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Frankie Lee

Stillwater

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Il a fallu attendre 2016, et la sortie de son premier elpee, « American dreamer », pour que Frankie Lee sorte de l’anonymat. Un opus remarquable unanimement apprécié par la critique. 

Ce farmer du Minnesota est né à Stillwater d’où le nom de ce nouvel ouvrage musical. « Stillwater » peut se traduire par eau calme, eau stagnante ou eau tranquille. Cet intitulé correspond au sens propre comme au sens second, au contenu musical du disque autant pour les morceaux aériens que pour les textes évoquant la vie du patelin.

De quoi s’agit-il, me direz-vous ? Une musique country issue de l’Amérique profonde au travers de laquelle les cowboys, épuisés par leurs journées laborieuses de leurs exploitations fermières, assis autour d’un feu de camp, se laissent aller à la poésie de leur quotidien en souffrance.

Personnage simple et autonome, Frankie Lee avait, pour son premier elpee autoproduit, joué de tous les instruments.

Bien que le monde de l’industrie musicale l’incite à enregistrer dans des studios de renom, celui-ci refuse ces propositions et préfère immortaliser ses productions dans sa cabane en bois. Néanmoins, pour la circonstance, il s’est entouré de potes musicos et a donné naissance aux titres du long playing, en seulement une ou deux prises.

Sa voix un peu nasillarde évoque vaguement celle de Neil Young avec parfois des intonations à la Dylan. Steel guitares, sèches, son chaleureux, voix agréable étoffent des mélodies agréables très faciles à écouter, rappelant le début des Eagles.

Les titres proposés pourraient à la longue lasser l’auditeur. Mais la qualité du mixage et les riffs acoustiques rendront accro le fondu de Country Music authentique.

Quels titres mettre en avant ?

  1. “Downtown lights” qui évoque un rêve au cours duquel il marchait aux côtés de Jessica Lange (le remake de ‘King Kong’ en 1976, le remake du ‘Facteur sonne toujours deux fois’ en 1981, ‘Les nerfs à vif’ en 1991), qui avait vécu à Stillwater. Frankie y appose une vision de sa ville ayant perdu de sa tranquillité suite au développement du tourisme.
  2. “In The Blue” est une ballade douce empreinte de mélancolie par rapport aux choses de la vie fugace et à ses bons moments qui s’écoulent inexorablement sans pouvoir les retenir.
  3. “Speakeasy”. Ce morceau envoûtant qui ouvre l’album ne vous laissera pas de glace et vous incitera à poursuivre la lecture de l’œuvre d’un véritable artiste privilégiant la sincérité à la musique industrialisée.

Si vous souhaitez acquérir cet objet, je vous le conseille sous forme de CD. L’écoute en ligne et la compression mp3 risquent d’effacer la richesse du son, d’étouffer les guitares cristallines et d’aplatir la présence agréable de la voix de Frankie.

Les Countrymen équipés d’une vraie chaîne hi-fi apprécieront, assis dans leur canapé, devant leur feu de bois aux bûches qui crépitent.

Dan Treanor and Frankie Lee

African wind

Écrit par
Dan Treanor est issu du Colorado. De Pueblo, très exactement. Il y a 35 ans qu'il joue le blues. Au cours de sa carrière, il a notamment côtoyé Son Seals, Louisiana Red, Jimmy Carl Black et Frankie Lee. S’il est surtout réputé pour ses talents d’harmoniciste, il est également capable de jouer d’une multitude d’instruments, dont la guitare, le banjo, le dobro, la basse, les claviers et la flûte. Depuis quelques années, il est passionné par la fabrication d’instruments à cordes africains. Une instrumentation qu’il exploite sur le présent album ! Début 2004, il avait commis un elpee autoproduit, "African soul". Certaines plages de cet album sont reprises sur cet "African wind". Dans le registre soul blue, Frankie possède une des plus belles voix de la soul music. Elle est même proche de Little Johnnie Taylor ou d’O.V Wright. Au cours des sixties, il a sévi au sein de l’Ike & Tina Turner Soul Revue. Ensuite, il a apporté sa collaboration à Albert Collins et Johnny Guitar Watson.
 
"Missing" est une excellente mise en place rythmique. Gary Flori est aux percussions. Dan Treanor tire son épingle du jeu à l'harmonica, à la flûte et à l'orgue. Cet accompagnement assez dépouillé permet à la voix claire de Frankie Lee de se détacher nettement! L’influence africaine est manifestement exercée par les percussions. Le Bo Diddley beat fait résonner "Mean woman blues" à l’aide d’un instrument ancestral rebaptisé le Diddley bow. L'harmonica de Dan répond au superbe chant de Frankie. David Henderson excelle à la guitare. "Love a woman's soul" nous plonge au cœur de l’Afrique. A cause de la texture riche, très complexe de l’instrumentation. Plus simples, "Tell me mama" ou encore "Kidnapped by the blues" nous ramènent dans le Delta du Mississippi. L’harmonica et la guitare acoustique épousent la voix parfaite de Mr Lee. Pas besoin de deviner le type d'ambiance manifesté tout au long du titre maître ; une plage enrichie de choeurs tribaux. Et "The groit man", au cours duquel les percussions suivent la slide d'Henderson à la trace, est de la même veine. La voix de Frankie recèle une puissance phénoménale. Et il ne s'économise guère pour cracher des phrases enflammées sur les très électriques "Got no lifeline"et "Black Hanna", deux fragments au cours desquels la guitare se fait menaçante. L'album monte en puissance pour "Cut with dynamite". Un savoureux cocktail, fruit du tempo boogie, des percussions tribales et de la guitare déjantée ! La voix naturellement soul de Lee brille sur la ballade bien nerveuse "Texas son". "Lenesome road" nous transporte une dernière fois dans le coeur du blues. La voix féminine de Peggy Brown répond à celle de Frankie. L'album s’achève par "Can flute soul", une compo impliquant flûte, harmonica et ngoni (NDR : une espèce de banjo africain !) Très original, cet opus évolue hors des sentiers sans cesse battus du blues actuel. A découvrir !