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Jawhar

Les liens invisibles de Jawhar…

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Sur son nouvel album, « Khyoot », l’auteur-compositeur d’origine tunisienne revient à ses premiers amours ; un album très folk, une collection de chansons lumineuses écrites pour deux voix.

À la voix tantôt éthérée tantôt terrienne de Jawhar vient se mêler, délicate et gracieuse, celle de la chanteuse Aza. Il s’entoure également pour ce nouvel opus de ses deux fidèles acolytes, le pianiste Eric Bribosia et le multi-instrumentiste Yannick Dupont.

Khyoot خيوط est en arabe le pluriel de ‘kheet’, qui veut dire fil, fine corde, filament, ficelle… Dans le contexte (plus poétique) des chansons du long playing, le mot « khyoot » revient souvent pour désigner les liens qui se cachent derrière le visible, filaments qui traversent l’espace et nous relient à une source puissante et magique. Ce sont ces filons qu’on essaie de tenir et de garder au fil des jours, comme une clé vers soi, vers la transcendance de la réalité, vers la création. Ils indiquent comme un chemin vers une foi

Le clip consacré à « ’Khyoot » est disponible ici

Jawhar

Qibla Wa Qobla

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Étonnant et déconcertant sont les deux termes qui traversent d’abord l’esprit, à l’écoute de cet album.

L’ambivalence de cultures musicales aussi éloignées que le Folk Americana et la musique traditionnelle arabe laisserait craindre le pire quand il s’agit de marier les deux sous un même dénominateur commun ; mais force est de constater que Jawhar tire admirablement bien son épingle du jeu.

La majeure partie de l’elpee est chantée en arabe, et loin d’être un obstacle, cette option ouvre de nouveaux horizons à ce qu’on a trop souvent tendance à cloisonner.

L’opus démarre comme du Sparklehorse à l’orée d’un désert, caracole au travers de dunes ensablées, de décors insolites où la langue maternelle de Jawhar Basti enveloppe de miel et de tendresse, enrobe les souvenirs d’enfance échappés et dessine les arabesques des jours à venir.

Une mosaïque chatoyante où Rock, Blues, Pop et Soufi ont appris à parler le même langage : celui de la musique universelle et intemporelle.

Quand les mots anglais s’invitent, ils sont accueillis avec chaleur et ferveur, et lorsque c’est au tour de la langue de Voltaire, (« Le Reste Est Ennui »), le ciel des mille et une nuits s’éclaire d’une poésie rédigée en lettre dorées.

Un fameux coup de pied aux conventions.

 

Jawhar

When Rainbows Call My Rainbows Fly

Installé à Lille, ce Tunisien est précédé du ‘buzz’ positif qui entoure son travail. Il intègre le oud, un instrument jusqu’ici habitué des musiques traditionnelles, dans des chansons d’inspiration folk-rock. Chanté en anglais (beaucoup) et en arabe (un peu), ce premier long format laisse entrevoir un énorme talent en phase de développement. Les ambiances déclinées dans ces chansons de bonne facture rappellent un Nick Drake qui se serait amusé à jouer en compagnie de musiciens nord-africains. L’enregistrement rend d’ailleurs pleine justice aux nombreux musiciens impliqués dans le projet. Des instruments souvent acoustiques (cordes, flûtes, mandoline, trompette, percus) qui sonnent très bien ; et tout le mérite en revient à une prise de son excellente et à l’évidente maîtrise technique de ceux qui jouent. Côté vocal, Jawhar rappelle un peu les chanteurs de l’époque ‘grunge’. Ses interprétations en anglais sont encore trop maniérées pour totalement convaincre. On sent qu’il n’est pas encore tout à fait à l’aise dans la pratique de la langue de Shakespeare. Mais ces remarques n’enlèvent rien aux nombreuses qualités de cette première œuvre ; et vous pouvez être sûr que vous entendrez bientôt reparler de ce garçon.