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Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Erja Lyytinen

Voracious love

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“Voracious love” constitue le troisième opus, de la féline Finlandaise, pour Ruf. Il fait suite à "Dreamland blues" et "Grip of the blues". Manifestement son œuvre la plus personnelle à ce jour. Notre rouquine s’est teint les cheveux en noir ébène. Son regard est devenu sombre. Mais en même temps, elle cherche à se montrer plus sexy. Ce qui explique sans doute le titre de son long playing. Pour enregistrer ce disque, elle a reçu le concours de ses musiciens locaux, dont le fidèle Davide Floreno, à la guitare rythmique.

L’album s’ouvre par le titre maître. La slide est généreuse. Les sonorités sont torturées, triturées par le recours fréquent à la pédale de distorsion. Les riffs sont puissants. Les interventions à l’orgue de Harri Taittonen accentuent cette impression. Perso, le travail opéré sur les voix féminines ne me botte pas trop. Erja a changé de look mais aussi de style. Si elle s’inspire toujours du blues, les sources ne sont plus aussi claires. S’il n’y avait l’échange entre la slide époustouflante et l’orgue Hammond, dont les tonalités insolites apportent un bon coup de fraîcheur, "Don't let a good woman down" serait une plage sans grand intérêt. "Crowes at your door" baigne au sein d’une ambiance mystérieuse, éthérée. Le tempo est lent. Tous les instruments sont bien en place ; et en particulier les cordes acoustiques, le piano électrique et l’harmonica, dont le souffle gémit en toile de fond. Erja doit être amoureuse. Communiquant un sentiment de douceur infinie, "Bed of roses" est une ballade bercée de violons et violoncelles. Elle y échange de tendres vocaux en compagnie d’un invité, Marco Hietala. Blues/rock de bonne facture, "Bird" s’appuie sur une solide ligne mélodique. Et toujours pas d’agressivité manifestée chez Miss Lyytinen tout au long de "Gilmore", une autre gentille ballade tramée dans les cordes. Cette douceur empreinte de mélancolie se prolonge lors de l’éthéré "I think of you". Du blues, quand même, sur le subtilement rythmé "Oil and water". Avant qu’Eerja nous revienne plus voluptueuse et envoûtante que jamais, lors d’un fragile "Can't fall in love", caractérisé par un solo aussi brillant que délicat. Enchanteresse, la slide refait surface sur le vibrant "One thing I won't change", une compo pop/rock de toute bonne facture. Et la fin de parcours de se consacrer à des folk songs, à l’instar de "Soul of a man" ou "Place like home". Manifestement, cet album marque un changement radical d’orientation chez Erja. Dans ces conditions, ses plus fervents adeptes risquent d'être déçus…

Erja Lyytinen

Grip of the blues

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Erja est de nationalité finlandaise. Elle compose, écrit des contes, chante et joue de la slide guitare. Inséré dans un bottleneck (goulot de bouteille), son doigt glisse le long du manche de son instrument. Elle est née dans la petite ville de Kuopio. Elle avait déjà sorti quelques disques sur le plan local. Une discographie entamée au début de ce siècle. Depuis, elle a signé chez le label allemand Ruf. Elle avait participé au projet "Pilgrimage – Mississippi to Memphis", un elpee paru en 2005. Elle y partageait l’affiche en compagnie de deux artistes anglais : Aynsley Lister et Ian Parker. Deux musiciens qui ont également participé à la confection du Dvd, "Blues Caravan". En 2006. Et elle y était également impliquée. Son premier opus personnel pour le label Ruf est atterri dans les bacs, la même année : "Dreamland blues". Un album pour lequel, elle avait reçu la collaboration de David et Kinney, deux fils du regretté Junior Kimbrough.

Pour concocter ce nouvel elpee, elle a bénéficié du concours de ses propres musiciens ; et notamment Davide Floreno, préposé à la guitare rythmique. Erja a écrit dix des douze plages. Dès les premières mesures nous sommes séduits par la sonorité dispensée par sa slide. Son jeu n'a rien de conventionnel. Il est par conséquent très personnel. Sur l’instrumental "Broadcast", elle laisse libre cours à son inspiration. Le son est très métallique. Les collaborateurs manifestent une parfaite cohésion. Elle interprète d’un timbre chaleureux "Everything's fine", un shuffle guère puissant, caractérisé par le côté légèrement fausset de la voix, proche de celle d’une Sue Foley. Une nouvelle fois, la touche personnelle est indéniable. Après quelques couplets, elle s'évade sur son manche. Et le résultat est tout à fait remarquable. Elle troque sa slide contre une guitare classique tout au long de "Grip of the blues", une agréable ballade bluesy au cours de laquelle elle parvient à trafiquer les sonorités en tirant parti de ses pédales. Elle adapte le "Steamy windows" de Tony Joe White. Un des ses maîtres ! La cover de ce chant des swamps est très soignée. La voix d'Erjja se prête bien à ce type de compo. L’atmosphère est suffocante. Le riff rythmique est lourd et hypnotique ; mais il colle parfaitement au contexte. La slide inoculée tout au long d'"Inner beauty" est plus légère et aérienne, proche des tonalités dispensées par Dickey Betts (ex-Allman Brothers Band). Une ballade agréable au cours de laquelle elle parvient cependant à apporter sa propre coloration. Plus musclé, "Let it shine" relève de l’univers rock. Les changements de rythme sont balisés par la slide gouailleuse. Gourmande, aventureuse, elle est poussée dans le dos par la guitare rythmique de Floreno! Ballade majestueuse, plutôt mélodieuse, "Wish I had you" baigne au sein d’une ambiance psychédélique. La voix est éthérée. Un climat entretenu également sur "Unteachable". Nouveau conte musical, "Voyager's tale" évolue sur un tempo particulièrement lent. Une très belle chanson plantée au cœur d’un décor musical dépouillé, réminiscent dans ses sonorités du célèbre "Albatross" de Fleetwood Mac… Miss Lyytinen renoue avec un style plus classique –du Mississippi blues musclé et très électrique– sur la reprise de "Rollin' & tumblin'". Son "Wanna get closer" la replonge dans le climat funky et répétitif des swamps. Cet album de bonne facture s’achève par "Dissatisfaction". La colère métallique se manifeste à travers les derniers éclairs déclenchés par la slide de notre rouquine finnoise.

Aynsley Lister, Erja Lyytinen & Ian Parker

Pilgrimage

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Le boss Thomas Ruf a eu la bonne idée d’envoyer trois jeunes artistes européens dans le sud des Etats-Unis, afin de leur permettre de retrouver l’inspiration. Et puis, bien sûr, d’enregistrer. Trois chanteurs/guitaristes. Deux anglais : Aynsley Lister et Ian Parker ; et une Finnoise : Miss Erja Lyytinen. Au programme : un pèlerinage (Pilgrimage) vers trois capitales prestigieuses du blues : la Nouvelle Orléans (en Louisiane), Clarksdale (dans le Mississippi) et Memphis (au Tennessee). Mais à cette époque, l'ouragan Katrina a malheureusement détruit une bonne partie de New Orleans ; dès lors, seules les deux autres destinations seront retenues. Ils ont donc séjourné quatre jours au Delta Recording studio de Clarksdale, sous la houlette de Jimbo Mathus (neuf plages) et les trois jours suivants dans les studios Ardent de Memphis, sous celle de Jim Gaines (4 plages). Sous-titré "Mississippi to Memphis", "Pilgrimage" en est donc le résultat.

Aynsley Lister est sans aucun doute le musicien le plus notoire. Il a déjà commis cinq albums pour le label Ruf depuis 1999, dont le dernier "Live!", est paru en 2004. Ian Parker n'a pas encore trente ans. Ce jeune diplômé en psychologie a drivé différentes formations : Strange Brew, Blue Horizon en 98, Ian Parker's Alibi en 2002 et le Ian Parker Band en 2003. Il a commis deux albums signé chez Ruf : "Thirteen tracks" et le live "Whilst the wind" en 2005. Erja est très jolie. Mais cette Finlandaise n'est pas une débutante, car elle compte trois albums à son actif : "Attention!" en 2002, "Wildflower" en 2003 et "It's a blessing" en 2005, un elpee qu’elle a concocté en compagnie de Davide Floreno. Tels des larrons en foire, Aynsley, Ian et Erja se sont partagé l'écriture des différentes plages, n’autorisant qu’une seule reprise. "Heal me love" est une ballade fort agréable. Le trio aime chanter en chœur. Une guitare se déchaîne en fin de parcours. Serait-ce celle de Ian ? Erja chante son "You don't know", une autre ballade très douce, dépouillée, face au piano de Tim Hinkley. Les voix masculines lui répondent pendant que les cordes font progressivement leur entrée. Le trio attaque la seule cover : le "You don't know" de Luther Allison. Le rythme est soutenu. Les efforts sont encore partagés. Une guitare réverbère des sonorités proches de Luther, l’autre en picking lorgne vers Albert Collins, pendant que la dernière se montre plus réservée. Blues rock séduisant, le "Too much to hide" de Ian Parker est illuminé par des cordes éclatantes. Et la voix passe bien la rampe. Nous sommes au cœur de Clarksdale, non loin du Blues Museum et pas davantage du fameux Crossroads où Robert Johnson rencontra le diable. Le climat passe au roots. Les guitares acoustiques suivent respectueusement le chant d'Aynsley sur son "Mississippi Lawnmower blues". La bande des trois a cosigné un entraînant "Blues Caravan". Balisé par un riff de basse imaginé par Steve Malcom, il vire au délire rap et hip hop! Le "Dreamland blues" d'Erja est un nouvel interlude très roots. Le trio se partage équitablement la tâche. Miss Erja y manifeste une félinité suave. Lister a composé "Twinkle Toes Willie", une plage balayée par une slide exquise. Parker est sans doute le compositeur le plus fécond, original et inspiré ; mais il n’est guère imprégné du blues. Ballade de bonne facture, mélodieuse et élégante, "Time bares witness" est hydratée par les claviers de Hinkley. L’opus recèle un morceau caché. Enfin, pas tout à fait, puisque le bonus track est annoncé comme "Jam with Mister Tater" et il me fait furieusement penser aux sonorités du British Blues Boom des 60s ; en particulier celles que cultivaient Peter Green et surtout Stan Webb. Tout d’abord dans la manière de chanter et puis de libérer de courtes phrases de la guitare. Quoique pas exceptionnelle, cette plaque tient bien la route. Cette Blues Caravan est d’ailleurs actuellement en tournée européenne ; et passera par le Banana Peel de Ruiselede le 8 mai prochain!