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Equal Idiots

Volcanique !

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Equal Idiots est un des finalistes de l’édition 2016 du concours ‘Nieuwe Lichting’, organisé par Studio Brussel. Ce soir, il est venu défendre son premier elpee, « Eagle Castle BBQ », paru en juin 2016.  

Le supporting act est assuré par Robbing Banks, un Batave bien sympathique. Véritable homme-orchestre, il est originaire d’Utrecht. Il chante, joue de la guitare et de la batterie. Un kit composé d’une grosse caisse, d’une claire et de pédales montées sur cymbalettes, qu’il manœuvre à l’aide de ses pieds. Ce soir, il va nous proposer de larges extraits de son long playing, « This and that ». Nerveux, son garage/rock est largement teinté de glam. On se croirait revenu au tout début des seventies. Lorsque sa voix monte dans les aigus, on ne peut s’empêcher de penser à Noddy Holder, le chanteur de Slade. Il est particulièrement impressionnant aux percus, qu’elles soient tribales, sauvages ou imprimées sur un tempo à deux temps. Rockabilly, « Let's go home » est chargé de testostérone. Il nous réserve une version plus folk et plutôt paisible du « Bad Man » d’Oblivians, un combo garage/punk yankee. Et le show s’achève par le judicieux « Let's All Go To The Bar », une nouvelle compo. Et pour cause, l’artiste déclare qu’il nous y attend…

Setlist : « Head For The Coast », « Let'S Go Home », « Bad Man », « Search And Destroy », « Sleep This Off », « God Love Need Money », « Lilyfield », « Time Bomb », « Best Friend », « Let's All Go To The Bar ».

Le rideau rouge est fermé. A 21h00 précises, la Koninklijke Harmonie Sint-Cécilia de Westmalle grimpe sur le podium. Soit une section de cuivres de 7 musicos (sax, bugles, trompettes, flûte à bec et, clarinette) et en retrait, un drummer équipé d’un kit, réduit à sa plus simple expression. Et cet orchestre attaque alors une adaptation du « Escape (The Piña Colada Song) » de Rupert Holmès, que l’auditoire, constitué d’une majorité de néerlandophones, fredonne...

Puis, le team se retire pour laisser la place à Equal Idiots, un duo réunissant le chanteur/guitariste Thibault Christiaensen et le drummer Pieter Bruurs.

La ‘Blitzkrieg’ est déclarée. Titre d’ouverture, « Seduction Of Judas » dégouline de riffs en fusion. La voix de Thibaut semble hantée par Ty Segall. La frappe de Pieter est à la fois primaire, instinctive, sauvage, tribale et métronomique. Mais dès « Hippie Man, un spectateur monte sur l’estrade. Il se retourne, regarde Thibault qui hoche la tête. C’est le signal. Ce spectateur se jette alors dans la foule. Et on est parti pour une séance interminable de crowdsurfing. Thibaut va à son tour s’y lancer. Il exécute même un aller-retour entre le podium et le fond de la salle. Il est facile à repérer, à cause de sa tignasse rousse. Le public est très jeune. Quelques parents ont cependant accompagné leur progéniture. Il y a une ambiance de feu dans le cratère de l’AB. La montée en température est éruptive et phréatomagmatique, surtout lors des hits « Salmon Pink » et « Toothpaste Jacky », que l’auditoire reprend en chœur. Soudain une voix puissante émane du fond de la salle. Dvtch Norris saute au-dessus des barrières dévolues à la protection des consoles. Il traverse la foule et monte sur les planches pour se joindre au duo afin d’aborder « Money Man Midas ». Le flow est rapide. Cordes et fûts alimentent un rap punkysant digne d’une compo de Run DMC. La prestation terminée, le rapeur de Coely Dvtch s’éclipse, sous les acclamations d’un public… bouillant. Pendant « Fuck the politicians ! » et « Fuck the N-VA! », le public semble ravi. Thibault nous demande s’il peut chanter en français. Pourquoi ? Pour nous réserver le « Ca Plane Pour Moi » de Plastic Bertand. Et le délire atteint son apothéose dès les premières mesures de « Butter (Up Down) ». Robbing Banks débarque et empoigne la gratte de Thibaut. Ce dernier s’installe derrière un tom bass. Dieter Beerten, le drummer de High Hi, rejoint l’équipe, et se consacre à l’autre tom bass. Les percussions alimentent un climat véritablement volcanique. Fin du set ? Pas vraiment ! Le public applaudit à tout rompre. Et le duo revient en rappel pour accorder deux compos. Tout d’abord le titre maître de l’album « Eagle Castle BBQ », puis un « Put My Head In The Ground » littéralement sismique…

En une heure, Equal Idiots nous a proposé un show terriblement efficace tout en laissant vagabonder notre imagination à travers des références qui ont oscillé des Ramones (Ces ‘Ho, ha’ caractéristiques) à Nirvana, en passant par Pearl Jam, et pour les combos les plus contemporains, Metz, Idles, voire Black Box Revelation…   

Setlist : « Escape », « Seduction Of Judas », « Styx », « Cover The Corpse », « Hippie Man »,  « What You Gonna Say », « I Know », « Toothpaste Jacky », « Salmon Pink », « Money Man Midas », « Ca Plane Pour Moi », « Butter (Up Down) ».

Rappel : « Eagle Castle BBQ », « Put My Head In The Ground ».    

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Seven Idiots

World’s End Girlfriend

Écrit par

« Seven Idiots » est le dixième opus de World’s End Girlfriend, le projet musical de Katsuhiko Maeda. Il ouvre la porte sur une autre dimension musicale. Cet album est une galaxie évoluant à des années-lumière de toutes celles qu’on a découvertes jusqu’à présent. Chaque morceau est une planète de ce complexe système interstellaire. Certaines, comme « Les Enfants du Paradis » par exemple, sont d’une beauté singulière à laquelle nous, simples terriens, n’avons pas accès. D’autres, tel que « The Offering Inferno », sont invivables, l’absence d’air étoufferait n’importe qui. Et puis, il y a celles qui ne sont pas accessibles à toutes les populations, peuvent être une véritable terre d’accueil ou un enfer accroché quelque part dans l’espace de « Seven Idiots ». Mais là où tout le monde se retrouve, c’est lorsque passe une étoile filante nommée « Unfinished Finale Shed ». Ce morceau est d’une douceur remarquable, il est une source de rêves. Certes, l’homogénéité n’est pas la qualité première de l’album mais comment un univers composé de choses aussi compliquées pourrait l’être ? Car pour cet amas de poussières d’étoiles-là, il ne faut pas s’appeler Jamie pour le comprendre, il suffit d’avoir deux oreilles aiguisées et prêtes à accueillir l’inhabituel et l’original.