L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Julia Drouot a coupé court…

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Briqueville

Briqueville, De Casino, Sint-Niklaas le 24 janvier 2026 – Photos

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Nazgûl-robes et masques dorés aux becs sinistres : lors de son dernier concert belge, Briqueville fait descendre les ténèbres avec une plainte hypnotique, des enregistrements de terrain inquiétants et une instrumentation traditionnelle saisissante.

Ce collectif mystérieux de metal, né sur les rives de l’Escaut, est composé de musiciens ayant évolué dans d’autres genres et groupes lors d’une vie antérieure.

Depuis plus de dix ans, ils se relaient incognito (oui, même pendant les répétitions) en véritables trashers du metal.

Leurs concerts sont considérés comme des rituels et leurs morceaux sont baptisés « actes » qu’ils numérotent chronologiquement. Osez une virée psychédélique pleine de stoner doom…

(source : De Casino)

N’hésitez pas à jeter un œil aux photos :

https://www.musiczine.net/index.php/nl/component/phocagallery/category/8988-briqueville-24-01-2026?Itemid=0

(Organisation : De Casino, Sint-Niklaas en collaboration avec Zingende Zwaluw)

 

 

The Devil Makes Three

Redemption & Ruin

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Issu de la Californie, The Devil Makes Three est responsable d’une musique qualifiée d’americana soit, pour la circonstance, le fruit d’un savant dosage entre bluegrass, country, folk, blues et jazz. Ce trio réunit le chanteur/guitariste Pete Bernhard, la bassiste Lucia Turino et le gratteur/banjoïste Cooper McBean. Eponyme, son premier opus est paru en 2002. En 2013, il a signé chez New West, label sur lequel il a publié l’album "I’m a stranger here", la même année. Son dernier long playing a été enregistré au studio The Butter Shoppe, à Nashville. Il réunit 12 reprises, découpées en deux volets, chacun de six morceaux. Ils sont sous-titrés "Ruin" et "Redemption". Lors des sessions d’enregistrement, le band a reçu le concours de quelques invités de marque. 

Ouvrons d’abord le chapitre "Ruin". Le combo l’ouvre par le "Drunken hearted man" du légendaire Robert Johnson. La version est imprimée sur un tempo vivifiant. Les cordes sont bien mises en exergue. Tant celles du banjo à 5 cordes de McBean, de la guitare, du violon de Shawn Camp ou de la steel guitare que se réserve Jerry Douglas. Lustrée par l’harmonica de Mickey Raphael (NDR : ce vétéran a milité au sein du Willy Nelson Band), "Champagne and reefer" de Muddy Waters est une petite perle. Pete s’affirme derrière le micro, face aux répliques de Lucia, alors que la guitare de McBean est vraiment insistante. Signé Willie Nelson, "I gotta drink" trempe dans le pur ragtime. Cooper est aux vocaux devant les lignes de basse tracées par le tuba de Larry Paxton, au cœur d’un climat traversé par le flux et le reflux du dobro et du violon. Le "Chase the feeling" de Kris Kristofferson nous plonge dans l’univers du folk. Les sonorités des cordes sont limpides. Tant celles des guitares baritone de Mc Bean et David Ferguson que de la pedal steel dévolue à Dan Dugmore (ex-Linda Ronstadt Band). Clarinette et violon colorent "I’m gonna get high", un morceau de Western Swing que Tampa Red avait composé au cours des années 30. Emmylou Harris se réserve le micro tout au long du folk lumineux "Waiting around to die", une composition signée Townes Van Zandt. Sa voix est d’une grande pureté. Et baigne au sein d’un climat particulièrement envoûtant. 

Place ensuite à la "Redemption". Quoique de bonne facture, ce volet est moins exceptionnel. On en épinglera quand même le jazz ragtime "There’ll be a Jubilee", le chouette bluegrass "I am the man Thomas", un "What would you give" qui met en exergue mandola, banjo et dobro, ainsi que le "Come on up  to the house" de Tom Waits, fruit d’un cocktail de ragtime, blues et gospel, au cours duquel Bobby Wood brille aux ivoires, alors que les vocaux sont overdubbés. Empreinte de douceur, la reprise du "The angel of death" de Hank Williams Sr clôt l’elpee. Un titre country dominé par le violon, le viola, et les guitares. Steel, pedal et puis solo que se réserve une ancienne gloire ; en l’occurrence Duane Eddy, aujourd’hui âgé de près de 80 balais.

 

The Vaudevillian

Bringing Satan down

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The Vaudevillian nous vient d’Hamilton, dans l’Ontario ; une formation responsable d’une musique traditionnelle, née avant la grande guerre ; une expression sonore authentique, des racines, née d’un mélange entre ragtime, folk, jug et blues. Le premier elpee du band canadien remonte à 2013. Il s’intitule "Beedle Am Bam". Et le suivant, "Salty Dog", à 2014. Le trio est constitué de jeunes musicos. Il réunit Brendan J. Stephens, alias Jitterbug James (chant, guitare et carzoobamaphone, un instrument à vent insolite), Norah Spades (chant, washboard, kazoo) et Piedmont Johnson (basse). Lors des sessions de ce "Bringing Satan down", le combo a reçu le concours du pianiste Dan Edmonds, sur plusieurs titres. Enfin, c’est Jitterburg James qui signe l’essentiel du répertoire.

Tendre ballade, "Broom shouter" ouvre joliment la plaque. La voix de James est chevrotante. L’instrumentation est limitée aux cordes acoustiques, au frottoir et au piano barrelhouse derrière lequel siège Edmonds. Ragtime rythmés, nerveux même, "James Street turnaround" et "Sweet honey thighs" consomment du rock’n’roll avant la lettre, celui des années 1920. La voix du leader est toujours aussi frémissante, mais agréable à l’oreille, tout au long de "Sail away", une plage au cours de laquelle Johnson tire parfaitement son épingle du jeu sur sa lourde basse acoustique. Tout comme sur le traditionnel "He’s in the Jailhouse now" et le ludique "The duck’s yas yas yas". Sèche, basse et washboard se frottent rageusement lors du bref instrumental "Dry bone shuffle". Sculptée dans le folk/blues, "Montreal to Memphis" est une ballade qui ne manque pas de charme. Le kazoo de Norah s’immisce dans l’ensemble ; et ses interventions sont judicieuses, rappelant la quintessence des jug bands de l’époque, comme les Cannon’s Jug Stompers ou le Memphis Jug Band. Des accords de piano surannés abordent "Banjo blues", un ragtime aguicheur auquel les trois vocalistes participent. Jitterburg James y démontre tout son talent sur les cordes acoustiques. "Grind so fine" lorgne davantage vers le blues. Norah chante d’une voix de petite fille. Perçante. Criarde même. Johnson d’un baryton en colère. Medley, "Viola Lee/Spidernest blues" change radicalement de tempo. Le band s’attaque au "Bootlegger’s blues" de Bo Carter, aka Armenter Chatmon (NDR : ce bluesman de la première vague a milité chez le légendaire Mississippi Sheiks, un groupe impliquant notamment les frères Chatmon). Le titre maître clôt le long playing. Le jug band brille alors de mille feux et le carzoobamaphone entre en effervescence.

 

The Bonnevilles

Arrow pierce my heart

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The Bonnevilles est un duo de garage/punk/blues. Etabli à Largin, en Irlande du Nord, il réunit le guitariste/chanteur Andrew McGibbon Jr et le drummer Chris McCullam. Fondé en 2008, le tandem publie dans la foulée son premier elpee, "Good suits & Fighting boots". La paire s’inspire alors de vieux bluesmen noirs comme Howlin' Wolf, Robert Johnson, et plus précisément encore, R.L Burnside (NDR : pensez à l’album "An ass pocket of Whiskey", pour lequel Jon Spencer était venu donner un bon coup de guitare). Le deuxième LP, "Folk Art and the death of Jesus" paraît en 2012. Et deux ans plus tard, le band immortalise un opus ‘live’ enregistré au Limelight de Belfast, "Tape Saturation Overdrive – Live in Belfast". C’est au cours de ce festival que les deux musicos croisent James Leg et les membres de Left Lane Cruiser, en compagnie desquels ils commencent à tisser des liens. Une rencontre qui va leur ouvrir les portes du label américain Alive Natural Sound. Mais aussi marquer leur musique. Et "Arrow pierce my heart" en est la parfaite démonstration, un long playing enregistré au sein du studio Millbank, en Irlande du Nord. Toutes les compos sont signées par McGibbon Jr. 

L'album s'ouvre par "No law in Lurgan". Il n’existerait donc pas de loi à Lurgan, une petite cité qui héberge Bonnevilles… Le début de parcours baigne au sein d’un climat dramatique, digne du Black Sabbath originel. Le tempo s’accélère ensuite alors que la gratte déjante régulièrement. "My dark heart" nous entraîne dans le Delta du Mississippi. Le rythme est rapide. Andrew chante un peu à la manière de Robert Plant. "The Whiskey lingers" déclenche une transe hypnotique réminiscente du légendaire Howlin' Wolf. L’atmosphère n’est guère propice à la joie de vivre. Denses, les percus de McCullam impressionnent, alors que les cordes s’autorisent un trip psychédélique. Et c’est dans la même ambiance que "The Electric Company" macère. Le drumming de McCullam est carrément hypnotique tout au long d’"Arrow pierce my heart". Folk, "Eggs and bread" nous réserve un bref intermède acoustique. "I dreamt of the dead" adopte un profil punk/blues, alors que torturé, "I've come too far for love to die" évolue sur un tempo plus lent. "Erotica Laguna Lurgana" pourrait servir de B.O. à un film introspectif. Malgré son sujet quelque peu morbide, "The man with the X shaped scar on his check" ne manque pas de charme. Cordes rythmiques et drums allègres rendent même cette plage presque joyeuse. Ballade acoustique, "Those little lies" concède des accents folk blues. Andrew et Chris mettent littéralement le feu aux planches tout au long de "Learning to cope", un morceau nerveux à l’attitude franchement punk. Et "Who do I have to kill to get out of here?" clôt l’oeuvre en puissance. Une question restée sans réponse, puisque ces Irlandais ont décidé de forcer leur chemin…

 

Liz Mandeville

Heart 'O' Chicago

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Etablie à Chicago, Liz Mandeville est une chanteuse de blues. Compositrice prolifique, elle gratte également de la guitare. En outre, elle a également monté son propre label, Blue Kitty Music. Originaire du Wisconsin, elle s’est installée dans la Cité des Vents, en 1979. Elle s’était alors mariée à Willie Greeson qui militait au sein du Legendary Blues Band, une formation qui réunissait des musicos qui avaient sévi dans le Muddy Waters Band. Elle s'est d'abord révélée sous le nom de Liz Mandeville Greeson. Le nom de son mari a disparu, suite à l’échec de son union! Elle a longtemps travaillé auprès du bassiste Aron Burton, mais également bossé en compagnie de Willie Kent, Maurice John Vaughan et Michael Coleman. De couleur blanche, cette dame est parvenue à se forger une notoriété dans la plus grande ville de la région du Mid-Ouest. Ce qui n'était pas gagné d'avance. Elle vient de graver son sixième LP personnel.

Liz drive son propre groupe, les Blue Points, un combo au sein duquel militent le Japonais Minoru Maryama à la guitare, Darryl Wright à la basse et Jeremiah Thomas à la batterie. Un claviériste et une section de cuivres complètent le line up. Et suivant la tradition, quelques invités ont poussé la porte du studio. Quoique blues, "Heart 'O' Chicago" est largement teinté de soul, et notamment à caractère Stax et Muscle Shoals.

Liz Mandville s'échauffe sur "Cloud of love", un R&B bien dansant. Sa voix est claire. Elle conserve cependant une réserve de puissance conséquente. Les cuivres sont bien mis en exergue. Le prestigieux Eddie Shaw, autrefois leader du Wolf Gang, backing group de Howlin' Wolf, est venu renforcer l’ensemble de son sax ténor. Il émane de ce titre, un funk naturel, balisé par les interventions de basse de son compagnon Darryl et l'orgue Hammond de Miss Joan Gand. Elle adopte un timbre plus grave pour aborder "These blues", une ballade swing jazz au cours de laquelle Joan passée au piano, Minoru brille aux cordes et les cuivres se révèlent particulièrement en verve. "Don't doubt my love" est un titre de soul classieux. Liz et Charlie Love (ex-Casey Jones Revue), un grand spécialiste du style, se partagent les vocaux. Contemporain, dansant, "So called best friend" est un Chicago blues coloré par l'orgue Hammond et souligné par les interventions de Billy Branch à l’harmo. La voix de Liz est au sommet de son art sur "Quit me on a voice mail", un R&B très lent, abordé dans l'esprit du southern soul de Memphis. Elle y injecte toute sa sensibilité, épanche tout son vécu, face à l'orgue Hammond, le saxophone ténor troublant d'Eddie Shaw et les cordes mélodieuses de Maruyama. Imprimé sur un bon tempo, "Party at the end of time" est un Chicago blues plus conventionnel, marqué par le retour de Branch à l’harmonica. Et ses interventions sont vraiment atmosphériques. Les cuivres reviennent à la surface sur "Silver's lining", un blues rythmé destiné à la danse. "Tig Tok" est une composition qui accroche instantanément. Une compo de pop/r&b à la mélodie légère, tapissée par l'orgue Hammond. Les cuivres servent de rampe de lancement à la guitare, alors que Miss Mandville ne cesse de relancer le Tig Tok! Enchantée, elle empoigne sa gratte électrique et nous sert une tranche funk bien brûlante intitulée "Why would a woman sing the blues". Charlie Love revient servir de partenaire vocal pour le blues enlevé "Smart women foolish choices", une piste balayée par la trompette de Wade Baker, alors que Minoru semble bien avoir rechargé ses accus à la six cordes. "Life is like a wave" clôt l’elpee. Un pur bonheur ! Du blues très fifties dont le tempo semble avoir été emprunté à Jimmy Reed. Liz est toujours à la gratte, pendant que Dizzy Bolinski, une étoile montante de la Cité des Vents souffle passionnément dans son harmonica. De toute bonne facture, ce long playing propose onze compos originales également produites par Liz Mandeville…

 

Cyril Neville

Magic honey

Écrit par

Cyril Neville nous vient de la Nouvelle-Orléans. Agé de 65 balais, ce chanteur/percussionniste et son frère Art, ont sévi au sein du groupe funk, The Meters. En 1977, leur nouveau projet devient une véritable affaire de famille qui répond au patronyme des Neville Brothers. 35 ans plus tard, la formation est d’ailleurs toujours bien vivante, même si elle ne se réunit plus qu’épisodiquement. Début des années 2000, Cyril enregistre en compagnie des Uptown All Stars et de Tribe 13. Et au cours des deux dernières années, participe à l’aventure du Royal Southern Brotherhood, en compagnie des guitaristes Mike Zito et Devon Allman. Il avait également publié trois albums solo, dont le dernier "Brand new blues", remonte à 2009. Ce nouvel opus a été enregistré à Bogalusa, en Louisiane, un opus pour lequel il a reçu le concours du guitariste Cranston Clements (ex-Dr John, Boz Scaggs), du bassiste Carl Dufrene (Anders Osborne, Tab Benoit), du drummer Willie Green (ex-Neville Brothers), et du claviériste Norman Caesar, sans oublier la présence de quelques amis invités. 

"Magic honey" ouvre la plaque. Un R&B percutant. La voix de Cyril colle vraiment au rythme. Signé Dr John, "Swamp funk" reflète parfaitement la musique issue de la Nouvelle Orléans. Un funk tapissé de claviers qui met en exergue quelques gloires locales. Dr John se charge des parties d’orgue et Allen Toussaint du piano. Blues lent, "Something's got a hold on me" concède des accents dramatiques. La voix est chargée de rage contenue, face à la guitare hendrixienne du producteur David Z. Cyril est son épouse Gaynielle ont coécrit "Another man", une fort jolie ballade aux accents exotiques. Le chant est chargé de passion alors que devant le piano percussif d'Allen Toussaint, la six cordes lorgne vers Carlos Santana. Et ce n’est pas une surprise. Cranston Clements tire son épingle du jeu tout au long de "Still going down today", un excellent blues, abordé à la manière d'Albert King. Issu de la plume de Paul Butterfield, "You can run but you can't hide" (NDR : ce titre figure sur "Put it in your ear", un album paru en 1975) scelle une belle rencontre entre le blues rock bien électrique et le funk louisianais. Ecrit par Warren Haynes de Gov't Mule, "Invisible" est un intéressant R&B funkysant. Cyril chante "Blues in the truth" d’une voix pure, un blues lent classique au cours duquel Cranston gratte ses cordes en adoptant une nouvelle fois le toucher d'Albert King.  Walter Trout cosigne "Running water", un morceau funk tapissé par l'orgue Hammond de Caesar, mais surtout caractérisé par les interventions de Mr Trout à la guitare. Et cela s'entend ! Mike Bloomfield et Nick Gravenites ont coécrit "Working man" pour "Mourning in the morning", un album d’Otis Rush paru en 1969. S’appuyant sur un riff puissant, ce rockin' blues bénéficie de la participation de son ami Mike Zito, dont la guitare slide apporte un changement de tonalité judicieux. Et ce dernier récidive sur "Honey and oil". "Slow motion" achève l’opus, un titre paradoxalement de pur reggae.

 

Little G. Weevil

Moving

Écrit par

L'IBC, l'International Blues Challenge se déroule chaque année à Memphis. Il consacre les nouveaux espoirs du blues. Les sociétés du style y envoient ainsi ces ‘nouveaux noms’ prêts à décoller. L'Atlanta Blues Society avait délégué Little G Weevil, un artiste qui se produit en acoustique. En février dernier, il remporte les catégories ‘artiste solo’ et ‘guitariste’. Ce jeune chanteur/compositeur est âgé de 36 ans. Il avait débuté sa carrière comme batteur, avant de passer à la guitare, à 17 ans. Ses dieux répondent aux noms de John Lee Hooker et Lightnin' Hopkins. En 1998, il monte un groupe et tourne en Europe. Inlassablement ! Il publie "One" en 2004, un album pour lequel il reçoit le concours d’un groupe européen, Pure Blues. La même année, il s’établit à Memphis où il joue dans les clubs de Beale Street. Il décide de poursuivre son aventure en solitaire. Et il publie son premier elpee sous son nom en 2007, "Southern experience".  En 2009, il émigre en Georgie. A Kennesaw, très exactement. Son dernier elpee, "The teaser", était paru en 2012.

Dès "Shook it and broke it", un frisson nous parcourt l’échine. Haut perchée, étrange, la voix de Little G est capable de vous glacer le sang. Il s'accompagne à la Dobro Resonator. L'artiste est directement placé sur orbite ; ce qui lui permet de dispenser son blues si personnel, qu’il aborde le plus souvent armé d'une guitare Epiphone Acoustic. Il est toujours seul pour attaquer "On my way to Memphis", "Boogie through my troubles" ainsi que "Let someone else do all the work", un titre très dépouillé, secoué de frêles percussions, proche d'une work song. Mais également les plus rudimentaires "Deep bow" et "Advice". La prise de son opérée sur "Let's talk it over" est imparable. On jurerait écouter Little G en face de soi, à moins d'un mètre ; et on entend même ses doigts caresser le Dobro, pour en extraire des sonorités métalliques irrésistibles. Mr Weevil me rappelle le regretté Robert Lucas ; cet ex-Canned Heat excellait dans le blues basique, en servant d’une slide et en chantant d’une voix unique, proche de notre Little G. Episodiquement, il reçoit le concours de son trio ; soit l’harmoniciste Maurice Nazzaro, le bassiste Dustin Sergent ainsi que le drummer Adam Goodhue. Et en particulier tout au long du superbe "Mean and dirty". Une plage qui reflète la couleur delta du Mississippi d'une autre époque. Autoritaire, ravagée, la voix semble même hantée par Howlin’ Wolf. Excellent, "Moving" évolue sur une trame blues très primaire. Sa sortie sur les cordes acoustiques est une véritable démonstration ! Le long playing s’achève par "Swing in the middle", une piste évidement chargée de swing, mais conduite comme un boogie nerveux, par l'harmo de Nazzaro.

 

Evil Invaders

Evil Invaders (Ep)

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Adeptes d’un speed metal tout droit hérité des années 80, Evil Invaders joue à fond la carte du revival en reproduisant à l’identique ce sous-genre qui mêle thrash et heavy metal. De la production au logo en passant par la pochette de l’Ep, tout est là pour nous rappeler cette période où la musique allait vite, et les chansons parlaient de bière, de guerre et de zombies. Le look des musiciens est à l’avenant, et si on ne dit pas que ce groupe a été formé en 2007 et sort ici son premier Ep (après une démo en 2009), on est en 1987 ! Notons malgré tout que pour une autoproduction, le groupe n’a rien à envier aux ténors du mouvement rethrash (Gama Bomb, Municipal Waste…), dont ils pourraient sans peine partager les affiches. C’est tout le mal qu’on leur souhaite.

 

The Daredevil Christopher Wright

In Deference of a Broken Back

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A mon humble avis, je vois mal qui parviendra à détrôner le « High Violet » de The National, du titre d’album de l’année. Ne reste donc plus aux autres formations et artistes à se placer en ordre utile pour monter sur les différents podiums, établis en de fin d’année. « In Deference of a Broken Back », le premier elpee de The Daredevil Christopher Wright pourrait y figurer. Un trio yankee responsable d’une pop orchestrale soigneusement déglinguée (NDR : déjantée ?) dans l’esprit de Sufjan Stevens et probablement aussi des Beach Boys. Une explication ? Imaginez des chansons mélodiques, un peu loufoques, véhiculant des lyrics ténébreux, dramatiques voire morbides. Rien que le titre de certaines compos vous donne une petite idée des sujets qui y son traités : « A Conversation About Cancer » et « A Near Death Experience at Sea », par exemple. Franchement, il faut être un peu fêlé pour écrire des compos guillerettes sur le thème de l’hôpital… D’ailleurs, si le moral influe sur la guérison des malades, les fans de « In Deference of a Broken Back » ont assurément plus de chances de se rétablir, que ceux d’« Hospice » de The Antlers…

Bon Iver s’est chargé de produire cet opus. Etonnant, puisque la musique du génie des bois et totalement différente de celle de TDCW. Les compos de cet « In Deference of a Broken Back » se signalent par leur richesse mélodique (« Bury You Alive »), la frivolité du ton (les très folk « Clouds » et « War Stories ») ou encore la créativité débordante (« A Conversation About Cancer »). Les orchestrations sont subtiles et colorées. Un véritable arc-en-ciel de sonorités procurées par une multitude d’instruments. On a même droit à des violons, du wurlitzer, de la flûte et du tambourin, que ce partagent ces multi-instrumentistes virtuoses. Mais si le combo est originaire d’Eau Claire (NDR : c’est dans le Wisconsin), leur consommation ne doit probablement pas se limiter à l’eau de source…

La campagne américaine revêt ses habits du dimanche, invitant ‘Christopher Le Casse-Cou’ à guérir tous les maux, à l’aide de sa joyeuse mélancolie. On en reparlera donc en fin d’année, à l’heure de faire les comptes. Mais comment ne pas tomber sous le charme d’un groupe, lorsqu’il achève son album, le plus naturellement du monde, par ces mots : ‘What a shame, what a shame / We’ll never see that man again / He was attempting his longest jump yet / But there was such a wind today / That it blew his life away’? The Daredevil Christopher Wright vient probablement de signer une œuvre essentielle.

 

Mink DeVille

Live at Montreux (Dvd + Cd)

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William Boray, alias Willy DeVille, nous a donc quittés ce 6 août 2009. Il était né le 27 août du même mois. En 1953. A New York. Il était d’origine portoricaine. Sa musique ne pouvait que transpirer des influences latines. Mais aussi, r’n’b et rock’n’roll. Paradoxalement, il va participer à l’éclosion du mouvement punk américain, à l’instar de Richard Hell & The Voivods, Blondie, Ramones, New York Dolls, Dead Boys, Patti Smith, Talking Heads ou encore Television. Plus artistique et intello, cette scène était aussi beaucoup moins exclusive qu’en Grande-Bretagne. De 1974 à 1986, Willy va se produire au sein de son propre groupe, baptisé Mink DeVille, avant d’embrasser une carrière solo.

Le 13 juillet 1982, Mink Deville se produit dans le cadre du festival de Montreux, en Suisse. Le groupe est alors au sommet de sa forme. Outre le latin lover exotique (NDR : ses compos parlent d’amour, de passion et de femmes fatales), le line up implique alors le saxophoniste Louis Cortlezzi, le claviériste Kenny Margolis, le guitariste Paul James, le bassiste Joey Vasta et le drummer Tommy Price. Le Dvd et le Cd immortalisent ce concert. Les compos sont identiques sur les deux plaques. Deux fois 18 titres trempés dans la soul, dont les remarquables « Cadillac Walk », « Savoir faire », « Love & emotion », son succès planétaire « Spanish Stroll » et en finale une cover bouleversante du « Stand by me » (NDR : signée Ben E. King, cette chanson a fait l’objet de multiples versions, dont les plus populaires sont probablement celles d’Elvis Presley et de John Lennon). Et le reste des compos est de la même trempe. J’accorderai quand même mon coup de cœur au Dvd qui reflète parfaitement l’intensité émotionnelle dispensée lors d’un set dispensé par Mink DeVille, à l’époque. En outre, le son est excellent (sauf en tout début de parcours).

 

Evil

Evil’s Message (Ep ’84)

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Du Métal Pour Pas Un Balle !

Musiczine a décidé de vous aider à faire des économies en ces temps de crise.

‘Du métal pour pas un balle’ est une nouvelle rubrique destinée à vous faire découvrir des albums de heavy métal de qualité ainsi que des démos mis à disposition en téléchargement gratuit et tout à fait légal par les artistes eux-mêmes sur leurs sites internet.

Les enregistrements proposés gratuitement au format mp3 sur internet ne sont pas l’apanage des groupes récents qui désirent faire découvrir leur musique. Certaines formations plus anciennes, perpétuent leur art en mettant à disposition des enregistrements (parfois devenus introuvables ailleurs) de leurs classiques. C’est le cas des Danois de Evil qui offrent gracieusement sur leur site internet, une version mp3/192kbps de leur excellent Ep « Evil’s Message », sorti originellement en 1984, sur Rave On Records.

Formé en 1982 sous le nom de Never Mind, le combo enregistre une démo promotionnelle qui lui vaut d’être remarqué par Rave On Records. Après avoir opté pour un patronyme plus approprié à sa musique, il enregistre en dix jours le mini album quatre titres qui vous est proposé aujourd’hui. Pas de chance pour ce groupe prometteur, le directeur du label déteste ses nouvelles chansons et le vire. Ce coup du sort entraînera le split du combo quelques mois plus tard.

Vingt-six ans on passé ; et on en arrive à se demander si le directeur de Rave On Records n’était pas complètement sourd ; car cet Ep est tout bonnement excellent. Evil y joue du pur heavy métal classique ; à l’Européenne. Son disque semble être le mélange de la musique des deux formations danoises les plus en vogue à l’époque : Mercyful Fate pour les riffs speedés et Pretty Maids pour la voix de Pearl Angel qui ressemble énormément à celle de Ronnie Atkins. Les titres des chansons sont évocateurs et typiques du style de l’époque : « Evil’s Message », « The Devil Wants me », « Son of A Bitch » et « Take Good Care (Of Your Balls) ».

Bien qu’il ait été enregistré il y a plus d’un quart de siècle, le son du ‘quatre titres’ n’a pas pris une ride. Et il est même bien meilleur que celui du nouvel Ep des Américains d’Eternal Voyager que nous vous avons présenté récemment, dans cette même rubrique. Ces derniers auraient tout intérêt à jeter une oreille attentive sur « Evil’s Message » pour se prendre une bonne leçon de savoir-faire métallique.

Alors, elle n’est pas belle la vie en temps de crise ? Merci Evil !

Téléchargement : http://www.gudsvrede.dk/evil/

Willy DeVille

Willy DeVille s’est éteint à l’âge de 55 ans.

Écrit par

Né le 27 août 1953 à New York, Willy Deville –de son vrai nom Willy Boray– s’est éteint ce 6 août 2009. Atteint d’une hépatite C, il est décédé des suites d’un cancer du pancréas. Issu de la scène punk rock new-yorkaise, au sein de laquelle il a côtoyé Johnny Thunders, les Ramones, Television, les Talking Heads et bien d’autres, il a surtout récolté du succès sur le Vieux Continent. Et tout d’abord en 1977, lorsqu’il a sorti ce single mémorable intitulé « Spanish Stroll ». C’était encore l’époque de son groupe Mink Deville. Une décennie plus tard, il embrassait une carrière en solitaire. Davantage orientée vers un style de crooner romantique (NDR : Willy vouait une véritable vénération à Edith Piaf et au pianiste/chanteur/compositeur Charles Dumont). Responsable d’une musique mêlant R&B, blues urbain des 50’s et 60’s ainsi que rythmes traditionnels de la Louisiane, tout en injectant dans son expression sonore des tas de références latinos oscillant du cajun à la salsa, il allait finalement concocter une fantastique version mariachi du classique « Hey Joe » de Jimi Hendrix. C’était en 1992. Un succès qui allait enfin lui valoir une reconnaissance internationale. Il bossait sur un nouvel opus, dont la sortie était prévue pour 2010.

 

The Kill Devil Hills

The drought

Écrit par

Fondé en 2003, The Kill Devil Hills compte à ce jour deux albums à son actif. Une formation australienne dont le line up est passé d’un trio à un sextet, tout comme leur musique a viré du country/folk à une formule fondamentalement plus rock. Un rock ténébreux, teinté de blues, parfois de gospel, mais qui ne renie jamais ses racines. Et pour cause, le combo a toujours recours à des instruments aussi spécifiques que la mandoline, le banjo, la sèche, la slide et surtout le violon. C’est d’ailleurs le violon qui charpente la plupart des mélodies, tantôt en les berçant d’accents introspectifs, tantôt en les dynamisant d’énergie frénétique. L’instrumentation basique apporte davantage d’intensité aux compos ; et en particulier la guitare électrique.

Manifestement TKDH est une formation australienne. Qui puise essentiellement son inspiration chez les artistes australiens. Des noms ? Hugo Race, Beast of Bourbon, Triffids, Nick Cave & The Bad Seeds ou encore Crime and the City Solution… Vous me direz que la plupart de ces gens ont plus ou moins trempé dans le même milieu. Et vous n’avez pas tout à fait tort. D’autant plus que la seule compo qui s’écarte de la ligne de conduite, “New country”, émarge au psychobilly. Celui des Cramps, bien sûr. Or, Kid Congo Powers, l’ex-drummer de la bande à Lux Interior/Poison Ivy, n’a jamais caché son admiration pour toute cette mouvance, et est souvent venu apporter son concours en ‘live’ voire en studio, pour l’un ou l’autre de ces musiciens. Vous ne serez enfin pas étonnés de savoir que le vocaliste principal, Lachlan Gurr, emprunte régulièrement les inflexions de Cave, et même le timbre. D’excellente facture, « The drought » trahit malheureusement encore trop de références évidentes à ses maîtres pour ne pas être soumis au feu de la critique. Dommage, car ce groupe possède suffisamment de talent pour tracer sa propre voie, sans pour autant renier ses racines. Ce sera sans doute son prochain challenge !

 

Circus Devils

Sgt Disco

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Depuis que Robert Pollard a décidé de mettre un terme à l’existence de Guided By Voices, en 2004, il n’a pas chômé. Et pourtant, il faut être un fan inconditionnel pour suivre son parcours discographique. Circus Devils est un de ses projets, qu’il avait amorcé en 2001, flanqué des frères Tobias. Et le trio en est déjà à son cinquième album : « Sgt Disco ». Un elpee expérimental découpé en 32 titres qui oscillent entre 35’’ et 4’10. La formation y pastiche autant les artistes -entre autres, Bowie (circa « Outside »), Tom Waits, Humble Pie, Ministry, Todd Rundgren, Terry Riley, Captain Beefheart, le Who (NDR : la voix de Roger Daltrey, surtout), Eyeless In Gaza, Throbbing Gristle et le Genesis de l’Archange Gabriel, une des influences majeures de Pollard- que les styles, et en particulier le grunge, le blues rock, l’électro country, le punk, le métal, la prog, l’indus, la lo-fi (la sienne !) et j’en passe. Mais en y injectant une sensibilité distincte : celle de Pollard, bien sûr. Des titres tour à tour capricieux, avant-gardistes, de mauvaise augure, minimalistes, étranges, torturés, incantatoires, obsessionnels, envoûtants, spectraux ou épiques, mais aussi très souvent complexes. Parfois un peu trop. Mais dans l’univers de plus en plus opportuniste de la pop, il n’en a que plus de mérite.

Weevil

Drunk on Light

Le shoegazing, une vieille histoire, aujourd’hui à nouveau sous les projecteurs grâce aux talents conjugués de groupes comme The Notwist, Postal Service, Her Space Holiday, Windsor For The Derby, De Portables…. Le nouveau shoegazing, c’est l’indietronica : sous une couverture chauffante de bleeps cotonneux et rêveurs, les guitares se lovent et se frottent, « post coïtal animal triste ». Après l’amour, la vague à l’âme s’installe, parasitant l’instant précaire de ses décharges juvéniles. C’est l’ivresse du consommé, la petite mort qui crie famine. Tom Betts et Jonny Pilcher se couchent avec leurs guitares et leur ordinateur, pour accoucher d’une musique limpide et matricielle, rassurante comme la nuit qui se lève. Leurs mélodies côtoient les étoiles, jusqu’au trou noir du sommeil qui les plongent dans de vaseuses espérances. Ils chantent qu’ils « ont dormi trop longtemps » (« Too Long Sleeping »), et au réveil leurs joues sont marquées du sceau du plaisir. Ivres de cette lumière qui doucement les asperge, les deux tourtereaux abandonnent les berceuses, mais leur esprit reste engourdi. Le jour s’allume, mais dans leur tête c’est toujours le crépuscule. Dans le réconfort que distille leur musique, on s’endort les paupières légères. La nuit, le jour, s’annoncent sans lendemain, à l’abri des soucis.

Ivan Neville

Scrape

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Sideman pour les Rolling Stones, Bonnie Raitt et les Spin Doctors, Ivan Neville est un multi instrumentiste qui a appris à bonne école. Son père était le chanteur des Neville Brothers, les pères du funk de la Nouvelle Orléans. Ses oncles ont fondé les Meters, groupe génial archi-samplé par les producteurs de hip hop… « Scrape » est le quatrième effort solo d’Ivan. Il était déjà sorti il y a deux ans sur le label de l’acteur Bruce Willis. N’ayant pas recueilli le succès escompté (à peine 1000 copies), Neville a décidé de le ressortir chez les anglais de Compendia. Il faut dire que Ivan a des invités de choix : Keith Richards, Bonnie Raitt, Aaron Neville ou encore Bobby Womack. Les styles abordés sont évidemment le funk, la soul (tout en réservant de multiples hommages à Marvin Gaye) mais aussi et surtout les ballades. Loin d’être de mauvaise facture, les morceaux sont plutôt classiquement efficaces et laissent apparaître tout le métier de notre homme. Malheureusement le son est trop léché accrocher à l’album. Un comble pour du funk, sensé être une musique brute de décoffrage. « Scrape » reste toutefois une plaque d’un niveau tout à fait honorable qui séduira plutôt les auditeurs de Classic Rock (la nouvelle chaîne radio du « colossal » Ysaye) que les fans des Meters.

Circus Devils

Pinball Mars

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Au sein des Circus Devils, on retrouve les frères Tim et Todd Tobias, ainsi que le chanteur/leader des Guided By Voices, Robert Pollard. Un projet avant-gardiste plus qu’un groupe dont le « Pinball Mars » constitue déjà le troisième volume. Robert est un grand admirateur du Who (voir interview de G.B.V. sur le présent site) ; il n’est donc pas étonnant qu’il multiplie les clins d’œil à leur égard. Et pour cause ! Intituler cet album « Pinball Mars », alors que le 45 tours « Pinball Wizard » est paru en mars 1969, ne peut résulter d’une coïncidence. Surtout pour un album tout au long duquel est entretenu un climat de sorcellerie. Commis par un trio qui répond au patronyme de Circus Devils. Pour le hasard, faudra repasser. On n’ira pas cependant jusqu’à dire que ce disque trempe dans le death metal, mais il faut reconnaître que l’ambiance y est plutôt trouble, pour ne pas dire satanique. Fruit d’un mélange maléfique entre le Black Widow, Birthday Party, Brian Eno, Chritian Death et Robert Wyatt. On a même l’impression que Robert (NDR : Pollard hein !) chante parfois sous le joug d’un sortilège. Quant à la musique, tour à tour incantatoire, sauvage, hypnotique, complexe, malsaine, claustrophobique, torturée, planante, etc., elle opère des rencontres illicites entre psychédélisme, prog, free jazz, rock, métal, blues, gothique, et j’en passe. Même si parfois, le chant observe un sens mélodique plus pop. J’ignore s’il s’agit d’un exorcisme, mais cela y ressemble fort…

Liz Mandeville

Back in love again

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Miss Mandeville Greeson est une chanteuse blanche de blues. Une Chicagolaise d'adoption qui compte déjà plus de vingt ans de route à son compteur ; et dont la voix langoureuse est capable de s'étaler langoureusement sur pas moins de quatre octaves. Elle a également une plume facile. Pas pour rien qu'elle a écrit l'intégralité des chansons de cet album. Liz s’est déjà produite chez nous. Lors d'un set dont le charisme naturel nous avait éblouis.

Son 1er album "Look at me" était sorti en 96. Il a été suivi par "Ready to cheat" en 99. Elle a aussi participé à la collection " Red Hot Mamas", parue en 97, sur le label Blue Chicago. En compagnie du George Baze Blues Band. Elle remet donc le couvert pour ce troisième album. Un disque plus personnel, plus introspectif, plus relax, mais très réussi.

Sa voix se fond naturellement au cœur d'un tapis sonore élaboré par ses nombreux musiciens et invités. Elle a composé des superbes ballades, qui adoptent un profil assez Memphis Soul. Elle les chante remarquablement. A l'instar de l'ouverture, "Soul tender", abordée par Liz à la guitare acoustique. La voix, une force innée, disserte avec passion et bonheur. Un solo de honky sax accordé par Sonny Seals brûle tout au long de "The night thing". "All my love" s'étend paresseusement sur des parties instrumentales de classe concédées par le piano de Phil Baron et les cuivres des Chicago Fire Horns. Le timbre vocal de Liz se fait voluptueux sur le doux "All alone". Le réputé harmoniciste Billy Branch collabore sur trois titres avec brio. Lorsque Liz élève la voix, elle me rappelle la grande Janis Joplin. C'est évident sur le blues assez classique "Juicehead man", et sur le merveilleux et plus rythmé "Back in love again". Les guitares crépitent de joie, surtout celle de Mike Gibb. Billy est toujours présent pour le real blues, "Johnny and me". Un fragment aux accents plus roots, au cours duquel on retrouve Allen Batts au piano. "Broken hearted fool" est un tout bon blues lent enrichi par le piano de Batts, les cordes de Mark Wydra et les chœurs émouvants. Une telle richesse vocale illumine des plages franchement gospel, telles que "Face the music" ainsi que la finale "Shine clear with joy", caractérisée par un échange de voix a capella. Excellent !

 

The Murder City Devils

Thelema

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Les Stooges, les Doors, Birhday Party et les Scientists constituent plus que probablement les influences majeures de cet ensemble yankee. De Seattle très exactement. Une formation née en 1996 et réputée pour son garage punk aussi turbulent que féroce. Depuis l'engagement de Leslie Hardy, préposée au clavier Hammond, la musique des Murder City Devils a pris une autre dimension. Moins aride, plus fluide, plus insidieuse et surtout plus mélodique. Ses interventions rognées, veloutées, me rappellent même parfois celles que menait Clinton David Boon, auprès d'Inspiral Carpets. Découpé en six fragments, le nouveau mini album de cette formation concède même un titre plus tendre, plus mélancolique. Intitulé " 364 days ", il bénéficie du concours d'une section de cordes. Mais venons en aux cinq autres morceaux de ce disque. Qui véhiculent des lyrics toujours aussi acerbes et mordants, libèrent des riffs de guitare saignants, décapants, vibrent sur une ligne de basse ténébreuse, gothique et s'enflamment au contact du timbre vocal sinistre, écorché de Spencer Moody. Pas difficile de comprendre pourquoi l'orgue joue maintenant ici le rôle de fil conducteur, au sein de cette solution sonore…

 

Marineville

Red path house

A première écoute, la musique de Marineville nous fait penser à The Orb. A cause de ces pulsions électroniques qui font battre le cœur de la solution atmosphérique, pour ne pas dire intergalactique. Mais au fil de l'écoute, on y découvre d'autres perspectives. Jazzyfiantes surtout. Elaborées par un saxophone ou un piano électrique. Hip hop, également, mais ici, elles sont beaucoup moins évidentes. Ce " Realpath house " n'est cependant pas un album studio, mais une sélection d'enregistrements " live ", commis lors d'une tournée américaine qui s'est déroulée entre septembre 96 et juillet 97...

 

Evil Superstars

Boogie-Children-R-Us

Tout comme dEUS, Evil Superstars a bonne presse en Grande-Bretagne. Ce qui n’est pas évident, lorsqu’on connaît le caractère protectionniste des concitoyens de Tony Blair. Ah oui ! Si vous l’ignorez encore, Evil Superstars sont belges, issus de Zolder, dans le Limbourg, très précisément. Drivé par un certain Mauro Pawlowski –crooner au falsetto sordide, rampant, compositeur à la perspective lyrique surréaliste, beefheartienne et guitariste à la dégaine torturée– le quintette vient de graver son deuxième CD. Un disque dont les quatorze berceuses diaboliquement ironiques, mélodiquement énigmatiques, sordidement sensuelles macèrent dans un univers underground visité par les Birthday Party, Elevate, Brainiac, Placebo, Flaming Lips, Jon Spencer Blues Explosion, Girls Against Boys, Screamin’ Trees, et la liste n’est pas exhaustive…