Installé à Lille, ce Tunisien est précédé du ‘buzz’ positif qui entoure son travail. Il intègre le oud, un instrument jusqu’ici habitué des musiques traditionnelles, dans des chansons d’inspiration folk-rock. Chanté en anglais (beaucoup) et en arabe (un peu), ce premier long format laisse entrevoir un énorme talent en phase de développement. Les ambiances déclinées dans ces chansons de bonne facture rappellent un Nick Drake qui se serait amusé à jouer en compagnie de musiciens nord-africains. L’enregistrement rend d’ailleurs pleine justice aux nombreux musiciens impliqués dans le projet. Des instruments souvent acoustiques (cordes, flûtes, mandoline, trompette, percus) qui sonnent très bien ; et tout le mérite en revient à une prise de son excellente et à l’évidente maîtrise technique de ceux qui jouent. Côté vocal, Jawhar rappelle un peu les chanteurs de l’époque ‘grunge’. Ses interprétations en anglais sont encore trop maniérées pour totalement convaincre. On sent qu’il n’est pas encore tout à fait à l’aise dans la pratique de la langue de Shakespeare. Mais ces remarques n’enlèvent rien aux nombreuses qualités de cette première œuvre ; et vous pouvez être sûr que vous entendrez bientôt reparler de ce garçon.