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Igor Prado Band

Way down South

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Igor Prado est un jeune guitariste de blues brésilien. Quoique âgé de 33 ans, son talent est unanimement reconnu. Il s’est établi dans la grande ville de Sao Paulo. Il y a maintenant seize ans qu'il écume toutes les scènes de notre planète. Son backing group réunit son frère Yuri, à la batterie, Rodrigo Mantovani, à la basse, ainsi que Denilson Martins, aux saxophones. La formation puise ses principales sources d'inspiration dans le blues et le West Coast swing des années 40 et 50. Le combo a participé à de nombreuses sessions auprès de bluesmen yankees. Dans son pays, Igor a produit d'autres artistes locaux, comme les harmonicistes Flavio Guimaraes et Robson Fernandez, pour le label Chico Blues. Aux Etats-Unis, la formation a été accueillie les bras ouverts par les responsables du label Delta Groove. Ce qui leur a permis d’enregistrer en compagnie du chanteur/harmoniciste californien Lynwood Slim, l'album "Brazilian Kicks", en 2011. Et ce "Way down South" est dédié à la mémoire du regretté Slim, décédé en août 2014. Cette collection rassemble des enregistrements exécutés entre 2012 et 2014, avec des bluesmen prestigieux américains, rebaptisés pour la circonstance, les Delta Groove All Stars. La plupart des prises de son ont été réalisées dans des studios de Sao Paulo!

C'est à Sugaray Rayford que revient l’honneur d’ouvrir les hostilités. Il est déjà sur les charbons ardents tout au long de "Matchbox", une compo signée Ike Turner au cours de laquelle les envols de guitare sont partagés entre Igor et Mike Welsh. Sugaray chante aussi le downhome blues majestueux "Big Mama blues", épaulé par le patron de Delta Groove, Randy Chortkoff à l'harmonica. Lynwood Slim a été immortalisé sur deux plages. Il est au micro pour "Baby won't you jump with me", soutenu par Igor et Junior Watson aux guitares ; puis pour "You better believe it", un boogie jump saturé de swing et illuminé par les superbes sorties d'Igor Prado et du saxophoniste Denilson Martins. Kim Wilson participe aussi à deux plages. Il manifeste beaucoup de panache pour chanter le "Ride with me baby" de Long John Hunter, devant le trio de base brésilien ; avant de flemmarder sur le swamp blues "If you ever need me", mais à l’aide de son harmonica. L'un des fils de Muddy Waters, Mud Morganfield, se réserve les vocaux sur "She's got it", une piste qui fleure bon le style Chicago Southside du paternel. Et on y savoure les interventions étincelantes du souffleur brésilien, Ivan Marcio, alors qu’Igor est passé à la slide. Deux harmonicistes issus de Los Angeles sont également de la partie. A seigneur, tout honneur, tout d’abord le grand Rod Piazza, épaulé par son épouse Honey au piano, nous emmène faire un tour à Chicago, à travers le notoire "Talk to me baby" de Willie Dixon. Puis Mitch Kashmar, sur le "What have I done" de Jimmy Rogers. Si Igor est divin sur ses cordes, il se débrouille plutôt bien aux vocaux. Et le démontre sur le southern R&B "Shake & Fingertop", une plage tapissée par le Hammond B3 de Raphael Wressnign (NDR : de nationalité allemande, c’est organiste particulièrement expérimenté). Et encore sur "You got what it takes" de Joe Tex, au cours duquel il partage le chant avec le noir J.J. Jackson. Deux chanteurs/harmonicistes viennent clore l’opus. D’abord Wallace Coleman, le vieux bluesman du Tennessee. Il est en verve pour chanter le "Rooster blues" de Lightnin Slim. Et enfin Omar Coleman. Bien plus jeune et issu de Chicago, c’est un adepte de Billy Branch et Sugar Blue. Sa voix est puissante sur "Trying to do right", une piste qu’il interprète dans le cadre d’un duo acoustique. Remarquable!

 

Igor Prado Band

Upside down

Écrit par

« Upside down » constitue le tout dernier opus de la bande aux frères Prado ; c'est-à-dire Igor à la guitare, Yuri à la batterie et Rodrigo Mantovani à la basse. Un disque pour lequel les frangins ont reçu le concours de toute une volée d’invités. Au menu : compositions personnelles et reprises. Un répertoire partagé entre plages instrumentales et morceaux chantés.

L'ouverture n’est pas vraiment une surprise, puisqu’elle permet la présentation des musiciens. Le trio familial est ici soutenu par leur ami Ari Borger. Tout au long de cet instrumental sculpté dans le west coast swing, ce pianiste démontre tout son talent de guitariste. Rodrigo est passé à la basse acoustique. Ses accords sont lourds. Ron Dziubla (NDR : un musicien de Lynwood Slim) souffle dans son sax ténor pour créer cette ambiance intimiste ou si vous préférez de fin de soirée. JJ Jackson est un chanteur de couleur noire. Sa voix est chaude. Igor s’évertue à reproduire les astuces de T-Bone Walker. De son véritable nom Léo Robinson, J.J, compte aujourd’hui 65 balais. Né dans l’Arkansas, ce vocaliste a vécu à Seattle. A l’âge de 15 ans, il militait au sein des Rocking Teens, en compagnie d’un certain James (Jimi) Hendrix. Il s’est établi au Brésil en 1980. Les musiciens tissent une trame délicieusement funky pour attaquer "Hoo ray for hoo raw". Les sonorités entretenues par Igor évoluent dans un univers sis quelque part entre Albert Collins et Jimmie Vaughan. Greg Wilson se charge des parties vocales. C’est le chanteur des Blues Etilicos. Il est né à Tupelo, dans le Mississippi, il y a 45 ans. Dziubla se réserve le honky saxophone. Les frères Prado ont régulièrement épaulé R.J Mischo sur les planches. On n’est donc guère surpris qu’il apporte sa participation pour trois plages. Tout d'abord le "Dancing senhorita" de TV Slim. Un rock'n'roll exécuté à la manière de Chuck Berry. André Youssef martèle son piano comme un possédé, alors que RJ chante passionnément devant les cordes déchaînées d'Igor. RJ interprète également le "Whiskey, cachaça & wimmen" de John Lee Hooker. La rythmique chère à Howlin' Wolf lui sied à merveille. Igor adopte sereinement les accords de John Lee en leur communiquant une tonalité saisissante! Et enfin le "Lonesome cabin" de Sonny Boy Williamson II. Un blues serein au cours duquel RJ semble hanté par le spectre de Rice Miller. Classique, "Bumble bee" nous replonge dans le quartier sud du Chicago des années 50. L'ambiance est très proche de Muddy Waters tout au long de ce blues lent, une plage envoûtante que chante Steve Guyger, le bluesman de Philadelphie, d’une voix chaude, ponctuée de courtes phrases à l'harmonica. "Tiger instrumental" porte bien son nom. Rejoint par Borger, le trio continue de passionner. Igor se révèle un guitariste créatif et inventif. Il maîtrise tous les styles qu'il aborde en y ajoutant des touches personnelles. Il se montre ici proche mais différent de Junior Watson. Le pianiste est également un régal pour les oreilles. Ce musicien parvient à synthétiser le boogie woogie. Et ses interventions sont toujours récréatives. Le résultat plane à très haute altitude. Veloutée, sculptée pour le soul blues, la voix de JJ Jackson est cependant capable de s’adapter au west coast jump. A l’instar de "Mary Jo". Le sax baryton de Ron et les cordes atteignent alors de nouveaux sommets. Les plages instrumentales qui parsèment cette œuvre enthousiasmante sont épatantes. Et je pense tout particulièrement au boogie jump "Hey! Boogie", caractérisé par une chaude bataille entre Prado et Borger. JJ Jackson se réserve une dernière fois les vocaux pour le "Give a little" de Johnny Guitar Watson. Son timbre est profond tout au long de ce blues lent, chaleureux, soutenu par l’orgue Hammond, les cuivres et les cordes divines. Igor chante enfin "I ain't no man". Sa performance est honorable. Il est soutenu par son ami et concitoyen Robson Fernandez. L’opus s’achève par "My blues after hours". Une occasion rêvée pour Igor Prado de confirmer toute son habileté et sa parfaite perception du style de Ronnie Earl, lors de ce long slow blues instrumental. Excellente surprise, l’elpee recèle deux bonus tracks. Tout d’abord le nerveux "Mr King Collins Medley", un vibrant hommage à l'un des gratteurs favoris d'Igor, ‘The King of the Telecaster’ alias Albert Colllins. Flavio Navez s’y réserve l'orgue Hammond. Et enfin le funky et jazzy "Maceo's groove". Ron Dziubla se charge du saxophone alto lors de cet hommage respectueux à Big Maceo. Indispensable !