "Worried life blues" de Big Maceo Merriweather. Eric injecte énormément de sensibilité dans la voix pour interpréter cette chanson, devant le piano de Leavell.

Une version bien "De Luxe".

 

Wynton Marsalis & Eric Clapton

Play the Blues

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Eric Clapton a d’abord fait ses classes dans l’univers du blues, avant de passer au rock, puis à la pop. L’artiste est populaire, il faut le reconnaître ; il est même notoire au sein de toutes les générations. Il a cependant décidé de se lancer dans une nouvelle expérience, en compagnie d’un des plus grands trompettistes de jazz contemporains, Wynton Marsalis. Les deux musiciens ont répété durant trois jours le répertoire présenté lors de trois concerts accordés au Lincoln Center de New York.

Le concert démarre par "Ice Cream", une compo qui baigne dans le pur dixieland. Du jazz très traditionnel dispensé par des professionnels du genre, une sphère au sein de laquelle, chaque musico est libre de mettre le nez à la fenêtre, dès qu’il en a l’opportunité. Et sept minutes plus tard, la trompette et la guitare, bien sûr, mais aussi la clarinette, le piano, la basse et la batterie ont déjà accompli leur exercice de style en solo. Le concert est partagé entre jazz et blues ; et c'est tant mieux. Notre Eric chante "Forty-four", l'une des meilleurs compositions du légendaire Howlin' Wolf. Avouons que la fusion est réussie. De ce Chicago blues conventionnel, s'échappent le trombone de Chris Crenshaw, la clarinette de Victor Goines et bien entendu les cordes d'Eric. Signé W.C Handy, "Joe Turner's blues" met bien en exergue le croisement entre ces deux musiques traditionnelles américaines. Le tempo est lent, paresseux même, mais il libère beaucoup de feeling. Une situation reproduite sur une autre plage issue de la plume de Handy, "Careless love". Sur "The last time", Marsalis nous rappelle le talentueux trompettiste, Louis Armstrong. Remarquable ! "Kidman blues" campe un boogie blues syncopé. Très ‘New Orleans’ cette plage est imprimée sur un tempo particulièrement enlevé. Le piano de Dan Nimmer est bien en avant-plan, mais tous les musiciens prennent leur pied sur cette piste. Eric sent bien que c'est l'instant de dispenser son tube "Layla". Mais il l’a adapté à la sauce Dixieland. Tous les cuivres et tutti quanti piaillent d'impatience. Une version originale de toute beauté au cours de laquelle Clapton nous pond un solo très inspiré, aussitôt relayé par Marsalis. Magique ! Chris Crenshaw chante "Joliet bound", un country blues très relax, attaqué dans l’esprit de JJ Cale. Et quelle bonne surprise, lorsque pour jouer les deux dernières plages, le grand bluesman noir Taj Mahal monte sur les planches. Il chante le traditionnel "Just a closer walk with thee" et son "Corrine, Corrina", à la sauce New-Orléans, Tak en profitant pour venir y ajouter ses interventions au banjo. Une belle propagande pour cette musique partagée entre le jazz et le blues. 

 

Eric Clapton

Clapton

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Eric Clapton constitue depuis quelques années, une des valeurs sûres du blues/rock mainstream. Sa carrière personnelle, il l'a entamée dès 1974, après avoir vécu celles du Cream, Blind Faith et Derek & the Dominoes. Et s’être débarrassé de ses problèmes liés à la drogue. Considéré autrefois comme un dieu de la guitare, il ne compte plus aujourd’hui que sur sa notoriété. De plus en plus réservé, il possède même une voix idéale pour son répertoire ; alors que lorsqu’il était au sommet de son art, elle faisait un peu pâle figure. D’ailleurs, à cette époque, il évitait de prendre le micro. Il continue cependant de tourner énormément. En compagnie de son backing band. Et en ‘live’, il privilégie un répertoire largement tourné vers le blues. Ses nouvelles œuvres se font de plus en plus rares. Et lorsqu’il participe aux sessions d’enregistrement de potes, il se la joue le plus souvent décontracté, ‘laidback’ si vous préférez. A l'instar de son ami JJ Cale, pour lequel il avait collaboré à la confection de sa dernière œuvre, "The road to Esconsido", en 2006.

Si l’artiste ne surprend plus, il continue à séduire. Sur son dernier long playing, Eric se paie une bonne tranche de blues, abordant des reprises de thèmes notoires, des compos ‘cool’, écrites ou inspirées par JJ Cale, et puis des chansons personnelles, plus intimistes (NDR : autobiographiques, elles sont inspirées par les heurs et malheurs de son existence ; faut dire aussi qu’il n'a pas toujours eu la vie facile) ou qui empruntent au jazz suranné. L’ensemble manifeste une belle homogénéité ; néanmoins, c’est lorsque Clapton s’affirme dans le blues qu’il est le plus convaincant. Et j’avoue qu’à ce moment, j’éprouve un énorme plaisir à écouter son répertoire.

"How deep is the ocean" est un standard du jazz écrit en 1932. La version est parcourue par les interventions à la trompette de Wynton Marsalis et enrichie par les cordes du London Session Orchestra. Baignant dans le dixieland, trompette, clarinette, tuba et trombone à la clef, "My very good friend the milkman" est une compo qui remonte à la même époque. Allen Toussaint s’y réserve le piano. "When somebody thinks you're wonderful", est un succès signé Fats Waller qui remonte à 1935 ; et on est ici en présence de presque une copie carbone. "Autumn leaves" est investi par une jolie mélodie, mais elle brille surtout par sa capacité soporifique ( ?!?!?) Le "Rockin' chair" de Hoggy Carmichael avait été enregistré par Louis Armstrong, avant 1930. La nouvelle version épingle le concours du jeune Derek Trucks, à la slide. L’aspect laidback, inspiré par JJ Cale, Eric l’entretient tout au long de deux compos issues de la plume de son vieil ami du sud. Tout d’abord "River runs deep" (NDR : extrait de l’elpee "Naturally", publié en 1972), parcouru par les vocaux et les cordes de JJ. Un Cale qui se réserve encore le chant sur son "Everything will be alright", un morceau plus rythmé, au cours duquel Paul Carrack siège derrière l'orgue Hammond. Eric et JJ chantent ensemble "That's no way to get along". Ecrite en 1929 par Robert Wilkins, cette compo syncopée, inspirée par les rythmes de la Nouvelle Orléans, met en exergue l’excellent boulot opéré par Jim Keltner aux drums, Doyle Bramhall à la guitare et Steve Riley à l'accordéon. On en arrive maintenant, à ce que je considère, enfin, comme la quintessence de l’œuvre. C’est-à-dire quand Clapton redevient le bluesman. Soit sur quatre des 14 plages de l'album. La reprise du "Travelin' alone" de Melvin ‘Lil' son’ Jackson est vraiment superbe. L’instrumentation est primaire, mais l’impact direct. Eric est impeccablement soutenu par sa section rythmique, composée de Jim Keltner et Willie Weeks. Excellent ! Deux covers ont bénéficié de la collaboration du géant Kim Wilson à l'harmonica ; et elles sont excellentes. Soit le "Judgement day" de Snooky Pryor et "Can't hold out much longer" de Little Walter. Deux morceaux au cours desquels, on sent vraiment que Clapton prend son pied. Signé Lane Hardin, un obscur bluesman issu de St Louis, "Hard time blues" identifie un blues à ras-de-terre. Clapton a empoigné la mandoline, alors que Doyle Bramhall se réserve la guitare solo! L’elpee recèle deux compositions du même Bramhall, le fidèle guitariste rythmique. Tout d’abord "Run back to your side", un tout bon blues rocker, au cours duquel EC s'éclate enfin face aux chœurs féminins prolifiques. Et enfin "Diamonds make from rain", un blues mélodique nourri au gospel, gorgé d’arrangements, qu’il chante en duo avec Miss Sheryl Crow...

Eric Clapton and Steve Winwood

Live from Madison Square Garden

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Ces deux musiciens peuvent se targuer d’avoir vécu une carrière extraordinaire. Et pour cause, il y a 45 ans qu’ils roulent leur bosse dans l’univers de la pop, du rock et du blues.

Dès ses débuts, Clapton est déjà surnommé le ‘God’ de la guitare. Il a transité par les Yardbirds, les Bluesbreakers de John Mayall avant de fonder le trio Cream. En 66. Trois ans plus tard, il monte Blind Faith, le premier super-groupe dont l’existence sera cependant éphémère. Steve Winwood participe cependant à cette aventure. Clapton embraie ensuite par les projets Delanay & Bonnie, Derek & the Dominoes, avant de finalement se lancer dans une carrière en solitaire. Et avec succès.

Winwood a fait ses premiers pas dans l’univers de la musique, alors qu’il avait à peine 15 ans. Au sein du Spencer Davis Group. Il fonde ensuite Traffic avant de rejoindre Clapton, Ginger Baker et Rick Grech au sein de Blind Faith. A plusieurs reprises, il va tenter de relancer Traffic ; même si sa carrière personnelle peut être considérée comme fructueuse.

Lors d’une des dernières tournées d’Eric et de son band, Winwood est invité à monter sur les planches. Nous sommes alors en février 2008. Une collaboration qu’il va apporter trois soirées consécutives, au Madison Square Garden de New York. Comme les vibrations sont excellentes, les deux musiciens décident de partir ensemble pour un nouveau périple. En 2009. Une aventure qui vient de s’achever en juin dernier. Et d’être immortalisée sur un double compact-disc d’une durée de deux heures. De quoi ravir les aficionados des deux sexagénaires.

Pour la circonstance, Eric et Steve sont épaulés par le bassite Willie Weeks, le claviériste Chris Stainton et le drummer Ian Thomas. Le tracklisting réunit des titres issus du répertoire de Blind Faith, de Traffic ainsi que quelques compos signées JJ Cale et Jimi Hendrix. Les deux stars se sont bien partagé l'affiche! Si fin 69, l’histoire de Blind Faith s’est conclue par un échec, Eric et Steve n'ont pas oublié ce bref épisode. D’ailleurs, ils interprètent quatre des six plages issues du seul et unique album, dont en ouverture, une excellente version de "Had to cry today". Winwood est aux vocaux, alors que Clapton se réserve un premier envol tout en concédant au passage un duel aux cordes en compagnie de son partenaire. Le tandem chante en chœur le "Low down" de JJ Cale. Steve chante vigoureusement le solide "Them changes". Issue de la plume de Buddy Miles, cette plage figurait sur l'elpee du Band of Gypsies de Jimi Hendrix. Clapton est euphorique. Il injecte une certaine agressivité dans sa voix pour attaquer "Forever man", un morceau extrait de son opus "Behind the sun", paru en 1985. "Sleeping in the ground" est un blues concocté par le regretté Sam Myers. Ce fragment figurait au répertoire de Blind Faith. Un titre que le combo avait d’ailleurs joué lors de leur tout premier concert, accordé au London Hyde Park. C’était en juin 1969, devant plus de cent mille personnes. La paire chante le superbe "Presence of the Lord", une compo caractérisée par ses changements de rythmes. Sans doute la meilleure chanson de Blind Faith. Et on a encore droit au "Well all right" de Buddy Holly ainsi qu’à "Can't find my way home".

Winwood a retenu quelques morceaux du répertoire de Traffic, dont l'intéressant instrumental "Glad". Ses accords de piano jazzyfiants pétillent face à l'orgue de Stainton (NDR : un ex-membre du Grease Band de Joe Cocker). Le subtil "Pearly Queen", ensuite. Et enfin, le doux et lent "No face, no name, no number", une chanson qu’il interprète en injectant une fameuse dose d'émotion.

De son côté, Clapton se fend d’une reprise du célèbre slow blues "Double trouble" d'Otis Rush. Son envolée aux cordes est magique. Puis embraie par son succès acquis chez Derek and the Dominoes, "Tell the truth".

Le second cd s’ouvre et se referme par des compositions de JJ Cale : "After midnight" et "Cocaine". Clapton est à la fête! Les deux têtes d'affiche se réservent quelques instants en solitaire. Eric Clapton lors du "Rambling on my mind" de Robert Johnson, qu’il exécute en acoustique. Et Stevie Winwood pour s’attaquer à l'orgue au "Georgia on my mind" de Ray Charles. Le duo n’a pas oublié leur ami disparu, Jimi Hendrix ; et lui rendent un hommage. Tout d’abord à travers une cover très réussie de "Little wing" et puis une version de plus de 16 minutes de "Voodoo Chile". Enfin, Winwood se réserve une de ses meilleures compos, "Dear Mr Fantasy", un morceau au cours duquel il se montre fin gratteur. Ce double album est excellent ; et il démontre toute l’étendue du talent de ces deux artistes qui sont parvenus à traverser plusieurs générations, tout en suscitant le respect…

 

JJ Cale & Eric Clapton

The road to Escondido

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J.J Cale est né en 1938. A Tusla, en Oklahoma. Ce n’est donc plus un néophyte. Devenu intemporel, son célèbre hit, "After midnight", a été composé dans les années 60. Au départ, cette chanson n’était que la flip side d’un 45 tours. La version d’Eric Clapton deviendra un succès international (NDR : elle figure également sur son album éponyme, paru en 1970) ; mais surtout va lancer la carrière de JJ. Dont le premier elpee, "Naturally", paraît en 1972. Dans son repaire, loin du monde et surtout des modes, JJ créée son propre style musical, emprunté au blues, au rock, au jazz et à la country : le Tusla sound, une musique qui sera qualifiée de ‘laidback’ ; c’est à dire décontractée, simple et chaleureuse, un style dont il est le porte-drapeau en compagnie de Tony Joe White. JJ s’est retrié depuis un bon bout de temps à Los Angeles, où il se consacre à la composition. Sa rencontre avec Eric Clapton n'est gère surprenante. Eric a toujours apprécié JJ et en emprunte très régulièrement le style laidback. A deux reprises, il a converti des chansons de Cale en véritables tubes : "After midnight" bien sûr, et un peu plus tard "Cocaïne" (NDR : une compo incluse sur l’elpee "Slowhand", gravé en 77). Si cette collaboration n’apporte pas de surprise majeure, elle est surtout l’œuvre de JJ qui signe ici onze plages, ne concédant que deux morceaux à Eric et une reprise. De nombreux invités ont participé à la confection de cet opus. Dont plusieurs gratteurs. Etonnant lorsqu’on sait que les deux artistes sont des virtuoses de la six cordes. Et en particulier Doyle Bramhall II et Derek Trucks, deux membres de l’EC Band, ainsi que John Mayer et Albert Lee. Feu Billy Preston se réserve les claviers (NDR : oui, oui, c’était lui l’organiste qui se cachait derrière les Beatles !). Nathan East ou Pino Palladino la basse.

Empruntons la route d'Escondido, une petite cité sise au nord de San Diego, en Californie, nichée au creux d’une vallée entourée de montagnes rocheuses. Plage d'ouverture, "Danger" est un ‘instant winner’, un titre qui accroche immédiatement, vous pénètre, vous contamine et ne vous lâche plus avant d’avoir épuisé sa dernière seconde. L'orgue omniprésent du regretté Billy Preston introduit cette plage (NDR : il s’st éteint le 6 juin dernier). JJ et Eric chantent en duo, avant qu’une guitare largement amplifiée (celle de Doyle Bramhall II ?) ne fasse son apparition. Mais en toile de fond, la gratte d’Eric entre en scène. Feutrée, elle amorce la conclusion. Une formidable entrée en matière. L'album est ensuite partagé entre ballades, plages rythmées et moments intensément blues. Parmi les ballades, le délicat "Heads in Georgia" est traversé de bien jolies parties de guitares. Intimiste, "Who am I telling you?" s’accroche à la slide du jeune Trucks. Quelques plages plus enlevées affichent une coloration country. A l’instar de l'excellent "When the war is over", enrichi de cuivres, mais également parcouru par la slide de Trucks et les cordes d'Eric. Un des grands moments de l’album. Un morceau qui me rappelle un succès de JJ, intitulé "Call me the breeze". Le violon de Dennis Caplinger et la guitare en picking d'Albert Lee tirent leur épingle du jeu tout au long de "Dead end road". Les parties de cordes qui balaient "Anyway the wind blows" sont manifestement southern rock. En finale "Ride the river" synthétise l’œuvre. Compo assez enlevée, "Missing person" concède des accents sudistes. En particulier sous son aspect instrumental. Les guitares (Doyle, Derek) et les claviers y sont bien mis en évidence. Mais le blues n’a pas été oublié. Et je pense tout particulièrement au "Sporting life blues" de Brownie McGhee. Eric chante cette plage très fin de soirée, un morceau qui bénéficie du concours de Taj Mahal à l’harmonica. Impeccable, "It's easy" évolue sur un tempo bien plus enlevé. Un morceau ‘barrelhouse’, idéal pour la route. Blues intimiste, "Hard to thrill" relève de la plume d’Eric et de John Mayer. Les cordes de ces deux solistes et le piano acoustique de Preston sont bien mis en exergue. Autre blues, "Last will and testament" est caractérisé par les interventions immédiatement reconnaissables de Slowhand. Dans le domaine du roots rock, cet album est vraiment d’excellente facture…

 

Eric Clapton

Back home

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Si Clapton est fondamentalement un guitariste de blues, il a acquis son succès commercial à travers ses albums de pop/blues/rock. Au cours de sa carrière, il s’est ainsi illustré en alternant productions blues et commerciales. En 94, "From the craddle" trempait dans le blues. Pop, "Pilgrim" en revenait dès 1998 à la pop. Blues, "Riding with the King" réunissait Eric et BB King, en 2000. L’année suivante, "Reptile" retournait à la pop… Et en 2004, il rendait hommage au mythique Robert Johnson en commettant "Me and Mr Johnson". Un opus suivi quelques mois plus tard par les "Sessions for Mr J", réunissant un CD et un DVD. Clapton semble vouloir protéger son statut de bluesman, sans pour autant en oublier le tiroir-caisse!
 
Son nouvel elpee s’ouvre par "So tired", une ballade country pop assez dynamique pour pouvoir susciter l'intérêt de pousser le laser plus loin. Les instruments sont bien en place. Constituée de Steve Gadd aux drums et de Nathan East à la basse, la section rythmique imprime un tempo solide et précis. La Stratocaster d'Eric évolue bien à l'avant du décor face aux pleurs d'un enfant. En 1974, Eric interprétait avec bonheur "I shot the sheriff" de Bob Marley ; une compo qui deviendra un énorme hit. Depuis, il lui arrive encore régulièrement de se consacrer au reggae. A l’instar de "Say what you will", qui figure donc sur cet elpee. Sculpté dans un R&B délicatement funky, la reprise du "I'm going left" de Stevie Wonder est envahie de choeurs féminins et investie par la présence massive des Kick Horns. "Love don't love nobody" symbolise la ballade lente ‘claptonienne’ par excellence. Il en aura déjà bien commises des ballades destinées à arracher les larmes des jolis cœurs. Pour la circonstance, il pousse même sa voix pour tenter d’entraîner, sur la piste de danse, les couples en mal de vibrations. "Revolution" est un autre périple bercé par les rythmes exotiques de la Jamaïque. Une plage parue en single et que vous avez certainement déjà dû entendre sur l’une ou l’autre station radiophonique. Clapton reprend "Love comes to everyone", un morceau issu de la plume de son ami et ancien rival sentimental, le regretté George Harrisson. Une adaptation qui n'a rien d'inoubliable, avouons-le. Au sein de son backing band, milite Andy Fairweather-Low. Le Gallois accompagne Eric depuis de nombreuses années. Un excellent musicien qui transita naguère par le Rockpile de Dave Edmunds. Pour concocter ce « Back home », Clapton a reçu le concours d’un autre gratteur : le Texan Doyle Bramhall II. Ce dernier signe deux compositions. Une excellente initiative, car les bonnes vibrations du blues font enfin leur entrée. Son "Lost and found" ne boxe pas dans les poids légers ; mais il était temps de donner un peu de tension sanguine à cet album. Or, Doyle affiche une puissance de feu certaine! Mais dommage que son "Piece of my heart" ne soit qu'une gentille ballade de plus. "One day" revient dans le monde de la pop. Le dieu des cordes nous réserve ici toutefois une sortie instrumentale plus musclée. A ce stade, vous avez certainement compris que Clapton a signé un album laidback de plus. Un disque inoffensif et soft, qui ne devrait même pas surprendre les profanes. Et la suite de la plaque corrobore ce point de vue : "One track mind" qu’il caresse finement de son bottleneck, mais la plage est derechef étouffée par ces voix féminines envahissantes ; "Run home to me", une ballade blues/pop séduisante rehaussée par la présence très efficace de Billy Preston à l’orgue hammond, mais qui finit par se noyer dans des cordes maladroitement programmées ! L’opus s’achève par une dernière ballade : le titre maître. Malheureusement, elle ne reflète pas le Clapton de Robert Johnson, mais celui de "Reptiles", celui qui vend beaucoup d'albums…

Eric Clapton

Reptile

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Ce guitariste que l'on surnommait ‘God’, au milieu des années 60, a traversé plusieurs générations. Cette longue carrière musicale de près de 40 années a été immortalisée par des épisodes aussi remarqués que remarquables. En particulier les Yardbirds, Bluesbreakers, Blind Faith, Derek & the Dominoes et surtout The Cream. Enfin depuis un quart de siècle, elle s'est poursuivie sous son étiquette individuelle.

" Reptile " est un terme de reconnaissance, pas une insulte, nous confesse le fier Eric qui dédicace son nouvel album à son oncle Adrian récemment disparu. Le plus important de tous les reptiles, à son idée.

L'album s'ouvre d'ailleurs sur un joli instrumental, un tantinet jazz et baptisé "Reptile". Les riffs chaleureux de "Got you on my mind" de Joe Thomas, nous remettent Eric C sur la route du blues. Entouré par les guitares de son fidèle Andy Fearweather-Low et du texan Doyle Bramhall II, il peut ainsi sortir, rassuré et souriant, son dobro. Eric a toujours savouré la musique laidback de JJ Cale. "After midnight" figurait déjà sur son 1er album solo en 1970, "Cocaïne". Il remet le couvert avec une version très heureuse de "Travelin' light". Avançant dans l'âge, Clapton semble favoriser des climats plus propices à la relaxation que naguère. Les compositions de Cale s'y prêtent naturellement, mais l'écriture d'Eric tend à cette sérénité. A l'instar de "Believe in life" ou de "Broken down". Et tant pis si la face plus saignante est assez boudée. Chaleureuse et sage, sa voix n'aime guère être poussée dans ses derniers retranchements. Cette attitude l'amène à chanter le blues lent et il le fait superbement sur "Come back baby" de Ray Charles. Il en profite pour faire soupirer, gémir sa Stratocaster ; et dès ce moment, il n'a de leçon à recevoir de personne. Le Clapton paresseux revient encore sur "Find myself". Il traîne devant le piano de Billy Preston et les précieux chœurs vocaux des Impressions dont les belles voix se retrouvent tout au long de "Reptile". Au nombre de cinq, cet ensemble colore de la meilleure manière des titres rythmés et assez soul comme le "I ain't gonna stand for it" de Stevie Wonder, ou les ballades très lentes mais imparables, "I want a little girl" et "Don't let me be lonely tonight" de James Taylor. De quoi faire chavirer le cœur d'une princesse ! Cette œuvre chirurgicale a bénéficié de la collaboration de grosses pointures. Outre les musiciens déjà cités, on y retrouve de grands techniciens des studios tels que Steve Gadd à la batterie, Nathan East et Pino Paladino à la basse. Mais je le répète quand même, je préfère Clapton lorsqu'il se fait un peu bouillir les veines. Notamment sur "Superman inside", enrichi par l'orgue Hammond de Preston. "Reptile" se referme, comme il avait débuté, par une plage instrumentale "Son & Sylvia". Adrian Son était l'oncle de Sylvia, sa compagne. Leurs photos illustrent d'ailleurs la pochette. Un album pour la bande FM !

 

Eric Clapton

From the craddle

Vu l'ampleur de la vague revivaliste qui secoue le blues depuis quelques années, nous nous étonnions de ne pas voir Eric Clapton davantage impliqué dans ce mouvement auquel il fait aujourd'hui figure de référence. Dernièrement, il s'était bien manifesté par la confection d'un album ‘unplugged’, acoustique si vous préférez, né de l'enregistrement d'un set live pour "MTV". "From the craddle" célèbre le retour du blues électrique. Il épingle seize covers de classiques signées Muddy Waters, Freddie King, Jimmy Rogers, Elmore James, Lovell Fulsom et bien d'autres. Une œuvre pour laquelle il s'est entouré de son groupe patenté, mais également de quelques illustres musiciens de studio, parmi lesquels figurent d'ex-collaborateurs de Muddy Waters. Et si cet opus ne fera pas avancer le schmilblick d'un pouce, il risque fort d'enthousiasmer les nombreux aficionados d'un style cueilli "From the craddle"...