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Le parfum de vie de Goudi

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Jarvis Cocker

Souvenir d'un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître?

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Le rassemblement de trentenaires devant l'AB ce 24 janvier au soir ne trompait pas ! Ils attendaient là une vedette leur appartenant comme une histoire entre potes, comme l'ami qui revient après un long voyage. Et l'ami, c'est lui : Jarvis Cocker ou Jèèrvis pour les intimes. Question intimité, le roi de la pop, ex chef de feu Pulp, est parvenu à abreuver sa troupe contemplative. Certains sont venus pour lui ou pour compenser leur frustration de n'avoir pu assister aux concerts accordés du temps de la splendeur Pulp. D'autres encore parce qu'ils connaissent l'artiste sous d'autres formes : l'écriture des textes de l'album de Charlotte Gainsbourg, son association avec Kid Loco ou sa participation à divers projets.

Ruacutane assume l'accueil de cette soirée qui se veut de qualité. Pas simple pour ce groupe belge un peu fade choisi par l'Anglais-parisien himself via une plateforme web. L'ambiance molle de leur set est agrémentée d'effets de voix dispensés via des cornets de téléphone. Ajoutez-y une touche d'électro et rien de tel pour rendre le tout un peu confus. On les sent mal à l'aise et ils donnent l'impression de s'ennuyer. Ils remercient cependant leur hôte d'un soir à l'issue de leur prestation. Pas marquant comme accueil !

21 h. Arrive ensuite la tête à lunette d'affiche, l'air détendu. Flânant sur scène, Mr. Cocker entame son album très professionnellement - malgré un réglage 'son' imprécis, les deux premiers morceaux, "Don't Let Him Waste Your Time" et "Heavy Weather, sont joués bien forts - et ponctue ses chansons d'un trait d'humour en franglais potable. S'enchaînent les ballades du reste de son nouvel opus qui rendent l'atmosphère beaucoup plus calme. Peut-être trop ? Pas avare de petits mots voire de petites 'jokes', Jarvis Cocker réunit musiciens et public pour le même spectacle : il en est l'acteur et s'en amuse lui-même. Le punchy « Black Magic » donne au concert un bon coup de boost, surprenant et enflammant l'assemblée. Ce débordement d'énergie annonce la fin imminente du concert. Il se produit après le symbolique et curieux rappel. Deux morceaux : la chanson cachée et bannie « Cunts Are Still Running The World » et une cover de Prince (ah bon !), interprétée à l'aide d'un copion pour les paroles. Ce qui démystifie un peu l'ambiance et met un terme à la soirée. Un rappel concédé sans grande passion, mais qui n'ôte en rien les sensations perçues au cours des 70 premières minutes. On rallume les lumières, on ramène les gobelets. Finalement, à la sortie de la salle, tout le monde à l'air content… d'avoir vécu un chouette moment. En effet ! Merci l'ami !! 

Jarvis Cocker

Further Complications

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‘De la destruction naît la création’ (Johnny Rotten)… Et Jarvis Cocker aime tremper sa plume créatrice et sarcastique dans l’acide corrosif du chaos.

C’est en 2006 que « Jarvis », premier album solo du chanteur britannique, met un terme définitif à l’aventure tourmentée et sinueuse de Pulp. Trois ans plus tard, « Further Complications » naît des cendres du divorce entre le prince de la britpop Jarvis Branson Cocker et la styliste Camille Bidault Waddington.    

La vie sentimentale du dandy britannique, émaillée de ses 8 ans de glamour parisien, ne nous intéresserait que très modérément si elle n’avait marqué de stigmates profonds, le second opus. A l’image d’un journal intime, les textes écrits en une année ombragent la plume drôle et caustique du songwriter et la teintent d’amertume (« Leftovers ») et de nostalgie (« I Never Said I Was Deep » ou « Hold Still »). L’impulsion créative n’est cependant pas toujours un gage de qualité artistique surtout lorsqu’on désire changer de registre et s’aventurer sur d’autres sentiers musicaux. Et il précise sous le couvert d’excuse : ‘Je n’ai pas vraiment changé depuis l’enfance, le noyau dur est toujours le même, mais on évolue. On peut même empirer’. Sarcastique ou réaliste ? Reste à « Further Complications » à s’exprimer.     

Plus de 30 ans après la naissance de Pulp, l’enfant de Sheffield renie sa muse et se métamorphose. L’espace d’un album, il descend, condescend aux accents garage-rock. Il explique ce changement de ton comme un désir profond d’abandonner cette image de leader charismatique et narcissique pour se mettre davantage au service et à l’écoute du groupe. Paradoxalement, aucun projet solo n’a jamais été à ce point tourné vers ses musiciens : ‘[…] Dans le bus, alors qu’on était en tournée pour mon disque précédent, ils me montraient ce qu’ils savaient jouer et ont fait mon éducation en matière rock, moi qui avais toujours un peu méprisé cette musique. Il ne faut pas oublier que quand j’étais très jeune en Angleterre, il fallait choisir son camp entre le rock et le punk. J’avais choisi le punk’.

En y ajoutant la collaboration du producteur californien Steve Albini (Nirvana, PJ Harvey, Pixies, Mogwai…), on obtient un rock brut qui n’oublie jamais d’envoyer le bois (« Fuckingsong » ou « Caucasian Blues ») !

L’opus peut se scinder en deux prismes basiques : rock puissant et rock épuisant ! Les titres d’introduction s’ouvrent à des pistes au rock ‘testostéroné’ et conventionnel. Une rythmique simple et répétitive (« Further Complications » et « Angela »), des guitares lourdes aux solos prévisibles (« Pilchards ») viennent meubler les trois premières plages. Univers qui ressemble davantage à celui d’Elvis Costello qu’à celui du talentueux leader charismatique de Pulp. La voix et l’interprétation, magnifiques, de Jarvis viennent fort heureusement sauver les meubles. Tessiture caméléonne qui épouse à merveille tous les genres qu’elle effleure.

Le second prisme ne nous bouscule pas plus que le premier. Overdose de miel ! Il coule, il en découle d’abondantes compos mélodieuses et sirupeuses. Le genre de chanson qu’on a l’impression de connaître depuis toujours et… que l’on sait depuis longtemps.  Entre les slows assommants (« I Never Said I Was Deep ») et les lettres de rupture (« Hold Still »). Là, la voix de Jarvis Cocker ne peut plus rien y faire surtout lorsqu’elle mue en celle de Bowie (« Leftovers », « Slush »…).

Si l’on insère le spectre d’Iggy Pop qui plane sur une grande partie de l’elpee, l’exercice ressemble davantage à l’œuvre d’un grand enfant gâté qui aurait décidé de s’amuser à imiter ses idoles. Plagiat astucieux ou influences savamment orchestrées ? « Further Complications » souffre cruellement d’identité.

Seule ombre d’originalité, une ‘discosong’ en clôture de l’album. « You’re In My Eyes » déstabilise, détonne et nous sert un curieux cocktail plutôt réussi entre Issac Hayes, Barry White et Pulp. Surprenant !

Finalement, un Jarvis en pantoufles qui nous lance quelques bombes rock facilement exploitables sur scène, lieu où le dandy pop excelle ! Quant à « Further Complications », voilà certainement un disque qui ne fera pas date !             

 

Jarvis Cocker

Jarvis

Écrit par

Ma mère voici le temps venu d’aller prier pour notre salut, Jarvis est revenu. Bien sûr, certains pinailleurs nous dirons qu’il n’est jamais vraiment parti. Qu’entre l’épisode Relaxed Muscle, des chansons pour Harry Potter ou des textes pour la muse Charlotte, il n’a pas perdu son temps. Billevesées que tout cela ! Rien à secouer ! Le dandy maudit, le poète élégant, voilà celui que nous réclamions à corps et à cris, qui manquait tant à nos petites vies. Et le voici débouler, à nouveau soutenu par l’admirable Richard Hawley et le collaborateur de longue date Steve MacKey. Nouvel album sous le bras comme un présent sous la cheminée. Une plaque remplie jusqu’à la lie de mélodies renversantes, d’hymnes homériques et de tubes à la pelle. Pas forcément au sens radiophonique du terme mais plutôt d’instants à garder au creux des reins comme un amour caché. Qu’ils se fassent acerbes (« I Will Kill Again ») ou tendres (« Baby’s Coming Back to Me », déjà offerte à Nancy Sinatra tout comme « Don't Let Him Waste Your Time » d'ailleurs), Cocker et sa plume touchent au plus profond des âmes. Trop rarement souligné, notre homme est également un immense interprète et chante à présent mieux que jamais. Sérieusement, tout touche ici à la perfection, du crescendo tout en cordes de « Big Julie » à la merveille power pop « Fat Children ». Si l’on tente de reprendre son souffle et d’analyser froidement la chose, rien n’y fait. « Jarvis » est bel et bien l’album solo de l’année. Et on pèse nos mots.