Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Humanist

On the edge of a last and lonely world

Humanist, c’est le projet du multi-instrumentiste, auteur compositeur et producteur londonien, Rob Marshall. Cet ex-guitariste d’Exit Calm est également le coauteur d’un album de feu Mark Lanegan.

En 2020, il avait gravé un premier opus –un éponyme– pour lequel il avait reçu le concours de nombreux chanteurs, dont Dave Gahan (Depeche Mode), Mark Gardener (Ride) et Mark Lanegan…

Originaire de Teesside, Rob a grandi dans le nord-est de l'Angleterre, une terre de hauts fourneaux, d'estuaires pétrochimiques et de cieux brûlants.

Ce cœur brisé de la révolution industrielle vient de sortir son second long playing, « On the Edge of a Lost and Lonely World », et de nouveau, lors des sessions, il a bénéficié de la collaboration maints vocalistes dont Isobel Campbel, Ed Harcourt, Tim Smith (Midlake), Peter Hayes (Black Rebel Motorcycle Club) et son ami fidèle, Dave Gahan…

Sur cet elpee, Rob explore des thèmes existentiels tels que la vie, la mort, l’espoir, la souffrance et la rédemption.

Brumeuses, les sonorités de guitare glissent et scintillent, créant des textures subtiles et délicates à l’aide de mélodies atmosphériques, turbulentes, vulnérables ou introspectives...

Podcast # 46 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

InHuman

Si l’intensité permet aux émotions de s’exprimer, alors je pense que nous avons atteint notre objectif…

Après avoir pris soin, au cours des dernières années, de faire évoluer sa musique, son style et ses performances, Anwynn a décidé de changer de patronyme afin de devenir un groupe percutant, sombre et ambitieux. Et il a choisi celui de InHuman. En gravant des titres comme "Keratin", "Shrine" ou encore une version symphonique du "Now I Lay Thee Down" de Machine Head, une nouvelle orientation semblait aussi naturelle qu'inévitable. Eponyme, le premier elpee s’attaque à de nouveaux thèmes lyriques et embrasse une dimension orchestrale, tout en s’ancrant plus profondément dans le death metal. En revenir aux airs folkloriques antérieurs n’était plus tellement opportun. Inspiré par la condition humaine, depuis ses moments de splendeur absolue aux regrets les plus profonds, cet elpee constitue un nouveau départ et augure d’un un avenir passionnant…

Le long playing a été enregistré et mixé au Nomad Studio par Julien Huyssens et les voix au Vamacara Studio, en France. Lors de sessions, le band a également reçu le concours du Chœur de l'Université de Gand. Enfin, les orchestrations ont été réalisées par Eerik Maurage. C’est Astrid, la claviériste, qui a accepté de répondre aux questions de Musiczine…

Tant chez Anwynn qu’InHuman tu as marqué et marques encore, de ton empreinte, la musique de ces formations. Mais quelles sont tes sources d’inspiration majeures ?

C'est partiellement exact. Mais pour ce nouvel album, l’influence des autres membres du groupe a également été très importante. Mes sources d’inspiration sont multiples. Et puis j’écoute aussi bien des bands de métal progressif, comme Devin Townsend, que hard tel que Machine Head qui est l'un de mes groupes préférés. Mais j’aime également la pop comme celle de Beyoncé. La plupart des autres musiciens apprécient le métal symphonique mais dans des styles très différents. Eerik, qui s’est chargé de nos orchestrations, est plutôt influencé par Dimmu Borgir, mais perso, je préfère SepticFlesh…

Votre musique est sombre, à la limite macabre. Vous vous y complaisez ?

Tu penses que notre musique est sombre ? (rires) Si tu penses à la partie la plus émotionnelle de l'obscurité, j’admets. Mais elle peut se révéler joyeuse et inciter les gens à danser, à s’amuser et à faire bien d'autres choses. Elle libère énormément d’énergie et lors de nos concerts, de nombreux spectateurs sautent et chantent les refrains. Tout dépend de l'humeur du jour… ou de la personne. 

En fait, c’est surtout l’intensité sombre de votre musique que j'aime… Et puis, on se sent à l’aise au sein du côté obscur de la musique.

Oui, mais on peut la percevoir de différentes manières. Si l’intensité permet aux émotions de s’exprimer, alors je pense que nous avons atteint notre objectif… Je partage ton impression (rires). Elle est pertinente…  

InHuman, c’est quand même un peu une réincarnation d’Anwynn ?

Anwynn a entamé son aventure, il y a pas mal de temps. En 2010, on a vécu de nombreux changements de line up. Par conséquent, notre musique s’est également transformée. L’arrivée de nouveaux membres a inévitablement entraîné de nouvelles influences, et plus nécessairement issues du folk. Entre-temps, j'ai eu l'impression de vivre une époque complètement différente, et je suis aussi devenu une personne totalement différente. Donc ce concept 'InHuman' est fondamentalement distinct et prend une direction complètement différente de celle d'Anwynn. Les influences symphoniques y sont davantage marquées. Au fil du temps, je me suis rendu compte que non seulement nous avions changé de style, mais qu'il était également temps de changer de nom. C'est donc devenu un nouveau projet, avec un nouveau nom et un nouveau line up.

Mais pourquoi Inhuman ? Y a-t-il une vision derrière ce choix ? Et que reste-t-il des références folk ?

Nous nous sommes éloignés du folk metal et des paroles celtiques. Et même si on en retrouve parmi nos nombreuses influences, ce n'est plus du tout sous cet angle que nous allons aborder notre musique, maintenant. Nous étions libres de faire ce que nous voulions de la musique et des paroles. En fait, c'est plutôt psychologique et émotionnel. C'est donc une métaphore de l'évolution que nous vivons. Le tout a commencé sur ce que c'est d'être humain, et ce que c'est d'aimer l'humain. Et c'est précisément ce que nous voulions tous dire dans "InHuman" ; il dit ce qu'il veut dire…

Quelles sont les réactions, en général, face à ce changement de direction ?

Nous n'avons pu nous produire que trois fois sous le nouveau nom. C'était très amusant et les réactions étaient plutôt bonnes. Malgré la transformation, les fans étaient toujours aussi enthousiastes, à cause de la bonne dynamique et puis grâce à Kelly Thaans qui a pris le relais au chant aux côtés d'Eline.

Comme tu bosses dans la sphère de la psychiatrie, tu dois certainement être confrontée au comportement des gens ? Cette situation constitue-t-elle une source d’inspiration pour la composition, les textes et a-t-elle influé sur le patronyme de la formation ? Es-tu également inspirée par le cours de la vie quotidienne ?  

Oui, sans aucun doute. Tout en pensant à la santé de mes patients, je me soucie de ce qu'ils ressentent. Et c'est, en grande partie, ce qu’on retrouve dans les paroles et la musique.

Qu’est-ce que vous attendez du nouvel elpee ? Quels sont vos projets et vos ambitions à court et à moyen terme ? Et caressez-vous un objectif ultime pour le groupe ?

Vu la crise que nous traversons, il est difficile de répondre à cette question. Parce que pour l’instant, on ne sait pas de quoi demain sera fait. J'essaie de ne pas y penser. Pour ne pas me projeter dans le futur. Des dates de concerts sont prévues en mai, j’espère simplement qu’on pourra nous y produire. En live ou en streaming ? Personne ne le sait. Donc, pas la peine de faire des projets, vu la période que nous vivons… Nous en avons certainement, mais je ne sais pas comment nous allons pouvoir les réaliser. Nous voulons cependant continuer à faire de la musique… Et en matière d’objectif, il se résume à un processus évolutif sans fin. Si vous en avez atteint un premier, vous voulez en atteindre un autre. Et ainsi de suite. L’ambition, c’est de poursuivre dans cette voie et de persévérer dans ce processus.

Alors, où te vois-tu (et vois-tu le groupe) dans 10 ans ?

Personnellement, je me vois dans un tas de genres musicaux différents, dans des styles différents. Métal ou pas métal. Pour InHuman, j'espère que nous pourrons toujours faire de la musique avec le groupe, et enregistrer de la musique. Et, comme je l'ai dit, que le processus dans lequel nous sommes engagés continue. Dans le style au sein duquel nous travaillons maintenant.

Malheureusement, je crains que vous ne puissiez jouer devant du public. Sauf en streaming, concerts auxquels j’assiste pour l’instant, parce qu’il n’y a pas d’autre alternative. Vous y êtes-vous préparés ? Que pensez-vous de ce concept ? Ce n’est pas la même chose, mais bon, il faudra peut-être y consentir…

Comme tu le dis, ce n'est pas du tout la même chose. Notre musique est très cinématographique et vous ne pouvez la ressentir que lorsqu’on la joue sur scène face à la foule. Pas devant un écran ou autre système similaire. Bien sûr, il faudra bien s’en contenter, s’il n’y a pas d’autre solution, mais nous préférons nous produire devant des spectateurs en chair et en os… Maintenant, oui je le reconnais, c’est le seul moyen de mettre le groupe en vitrine…

Les conséquences de la pandémie que nous éprouvons encore exercent un impact énorme sur la population. Comment as-tu traversé cette période comme musicien (et être humain) ?

Certaines répercussions sont positives, d’autre négatives. J'ai dû m’accorder une pause au sein du groupe, mais cette interruption m’a permis de prendre le temps de me remettre à jouer du piano. Ce qui est finalement bénéfique, car je ne pouvais plus y consacrer beaucoup de temps auparavant…

Et cette époque que nous traversons vous a-t-elle inspirée pour composer les morceaux de votre nouvel LP ?

Non, parce que tout était déjà enregistré et mixé avant le lockdown…

Penses-tu que la musique et la culture (mais aussi d'autres secteurs touchés comme l'horeca) vont survivre à cette crise ?

C'est une question difficile. Je pense qu'elle va se réinventer. Dans le bon ou le mauvais sens, je ne sais pas. Mais elles se régénéreront tôt ou tard, car l’histoire est faite de changements. La musique elle-même doit se réinventer de toute façon, comme elle l'a toujours fait. Peut-être que cette crise pourrait permettre à l’industrie musicale de se remettre en question et de repartir sur de nouvelles bases. Qui sait ? Est-ce un bien ou un mal ? Je n’en sais rien ! La suite sera aussi peut-être moins favorable qu'avant. Mais je pense que nous survivrons à cette crise, simplement parce que, dans le passé, la musique est toujours parvenue à surmonter les épreuves…

Si vous vous produisez dans le cadre d’un streaming, faites-moi signe et je rédigerai un compte-rendu à ce sujet. En espérant qu’on puisse vous applaudir bientôt sur les planches. Même dans un environnement corona proof.

Human Song

Blue Spaces

Écrit par

Human Song c’est le projet de Jane Lake, une chanteuse/pianiste de nationalité française. Etablie à Strasbourg, elle est épaulée par le bassiste Matthew Corner, et lors des sessions d’enregistrement de cet elpee, elle a reçu le concours de quelques musiciens de studio, dont l’un ou l’autre drummer. Hormis sur le titre maître, pas de guitare, mais des machines pour élaborer une musique qui sous son profil le plus aventureux, est très susceptible d’évoquer Archive.

« Blue spaces » constitue son second long playing. Il fait suite à « The birth of seven crows », gravé en 2013, et un Ep baptisé « Live au centre de la terre », enregistré 70 mètres sous terre dans le gouffre de Poudrey (Doubs). Sur les onze plages de cet LP ne figure qu’un seul instrumental, le sauvage et expérimental « Hunter’s procession » ; mais si la voix de Jane est aussi éthérée qu’angélique, elle n’exprime que rarement des mots ou alors à travers des discours déclamatoires, incantatoires, un peu comme Anne Clark, privilégiant les envolées lyriques, mélancoliques et dramatiques qui finissent malheureusement par lasser. Et si « This is not a song for war » s’enfonce dans le doom après 7 minutes de long cheminement funèbre, on regrettera surtout ces interminables vocalises gothiques pour ne pas dire cisterciennes… Dommage !

Human Song

The birth of seven crows

Écrit par

Human Song nous vient de Strasbourg. Un trio drivé par la chanteuse Jane Lake. Elle constitue même la pièce maîtresse du projet. Une chanson lui est même consacrée !

Lorsqu’un édifice repose sur une pièce bancale, il y a un gros risque : c’est que le tout s’effondre. Et comme de juste, dès les premières notes de l’elpee, la structure commence à vaciller…

En fait, la formation alsacienne tente de couvrir son expression sonore d’accents ‘dark’ voire ‘gothique’. Mais il y manque les décibels. Et puis l’ensemble paraît complètement daté. Pire encore, sur « A », un solo de gratte dégoulinant finit par nous communiquer la nausée. Heureusement, les plages balisées par le piano sont bien plus digestes. Quant au chant de la demoiselle, que l’on aime ou pas, il faut avouer qu’elle possède un bel organe. Ses envolées lyriques montent, descendent et sont très susceptibles d’impressionner. En outre, elle maîtrise parfaitement son sujet. Néanmoins, on est rapidement gavé de ses vocalises. Qui finissent même par nous taper sur les nerfs. La seule bonne nouvelle ? C’est lorsque s’achève la dernière piste du long playing… 

 

Human Project

Human Project (Ep)

Écrit par

Le collectif lillois Human Project se déploie sur plusieurs fronts entre écrits, œuvres graphiques et créations musicales. Ce projet citoyen centré sur l’‘Homme’ livre un premier Ep. Quatre titres opérant une fusion entre rock, ska (« Un Air 2 Vies ») et hip-hop, nappé d’une grosse louche de funk (« Ne Faire qu’un ») et épicé d’un chouia de valse (« Quand je sens le vent »). Imaginez Tryo repris par PPZ30 et vous aurez une bonne idée de leur style musical. La maîtrise est indéniable. Pas étonnant, puisque les membres du groupe sont issus de groupes comme l’Orchestre du Vetex ou Don Tomasino. Les paroles très premier degré et ‘humanistes’ peuvent se révéler dérangeantes (NDR : à l’instar de la formule ‘se comprendre soi-même pour mieux comprendre le monde’). Toutefois, les prestations scéniques du collectif devraient convaincre les plus sceptiques. Difficile toutefois pour votre serviteur, à travers ce quatre titres, d’adhérer au ‘Projet’ ; aussi comme la mascotte du groupe, ‘Humain Potentiel’, possède son profil Facebook, je vous invite à vous y connecter, pour faire plus ample connaissance…

 

Human Don’t Be Angry

Human Don’t Be Angry

Écrit par

Derrière le masque de Human Don’t Be Angry se cache Malcolm Middleton, ex-Arab Strap. Après avoir publié cinq LP en solitaire, l’Ecossais suit les traces de son ancien camarade de route Aidan Moffat et change de cap sur ce projet principalement instrumental. Au menu, guitares et boîtes à rythmes. Middleton ne pousse la chansonnette qu’à trois reprises. Chiffre qu’il aurait dû ramener au néant tant les morceaux entièrement instrumentaux sont les plus étincelants de la galette. Etincelants mais pas trop, l’univers grisâtre du bonhomme enveloppant encore et toujours ses compositions.

Ecrits en à peine quatre semaines, les neufs morceaux qui composent ce premier LP éponyme n’ont rien de tout à fait original mais le projet prend son sens sur quelques-uns d’entre eux comme « After The Pleasuredome » et « 1985 », deux savoureuses mélopées flirtant de très près avec le Post-rock.  En publiant « Human Don’t be Angry », Middleton n’est pas encore arrivé au pays de Candy mais y travaille, comme le souligne la dernière plage du disque, « Getting Better (At Feeling Like Shit) ». Une jolie étape supplémentaire dans la carrière du Scottish.

Malcolm Middleton présentera son nouveau projet à la Rotonde du Botanique le 16 septembre.

 

The Human League

Credo

Écrit par

Mars 2011. Bloc opératoire.

Patient: The Human League.

Pathologie: vieillissement annoncé et mort prématurée.

Objectif: résurrection, seconde du nom.

Diagnostic: enclin au plus grand pessimisme.

Premiers signes alarmants: pouls faible, activité cardiaque proche du néant.

Les fonctions vitales fonctionnent au ralenti. La poitrine se soulève et expulse un premier souffle, timide. Le scanner ne s'emballe pas et émet un bip régulier qui au final, se termine par une longue et triste complainte continue.

Les lumières du bloc s'éteignent. C'est fini...

Du riche passé du groupe de Sheffield, ne reste que les souvenirs.

« Credo » est un titre audacieux pour un retour sous les feux de la rampe, tout comme le « History of modern » d'Orchestral Manœuvre in the Dark » l'était. Le résultat est sensiblement pareil, soit un constat amer: ces groupes majeurs d'hier n'ont plus rien à dire aujourd'hui.

Moins indigeste que le OMD, mais bien moins pertinent que le dernier Duran Duran, ce come-back singe maladroitement le Human League des eighties ; mais on est bien loin de toute « Dignity of labour ». Le fard dégouline sur la peau ridée et laisse apparaître une croûte désespérément sèche de toute inspiration. « Don't you want me » ?

Non, merci, plus à présent.

 

Subhumans

Internal riot

Écrit par

Lorsqu’on parle de mouvement punk, les puristes parlent de Clash, Crass ou encore Sham 69. Les plus jeunes se réfèrent davantage à Green Day, Offspring ou plus récemment Beatsteaks. Subhumans appartient indéniablement à la première catégorie. Leur premier album, « The day that country died », remonte d’ailleurs à 1983. Et puis leurs cinq elpees sont parus sur leur propre label, Bluurg. Un signe distinctif de cette époque. Et comme beaucoup de groupes issus de cette scène, leur carrière a été prolifique mais brève. Elle s’est ainsi concentrée entre 83 et 86. Avant un premier come-back en 98, ponctué par l’album « Unfinished Business ». Sans oublier les deux ‘live’ parus en 2003 et en 2004. Histoire de garder la flamme allumée. Tout d’abord un audio : « Live in a dive » (Sick of it all avait également choisi un même titre pour un de ses albums) et puis un Dvd : « All gone live ». Bref, il y a presque dix ans que la bande de Wiltshire (UK) n’avait plus rien sorti. Et la parution de cet « Internal riot » a donc suscité ma curiosité.

Autant l’écrire tout de suite, ce come-back est plutôt réussi. La voix du leader Dick est toujours aussi punk/crade et encore plus usée par le poids des années. Les morceaux s’enchaînent bon train. A leur écoute on se met à agiter les avant-bras et les genoux ; et l’auditeur averti se sent prêt à rentrer dans un pogo rituel. Heureusement les morceaux tournent souvent autour des traditionnels 2 minutes 30, sans quoi, on aurait vite fait de défoncer les murs. Et les Subhumans ont ce petit plus qui évite de tomber dans la lassitude ‘ramonesque’. Ainsi ils parviennent à briser ce timing sur « Never-ending war song », une plage de plus de 9 minutes. Sur « Won’t ask you again », la basse et les solos de guitare nous entraînent dans un rock plus garage. « Too fat, too thin » dérive vers un ska/reggae pas désagréable ni stéréotypé. Tout au long des 13 titres, la dominante reste anarcho-punk et on ne peut s’empêcher de penser à Crass ou encore à Conflict. Encore que certains morceaux concèdent quelques traces qui vont au-delà des 80’s et de la période 77-79. Une petite pointe de dérision dans le chant n’est ainsi d’ailleurs pas sans rappeler Frank Zappa.

Les textes évoluent parfaitement dans l’esprit du style. A l’instar du titre d’ouverture « This year’s war ». Jugez plutôt : ‘The people in breadlines are still paying for the landmines. Are being cursed for nothing worse than living on the pipelines’. Même si vous n’êtes pas un accro du genre punk, je vous recommande cet « Internal riot », car les véritables références intègres en la matière deviennent plutôt rares… A acheter les yeux fermés !

Humane

Welcome to this Wonderland

Écrit par
Jusqu’il y a peu, Kim Herold était un des mannequins en vogue qui encombraient les revues de mode et le coeur (!) des jeunes filles. Puis le beau Finlandais en a eu ras le bol de la superficialité du milieu (ah oui?) Il s’en est retourné à Helsinki une guitare sous le bras, retrouver des potes musiciens, jammer, partager ses idées sur la vie et de l’amour. Une belle histoire. Malheureusement, Kim ne s’est pas contenté de son nouvel anonymat (tu m’étonnes!) Juste le temps de composer une dizaine de chansons, de former ce groupe Humane et de signer un deal avec une major et en un clin d’oeil, sa jolie frimousse se retrouvait sur la pochette d’un cd ! Des pop songs inoffensives où Kim traîne une voix nasillarde, à mi-chemin entre Jack Johnson (la décontraction en moins) et Ben Harper (la qualité mélodique en moins). Heureusement vite oublié une fois écouté. De la variémoche.

The Human League

Secrets

Écrit par

Le dernier album de Human league remonte déjà 1995. Intitulé " Octopus ", cet elpee de bonne facture était pourtant passé totalement inaperçu. Faut dire que depuis 1984, et nonobstant l'apparition d'une guitare électrique, la formation de Sheffield n'est plus jamais parvenue à épingler le moindre hit. Une performance qu'elle avait pourtant réalisée au cours de la première moitié des eighties, en utilisant exclusivement des sonorités obtenues par des synthétiseurs, à travers des tubes tels que " Love action ", " Don't you want me ", " Mirror man " " (Keep feeling) Fascination " ou encore " The lebanon ". Une période faste qui a ouvert la voie au succès des Soft Cell, Depeche Mode et consorts. Pourtant, la période la plus intéressante du combo se situe entre 77 et 80. Lorsque influencé par Kraftwerk et Cabaret Voltaire, il naviguait en plein avant-garde du courant industriel. Du line up initial, il ne reste d'ailleurs plus que le seul Phillip Oakey. Bref, venons-en à ce " Secrets ". Dont la pop synthétique semble avoir retrouvé des couleurs. Et des titres aussi contagieux, sophistiqués et dansants que " All I ever wanted ", " Love me madly " ou " Sin city " pourrait finalement bien retrouver les charts. Sans quoi, si à l'écoute de ce disque, on ne criera pas au génie ; les fragments qui le compose ont au moins le mérite d'être très agréable à écouter ; et puis rappelleront certainement d'excellents souvenirs à toute une génération aujourd'hui composée de presque ou à peine quadragénaires…

 

Livehuman

Elefish Jellyphant

Écrit par

La tendance s'était marquée à la sortie de la compilation célébrant l'anniversaire de Matador : le label s'est ouvert à de nouvelles perspectives musicales. Les groupes à ‘guitares’ (e.a. Yo la Tengo, JSBX ou encore Pavement), qui ont fait la renommée de ces défricheurs underground, ne sont plus uniquement les fers de lance du label. Dorénavant une cohorte d'artistes du monde de l'électronique, de la drum'n bass ou du hip hop sont venus grossir leur catalogue. Parmi eux nous trouvons Livehuman.

Difficile de définir la musique proposée par ce trio. Malgré des éléments à priori disparates, cette formation parvient à offrir un album cohérent. En effet chaque musicien apporte aux compositions sa touche et son style ; même si de prime abord nous nous trouvons face à des orientations musicales incompatibles. Alors que le DJ nous emmène dans des ambiances et des sonorités hip hop, le bassiste semble plus sensible au jazz ; à charge du batteur de lier tous ces ingrédients, se faisant tantôt machine, tantôt plus discret. Et le résultat final est plutôt convaincant. Bien sûr les intégristes des genres respectifs crieront sûrement au sacrilège ; mais pour ceux dont les mélanges ne repoussent pas, voilà un album intéressant. Même si la formule risque de lasser après plusieurs albums, le genre a le mérite d'exister et tente à prouver que la musique ne nous a pas encore livré tous ses secrets. Bien sûr, il a fallu qu'un disque pareil nous parvienne de chez Matador... Car en matière d'ouverture, il n'y a pas à dire, ce label a encore de beaux jours devant lui !

 

The Human League

Octopus

Sheffield. 1979. Martyn Ware, Ian Marsh, Adrian Wright et Phil Oakey commettent un album de musique électronique totalement révolutionnaire. "Reproduction". Post industrielle, inspirée par son propre environnement, parvenant à fusionner la rigidité synthétique et la mélodie enivrante, elle suscitait la transe dérisoirement robotique. Mais l'album est très mal accueilli par la presse insulaire. Aussi Marsh et Ware décident de voler de leurs propres ailes, épousant successivement les aventures de BEF et d'Heaven 17. Deux nouveaux électroniciens mais surtout deux choristes, Susan Sulley et Joanne Catherall comblent les places laissées vacantes. Sous ce nouveau line-up la formation enregistre "Travelogue", une œuvre qui ouvre toutes grandes les portes de la new-wave. Des portes qu'un John Foxx tentait bien de forcer depuis quelques temps. Mais sans succès... Un succès dont va profiter l'ensemble insulaire pendant cinq bonnes années. Multipliant les hits comme "The Lebanon", "Fascination" ou "Don't you want me", mais négligeant de se régénérer son inspiration. A un tel point que début des nineties, il tombe dans le ridicule avec le morceau de plastique "Romantics". Dans ces conditions, vous imaginez bien que le commun des mortels n'aurait plus osé parier un penny sur Human League. Et pourtant! Réduit au trio Oakey, Sulley, Catherall, il semble avoir retrouvé une seconde jeunesse. Nonobstant trois fragments insipides, sub Saint Etienne, "Octopus" nous a franchement étonnés. Le single "Tell me when" trotte certainement dans votre tête depuis quelques semaines. Mais des titres comme "Cruel Young Lover", réminiscent d'"Empire State Human" ou "House full of nothing" sont encore plus percutants. Et si "Never again" suinte de romantisme glacé, "John Cleese: is he funny" devrait faire le bonheur des animateurs de radio, en recherche perpétuelle d'indicatif. Pensez à "Love action". Oakey?(!) Une excellente surprise!